Statut juridique du stagiaire, convention et déclarations auprès de Pôle emploi

Un stage en formation permet à l'employeur d'accueillir temporairement dans son entreprise un stagiaire étudiant. Les stages hors cursus pédagogique, c'est-à-dire non inscrits dans un cursus scolaire ou universitaire sont interdits. Un employeur du secteur privé, public ou associatif peut avoir recours à un stagiaire dans le cadre d'un stage de formation. Toutefois, des conditions d'accueil doivent être respectées.

Définition et caractéristiques légales du stage

« Les périodes de formation en milieu professionnel et les stages correspondent à des périodes temporaires de mise en situation en milieu professionnel au cours desquelles l’élève ou l’étudiant acquiert des compétences professionnelles et met en œuvre les acquis de sa formation en vue d’obtenir un diplôme ou une certification et de favoriser son insertion professionnelle. Le stagiaire se voit confier une ou des missions conformes au projet pédagogique défini par son établissement d’enseignement et approuvées par l’organisme d’accueil ». Cette définition, issue de la loi no 2014-788 du 10 juillet 2014 (JO, 11 juill.) distingue les périodes de formation en milieu professionnel et les stages.

Le stagiaire n’est pas salarié de l’entreprise d’accueil et reste sous statut scolaire ou universitaire ; il conserve sa couverture sociale en qualité d’étudiant ; l’entreprise ne doit pas rechercher à tirer un profit direct de la présence du stagiaire. Le stage doit être caractérisé par un objectif pédagogique qui le différencie du contrat de travail.

Conditions et limites du stage de formation

Le stage fait partie d'un cursus de formation dont le volume pédagogique d'enseignement est de 200 heures minimum par année d'enseignement. Le stage n'entre pas dans le décompte de ce volume pédagogique. Un minimum de 50 heures doit être dispensé en présence de l'étudiant.

Le stage est une mise en situation temporaire en milieu professionnel de l'étudiant. Il permet au stagiaire d'acquérir des compétences professionnelles liées à sa formation. Les missions confiées dans le cadre du stage doivent être conformes au projet pédagogique de l'établissement d'enseignement.

Lire aussi: Comment financer votre stage de récupération de points ?

Un stage ne peut pas dépasser six mois consécutifs par année d'enseignement dans la même entreprise. Aucune dérogation ou exception n'est possible. La durée du (ou des) stage(s) effectué(s) par un même stagiaire dans une même entreprise ne peut excéder 6 mois par année d'enseignement. La durée du (ou des) stage(s) est calculée en fonction du temps de présence effective du stagiaire dans l'entreprise d'accueil. Chaque période au moins égale à 7 heures de présence, consécutives ou non, est considérée comme équivalente à un jour, et chaque période au moins égale à 22 jours de présence, consécutifs ou non, est considérée comme équivalente à un mois. Ainsi la durée maximale de 6 mois équivaut à 924 heures ou 132 jours.

Il est interdit de confier au stagiaire des tâches dangereuses pour sa santé ou sa sécurité. Un stage d'étudiant ne peut pas être proposé pour les missions suivantes : remplacer un salarié en cas d'absence, de suspension de son contrat de travail ou de licenciement ; exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent (le stagiaire n'a pas d'obligation de production comme un salarié) ; faire face à un accroissement temporaire d'activité ; occuper un emploi saisonnier.

Convention de stage : contenu et parties signataires

Oui, le stagiaire doit signer une convention de stage. La convention précise les compétences à acquérir ou à développer au cours du stage. La convention indique également le temps prévu de stage dans le cursus de formation. Le stage doit obligatoirement se dérouler dans le cadre d'une convention signée entre les différentes parties : stagiaire (ou, s'il est mineur, son représentant légal), organisme d'accueil (entreprise, administration publique, collectivité territoriale, établissement de santé, association ou tout autre organisme), établissement d'enseignement ou de formation, enseignant référent au sein de l'établissement d'enseignement et tuteur de stage au sein de l'organisme d'accueil.

La convention doit obligatoirement faire figurer les mentions suivantes : intitulé complet du cursus ou de la formation du stagiaire et son volume horaire par année ou semestre d'enseignement ; compétences à acquérir ou à développer au cours du stage ; activités confiées au stagiaire en fonction des compétences à acquérir ; noms de l'enseignant référent et du tuteur ; dates de début et de fin du stage et durée hebdomadaire maximale de présence du stagiaire ; durée hebdomadaire de présence effective du stagiaire dans l'organisme d'accueil ; conditions d'autorisation d'absence ; taux horaire de la rémunération (appelée gratification), calculée sur la base de la présence effective du stagiaire, et conditions de son versement ; conditions dans lesquelles l'encadrement et le suivi du stagiaire sont assurés ; avantages éventuels dont le stagiaire peut bénéficier (restauration, hébergement ou remboursement de frais, par exemple) ; régime de protection sociale dont bénéficie le stagiaire, notamment en cas d'accident de travail, et, le cas échéant, obligation faite au stagiaire de justifier d'une assurance couvrant sa responsabilité civile ; modalités de suspension et de résiliation de la convention de stage ; modalités de validation du stage en cas d'interruption ; clauses du règlement intérieur de l'organisme d'accueil qui sont applicables au stagiaire ; conditions de délivrance de l'attestation de stage.

