Chiffre d’affaires du secteur agricole : statistiques et tendances

La France maintient depuis 2022 son sixième rang d’exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, selon FranceAgriMer. Où en est le monde agricole en France aujourd’hui ? Décryptage avec ces chiffres et tendances issus des dernières sources officielles (Agreste, INSEE, FranceAgriMer, Agence Bio).

Panorama général et poids économique

Le secteur agricole génère actuellement 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) français. La filière agricole, 4e employeur de France, joue un rôle capital dans l’économie française. La filière agricole assure également la souveraineté alimentaire du pays. En maîtrisant la production locale, la France réduit sa dépendance aux marchés internationaux et garantit un approvisionnement constant en denrées essentielles.

En 2023, la production agricole hors subventions a atteint 95,5 milliards d’euros en valeur. La production végétale a représenté 58,7 milliards d’euros, et la production animale 31,4 milliards d’euros. Ces chiffres signifient que la filière garde le monopole en termes de production au niveau européen. En effet, elle concentre plus de 17 % de la production totale du vieux continent.

Exploitations et surfaces : moins nombreuses, plus grandes

En France, on compte 416 436 exploitations agricoles, chiffre qui a baissé de 75 % en 50 ans. En 1970, le pays en comptait plus de 1,5 million contre un peu plus de 390 000 en 2022. Lors du dernier recensement agricole réalisé en 2020, il y avait 416 436 exploitations agricoles présentes sur le territoire national, selon l’Observatoire des Territoires.

La Superficie agricole utilisée (SAU) représente 49 % du territoire français. Elles exploitent en moyenne 69 hectares (ha), soit 14 ha de plus qu’en 2010 et 27 de plus qu’en 2000. La superficie moyenne d’une exploitation agricole est aujourd’hui de 69 hectares (chiffres de 2020). L’extension des surfaces est plus marquée pour les éleveurs que pour les exploitations spécialisées en production végétale.

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Répartition des cultures et usage de la SAU

Au niveau national, les grandes cultures (pommes de terre, céréales, etc.) occupent 48 % de la SAU. Les cultures destinées à l’alimentation couvrent 47 %, les cultures permanentes (vergers, vignes) 4 %, et les autres cultures (fleurs, fruits et légumes) 1 %.

Chiffres d’emploi et main-d’œuvre

En France métropolitaine, en 2022, le volume d'emploi mobilisé par les exploitations agricoles est estimé à 680 170 équivalents temps plein (ETP), un niveau en hausse notable par rapport à 2021 (+ 1,2 %, soit 8 300 ETP en plus), selon l’agreste. L'emploi agricole en France métropolitaine en 2022 est estimé à 680 170 ETP, avec une hausse de 1,2 % par rapport à 2021.

Selon les données publiées en juillet 2023 par Agreste, les exploitations agricoles employaient, en 2021, 673 640 emplois en équivalent temps plein (ETP). Les chefs d’exploitation ou coexploitants représentent plus de la moitié d’entre eux : 387 040 ETP, soit 57 % de l’emploi agricole. La filière agricole, 4e employeur de France, joue un rôle capital dans l’économie française.

Parmi les agriculteurs récemment établis, 74 % ont une formation de niveau baccalauréat, et 44 % de niveau universitaire. Les femmes représentent 27 % de l’effectif total, et les moins de 40 ans 20 %.

Besoin en main-d’œuvre et recrutement

L’étude récente « Besoins en Main-d’Œuvre 2024 » menée par France Travail offre un aperçu précieux de la dynamique du marché du travail dans le secteur agricole français. L’une des conclusions les plus marquantes de l’étude est la baisse des intentions d’embauche en agriculture, chutant de 8,1% par rapport à l’année précédente. Cette diminution est particulièrement significative, avec 225 830 projets de recrutement prévus pour 2024, soit 2 450 de moins qu’en 2023.

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De plus, plus de la moitié des projets de recrutement (52%) sont considérés comme difficiles par les employeurs, représentant une augmentation de 2,3 points par rapport à l’année précédente. Enfin, les salariés agricoles peuvent aussi prétendre aux avantages issus de la carte campagne, sorte de comité d’oeuvres sociales de la production agricole, proposant différentes offres à des tarifs préférentiels.

Revenus et niveau de vie

Le revenu moyen d'un agriculteur français est de 22 000 €/an, mais il varie fortement. Le niveau de vie médian masque, toutefois, de nombreuses disparités au sein du secteur agricole. Par exemple, les 10 % des maraîchers et horticulteurs les plus aisés ont un niveau de vie minimum de 48 900 euros, soit 4 075 euros par mois, contre 8 900 pour les 10 % les plus modestes, soit 742 euros par mois.

D’après les calculs de l’INSEE, près de 16,2 % des ménages agricoles se situent, en 2020, en dessous du seuil de pauvreté, équivalant à 13 944 euros par an pour une personne seule. Ces dernières années, leur revenu a reculé en raison de mauvaises récoltes de betteraves et de céréales. En cause également, la baisse des rentrées d’argent des élevages bovins et porcins.

