Artisanat d’art au château de Pau : histoire, décors et objets remarquables
Berceau d’Henri IV, qui y vit le jour en 1553, l’ancienne forteresse féodale des vicomtes de Béarn, est transformée en palais royal par Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, et Henri II d’Albret, son époux, héritiers de la couronne de Navarre. Le château de Pau, monument historique devenu Musée national à la fin des années 1920, abrite des collections aussi riches que diverses : peintures, sculptures, dessins, estampes, porcelaines, tapisseries, mobilier…
Situé sur un vaste domaine national de 22 hectares, où jardins, parterres fleuris et parc constituent un véritable coin de nature au cœur de la ville de Pau, face aux Pyrénées, le monument offre à ses visiteurs une véritable plongée dans l’histoire locale et nationale.
Restaurations, réaménagements et programme décoratif
Elle a été grandement restaurée au XIXe s. Le décor intérieur du monument, demeure royale entièrement réaménagée sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), témoigne d’un véritable programme artistique contribuant à l’affirmation d’une légitimité politique. La visite virtuelle
La disposition du mobilier offre l’exemple accompli de l’aménagement cérémonial d’un salon de résidence royale dans la première moitié du XIXe siècle. Les appartements royaux meublés constituent un témoignage remarquable de l’art décoratif de la Monarchie de Juillet et du Second Empire.
Salles d’apparat et mobilier d’art
Jusqu’au XIXe siècle, le grand salon de réception forme avec le salon d’attente, le « tinel », grande salle d’apparat du château où se réunit, au Moyen-Age, la Cour Majour (assemblée des nobles et du clergé du Béarn), devenu à la fin du XVe siècle, la salle du trône des rois de Navarre. Cette salle, située au rez-de-chaussée du monument, est à juste titre l’une des plus réputées du château : on ne peut qu’être impressionné par ses vastes proportions, son riche décor de tapisseries, ses lustres de style hollandais et bras de lumière en bronze doré et par l’immense table de chêne et de sapin où l’on pouvait installer une centaine d’invités, d’où son nom.
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Avec les chaises de chêne tourné livrées en 1841 par l’ébéniste Jeanselme, elle constitue le seul mobilier de cette salle, marquant bien la destination voulue par Louis-Philippe pour cet espace : une grande salle à manger d’apparat. Ornant les murs, des tapisseries des Gobelins, appartenant aux tentures des Mois Lucas et des Chasses de Maximilien, viennent, par leurs tons de vert et les ambiances de sous-bois qui s’en dégagent, prolonger le spectacle offert par les coteaux voisins, sur lesquels s’ouvrent de vastes baies.
La cheminée en pierre du XVIe siècle a été entièrement reprise au XIXe siècle lors des travaux de rénovation du monument sous Louis-Philippe. Les lustres monumentaux, initialement destinés à la Galerie des croisades du château de Versailles, œuvres des lustriers et bronziers du roi Chaumont et Marquis, ont été réalisés vers 1840.
Objets d’art et collections : porcelaine, coffrets, vases et pendules
Le musée national du château de Pau conserve aujourd’hui environ 12000 œuvres et objets inscrits dans ses inventaires. Ces collections, que vous pourrez explorer à travers la visite virtuelle du musée, sont d'une très grande variété de techniques, de matériaux et de dates. Elles proviennent en effet à la fois des décors créés sous la Monarchie de Juillet pour les appartements d'apparat (beau mobilier, objets d'art), du fonctionnement quotidien de l'ancien palais au XIXe siècle (matériel de cuisine ou de toilette, par exemple) et des ensembles d'œuvres constitués autour de la figure d'Henri IV, comme des représentations du château de Pau, à partir du XXe siècle (peintures, arts graphiques, sculptures etc.).
L'une des grandes richesses de ces collections est constituée par les extraordinaires ensembles de tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles, tissées, pour la plupart à la Manufacture des Gobelins à Paris, qui ont été envoyées à Pau au moment du remeublement du château au XIXe siècle, pour reconstituer un décor d'inspiration Renaissance.
