Aides à la création d'entreprise par France Travail : ACRE, ARCE et ARE — différences, conditions et choix
Vous avez un projet de création ou reprise d’entreprise et êtes inscrit comme demandeur d’emploi ? France Travail (ex-Pôle Emploi) peut vous aider à vous lancer, en vous assurant des ressources financières au démarrage. Concrètement, vous pouvez soit continuer à toucher votre allocation mois après mois pendant que l’activité démarre et dans la limite de vos droits au chômage, soit récupérer une grosse partie de ces droits comme une avance de trésorerie.
Les trois aides principales : définitions rapides
- ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) : l'ACRE (qui a remplacé l'ACCRE depuis le 1er janvier 2019) permet de bénéficier d’une exonération de vos charges sociales (cotisations maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse et veuvage et allocations familiales) pendant la première année d’activité de votre entreprise. L’ACRE est gérée par l’URSSAF, pas par France Travail. Elle se cumule toutefois avec les allocations versées par France Travail.
- ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi) : l’ARE est un revenu de remplacement versé par France Travail. Si vous envisagez de créer votre entreprise, sachez que, sous certaines conditions, vous pourrez continuer à bénéficier du versement de vos ARE. Cette aide est accessible quel que soit le statut juridique choisi.
- ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : l’ARCE est une aide destinée aux entrepreneurs bénéficiaires de l’ARE. Elle permet de recevoir une partie de vos allocations chômage sous forme de capital. L’ARCE vous permet de toucher 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital, pour financer votre projet.
Ce que fait et avec qui gère chaque dispositif
- L’ACRE est une exonération de cotisations sociales gérée par l’URSSAF, et non par France Travail.
- L’ARE est versée par France Travail et constitue un revenu de remplacement mensuel.
- L’ARCE est versée par France Travail sous forme de capital et s’appuie sur vos droits ARE restants.
Montants, modalités et conditions clés
L’ARCE permet de recevoir une partie de vos allocations chômage sous forme de capital. Le versement de l’ARCE correspond à 60 % des droits restants et s’effectue en deux temps : une première moitié au démarrage de votre activité, et la seconde six mois plus tard, si votre entreprise est toujours en activité. L’ARCE s'élève à 60 % de vos droits au chômage restants, moins une déduction de 3 % au titre des retraites complémentaires. La somme est versée en deux fois, moitié au démarrage de l'activité, moitié six mois plus tard.
Le maintien de l’ARE vous permet de continuer à toucher une partie de votre allocation chaque mois, en complément des revenus de votre nouvelle activité. Le cumul entre l’ARE et vos revenus d’activité est plafonné. France Travail réduit votre allocation mensuelle d’environ 70 % des revenus tirés de votre activité. Plus votre entreprise génère de revenus un mois donné, plus votre allocation baisse ce mois-là.
L’ACRE est une exonération partielle des cotisations sociales pendant les douze premiers mois d’activité. Elle allège vos charges au démarrage, quand la trésorerie est la plus tendue. L’exonération d’ACRE dépend aussi de votre niveau de revenu, apprécié par rapport au plafond annuel de la sécurité sociale (PASS).
Évolutions et plafonds récents à connaître
- Le taux d'exonération, autrefois fixé à 50 %, est désormais plafonné à 25 % des cotisations sociales dues pour les créations à compter du 1er juillet 2026. Le décret du 6 février 2026 a ramené ce taux à 25 % pour toute création à compter du 1er juillet 2026.
- Si vous bénéficiez du maintien intégral de l’ARE, le calcul est simple, vous percevez le même montant qu’avant votre création de société. En revanche, si vous ne pouvez bénéficier que du maintien partiel de l’ARE, vos droits aux allocations chômage seront recalculés.
- Depuis le 1er avril 2025, en cas de maintien partiel de vos droits ARE, vous ne pourrez toucher que 60 % de vos droits. Depuis le 1er avril 2025, le second versement de l'ARCE dépend aussi d'une condition d'absence d’un CDI à temps plein.
- L’ARCE n’est pas exonérée d’impôt : elle est imposable à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires.
Conditions, démarches et délais
Pour bénéficier de l’ACRE, les formalités sont simplifiées : il suffit de remplir un formulaire disponible sur le site du guichet des formalités des entreprises. Si vous créez une micro-entreprise, l’ACRE n’est plus automatique : vous devez en faire la demande auprès de l’URSSAF dans un délai de 60 jours suivant le début de votre activité. Cette règle s’applique depuis le 1er janvier 2026. Sans cette demande dans le délai, l'exonération n'est pas accordée.
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Côté ARCE, vous remplissez une demande d’ARCE auprès de votre agence France Travail. Plusieurs délais ou « différés d’indemnisation » peuvent s’appliquer avant de recevoir effectivement le premier versement, en fonction de votre situation. Le différé ARCE est obtenu en divisant le montant brut reçu lors du second versement, par le montant brut de votre allocation ARE.
Points administratifs importants
- L’ACRE se demande auprès de l’URSSAF.
- L’ARCE et le maintien de l’ARE se traitent avec votre agence France Travail.
- Vous devez rester inscrit comme demandeur d'emploi et actualiser votre situation chaque mois si vous maintenez l’ARE.
Comment choisir entre ARCE et ARE ?
Il n’est pas possible de répondre de manière générique à cette question : tout va dépendre de votre situation ! Le choix entre l’ARE et l’ARCE dépend de la vitesse à laquelle votre entreprise va générer des revenus. L’ARE convient aux projets qui démarrent lentement, car elle vous assure un revenu mensuel tant que l’activité peine à décoller. L’ARCE convient aux projets qui ont besoin de trésorerie tout de suite, car elle transforme vos droits en un capital immédiat.