Faillites, restructuration et concentration

L’an passé, la filière agricole a enregistré 994 cas de faillite, soit une hausse de 10,6 %. Malgré cette augmentation notable, l’agriculture et l’élevage supportent mieux l’après-Covid que les autres secteurs. Les éleveurs ont bien résisté à la crise sanitaire, avec 486 procédures de liquidation engagées contre 518 en 2021, soit une baisse de 6,2 %.

Les cultivateurs, quant à eux, s’en sortent moins bien, avec 221 cas enregistrés en 2022 contre 183 en 2021, soit une hausse de plus de 33 %. La baisse des effectifs ne correspond pas à celle de la production, mais à une concentration accrue des terres agricoles.

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Agriculture biologique et nouvelles pratiques

En 2023, la France comptait 61 163 exploitations engagées en bio (+2,1% en 1 an), selon des dernières statistiques de l’Agence Bio relayées par le ministère de l’Agriculture. Ce chiffre représente 14 % du total des exploitations, avec plus de 145 000 emplois équivalent temps plein dans les fermes bio et 26 276 entreprises de l'aval certifiées bio (-3% en 1 an).

La surface agricole en agriculture biologique représente aujourd'hui 10,7 % de la SAU française, soit 2,8 millions d'hectares de cultures bio (certifiées ou en conversion), la France reste le leader européen. Bien qu'il y ait une légère baisse des surfaces agricoles bio, l'indice d'agriculteurs qui se convertissent reste positif (+2%).

La part de bio dans le panier du consommateur est de 5,6, et 83% des produits bio consommés sont d'origine France. À noter que les exploitations bio génèrent 30 % d’emplois en plus que le reste de la filière, à la fois pour la vente à la ferme et pour la main-d’œuvre agricole. Les achats de produits alimentaires bios ont connu une baisse de 4,6 %.

Ressources, énergie et environnement

Avec 3,3 milliards de mètres cubes, le secteur agricole absorbe environ 62 % de la consommation nationale d’eau douce chaque année. Sur les 75 % du territoire métropolitain, l’agriculture représente à elle seule la moitié des utilisations en période estivale. Dans les départements méridionaux, cette part grimpe à 90 %.

Cependant, l’irrigation ne concerne que 6 % des surfaces agricoles, le reste revient à l’abreuvement du bétail et au nettoyage des équipements et bâtiments. Certaines parties du pays combinent le fait d’avoir peu de ressources hydrauliques et une forte consommation, notamment les sous-bassins de Mayenne-Sarthe-et-Loire et de Charente.

En 2022, les énergies fossiles utilisées par l’agriculture, pétrole et gaz essentiellement, correspondent à 11 % des émissions de GES du secteur agricole (Source : www.agriculture.gouv.fr). Le fonctionnement des machines représente une très grande partie de cette énergie. Le chauffage des bâtiments d’élevage et des serres accapare également une quantité de plus en plus importante de ressources.

La filière exploite 83 % de la production totale d’énergie éolienne et 13 % du solaire photovoltaïque.

Tendances structurelles et perspectives

De nouvelles terminologies, comme l’agriculture durable, raisonnée ou responsable, accompagnent l’évolution du monde agricole. Parmi les 100 000 agriculteurs qui partiront à la retraite d'ici dix ans, 40 000 pourraient se tourner vers le bio. Pour bénéficier des aides à l'agriculture biologique, il faut être un agriculteur actif avec des cultures éligibles. L'engagement dure 5 ans.

Les professionnels soulignent des difficultés de recrutement de salariés et de saisonniers. Ils misent sur des outils permettant d’augmenter la productivité et de moins recourir à la main-d’œuvre, comme les robots. Parallèlement à la baisse des effectifs, les agriculteurs français font face à des conditions de travail précaires et un volume horaire travaillé atteignant désormais 55 heures selon une étude de France Agricole.

La concentration des terres se poursuit : en 2016, les grandes exploitations, définies selon leur dimension économique, cultivaient 73 % de la surface agricole utilisée (SAU), avec une superficie moyenne de 111 hectares par exploitation. Il n’existe pas de chiffre qui actuellement permette de définir précisément la part des terres dédiée à l’agriculture intensive en France.

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Quelques données clés synthétiques

IndicateurValeurSource
Nombre d’exploitations~416 436Agreste / Observatoire des Territoires
Surface agricole utilisée (SAU)49 % du territoireAgreste
Surface moyenne par exploitation69 haAgreste 2020
Emploi (ETP)680 170 (2022)Agreste
Production agricole hors subventions (2023)95,5 Md€Agreste / INSEE
Exploitations en bio (2023)61 163Agence Bio
Consommation eau douce (agriculture)3,3 Gm3 (62 % national)Agreste

Pour aller plus loin : Quels pays utilisent le plus les énergies renouvelables ? Comment créer son compost d'appartement ? Qu'est-ce que l'agriculture biodynamique ? La loi Duplomb : quels changements pour l'agriculture en France ?

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