Cette élégante tasse, accompagnée de sa soucoupe, a été acquise en 2003 par le Musée national du château de Pau. Outre la qualité artistique de cette production de la Manufacture de Sèvres, ce sont aussi le décor et l’histoire de ces objets qui en ont motivé l’achat : la tasse est ornée d’un médaillon avec portrait d'Henri IV en buste, peint en 1823 par une artiste attachée à la Manufacture, Alexandrine Boily, d’après une œuvre de Marie Victoire Jacquotot... Tasse et soucoupe furent offertes par le roi Charles X à sa belle-fille, la duchesse de Berry, pour le fils de cette dernière.
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Ce superbe vase, qualifié de première grandeur en raison de ses dimensions, a été exécuté à Sèvres, entre 1886 et 1889. Ce grand vase fut envoyé en 1894 au château de Pau, alors palais national, pour commémorer le séjour qu'y fit le président Sadi Carnot (1837-1894), les 22 et 23 mai 1891.
Le Musée national du château de Pau conserve une importante collection d’une vingtaine de pendules dites « à la Henri IV ». À partir du XVIIIe siècle et surtout dans les premières années du XIXe, la popularité de ce héros de l’histoire de France contribua à diffuser son image jusque dans les arts décoratifs. L’engouement pour ces pendules à thème henricien fut tel qu’on en fit même une chanson. « L’heure d’amour va sonner/A la pendule d’Henri Quatre. » « La gloire ne peut retarder/A la pendule d’Henri IV ». Sur cette pendule datant du règne de Louis XVI, le motif central - Henri IV et Sully - est directement inspiré d’un groupe en terre de Lorraine créé en 1769 par Paul-Louis Cyfflé à Lunéville.
Pièces remarquables et curiosités : la carapace, coffret et vases-cages
Si la chambre qui vit effectivement naître Henri de Navarre en 1553, se trouvait certainement à l’étage inférieur (actuel Salon de famille), cette pièce fut conçue au XIXe siècle pour servir de reliquaire à un objet insolite : la fameuse carapace de tortue, berceau légendaire du petit Henri, futur Henri IV. Entre histoire et légende, cette carapace est vénérée à Pau au moins depuis le XVIIIe siècle. Elle échappe quasi-miraculeusement à la destruction pendant les heures les plus troublées de la Révolution française, et en 1821, Louis XVIII la dote de son actuel décor de lances, casque orné d’un blanc panache de plumes d’autruche, broderies et bannières aux armes de France et de Navarre.
Louis-Philippe, lors des travaux qu’il mène au château de Pau, fait aménager cette chambre natale artificielle autour de la carapace, alors objet d’un véritable culte. Acquis en 2008, ce beau dessin représente un projet de décor pour la carapace de tortue, berceau légendaire de Henri IV conservé dans son château natal. C’est sous la Restauration que le berceau-carapace fut doté d’un ensemble décoratif de bois doré, soies et velours brodés, à l’initiative du concierge du château de Pau, Alexandre Bossu.
C'est en 1842 qu'est envoyé à Pau un "petit coffret en marqueterie d'étain et nacre sur bois d'ébène", dont l'intérieur est tendu de soie cramoisie. Estimé à la coquette somme de 264 francs, ce petit coffre est destiné à la chambre dite d'Henri d'Albret au premier étage du palais. L'attribution de ce précieux objet d'art au château de Pau alors en complète rénovation était justifiée par la présence, au centre du couvercle, d'un médaillon de laiton orné d'un buste d'Henri IV et portant la date gravée de 1607. Une nouvelle fois, la restauration de l'objet a permis de faire des découvertes étonnantes. Apparaît alors un petit tableau en laque imitant la laque de Chine. L'origine spadoise de ce coffret est donc confirmée.
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Trois extraordinaires vases arrivèrent au palais impérial de Pau en 1854, sous le Second Empire. L’origine de ces trois objets est connue : à la Révolution, ils furent confisqués au château de Chantilly. Ils appartenaient en effet aux collections qui y furent rassemblées par Louis-Henri de Bourbon-Condé (1692-1740). Les trois vases envoyés à Pau sont presque identiques : le corps du vase est constitué d’un vase cornet à fond blanc, orné de motifs bleus : des pivoines sur l’extérieur, des dragons à l’intérieur du col du vase. Mais le plus surprenant est la cage de laiton et papier mâché dorés qui ceint la panse du vase.
