Dunlopillo Yvelines : procédure de redressement judiciaire et contexte détaillé
Le fabricant de matelas Dunlopillo, implanté à Limay et Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, ouvrant une période d'observation de trois mois. Cette procédure vise à geler les dettes et à donner un délai pour tenter de pérenniser l'activité.
Situation administrative et fiches d'identification
Cette structure est inscrite dans la base Sirene tenue par l’Insee, depuis le 24/06/2019. Elle a été mise à jour le 21/05/2026. Cette structure est immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE), depuis le 27/03/2020. Elle a été mise à jour le 21/05/2026.
L’Extrait RNE est le justificatif d’immatriculation de l’entreprise. Il contient les mêmes données qu’un extrait KBIS/D1. Cette structure est une entreprise immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE). Ce registre liste les entreprises de France. Il est tenu par l’INPI.
Le numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification) est un identifiant unique communautaire permettant d’identifier l’entreprise dans ses relations avec les autorités douanières. L’effectif salarié est une variable qui s’affiche à partir de deux données de l’Insee : la tranche d’effectifs salariés, qui est une variable statistique (données arrêtées au 31/12 de l’année n-2), et le caractère employeur des établissements (données déclaratives maintenues par l'URSSAF). 50 à 99 salariés, en 2023.
Contexte économique et secteur
Le marché de l'ameublement est en panne. Après trois ans de hausse, il a reculé de 2,7 % en 2018. Dunlopillo subit de plein fouet la crise économique qui touche le marché de l’ameublement, de plus en plus concurrencé par Internet, par les produits low cost et par les mauvaises pratiques de certains clients.
Lire aussi: Obtenez le meilleur taux immobilier
Le fabricant a surtout été fragilisé par la crise chez Conforama qui fait partie d'un de ses principaux clients. L'enseigne de meubles a annoncé cet été la fermeture de 42 magasins en 2020, et la suppression de 1.905 postes. Une défaillance lourde de conséquences chez ses fournisseurs. La concurrence d'internet est de plus en plus rude: les acteurs présents sur le web représentent aujourd'hui 15% des ventes du secteur.
Historique du groupe et tentatives de relance
Dunlopillo a été repris en 2016 par le groupe Adova, également propriétaire des marques Treca et Simmons. Depuis 3 ans, Adova a tenté de remettre l'ex groupe Cauval, (avec 1.500 salariés à l'époque) en ordre de marche. Le repreneur, qui compte 7 usines, a d'abord revu les bases industrielles, et les process.
Adova souhaitait aussi développer les ventes à l'export de Dunlopillo. L'objectif était de raccourcir les délais de production, et de livraisons. Une nécessité pour concurrencer les acteurs du Web, qui proposent de récupérer les matelas en 48 heures.
Adova avait parié sur des choix ambitieux en annonçant, en juin 2018, la construction d'une nouvelle usine à Mantes-la-Jolie pour un montant de 25 millions d'euros. Ce nouvel équipement devait permettre de passer de 600 matelas fabriqués chaque jour à 1 000. Elle devait permettre de passer de 600 matelas fabriqués chaque jour à 1.000, et de doubler chiffre d'affaires pour un investissement de 25 millions d'euros. Un permis de démolir de l'ancien site avait même été déposé ces dernières semaines.
Procédure collective : redressement judiciaire
Le tribunal de commerce a placé Dunlopillo en redressement judiciaire. Dunlopillo va maintenant bénéficier d’une période d’observation de trois mois. Si cette procédure est adoptée par les magistrats, il s'ensuivrait une période d'observation de trois mois à l'issue de laquelle les juges éplucheront les comptes de l'entreprise. S'ils ne sont pas convaincus, ils décideront sa liquidation judiciaire.
Lire aussi: CFP Saint-Quentin Est
Pendant ces trois mois, "l'activité continue" et "l'entreprise va travailler à la recherche de solutions pour pérenniser l'activité", a-t-on indiqué de même source. Cette procédure permet de nourrir encore un mince espoir pour les quelque 183 salariés de Mantes-la-Jolie et Limay encore présents sur place. « Cette procédure permet de geler les dettes et de sauver la trésorerie, tout n'est donc pas noir, confie une source proche de ce dossier. »
Conséquences sociales et mobilisations
Le fabricant emploie 217 salariés sur deux sites dans les Yvelines, à Limay et Mantes-la-Jolie. Trois mois dans l’incertitude pour les quelque 187 salariés et 30 CDD répartis sur deux sites dans le Mantois, trois mois pour faire ses preuves aussi. Pour les syndicats, tous les espoirs restent permis. Les salariés de Dunlopillo restent mobilisés pour sauver leur entreprise.