La convention doit aussi identifier très précisément l'entreprise (numéro Siret, adresse), l'organisme de formation (adresse, directeur) et l'étudiant (numéro de sécurité sociale, adresse). En annexe de la convention de stage, l'attestation de stage peut être prévue, complétée par l'entreprise en fin de stage.

Lire aussi: Préparation Stage Finance de Marché

Nombre de stagiaires et encadrement

Cela dépend du nombre de salariés dans l'entreprise : dans une entreprise de moins de 20 salariés, les entreprises de moins de 20 salariés peuvent accueillir 3 stagiaires au maximum en même temps. Chaque tuteur suit 3 stagiaires au maximum au cours de la même période. Dans un organisme d'accueil d'au moins 20 salariés, le nombre de stagiaires dont la convention de stage est en cours pendant une même semaine civile ne peut pas dépasser 15 % de l'effectif. Exemple : une entreprise de 45 salariés peut accueillir en même temps 7 stagiaires maximum (45 x 15 % = 6,75).

Gratification, gratification minimale et avantages

Si le stage dure plus de deux mois, une gratification mensuelle doit obligatoirement être versée au stagiaire. La loi en vigueur prévoit clairement la rémunération du stagiaire dès le premier jour concernant les stages de plus de deux mois. La gratification minimale d'un stagiaire est passée de 436 euros à 523 euros (soit une augmentation de 87 euros). Le seuil de gratification obligatoire s’établit à 3,90 € par heure pour les stages excédant 44 jours ouvrables, soit environ deux mois calendaires.

Certaines entreprises interprétaient d'une façon abusive la précédente loi en rémunérant les stagiaires uniquement à partir du troisième mois, les stages de moins de trois mois étant non obligatoirement rémunérés. Les gratifications volontaires inférieures à 11,65 € par jour (70% du SMIC) ne remettent pas en cause le statut de stage non rémunéré pour Pôle emploi. Si l'entreprise propose à ses salariés des tickets restaurant, le stagiaire peut également en obtenir (sans devoir cotiser pour).

Attestation, congés et protection sociale

Oui, en fin de stage, l'organisme d'accueil doit remettre au stagiaire une attestation de stage. Elle mentionne la durée totale du stage et, si nécessaire, le montant total de la gratification versée. Vous pouvez accéder à un modèle d'attestation de stage. Lorsque le stage dure plus de 2 mois, la convention de stage doit prévoir la possibilité de prise de congés et d'autorisations d'absence. Si le stage dure 2 mois maximum, la prise de congés n'est pas obligatoire. La rémunération des congés est facultative.

Il ne s’agit pas d’un contrat de travail, même si tout stagiaire est comptabilisé dans l’effectif total de l’entreprise. Son rôle est primordial en termes d’assurances : elle garantit la couverture sociale et le risque d'accident du travail. Toutes les personnes qui suivent un stage de formation professionnelle continue sont obligatoirement affiliées à un régime de sécurité sociale. Les stagiaires qui, avant leur stage, relevaient d’un régime de sécurité sociale restent affiliés à ce régime pendant la durée de leur stage. Les périodes accomplies au titre d’un stage rémunéré en RSFP permettent la validation au titre de l’assurance vieillesse à hauteur des cotisations forfaitaires versées.

Lire aussi: Booster sa Carrière avec un Stage

Obligations déclaratives de l'organisme d'accueil

L'employeur n'a pas à effectuer de déclaration préalable à l'embauche (DPAE) car le stagiaire n'étant pas considéré comme un salarié, l'employeur n'a pas à effectuer de déclaration préalable à l'embauche (DPAE). L'employeur doit toutefois mentionner dans une partie spécifique du registre unique du personnel, dans leur ordre d'arrivée, le nom et prénom des stagiaires accueillis dans l'établissement. L'employeur doit tenir à jour la liste des conventions de stage conclues et inscrire les noms et prénoms des stagiaires accueillis dans une partie spécifique du registre unique du personnel. L'inspecteur du travail peut demander une copie des conventions de stage à l'établissement d'enseignement ou à l'organisme d'accueil.

