Répertoire de diffusion des grands singes

Outre l’espèce humaine, les grands singes sont représentés essentiellement par les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés et les bonobos. Ces animaux, emblématiques des forêts tropicales et équatoriales dans lesquelles ils vivent, sont menacés dans leur milieu naturel. Victimes des activités humaines liées à l’exploitation intensive des ressources, leurs effectifs ne cessent de décliner au fil des années.

Quelles espèces regroupent les grands singes ?

À part l'espèce humaine, sept autres espèces issues de trois genres de primates non humains appartiennent aux grands singes. - Trois espèces d'orangs-outans : orang-outan de Bornéo ou Pongo pygmaeus ; orang-outan de Sumatra ou Pongo abelii ; orang-outan de Tapanuli ou Pongo tapanuliensis. - Deux espèces de gorilles : gorille de l'Ouest ou Gorillagorilla ; gorille de l'Est ou Gorillaberingei. - Deux espèces du genre Pan : chimpanzés ou Pan troglodytes et bonobos ou Pan paniscus.

Caractéristiques communes et différences biologiques

Les grands singes (great apes en anglais) font partie de l'ordre des Primates. Ils se distinguent des autres primates par leur plus grande taille et l’absence de queue. Ils possèdent également un cerveau plus gros relativement à leur poids et marchent (pour les membres supérieurs) sur le dos des doigts de leurs mains (genres Gorilla et Pan) ou sur les poings (genre Pongo), les autres primates se déplaçant au sol sur leurs paumes. Sur le plan génétique, les humains possèdent 23 paires de chromosomes, alors que les autres espèces vivantes d'Hominidae possèdent 24 paires de chromosomes. Néanmoins au sein de cette famille, les cinq chromosomes {6, 19, 21, 22, X} sont pratiquement identiques.

Phylogénie et origines évolutives

Les Hominoïdes (Hominoidea), plus communément désignés sous l’appellation de grands singes, ou encore de singes sans queue, forment l'une des deux super-familles de singes de l'Ancien Monde ou Catarrhiniens. Les Hominoïdes comprennent les gibbons, les orang-outans, les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et les humains. La compréhension de la phylogénie des singes a conduit à dépasser l'opposition entre singes et humains : les grands singes africains ont été rassemblés dans la sous-famille des Homininae, laissant alors le genre Pongo (les orang-outans) dans celle des Ponginae.

La Grande Coupure, il y a 34 millions d'années, qui marque la limite entre l'Éocène et l'Oligocène, se caractérise par un refroidissement rapide qui a un impact négatif important sur la flore et la faune, notamment celle des Primates. Après une longue phase fraiche, le climat global se réchauffe à la fin de l'Oligocène, et les forêts s'étendent à nouveau en Afrique et en Eurasie. Il y a au moins 25 millions d’années apparaissent sur le continent africain au sein des singes catarrhiniens deux groupes distincts, les Cercopithécoïdes (macaques, babouins, colobes) et les Hominoïdes (singes sans queue).

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Depuis le XXe siècle on soupçonne la perte de la queue chez les hominoïdes d'être due à une altération du gène TBXT, car des mutations du gène homologue Tbxt chez la souris engendrent des individus à queue courte. Le gène TBXT des humanoïdes, cloné et séquencé en 1990, comporte une séquence Alu située sur le 6e intron, entre les exons 6 et 7. Cette séquence, spécifique des hominoïdes, est nécessairement héritée de leur dernier ancêtre commun et acquise par l'un de ses ancêtres. Lors de la maturation de l'ARN messager, les deux séquences Alu s'apparient et forment une boucle contenant l'exon 6, qui est éliminée : sur l'ARN mature les exons 5 et 7 se retrouvent contigus.

Les espèces du genre Proconsul, le plus connu des hominoïdes fossiles, vivaient en Afrique de l'Est durant le Miocène inférieur et moyen, de 22 à 14 millions d'années, dans un écosystème de forêt tropicale humide, c'est-à-dire un environnement complètement différent de ce qu'il est devenu aujourd'hui. Au cours du Miocène inférieur et moyen, la super-famille des hominoïdes comptait un très grand nombre d'espèces. Beaucoup ont disparu vers la fin du Miocène moyen, peut-être en relation avec le refroidissement climatique qui s'est amorcé vers 15 millions d'années.

Comportement, cognition et parenté avec l'humain

Depuis longtemps, ils nous questionnent sur ce qui nous rapproche et nous distingue. Étudier ces espèces (caractéristiques, mode de vie…), qui sont génétiquement les plus proches de la nôtre, permet de mieux comprendre l’évolution de la lignée humaine. Parce qu’ils sont nos proches parents, les grands singes, en particulier les chimpanzés et les bonobos, peuvent nous aider à comprendre l’hominisation (l’ensemble des processus évolutifs qui a conduit à l’apparition de l’homme).

Comme le montrent certaines vidéos, nous avons beaucoup en commun avec les grands singes, à commencer par la gestuelle des mains. Comme nous, ces derniers sont capables de se faire la guerre, mais aussi de se réconcilier et de coopérer. En revanche, l’homme se différencie par sa maîtrise du langage et une répartition des rôles familiale entre mâles et femelles (qui élèvent seules leurs petits chez les primates). Cela a permis à l’espèce humaine de se reproduire plus vite que les chimpanzés et les bonobos - qui ne peuvent enfanter que tous les cinq ou six ans -, et de coloniser la planète, pour le meilleur et pour le pire.

