Témoignage métier: inspecteur des finances publiques — missions quotidiennes et présentation au concours

Il ne faut pas perdre de vue, par rapport notamment au concours B, que le concours A ne débouche pas sur les mêmes fonctions et donc les mêmes attentes.

Sur le parcours, effectivement vous retrouverez les mêmes éléments, sauf à avoir une double vie!

En revanche, la différence se fera sur la manière de les présenter et de les valoriser au regard des fonctions d'inspecteur.

Il n'y a pas une seule fonction (heureusement!), mais la plupart des cadres A font soit du contrôle fiscal, soit de la gestion fiscale (SIP / SIE), soit de la gestion publique (compta /recouvrement).

Statistiquement, le jury sait qu'il lui faut beaucoup de candidats qui collent dans ces domaines.

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Un contrôleur a vocation à se retrouver dans un service à gérer un secteur en appliquant les consignes du chef qui se trouve à côté, tandis qu'un inspecteur a vocation à faire du petit encadrement (notamment en l'absence du chef) ou du contrôle fiscal, surtout en sortie d'école : adjoint de trésorerie / SIP / SIE & vérificateur, ce sont les deux grands débouchés en 1ère affectation.

Le jury ne sait pas si vous rejoindrez l'une ou l'autre de ces deux voies, mais il sait que ce sera le cas de beaucoup d'admis.

Il faudra montrer que vous pouvez rentrer dans au moins l'une de ces deux cases, idéalement les deux.

En général le jury est justement constitué d'une personne de chacune des deux filières, du moins c'était le cas il y a quelques temps.

Pour caricaturer, en recrutant des contrôleurs le jury cherchera des experts techniques qui savent faire remonter les infos au chef de service et interpréter ses consignes, raisonner et s'adapter tout en se retrouvant devant les usagers.

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En recrutant des inspecteurs, il cherchera plutôt des gens capables d'être de bons adjoints (voire de bons chefs même si ça devient rare de diriger un service entier en tant que A), de prendre des décisions en tant qu'encadrant, parfois en urgence et de les justifier en appliquant les grandes orientations de la DGFIP (les fameuses "mises en situation" des oraux), de représenter un service ou de faire du contrôle fiscal tout seul dans les locaux de l'entreprise en toute autonomie.

Voire de remplacer au pied-levé un agent absent en étant certes moins expert que lui sur sa tache, mais en tous cas en donnant le change (ça arrive plus souvent qu'on ne le croit, surtout avec les suppressions de postes), ou bien en étant capable de trouver la réponse quand il sèche sur une difficulté et que la documentation n'apparaît pas limpide...

Encore une fois je caricature, hein.

L'inspecteur c'est un peu le couteau-suisse du service, tandis que le contrôleur c'est plutôt l'expert technique.

De nature, il y a des gens qui sont plutôt faits pour être plutôt experts ou plutôt "couteau suisse" et qui vont réussir l'un des deux oraux facilement mais l'autre non.

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J'en connais qui ont beaucoup lutté pour avoir le concours B mais qui ont eu le A du premier coup par la suite : ce n'est pas parce que le grade est plus élevé que c'est forcément plus dur, ce sont surtout des attentes différentes vis-à-vis des candidats.

Un bon encadrant multi-cartes fait rarement un bon expert et réciproquement.

En somme, quand le jury vous pose une question, il y a des réponses de contrôleur et des réponses d'inspecteur, selon que vous passiez soit pour un expert technique, soit pour un encadrant "couteau suisse", soit encore pour une personne que l'on peut lâcher dans la nature en représentant la DGFIP sans que cela ne fasse les gros titres dans la presse!

Eh bien c'est pareil pour votre présentation, au concours B on vous en voudra peu de parler d'une de vos expériences sans l'inscrire dans un schéma plus global, avec des orientations décidées en amont, une politique de service, des relations avec d'autres services / directions / ministères / etc, mais au concours A c'est assez gênant d'être dans la description de vos taches ou l'expertise que vous avez pu développer.

En tous cas si vous ressortez votre présentation de contrôleur, il est probable qu'on vous demande innocemment si vous avez tenté ce concours-là, manière de dire "en tant qu'inspecteur on n'est pas convaincus, mais on aurait bien envie de vous recruter en tant que contrôleur, manque de pot aujourd'hui on est là pour recruter des inspecteurs".

Ce n'est sans doute pas votre but au concours A, en tous cas si cela arrive vous comprendrez le message.

Important d'être attentif aux questions posées : parfois le jury pioche dans son stock ou rebondit sur votre présentation (surtout quand il n'est pas très inspiré car il attend de vous cuisiner un peu), mais parfois une question sert aussi à faire passer un message et à vous tendre la perche pour rectifier le tir.

Il n'est pas là pour vous enfoncer, juste pour vous donner l'occasion de montrer que vous correspondez à ce qu'il recherche, donc dans cette situation il n'y a pas lieu de paniquer mais plutôt de percuter et saisir la perche.

Pour l'exemple de la question "Dans quel métier vous verriez-vous", c'est une question bateau qui révèle soit que le jury cherche à comparer votre réponse à celle qu'ont faite les autres candidats (pour étalonner), soit que votre présentation l'a laissé assez mitigé (s'il vous voyait d'emblée dans un métier il ne vous poserait pas la question), donc il vous tend une perche pour que vous lui montriez que vous correspondez bien à ce qu'il recherche.