Arts graphiques, estampes et l’attrait des artistes pour Pau
Au XIXe siècle, nombreux sont les artistes qui font le voyage aux Pyrénées, parfois pour le bénéfice des stations thermales, surtout pour le plaisir de croquer sur le vif paysages impressionnants, personnages ou monuments pittoresques. Parmi les motifs qui rencontrent un vrai succès, le château de Pau tient une place certaine. Son implantation qui le confronte à la chaîne pyrénéenne, la vue que l'on peut admirer depuis "la sublime terrasse", la nostalgie aussi qui s'attache au lieu de la naissance d'Henri IV sont autant de raisons pour faire de ce monument l'un des sujets de prédilection des dessinateurs, vite relayés par les graveurs.
Le cabinet d'arts graphiques du château de Pau conserve un grand nombre de ces planches gravées qui témoignent de l'engouement des dessinateurs pour le monument et par là même de son évolution architecturale au cours du XIXe siècle. Frédérick Dandiran, dessinateur et graveur, est bien connu pour ses lithographies pyrénéennes, qu'il publia en grande partie en collaboration avec un autre artiste, Frédérick Mialhe (1810-1881). Aquarelliste, élève du peintre Siméon Fort, Victor Petit produisit de très nombreuses lithographies des Pyrénées, à Bagnères-de-Bigorre chez l'éditeur Dulon ou à Pau, chez Auguste Bassy.
Rôle des mécènes, dons et conservation
Chaque année, la Société des amis du château de Pau remet plusieurs œuvres d’art au musée national. L’essentiel des 12 000 œuvres inscrites dans les inventaires des collections du château proviennent à la fois du fonctionnement quotidien de l’ancien palais, mais aussi des décors et objets créés sous la Monarchie de Juillet pour les appartements d’apparat. Les dons réguliers de la Société des amis du château sont donc anecdotiques à l’échelle de l’inventaire, mais restent une source non négligeable d’apports de connaissances.
« La plupart du temps, le choix des œuvres se fait sur proposition du conservateur général », détaille Étienne Lassailly. « Lui suit l’ensemble du marché et sait exactement ce qui peut venir compléter la collection du château », poursuit le président de la société. Transporté dans une petite pochette, bien protégé de la lumière et des usures du temps, un dessin à la plume provient d’une bibliothèque privée. « On l’a récupéré chez un particulier en région parisienne. Petit trésor pour la collection, le dessin représente une tentative d’assassinat d’Henri IV par un parlementaire « qui souffrait de troubles psychologiques et considérait Henri IV comme un usurpateur », explique Paul Mironneau.
Visiter le château : conseils pratiques et expériences
Le Musée national du Château de Pau propose des visites commentées de ses très belles collections. Tapisseries somptueuses, tableaux uniques, livres rares et mobiliers précieux témoignent d’un passé glorieux. Faites plonger toute la famille dans l’Histoire : Ça brille, c’est beau, on apprend des anecdotes amusantes et après on peut aller courir dans les allées du parc. Les parents comme les enfants devraient adorer cette visite !
Quand il pleut, une visite parfaite à programmer par temps gris comme par grandes chaleurs. Les dorures éclatantes du château vous mettront du soleil au cœur et la température constante vous rafraichira les idées ! Sans voiture, le quartier du Château est piétonnier. Garez vous dans les parking municipaux, avant de venir découvrir le château !
| Type d’objet | Exemples | Période principale |
|---|---|---|
| Tapisseries | Tentures des Mois Lucas, Chasses de Maximilien | XVIIe-XVIIIe s. (Gobelins) |
| Porcelaines | Tasse et soucoupe de Sèvres | XIXe- fin XIXe s. |
| Pendules | Pendules « à la Henri IV » | XVIIIe-XIXe s. |
| Objets curieux | Carapace-berceau, vases-cages | XVIIe-Second Empire |
| Arts graphiques | Estampes, lithographies, dessins (Dandiran, Petit...) | XIXe s. |
Pau, musée national et domaine du château, inv. P. Simple fortification de bois, il devient château au 12ème siècle ! Les vicomtes de Béarn le renforcent peu à peu et au 14ème siècle, Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn, le transforme en citadelle imprenable. « Febus me fe » (Fébus me fit). La devise de Gaston Fébus (1331-1391) est inscrite dans les murs du Château de Pau.
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