L'URSSAF exige une déclaration sociale nominative (DSN) spécifique aux stagiaires, même non rémunérés, pour activer la couverture accidents du travail. Cette formalité concerne tous les stages excédant 5 jours consécutifs, indépendamment de la gratification versée. La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) requiert également l’immatriculation du stagiaire pour garantir la prise en charge des soins médicaux en cas d’accident professionnel. Cette formalité s’effectue via le portail net-entreprises.fr dans les 48 heures suivant le début du stage.

Déclaration auprès de Pôle emploi : différence entre stages conventionnés et PMSMP

La convention tripartite nécessite impérativement la signature d'une convention tripartite entre l'établissement d'enseignement, l'entreprise d'accueil et le stagiaire. Cette formalité juridique encadre les missions, définit les objectifs pédagogiques et précise les modalités d'évaluation. À l'inverse, la période d'observation en milieu professionnel s'appuie sur un simple accord entre Pôle emploi et l'entreprise, matérialisé par une convention PMSMP (Période de mise en situation en milieu professionnel). Cette distinction fondamentale impacte directement les obligations déclaratives. Les stages conventionnés relèvent du régime général des formations, nécessitant une déclaration complète via l'espace personnel pole-emploi.fr. Les PMSMP bénéficient d'une procédure simplifiée, l'organisme prescripteur gérant automatiquement les formalités administratives.

La déclaration d’un stage non rémunéré auprès de Pôle emploi représente une étape cruciale pour maintenir ses droits à l’indemnisation chômage. Cette obligation administrative, souvent méconnue des demandeurs d’emploi, permet de préserver la continuité des allocations tout en acquérant une expérience professionnelle valorisante. La convention tripartite doit préciser les modalités de suivi pédagogique, identifier le tuteur en entreprise et définir les objectifs d’apprentissage professionnels. Ces éléments conditionnent la validité juridique du stage et influencent les droits du stagiaire en matière d’indemnisation chômage.

Tutoriel cdpVA : Flux de création de proposition

Procédure dématérialisée et formalités pratiques

L'accès au formulaire de déclaration de stage s’effectue depuis l’espace personnel sécurisé pole-emploi.fr, dans la section "Mes démarches". Cette fonctionnalité, déployée en janvier 2024, simplifie considérablement les procédures antérieures. Le formulaire intelligent s’adapte automatiquement au profil du demandeur d’emploi, proposant des champs pré-remplis basés sur l’historique de recherche d’emploi et les précédentes déclarations. L’activation nécessite une authentification à double facteur via l’application mobile France Connect ou par SMS. Cette sécurisation répond aux exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et garantit la confidentialité des informations personnelles.

La saisie des informations employeur commence par la recherche du numéro SIRET de l’entreprise d’accueil dans la base de données INSEE. Le système vérifie automatiquement l’existence juridique de l’entreprise et sa capacité à accueillir des stagiaires, évitant ainsi les erreurs administratives fréquentes. Les champs obligatoires incluent la désignation précise du service d’accueil, l’identité du tuteur professionnel et ses coordonnées directes. Le téléchargement de la convention de stage signée constitue une étape incontournable de la procédure déclarative. Le système accepte exclusivement les formats PDF de moins de 5 Mo, avec reconnaissance automatique des signatures électroniques conformes au standard eIDAS.

Conséquences de la non-déclaration et contrôles

L'absence de déclaration d’un stage non rémunéré auprès de Pôle emploi constitue une infraction administrative majeure, entraînant des conséquences financières immédiates. La sanction standard consiste en une radiation temporaire de 1 à 4 mois, accompagnée de l’obligation de rembourser intégralement les allocations perçues pendant la période de stage non déclarée. L’absence de déclaration d’un stagiaire expose l’entreprise à une amende administrative de 1 500 euros par stagiaire non déclaré, selon l’article L8211-2 du Code du travail.

Les contrôles administratifs s'intensifient grâce aux outils de data mining déployés par France Travail. Ces algorithmes analysent les parcours professionnels et détectent automatiquement les périodes d'inactivité suspectes ou les reprises d'emploi non déclarées. Les recoupements avec les fichiers URSSAF permettent d'identifier 89% des stages non déclarés dans un délai de 6 mois maximum. La procédure contradictoire garantit néanmoins le droit à la défense des demandeurs d'emploi. Toute sanction fait l'objet d'un courrier recommandé précisant les griefs reprochés et accordant un délai de 30 jours pour présenter des observations écrites. Les voies de recours restent ouvertes devant le tribunal administratif pour contester les décisions de sanction.