« Tout le monde reste motivé, indique Dominique Leroy, délégué syndical CGT et secrétaire du comité d’entreprise. Nous n’avons jamais autant produit. Nous sommes à presque 700 matelas par jour ! » « Nous ne sommes pas enterrés. Impossible de savoir s’il va y avoir ou pas un plan social. Un administrateur a été nommé. Nous allons nous battre pour que l’entreprise continue, que la marque continue et que l’ensemble des salariés restent. »
Rôle des acteurs locaux et des autorités
Une réunion a même été organisée il y a une quinzaine de jours dans le bureau du sous-préfet de Mantes-la-Jolie, en présence de Pierre Bédier, le président (LR) du conseil départemental des Yvelines et Raphaël Cognet, le maire (LR) de Mantes-la-Jolie. Le responsable d'Adova, propriétaire de la marque, avait tenté de rassurer, en vain, ses interlocuteurs.
Pierre Bédier veut aider à construire la nouvelle usine. Le président du conseil départemental a rapidement pris position pour soutenir l’activité de Dunlopillo. « Le conseil départemental se battra jusqu'au bout pour que la nouvelle usine soit créée ». Raphaël Cognet, le maire (LR) de Mantes-la-Jolie ne cache pas son inquiétude. « Nous avons déjà perdu beaucoup d'emplois industriels ces dernières années et ce serait catastrophique », confie l'élu.
Lire aussi: Horaires d'ouverture DDFIP Yvelines
Eric Roulot, son homologue (PCF) de Limay, s'accroche encore à l'espoir d'un sauvetage. « Les élus doivent participer au tour de table, lance-t-il. Par le passé, l'intervention des élus locaux et des syndicats avait permis de sauver Dunlopillo. Nous devons être associés. »
Causes multiples de la fragilisation
« C'est tout le secteur de l'ameublement qui tousse, analyse un connaisseur. Dunlopillo doit gérer à la fois l'évolution de ce marché et faire face aux concurrents asiatiques. La lutte est féroce. » Le ministère des Finances avait émis des alertes sur la situation fiscale du groupe, exposé depuis plusieurs mois à la dégradation du marché de l'ameublement et à la concurrence de fabricants étrangers.
Dans le même temps, certains clients historiques ne jouent pas toujours le jeu commercialement. « Comme des acteurs de l’ameublement ne jouent pas le jeu en nous mettant en tête de gondole mais en vendant autre chose, le nouveau site n’a pas encore pu se faire », déplorent les syndicalistes.
Renault : la surprise des salariés et des syndicats quant au plan de redressement
Plan de restructuration au sein du groupe Adova
Un plan de restructuration concernant 14% des effectifs était déjà en cours chez Adova. Un plan de sauvegarde de l'emploi portant sur la suppression de 61 emplois à Mantes avait été mis en place. Un plan de restructuration plus large est également en cours au sein du groupe, concernant 14 % des effectifs. Une « étape nécessaire » pour assurer « la relance et la pérennité du groupe », avait justifié son patron.
L’administrateur va faire le point sur les finances, le carnet de commandes et décidera ensuite, précise Gérard Derouin, sous-préfet de Mantes-la-Jolie. Dans l'urgence du redressement judiciaire, Dunlopillo va donc bénéficier d’une période d’observation pour trouver des solutions mais aussi maîtriser la casse sociale.
Perspectives et incertitudes
Si l'avenir s'annonce extrêmement compliqué pour le fabricant de matelas, Dunlopillo n'est pas encore enterré. L'administrateur examinera les comptes et les solutions possibles. « Malchance, mutation du marché de l'ameublement, optimisme exagéré du management ; autant de facteurs et sans doute d'autres encore qui viennent s'entremêler pour nous ramener encore et toujours au même point », souligne Pierre Bédier avant de rendre hommage aux salariés du groupe.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Sites | Limay et Mantes-la-Jolie (Yvelines) |
| Effectif | 217 salariés (environ 183-187 selon sources locales) + 30 CDD |
| Période d'observation | 3 mois |
| Propriétaire | Groupe Adova (reprise 2016, fonds Perceva) |
| Projet usine | Nouvelle usine à Mantes-la-Jolie (investissement annoncé 25 M€) |
Pendant la période d'observation, l'entreprise va travailler à la recherche de solutions pour pérenniser l'activité. L'issue peut aller d'une restructuration avec maintien d'une partie de l'activité à une liquidation judiciaire si les comptes ne permettent pas un redressement durable.
balises:
