Sergent Major : redressement judiciaire et situation actuelle de la maison pour enfants
Placée en procédure de sauvegarde en juin dernier par le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis), l’enseigne de mode enfantine Sergent Major, détenue par la holding Générale pour l'Enfant (GPE) est désormais en redressement judiciaire. Une conversion de procédure, repérée dans un premier temps par le site d’information L’Informé.
Les documents légaux indiquent que la mise en redressement judiciaire date du 16 novembre dernier, et qu'elle s'accompagne d'une période d'observation allant jusqu'au 28 juin 2024. Contactés par la rédaction de FashionNetwork.com, ni le groupe GPE, ni l’administrateur judiciaire n’ont encore répondu à nos sollicitations.
Chronologie des procédures et état du groupe
En juin dernier, la direction de GPE avait annoncé à l'AFP le placement en redressement judiciaire de l'enseigne DPAM, tandis que Sergent Major avait été placé en procédure de sauvegarde. Sergent Major a finalement été également placé en redressement judiciaire en décembre, selon le tribunal de commerce.
Générale pour l'Enfant (GPE), maison mère des marques pour enfants Du Pareil au Même (DPAM) et Sergent Major, a été placée en redressement judiciaire le 14 mars, selon une décision de justice consultée mercredi par l'AFP et confirmant une information de LSA. GPE s'est déclarée en cessation de paiements le 6 mars et bénéficie d'une période d'observation de six mois, jusqu'au 16 septembre, d'après la décision du tribunal de commerce de Bobigny en Seine-Saint-Denis.
Impact sur l'emploi et les magasins
Le groupe qui emploie 2.500 salariés, indiquait alors à l’AFP avoir été "impacté" par "les crises sociales, la pandémie de Covid-19, la crise énergétique et l'inflation". Une source proche du dossier avait alors précisé à l'AFP que GPE, qui détient également la marque Natalys et employait 2.500 salariés, avait subi un recul de 100 millions d'euros de son chiffre d'affaires sur la période Covid "en raison de la fermeture des magasins pendant la pandémie".
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Une source citée par l’agence de presse soulignait également que le plan de restructuration prévoyait la fermeture ou cession en France de 47 magasins Sergent Major et 87 chez Du Pareil Au Même. Dans le monde, 250 magasins ont déjà été fermés, « principalement en France », a chiffré M. Zemmour.
« Nous avons perdu entre 400 et 500 emplois depuis le début de la pandémie (en 2020, ndlr) », a regretté Paul Zemmour, le fondateur et dirigeant de GPE, qui emploie environ 1 234 salariés en France et possède 377 magasins en France, pour un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros en 2023. «Nous avons perdu entre 400 et 500 emplois depuis le début de la pandémie», a regretté Paul Zemmour, le fondateur et dirigeant de l’entreprise qui emploie environ 1 500 personnes et possède 520 magasins en France.
Causes structurelles des difficultés
Le groupe avait indiqué en juin à l'AFP avoir été "impacté" par "les crises sociales, la pandémie de Covid-19, la crise énergétique et l'inflation". Comme de nombreuses autres enseignes de mode, le groupe GDE a dû faire face à la crise sociale des Gilets Jaunes, à la pandémie de Covid-19 et à l'inflation. Il n’a pas eu les reins suffisamment solides pour tenir.
Pour Philippe Moati, économiste et cofondateur de l’Observatoire société et consommation, plusieurs facteurs expliquent les difficultés que rencontre l’habillement français. D’abord, l’émergence du e-commerce. "Ils ont laissé des pure players prendre des positions dominantes sur ce marché et en plus des pure players, je pense à Amazon, à Asos", estime-t-il. Une concurrence favorisée par l’émergence de l’ultra fast fashion. "Ce sont des acteurs qui ont une capacité de répondre à la demande avec une vitesse fulgurante, une grande précision, et des prix très bas." Autre facteur, le boom de la seconde main et l’expansion de sites comme Vinted.
Ces marques bien connues des centres-villes français ont souffert d’un cocktail détonnant : pandémie, inflation, hausse des prix de l’énergie, des matières premières, des loyers et des salaires, ou encore concurrence de la seconde main et de la « fast fashion ».
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Contexte sectoriel : une crise qui touche tout le prêt-à-porter
Camaïeu, Kookaï, Naf Naf, Gap France, Don't Call me Jennyfer, André, San Marina, Minelli, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, DPAM, Sergent Major, Princesse Tam Tam, Kaporal, IKKS... Le prêt-à-porter traverse une violente crise depuis plus d'un an. Elle a été fatale pour certaines marques, qui ont été liquidées, comme Camaïeu en septembre 2022 , avec le licenciement des 2.100 salariés qui avait fortement marqué les esprits.
"À force de recevoir des coups, les plus fragiles tombent", analyse Philippe Moati au micro d'Europe 1. Certaines entreprises ont coupé dans les effectifs et fermé des magasins, comme Pimkie. D’autres avaient été placées en redressement judiciaire, comme Naf Naf ou Kaporal. Outre Camaïeu, la liquidation a été prononcée pour San Marina et Burton of London plus récemment.
Plans de continuation et perspectives
Les enseignes de vêtements pour enfants, qui avaient été placées en redressement judiciaire, vont bénéficier d’un plan de continuation accepté par la justice. Les marques de vêtements pour enfants Du Pareil au même (DPAM), Sergent Major et Natalys, qui avaient été placées en redressement judiciaire, ont été partiellement sauvées par un plan de continuation accepté par la justice, a annoncé leur direction.
Ce plan, validé par le tribunal, se fonde sur des apports financiers (de plus de 10 millions d'euros) et une réduction significative du montant du passif du groupe avec près de 190 millions d'euros de créances abandonnées sur 270 millions d'euros de passif, chiffre le tribunal. «Après 18 mois de combat et avec l'approbation du tribunal nous repartons d'un bon pied en espérant que les choses se passent le mieux possible et qu'on soit moins tributaires des événements négatifs», a déclaré le dirigeant à l'AFP.
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Chiffres clés récapitulatifs
| Élément | Valeur citée |
|---|---|
| Effectifs (estimation selon sources) | 1 234 - 2 500 salariés selon les déclarations |
| Nombre de magasins (France / monde) | 377 / 520 / jusqu’à 650 points de vente selon différentes déclarations |
| Chiffre d'affaires | 275 M€ en 2022 ; 220 M€ en 2023 (selon sources) |
| Perte de chiffre d'affaires pendant Covid | Recul de 100 M€ selon une source proche du dossier |
| Passif et créances abandonnées | 270 M€ de passif ; ~190 M€ de créances abandonnées |
| Apports financiers pour plan | Plus de 10 M€ |
Situation actuelle et éléments à suivre
La mise en redressement judiciaire de Sergent Major s'accompagne d'une période d'observation allant jusqu'au 28 juin 2024, délai pendant lequel l'évolution du plan de continuation, les réponses des créanciers et les possibilités de cession ou fermeture de magasins seront déterminantes.
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Les documents légaux et les déclarations publiques montrent un groupe lourdement affecté par des crises successives et par des transformations structurelles du marché du vêtement. La réussite du redressement dépendra à la fois des moyens financiers apportés, de la capacité à réorganiser le réseau de magasins et d'une adaptation stratégique face à la concurrence du e‑commerce, de l'ultra fast fashion et de la seconde main.
Les prochaines décisions judiciaires, les propositions des repreneurs éventuels, ainsi que l'évolution du marché de l'habillement et du pouvoir d'achat des consommateurs resteront des facteurs clés pour l'avenir de Sergent Major et des autres marques du groupe GPE.
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