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Répartition géographique et effectifs estimés

Répartition géographique : les différentes espèces sont situées en Afrique équatoriale, Congo, Nigéria, Cameroun, Rwanda, Ouganda…

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Espèce Répartition principale Estimation de population Statut / Causes principales
Gorilles de l’Ouest Afrique équatoriale ~150 000 individus Déforestation, braconnage, maladies
Gorilles de l’Est Zones d’Afrique centrale, souvent en zones de conflit 2 000-11 000 individus (UICN) Zones de conflits, déforestation, braconnage
Orangs-outans (Sumatra & Bornéo) Sumatra (P. abelii) et Bornéo (P. pygmaeus) Très en déclin Destruction de la jungle, incendies, trafic
Chimpanzés Région équatoriale d'Afrique (disparus de certains pays) < 300 000-400 000 individus (UICN) Déforestation, chasse, virus Ébola
Bonobos Exclusivement République Démocratique du Congo 15 000-20 000 individus (UICN) Guerres civiles, braconnage, déforestation

Menaces et causes du déclin

A l’origine de cette disparition on retrouve presque toujours l’Homme. L’Homme qui conquiert tous les jours un peu plus la planète pour assurer son propre développement au détriment du biotope. L’Homme qui se bat en détruisant la faune qui le gêne. L’Homme qui n’hésite pas à surexploiter les ressources naturelles sans se soucier de leur renouvellement. En 50 ans, toutes les populations de grands singes ont diminué de 70 %.

Une des causes majeures de ce phénomène est la destruction de leur habitat : 10 millions d’hectares de forêt tropicale disparaissent chaque année, soit un terrain de football toutes les 30 secondes ! En plus de la déforestation, l’habitat des gorilles est situé en grande partie dans des zones de conflits humains. Pour les orangs-outans, la réduction de l’habitat résulte notamment de la destruction de la jungle pour le commerce du bois tropical, des incendies et du trafic international de revente comme « animaux de compagnie ».

Pour les chimpanzés et les bonobos, les causes de l’extinction comprennent la réduction de l’habitat principalement due à la déforestation pour créer des terres cultivables et exploiter des mines, la chasse directement comme « viande de brousse » et des maladies telles qu’Ébola.

Actions de conservation, recherche et réintroduction

Une partie des recherches est désormais orientée sur leurs capacités d’adaptation aux changements environnementaux afin de pouvoir mettre en œuvre, tout en impliquant les populations humaines locales, des stratégies de conservation les plus efficaces possibles pour éviter qu’ils disparaissent. Quelques-uns des nombreux problèmes que pose la survie (réduction de la forêt, impact accru de la chasse) de deux grands anthropoïdes africains ont conduit à des actions de sauvetage.

L'Institut d'Ecologie Tropicale en collaboration avec le C.I.R.M. de Franceville a récupéré au cours de ces quinze dernières années de très jeunes gorilles et chimpanzés dont les parents avaient été tués. Le sauvetage de ces anthropoïdes fut en partie réussi surtout en ce qui concerne les chimpanzés. Des individus relâchés dans des îles à l'âge de 3 ans réussissent à se reproduire une dizaine d'années plus tard.

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Diffusion des connaissances et rôle des médias

Les grands singes font régulièrement l’objet de reportages dans les médias, dans la rubrique faits divers : massacre de gorilles, responsables de la diffusion du Sida ou d’autres virus… Ils apparaissent également dans certains articles plus scientifiques qui tous montrent la grande proximité de ces primates avec l’Homme : utilisation d’outils, automédication, apprentissage d’un langage…

Pourquoi et comment diffuser les résultats de la recherche dans la société ? Cette question est au cœur des actions visant à mieux informer le public et à conduire des politiques de conservation impliquant les populations locales. Ce CoSavez-vous a pour but de discuter de ce type d’exercice et des modalités de la transmission des connaissances.

Aspects sociaux et écologiques de la vie en groupe

La majorité des animaux vivent, au moins durant certaines périodes, avec leurs congénères. En effet, la vie en groupe leur apporte divers avantages. Cependant, elle est aussi source de contraintes et de compétition. Entre autres, les primates sont généralement des animaux sans défense et développent, plus que toutes les autres espèces animales, des comportements sociaux. Ils ont une maturité sexuelle retardée, ce qui leur donne logiquement une progéniture réduite et qui bénéficie de soins maternels plus accrus.

Perspectives et enjeux

Étudier ces espèces permet de mieux comprendre l’évolution de la lignée humaine et d’orienter des stratégies de conservation adaptées. Malgré les remous médiatiques, comme une échéance inéluctable, les grands singes semblent condamnés à disparaître de la planète si des mesures ambitieuses ne sont pas prises. Une partie des recherches est désormais orientée sur leurs capacités d’adaptation aux changements environnementaux afin de pouvoir mettre en œuvre, tout en impliquant les populations humaines locales, des stratégies de conservation les plus efficaces possibles pour éviter qu’ils disparaissent.

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