Maintien des allocations et règles de cumul

Le maintien de l'ARE pendant un stage non rémunéré s’effectue selon un barème dégressif adapté à la durée d’exposition professionnelle. Pour les stages inférieurs à 20 heures hebdomadaires, l’allocation reste intégralement versée, considérant que l’activité n’entrave pas la recherche active d’emploi. Au-delà de ce seuil, un abattement de 30% s’applique automatiquement. Le cumul avec l’ARE fait l’objet d’un calcul spécifique, déduisant 60% de la gratification du montant de l’allocation mensuelle. Cette règle de cumul vise à préserver l’attractivité des stages tout en évitant les effets d’aubaine. Un demandeur d’emploi percevant 1 200 euros d’ARE mensuelle et une gratification de 200 euros verra son allocation réduite à 1 080 euros (1 200 - 60% de 200).

Actualisation et obligations mensuelles

L’actualisation mensuelle obligatoire intègre désormais un module spécifique aux activités de stage, accessible depuis l’onglet "Déclarer ma situation". La non-déclaration du statut stagiaire lors de l’actualisation mensuelle constitue une fausse déclaration passible d’une sanction de radiation temporaire et du remboursement des sommes indûment perçues. Cette traçabilité mensuelle permet à Pôle emploi d'ajuster en temps réel les montants d'indemnisation et de détecter les anomalies déclaratives.

Rôle des établissements d'enseignement et du tuteur

L'établissement doit notamment : appuyer et accompagner les élèves ou les étudiants dans leur recherche de stage ; définir dans la convention, avec l’entreprise et le stagiaire, les compétences à acquérir ou à développer au cours du stage ; désigner un enseignant référent au sein de ses équipes pédagogiques, qui veille au bon déroulement du stage et au respect de la convention de stage. Ce référent ne peut suivre simultanément plus de 16 stagiaires. Le conseil d’administration de l’établissement d’enseignement détermine les modalités du suivi régulier des stagiaires par les enseignants référents. Le stagiaire évalue l’accueil dont il a bénéficié ; tout élève ou étudiant ayant achevé son stage transmet à son établissement d’enseignement un document dans lequel il évalue la qualité de l’accueil dont il a bénéficié au sein de l’entreprise.

Cas particuliers : stages à l'étranger, visites d'observation, PMSMP et dispositifs Pôle emploi

Si le stage a lieu à l'étranger, une fiche d'information présentant la réglementation du pays d'accueil sur les droits et devoirs du stagiaire doit être annexée à la convention de stage. Des séquences d’observation en entreprise peuvent être organisées pour des élèves de classe de 3e, d’une durée maximale d’une semaine ; ces stages leur permettent de participer à des activités dans l’entreprise, sans toutefois pouvoir accéder aux machines et aux produits. Ils ne sont pas rémunérés (mais une gratification peut leur être versée).

Les exceptions réglementaires concernent principalement les périodes d'immersion professionnelle organisées par Pôle emploi dans le cadre des dispositifs d'accompagnement. Ces programmes spécifiques, d'une durée maximale de 40 heures, permettent une découverte métier sans obligation déclarative complexe. L'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) propose également des stages d'évaluation préalable exemptés de gratification.

Accès aux droits au chômage après un stage

La première condition pour bénéficier de l’Assurance chômage est d’avoir été titulaire d'un contrat de travail. Les périodes de stage, n’étant pas couvertes par un de contrat de travail, n’ouvrent pas droit à l’Assurance chômage. Vous pourrez bénéficier des allocations chômage si vous remplissez toutes les conditions suivantes : vous avez été salarié au moins 6 mois (soit 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées) au cours des 24 derniers mois (36 derniers mois si vous êtes âgé d'au moins 55 ans à la date de fin de votre dernier contrat de travail). Cette condition peut être remplie avec un ou plusieurs contrats, chez différents employeurs. Vous vous inscrivez à France Travail dans les 12 mois qui suivent la perte de votre travail.

Tableau récapitulatif : obligations selon le type de période

Type Convention Déclarations Pôle emploi URSSAF / CPAM
Stage conventionné (formation) Convention tripartite obligatoire Déclaration via espace personnel (si demandeur d’emploi) DSN/immatriculation si >5 jours
PMSMP (immersion Pôle emploi) Convention PMSMP simplifiée Organisme prescripteur gère les formalités Prescripteur organise couverture
Stage d'observation 3e Convention signée par le chef d'établissement Pas d'indemnisation Pôle emploi (élève) Non rémunéré en général

Le conseiller Pôle emploi joue un rôle central dans l'accompagnement des démarches de déclaration de stage, proposant un suivi personnalisé adapté au projet professionnel de chaque demandeur d'emploi. Cette mission d'accompagnement s'enrichit d'outils numériques performants, notamment l'application mobile "Mon Conseiller" qui permet un échange direct par messagerie sécurisée. Les dispositifs d'aide à la formation professionnelle se diversifient : l’Aide individuelle à la formation (AIF) peut financer les frais annexes liés au stage (transport, hébergement, restauration).

balises:

Articles populaires: