Devenir Graphiste Freelance en France : Guide Complet
Le métier de graphiste freelance est une voie attrayante pour ceux qui souhaitent allier créativité et indépendance. Le graphiste freelance joue un rôle essentiel dans le développement d’une entreprise, en créant une signature visuelle unique. Ce métier permet de choisir son lieu, ses horaires et son rythme de travail, tout en respectant les délais des clients et les obligations légales.
Ce guide vous présente les étapes clés pour réussir votre transition vers le statut de graphiste indépendant en France, en abordant les aspects essentiels tels que la formation, le choix du statut juridique, la définition du TJM et les stratégies pour trouver vos premiers clients.
En quoi consiste le métier de graphiste ?
Proche du métier de designer, le graphiste est un spécialiste de la communication visuelle. C’est-à -dire qu’il utilise l’image pour transmettre le message de son client. En tant que travailleur indépendant, un graphiste peut être amené à réaliser une grande variété de graphismes et de designs différents.
Exemples de réalisations :
- Création de logos
- Conception de charte graphique
- Design de packaging
- Illustration d'affiches et flyers
- Signalétique
Lors d’un processus de création, un graphiste va passer par trois grandes phases :
- L’écoute et l’analyse de la demande du client
- La compréhension de l'univers graphique du client
- L’ébauche et la création finale du visuel répondant aux besoins du client
Quelles qualités pour devenir graphiste ?
Si un futur graphiste doit avant tout posséder une fibre artistique sans équivoque, de nombreuses autres qualités lui seront nécessaires pour se faire une place dans ce métier :
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- Des compétences techniques, tant sur le papier qu’à l’écran.
- Une bonne connaissance des logiciels comme Figma, Photoshop, Illustrator ou InDesign.
- Des facultés d’analyse et de communication pour cerner les besoins du client.
- Une aisance commerciale, pour démarcher et fidéliser une clientèle.
- Le sens de l'organisation, pour bien gérer sa micro-entreprise de graphisme.
Étape 1 : Se former pour devenir graphiste
Le métier n’étant pas réglementé, aucune formation n’est obligatoire pour devenir graphiste. Il est donc possible de se former par des cours en ligne, des tutoriels ou des vidéos et de devenir graphiste autodidacte.
Un diplôme certifié par l'État peut rassurer certains clients et améliorer vos compétences. Notez que de nombreuses formations mènent au métier de graphiste. Vous pouvez commencer par un bac STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) pour vous lancer dans le métier.
Quelles formations pour devenir graphiste ?
Après le bac, vous pouvez choisir de poursuivre vers des études de bac +3 à bac +5 pour obtenir un diplôme de graphiste.
Vous pourriez, par exemple, choisir parmi les formations bac +3 suivantes :
- DiplĂ´me national d'art (DNA) option design
- Graphiste motion designer à l'école des Gobelins
- Titre professionnel (TP) concepteur designer UI
- Infographiste jeu vidéo
Quant aux certifications de niveau bac +5, en voici quelques exemples :
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- Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) option design
- Diplôme supérieur d'arts appliqués (DSAA) design mention graphisme
- Master mention création numérique
- Concepteur artistique - Réalisateur de jeu vidéo
Se reconvertir en graphiste semble être une excellente idée puisque la majorité des personnes qui suivent une formation en graphisme ou en infographie trouvent un emploi dans les deux mois suivant l'obtention de leur titre.
Pour réussir votre reconversion, trois voies s'offrent à vous :
- La formation traditionnelle dans une école comme l'ESAD de Grenoble, ISART Digital de Paris ou encore CIFACOM Graphisme.
- La formation diplômante à distance comme celle proposée par l'École d'arts appliqués à distance (EDAA).
- La formation courte à distance pour acquérir ou renforcer des compétences, adaptée aux personnes qui disposent déjà d'un talent certain pour le graphisme et qui désirent se perfectionner avant de lancer leur activité en indépendant.
Étape 2 : Définir son projet pour se lancer comme graphiste indépendant
Avant de vous lancer en tant que graphiste indépendant, il est essentiel de définir clairement votre projet. Commencez par évaluer vos compétences et votre expertise :
- Quels sont vos domaines de prédilection en graphisme ? (ex : identité visuelle, web design, illustration, motion design...)
- Quels sont les logiciels que vous maîtrisez le mieux ?
- Avez-vous des compétences particulières qui vous démarquent ? (ex : UX/UI design, typographie, retouche photo...)
Couplez à cette première réflexion une étude de marché. Elle vous permettra d’analyser l’offre et la demande et de proposer des prestations adaptées au marché.
Exemple de questions Ă se poser :
- Quelle va ĂŞtre mon offre ? Graphiste Web ? Print ? Ou bien les deux ?
- Qu'est-ce qui me différencie des autres graphistes ? Quelles sont mes spécialités ?
- Quelle est ma clientèle cible ?
- Quels tarifs vais-je proposer ?
- À quels investissements vais-je devoir faire face pour me lancer ?
Enfin, il peut être utile de travailler sur un business plan de graphiste designer avant de se lancer. Ce document va vous aider à valider la viabilité de votre projet entrepreneurial. Si vous avez besoin d’un financement, vous devrez impérativement fournir un prévisionnel financier.
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Tout dépendra des missions, du nombre de clients, du nombre d'heures travaillées par mois, et de votre notoriété. Après quelques années à votre compte, votre salaire peut atteindre les 4 000 € nets mensuels.
Les graphistes spécialisés (infographistes, webdesigners, illustrateurs) toucheront une rémunération plus élevée.
Quel TJM pour un graphiste ?
En indépendant, vous devez déterminer vos tarifs selon un taux journalier moyen (TJM), c'est-à -dire un prix à la journée. En général, le TJM d'un graphiste freelance varie entre 300 € pour un débutant et 600 € pour un expert.
Le mieux est de fixer vos tarifs en fonction :
- des taxes (30 %)
- des frais de fonctionnement (25 %)
- de votre rôle (graphiste créatif, graphiste exécutif ou les deux)
- de votre spécialité (illustration, print, infographie, webdesign, animation, etc.)
- du nombre de jours passés sur le projet (multiplié par votre taux journalier)
- des droits d'auteur
Pour vous donner une idée, voici une fourchette moyenne de prix pratiqués :
- Sites web et webdesign : à partir de 900 €
- Plaquettes et dépliants : à partir de 150 €
- Affiches personnalisées : à partir de 200 €
- Logos et identités graphiques : à partir de 300 €
- Illustrations (roman, web, dessin technique, presse, etc.) : à partir de 100 €
Le TJM d’un graphiste freelance n'équivaut pas à son salaire net, mais à son chiffre d'affaires. Il faut déduire de ce chiffre les cotisations sociales, les impôts et les frais annexes.
Pour connaître les TJM de la concurrence, vous pouvez demander à un consultant indépendant, voir sur les sites ou demander à vos concurrents directs. Le TJM dépend des expériences et des années d’exercice. Il est situé entre 180 et 600 €.
Calculer un devis quand on est graphiste freelance
Voici un baromètre du TJM du métier de graphiste en France et hors France :
Comment calculer son salaire Ă partir de son chiffre d'affaires ?
Le chiffre d’affaires est le montant des affaires réalisé dans l’exercice. Il englobe les ventes et les services au cours d’une année. En tant que freelance graphiste, vous recevez une rémunération de votre activité. Il n’existe pas de salaire standard donc vous devrez faire le calcul en déduisant de votre chiffre d’affaires vos cotisations, vos frais et dépenses.
Salaire net = chiffre d’affaires - cotisations - dépenses
Les cotisations sociales à verser à l’Etat sont comme suit selon l’activité :
- 22% de votre chiffre d’affaires pour un auto-entrepreneur en activité libérale
- 12,8% de vos revenus pour la vente de marchandises
Les dépenses incluent les abonnements, le loyer, l’électricité, les matériels nécessaires à l’exécution de l’activité, les assurances, les frais bancaires, les frais de comptabilité, les frais de marketing, etc.
Comment négocier son TJM graphiste ?
Pour pouvoir négocier votre TJM en France, prenez en compte la taille de l’entreprise cliente : particulier, PM, grande entreprise… Dans tous les cas, elle négociera votre tarif surtout s’il est au-dessus de sa grille tarifaire. Prévoyez donc une marge de 10 à 15% du tarif que vous visez. Adaptez-vous à l’entreprise cliente et à la mission en gardant vos valeurs.
Listez vos réalisations et vos expériences. Si vous avez un pourcentage des consommateurs attirés par les illustrations que vous avez déjà faites, cela jouera en votre faveur. N’oubliez pas aussi les recommandations de vos anciens clients. Il est important d’avoir une bonne réputation.
En tant que graphiste, vous devez maîtriser les logiciels dédiés au métier de demain. Ce serait aussi un plus de connaître le codage et d’avoir des connaissances en photographie et vidéo.
Définissez un prix plancher sous lequel vous n’accepterez pas la mission.
Vous aurez donc des données indispensables pour baser votre négociation :
- Un tarif plancher qui vous servira si le prix négocié est plus bas.
- Un tarif cible qui est celui que vous visez en négociant.
- Un tarif affiché qui est le prix que vous proposez au client pour vos services.
Ne négociez pas à la baisse votre tarif pour décrocher un projet.
Étape 4 : Choisir son statut juridique de graphiste indépendant
Le statut idéal pour débuter comme graphiste indépendant est la micro-entreprise.
En tant que graphiste freelance, plusieurs formes juridiques s’offrent à vous :
- La micro-entreprise, anciennement connu sous le nom d’auto-entreprise.
- L’entreprise individuelle (EI).
- La société (EURL ou SASU).
- Le portage salarial.
