Fonctionnement de l’appel à cotisation chez Lloyd’s of London

Le marché de Lloyd’s of London occupe une position prépondérante dans le domaine mondial de l’assurance et de la réassurance. Ce marché londonien, caractérisé par une forte concentration d’intervenants, gère des risques majeurs dans les secteurs aviation, transport, maritime, énergie, et réassurance. Aujourd’hui, Lloyd’s représente à lui seul 40% des primes mondiales aviation, 60% des plateformes pétrolières assurées, et 15% des primes de réassurance mondiale.

Le rôle essentiel du marché de Londres et de Lloyd’s

Le marché de Londres est considéré comme le leader mondial des transactions d’assurance et de réassurance, spécialisé dans la prise en charge des grands risques non-vie. Il constitue une plateforme où toutes les grosses sociétés d’assurance et de réassurance mondiales placent leurs affaires. On estime qu’environ 15 % des grands risques industriels et de la réassurance mondiale transitent par ce marché.

Le marché regroupe différents intervenants : les clients, principalement des grandes entreprises, assureurs et réassureurs britanniques et étrangers, les courtiers, l’International Underwriting Association (IUA), les clubs P&I, et bien sûr les syndicats de Lloyd’s. Ces différents acteurs collaborent pour faciliter la souscription et la gestion des risques présents sur le marché londonien.

Structure et organisation du Lloyd’s of London

Contrairement à une compagnie d’assurance classique, le Lloyd’s n’est pas une société d'assurance, mais un marché d’assureurs et de capitaux. Ses contrats sont souscrits par des « names » regroupés en syndicats. Chaque syndicat est un assureur indépendant doté de son propre capital investi soit par des personnes physiques, responsables de manière illimitée, soit par des personnes morales à responsabilité limitée.

Les syndicats sont gérés par des « managing agents » qui définissent la politique et supervisent la souscription, mais qui ne souscrivent pas eux-mêmes. La souscription est réalisée par un souscripteur mandaté par le syndicat. Les risques sont placés exclusivement via des courtiers agréés, appelés Lloyd’s brokers, qui servent de lien entre souscripteurs et clients.

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La corporation du Lloyd’s assure la gestion administrative et matérielle du marché. Elle regroupe les dirigeants et hauts fonctionnaires, ne souscrit aucun risque mais fournit les ressources nécessaires. Le conseil de Lloyd’s gouverne et contrôle le marché, notamment en approuvant l’entrée des membres, agents et courtiers.

Les courtiers et leur rôle central

Les courtiers au Lloyd’s jouent un rôle déterminant. Ils sont les seuls intermédiaires habilités à placer des risques au sein du marché. Pour cela, ils doivent être agréés par Lloyd’s et membres du General Insurance Standards Council (GISC). Le Lloyd’s compte environ 150 courtiers agréés, qui représentent les clients et sont essentiels à la distribution et à la gestion des affaires d’assurance et de réassurance.

L’International Underwriting Association (IUA)

L’IUA est une association qui regroupe les assureurs sur le marché londonien hors Lloyd’s. Créée en 1999, elle défend les intérêts de ses membres et soutient les opérations de souscription. En 2009, elle comptait 65 membres, desservant une large part du marché.

Les clubs P&I : spécialiste du transport maritime

Les Protection & Indemnity (P&I) Clubs sont des associations d’assurance mutuelle pour armateurs et affréteurs. Ils opèrent principalement dans le transport maritime et sont regroupés au sein de l’International Group of P&I Clubs, basé à Londres.

L’appel à cotisation chez Lloyd’s : mécanisme et enjeux

Le Lloyd’s est confronté régulièrement à des appels à cotisation auprès de ses membres (« names ») pour faire face à des pertes importantes et maintenir la solvabilité des syndicats. Chaque appel correspond à un montant exigé des membres basé sur leurs engagements, afin d’apporter des fonds de garantie pour couvrir des sinistres survenus.

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Par exemple, en 2001, suite aux attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Lloyd’s a estimé une perte initiale de 1,3 milliard de livres sterling, la plus importante somme jamais enregistrée depuis plus de 300 ans. Cependant, les agences de notation prévoyaient que ce montant pourrait être multiplié par trois ou quatre. Pour couvrir ces sinistres, un appel à cotisation de 780 millions de livres a été lancé, réparti entre des personnes physiques (246 millions) et des sociétés (524 millions).

Ces appels de fonds servent aussi à renforcer le « fonds central » de garantie, servant à protéger les obligations financières du marché. Par exemple, au 31 décembre 2008, ce fonds s’élevait à environ 323 millions de livres, un montant que certains analystes considéraient comme insuffisant.

Récents appels à cotisation et gestion des risques

Au début des années 1990, le Lloyd’s a traversé une grave crise qui a engendré une forte diminution de sa capacité et la ruine de plusieurs membres. À cette époque, de très importants appels de fonds ont été nécessaires pour faire face aux sinistres majeurs liés au cyclone Andrew, à Piper Alpha ou à la maladie de l’amiante.

En outre, à la suite de la crise de 2001, le Lloyd’s a augmenté la prime mensuelle prélevée sur ses syndicats, passant de 1,1 % à 2 %, afin d’augmenter les réserves de capital sur deux ans. Ces mesures permettent de maintenir la solvabilité et la stabilité du marché londonien.

Les défis actuels du Lloyd’s face à la transition climatique

Malgré son rôle de leader, Lloyd’s fait face à des critiques concernant son engagement dans la transition énergétique. Une analyse récente de Reclaim Finance (2024) révèle que, contrairement à d’autres grands assureurs européens, Lloyd’s of London continue de soutenir l’expansion des énergies fossiles via ses managing agents, sans exiger de politiques de limitation des risques dans ce secteur.

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Seuls 5 des 51 managing agents du Lloyd’s ont adopté un engagement à ne plus couvrir les nouveaux projets de charbon et de champs pétroliers et gaziers. Par conséquent, Lloyd’s est aujourd’hui considéré comme un acteur qui freine effectivement l’action climatique de l’industrie (ré)assurance en permettant l’expansion des énergies fossiles.

Lloyd’s a été mandaté par la Prudential Regulation Authority (PRA) pour réglementer son propre marché, notamment en matière de risques souscrits. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) recommande dans son scénario Net Zero Emissions by 2050 l’arrêt de tout nouveau projet fossile. Cela inclut les terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), yet aucun managing agent de Lloyd’s ne s’est engagé à ne pas garantir ces risques.

Dans ce contexte, des experts et ONG appellent les managing agents du Lloyd’s à adopter des politiques ambitieuses alignées sur la neutralité carbone annoncée par le marché, afin de ne plus soutenir les projets d’énergies fossiles et d’assurer un véritable leadership climatique.

Lloyd’s en France et ses engagements sociaux

La France représente un des principaux marchés pour Lloyd’s en Europe continentale, avec un portefeuille client composé de sociétés et d’entrepreneurs économiques. Grâce à la délégation de Montmirail depuis plus de 30 ans, Lloyd’s bénéficie d’une solide expertise locale.

En outre, Lloyd’s est engagé dans des actions de responsabilité sociale, notamment le soutien aux organisations caritatives locales et la promotion de la diversité au sein de son industrie. Depuis 2016, le marché organise le Dive In Festival à Paris, dédié aux initiatives inclusives et culturelles.

Le bureau du Lloyd’s à Paris offre également des services aux acteurs du marché pour organiser réunions, conférences et événements, facilitant ainsi la coopération avec les partenaires locaux.

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