Ca arrive souvent quand la présentation est trop formatée ou pas très "sexy", vous voyez, bien souvent le plus important n'est pas "quelle réponse formuler", mais de se demander pourquoi le jury a choisi de vous poser cette question-là, donc d'identifier puis de saisir la perche, tout en conservant un air naturel.

Dans ce cas-là, évoquez une affectation courante en sortie d'école et surtout montrez que vous correspondez à la check-list qui va avec, afin de justifier votre attrait pour ces fonctions.

Cela suppose donc de s'y intéresser en amont : vous pouvez être sûr que la question suivante sera "pouvez-vous nous décrire ces fonctions / quelles sont les qualités recherchées" : ce serait ballot de montrer involontairement que vous ne correspondez pas vraiment au profil recherché, voire pire que vous n'en avez aucune idée, car c'est vous-même qui aurez mentionné ces fonctions.

Vous pouvez tout à fait évoquer des fonctions moins courantes que celles évoquées plus haut, mais ne vous enfermez pas dedans pour autant, au regard des statistiques de 1ère affectation : montrez qu'a minima, vous êtes compatible au cas général.

Par exemple, vous pouvez répondre par une affectation "banale" en sortie d'école (car vous êtes conscients de la réalité des 1ères affectations) et une affectation plus pointue à moyen / long terme, montrant au passage que vous savez qu'un titulaire n'a pas un métier mais une carrière.

C'est le fameux piège du "métier du fonctionnaire" et sa variante de la "journée type du fonctionnaire" : montrez que vous connaissez les fondamentaux statutaires de la Fonction Publique que vous souhaitez intégrer, car le statut s'applique également au jury qui vous évalue et auquel il est bien souvent attaché.

Formulée exactement ainsi, la question peut également permettre de voir si vous tiquez en entendant le mot "métier".

Sur les fonctions à l'issue de la 1ère affectation, vous pouvez jeter un oeil aux brochures syndicales dédiées à la scolarité ENFIP, hébergées notamment sur les sites syndicaux : à la fin de l'année ces brochures évoquent souvent la réalité des 1ères affectations.

Sur le forum aussi on retrouve beaucoup de choses intéressantes à ce sujet, notamment dans la rubrique "scolarité des inspecteurs".

Sur votre parcours vous garderez peu ou prou les mêmes faits qu'au concours B, mais la manière de les présenter et surtout de les valoriser sera très différente, afin de montrer au jury que vous rentrez dans les cases : imaginez une check-list "recrutement d'un inspecteur pour faire soit du contrôle fiscal, soit de l'encadrement en fiscalité ou en gestion publique", avec le jury qui coche les cases au fur et à mesure.

Dans le privé vous n'enverriez pas la même lettre de motivation et le même CV pour deux jobs qui n'ont rien à voir, eh bien là c'est pareil : les faits ne changent pas, mais ce que vous mettez en avant, si!

Très long message mais j'ai pris ce temps en espérant que ça en aide quelques-uns, à la lecture des questions posées sur ce topic!

  • Contrôleur: contrôle fiscal, gestion fiscale, interaction avec le chef de service
  • Inspecteur: encadrement, décisions d'encadrement, contrôle fiscal autonome
  • Première affectation: adjoint de trésorerie / SIP / SIE & vérificateur

Inspecteur des Finances Publiques | Mon métier en 60 secondes

« Ah… eh bien… il en faut hein ! » Voilà la réaction des personnes quand, au détour d'un dîner, les inspecteurs des impôts dévoilent leur profession.

Sans doute, ont-elles en tête l'image du fonctionnaire suspicieux à l'excès, scrutant en permanence le moindre bien qui aurait pu être éludé au fisc.

La réalité du métier est bien différente.

« Après cette première réaction, ils s'intéressent généralement à notre métier qu'ils trouvent rapidement intéressant », témoigne Sophie, cheffe de brigade à la direction nationale des vérifications des situations fiscales.

A aujourd'hui 34 ans, cette agent est passée par plusieurs services de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), d'abord le contrôle des entreprises puis aujourd'hui celui des particuliers, section « dossiers à forts enjeux ».

Elle cherche à s'assurer que ces contribuables déclarent correctement leurs revenus.

Elle s'appuie sur les informations détenues par l'administration, les remontées des salaires versés par les employeurs mais aussi elle peut être interpellée par une révélation faite par la presse concernant une personnalité publique.

Dans la plupart des enquêtes déclenchées, elle n'est pas en contact avec les personnes concernées, mais échange avec leur avocat.

Objectif : minimiser l'impact du redressement fiscal.

La première étape de son job consiste à s'intéresser à la personne.

Pas seulement à sa situation fiscale mais à ses activités en général pour comprendre d'où provient son revenu.

« Les réseaux sociaux sont un bon indicateur », confie-t-elle.

Ensuite, elle départage les différentes fiscalités.

Selon que ses revenus proviennent de YouTube, de concerts, de la vente de livres ou de CD, les taux d'imposition ne seront pas les mêmes.

Julien traite de contribuables - dirons-nous - plus lambda.

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