La micro-entreprise
La micro-entreprise est un statut très prisé des entrepreneurs pour exercer leur profession en freelance. Pourquoi ? Tout simplement car ce dernier bénéficie d’un coût de création attractif et d’une simplicité de création et de gestion. En effet, en auto-entreprise, les obligations comptables sont simplifiées et le statut d’auto-entrepreneur (aussi appelé micro-entrepreneur) peut s’obtenir en quelques clics par le biais d’une simple demande en ligne sur le site officiel du guichet unique de l’INPI.
De plus, les cotisations sociales collectées par l’URSSAF sont relativement faibles pour les auto-entrepreneurs, offrant ainsi des avantages fiscaux pour tout travailleur indépendant.
En micro-entreprise, vous être soumis à des plafonds de chiffre d’affaires établis comme suit :
- 77 700€ pour les prestations de services
- 188 700€ pour la vente de marchandises.
En cas de dépassement de ces seuils sur 2 années consécutives, vous serez alors automatiquement basculé vers le statut d’entreprise individuelle.
L’entreprise individuelle
L’entreprise individuelle bénéficie des mêmes formalités de création que la micro-entreprise. Toutefois, ce statut est assujetti à des obligations comptables et à des charges sociales plus importantes. L’avantage de ce statut ? Il n’est soumis à aucun seuil de chiffre d’affaires.
La société
Ici, les démarches d’immatriculation sont plus coûteuses et les obligations comptables plus importantes. Cependant, ce statut confère de nombreux avantages, à commencer par une augmentation de la crédibilité, notamment aux yeux des investisseurs mais aussi des banques pour l’obtention de prêt bancaire. Vous pourrez également vous associer, bénéficier d’une couverture sociale optimale et déduire vos dépenses professionnelles.
Le portage salarial
Il s’agit du compromis idéal pour ceux souhaitant exercer leur métier en totale indépendance tout en bénéficiant en parallèle des mêmes avantages sociaux que les salariés. En effet, il s’agit d’un statut dit « hybride », où le principe est simple. Vous serez salarié d’une société de portage et vous devrez effectuer des missions pour le compte d’une entreprise cliente. L’entreprise de portage représente donc un intermédiaire entre vous et l’entreprise cliente. Ainsi, votre rémunération vous sera versée par la société de portage.
Pour choisir votre statut, vous devez anticiper et émettre des projections futures sur l’évolution de votre activité professionnelle :
- Si vous pensez réaliser un petit chiffre d’affaires, alors optez pour la micro-entreprise !
- Si vous prévoyez un chiffre d’affaires plus conséquent mais que vous souhaitez tout de même bénéficier des obligations comptables allégées, alors l’entreprise individuelle est une option appropriée !
- Si l’idée est de s’associer et de viser une croissance rapide, alors choisissez le statut de société !
- Sinon, pourquoi ne pas opter pour le portage salarial ? Ce statut hybride est une excellente alternative qui vous confère les avantages sociaux du statut de salarié tout en conservant votre indépendance en tant que freelance !
Étape 5 : Réaliser les formalités de création d’entreprise
L'ensemble des formalités de vie d'une entreprise s'effectuent en ligne via le site guichet-unique.inpi.fr. Pour créer son compte, il faut se munir d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile.
Un formulaire de déclaration de début d'activité est disponible en ligne sur le Guichet des formalités des entreprises. Il faut y renseigner les informations suivantes :
- Ses informations personnelles (nom, prénom, adresse, etc.)
- Le nom de son entreprise
- Son activité principale
- Son statut juridique
- Son régime fiscal
- Le choix de son option pour la TVA (franchise ou régime réel)
Les pièces justificatives à joindre au formulaire de déclaration de début d'activité varient en fonction du statut juridique choisi. On peut vous demander :
- Une attestation sur l'honneur de non-condamnation
- Un justificatif de domicile
- Une copie de la Kbis (pour les sociétés)
Dans le cadre d'une micro-entreprise, le justificatif de domicile sera vraisemblablement le seul justificatif Ă fournir.
Une fois le formulaire rempli et les pièces justificatives jointes, il faut valider sa déclaration en ligne. Vous recevrez ensuite une attestation de déclaration de début d'activité par courrier électronique. Elle permet de justifier de l'existence de son entreprise.
Ouvrir un compte bancaire professionnel
Il n'est pas obligatoire d'ouvrir un compte bancaire professionnel pour un graphiste indépendant. Un simple compte dédié peut suffire. Toutefois, cela permet de bien séparer ses comptes personnels de ses comptes professionnels et de faciliter la gestion de sa comptabilité.
Souscrire Ă une assurance professionnelle
Pour un graphiste freelance, aucune assurance n'est obligatoire. Il est toutefois conseillé de souscrire à une Responsabilité civile professionnelle (RC Pro), car toute activité indépendante comporte des risques susceptibles d'engager la responsabilité civile professionnelle.
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