Votre situation financière : êtes-vous capable de vivre sans salaire quelques temps ? Les résultats attendus de votre entreprise : va-t-elle dégager rapidement des résultats positifs et un chiffre d’affaires ? Pour être assuré de percevoir une rémunération mensuelle, et si votre entreprise ne sera pas rentable tout de suite, mieux vaut choisir l’allocation ARE, avec le statut SAS ou SASU qui vous permet de percevoir 100% de vos droits. En revanche, si vous pouvez vivre un temps sans salaire, ou si votre entreprise est garantie d’être en bonne santé et de dégager rapidement des ressources, optez pour le capital ARCE. Ce dernier peut être utilisé comme apport pour votre entreprise, ou bien comme complément de revenu à répartir dans le temps.
Le bon réflexe : parlez-en à votre conseiller France Travail ainsi qu’à votre association locale Initiative ! Notre conseil : contactez votre conseiller France Travail pour connaître le montant exact de vos droits.
Cas pratiques et exemples chiffrés
Par exemple, si vous deviez toucher 10 000 € d’allocation ARE au total, vous pouvez avoir 60 % de ces 10 000 €, soit 6 000 €.
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Louis, consultant en micro-entreprise qui perçoit l’ARE. Un mois, il déclare 3 000 € de chiffre d’affaires. Après l’abattement de 34 %, le revenu retenu est de 1 980 €. France Travail réduit alors son allocation d’environ 70 % de cette somme, soit près de 1 386 €. Karim touche donc son ARE mensuelle diminuée de ce montant.
Si votre activité cesse après le second versement de l’ARCE, vos droits ne sont pas perdus. Il vous reste 40 % de vos droits à l’ARE.
Accompagnement, formations et financements complémentaires
Au-delà des aides financières, France Travail accompagne les créateurs sur le volet humain et sur la formation. Vous pouvez solliciter votre conseiller, participer à des ateliers dédiés à la création, et faire financer une formation liée à votre projet. L’AIF (aide individuelle à la formation) finance une formation nécessaire à votre projet de création, lorsque les dispositifs habituels ne la couvrent pas. L’AIF peut prendre en charge une formation à la gestion, à la comptabilité ou aux bases de l’entrepreneuriat.
France travail propose un ensemble de prestations spécifiques, gratuites, accessibles aux demandeurs d'emploi ayant un projet de création ou de reprise d'entreprise. Ces prestations sont réalisées soit par des conseillers France travail, soit par des prestataires conventionnés ayant une expertise en matière de création d'entreprise. Les ateliers, d'une durée de 3 à 6 heures, sont réalisés le plus souvent au sein de l'agence locale.
- 1er atelier : "s'imaginer créateur?" - identifier motivations, capacités entrepreneuriales et aides mobilisables.
- 2ème atelier : "structurer mon projet de création d'entreprise" - connaître étapes, ressources et acteurs à mobiliser.
- Activ créa : prestation d'accompagnement sur 3 mois maximum pour envisager la création comme solution de retour à l'emploi.
Pour compléter votre financement, vous pouvez aussi vous tourner vers le prêt d’honneur. Ce prêt à taux zéro, sans garantie personnelle, est proposé par des réseaux comme Bpifrance ou Initiative France. Le NACRE n’existe plus au niveau national. Depuis 2017, cet accompagnement a été transféré aux régions, qui pilotent désormais leurs propres dispositifs d’aide à la création.
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ARCE ou ARE : comment choisir pour créer ton entreprise ?
Rappels pratiques et erreurs à éviter
- Vous ne pouvez pas bénéficier de l’ARCE et de l’ARE en même temps : avec l’ARCE, France Travail vous verse 60 % de vos allocations chômage en capital, plutôt que de les verser mensuellement.
- L’ACRE est gérée par l’URSSAF, pas par France Travail : l’ACRE se cumule avec l’ARE ou l’ARCE.
- Aucun dispositif officiel ne verse 400 € pour créer une entreprise : cette somme circule souvent en ligne mais elle ne correspond à aucune aide réelle.
- Choisir l’ARCE, c’est accepter de ne pas percevoir la totalité de vos droits sous forme d’allocations mensuelles.
- Si vous optez pour le maintien de l’ARE, l’actualisation mensuelle reste obligatoire.
Que retenir pour agir
Créer une entreprise quand on est au chômage peut être l'un des scénarios les plus sécurisés… à condition d'utiliser les bons dispositifs. L’ARE assure un revenu mensuel adapté aux projets lents, tandis que l’ARCE verse 60 % des droits restants en capital pour les projets qui ont besoin de trésorerie. L’ACRE, gérée par l’URSSAF et non par France Travail, allège les cotisations pendant douze mois et se cumule avec les deux options. Pour vous aider à sécuriser votre création d'entreprise, l'accompagnement d'un professionnel est une aide précieuse.
| Aide | Gérée par | Forme | Durée / montant | Cumul possible |
|---|---|---|---|---|
| ACRE | URSSAF | Exonération cotisations | 12 mois, taux réduit (25% depuis juil. 2026 pour nouvelles créations) | Cumulable avec ARE ou ARCE |
| ARE | France Travail | Allocation mensuelle | Montant variable, maintien partiel possible | Non cumulable avec ARCE |
| ARCE | France Travail | Capital (2 versements) | 60% des droits restants (déduction 3%) | Non cumulable avec ARE; cumulable avec ACRE |
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