Artisanat colombien : rubans, métiers à tisser et bracelets — techniques et traditions
L’artisanat colombien plonge ses racines dans les civilisations précolombiennes, où chaque objet fabriqué alliait utilité et symbolisme. Les peuples indigènes comme les Muiscas, les Wayuu ou les Quimbayas développaient déjà des techniques raffinées de tissage, de céramique et d’orfèvrerie. Avec l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle, de nouvelles matières et méthodes furent introduites, comme le travail du cuir, la forge ou la broderie. Au fil des siècles, ces influences se sont entremêlées pour créer un artisanat hybride et unique.
Les savoir-faire se sont transmis de génération en génération, souvent au sein des familles et des communautés. C’est que l’artisanat, c’est avant tout un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, parfois depuis des centaines voire des milliers d'années. Les régions de Colombie se narrent ainsi à travers leurs traditions et leur savoir-faire, un savoir-faire parfois reconnu à l’international.
Textiles et tissages : métiers, rubans et bracelets
Les textiles occupent une place centrale dans l’artisanat colombien. Parmi les plus célèbres, les mochilas Wayuu, des sacs seau tissés à la main par les femmes de la communauté Wayuu, sont bien plus que de simples accessoires. La mochila Wayuu s’est imposée comme l’accessoire phare de l’artisanat indigène colombien. Avec ses couleurs vives et ses motifs géométriques, la mochila Wayuu est appréciée de tous, et de plus en plus au niveau international !
Traditionnellement, les mochilas Wayuu sont confectionnées en deux étapes. Première étape : la création de la pochette. Ce sont les femmes Wayuu qui s’attèlent à la tâche. Pendant plusieurs jours (en général, environ 25 jours de travail), les femmes Wayuu tissent avec dextérité et imagination le corps de la mochila grâce à une technique secrète transmise de génération en génération. Chaque motif est unique, il n’y a pas de patron prédéfini, ce qui confère à la mochila une aura toute particulière. Deuxième étape : la bandoulière. Cette étape est généralement exécutée par les hommes.
Comme son nom l’indique, la mochila Arhuaca est une tradition du peuple Arhuaco, fabriquée par les femmes de la communauté depuis leur plus jeune âge. Similaires aux mochilas Wayuu de par leur forme, ils se distinguent dans le choix des couleurs des motifs. Les mochilas arhuacas sont en effet traditionnellement de couleur blanche et rayées de motif gris, bruns et noir, et sont confectionnés sur base de matériaux naturels comme de la laine de brebis, du coton et de la Fique.
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Les hamacs chinchorro de la côte caraïbe font partie intégrante du mode de vie local : ils allient confort et esthétique dans des tons colorés. Les hamacs sont légions en Colombie, de toutes les couleurs et de toutes les matières. Aucune pièce d’artisanat ne représente mieux la douceur de vivre à la colombienne. Nous les retrouvons partout mais c’est bien à San Jacinto dans le département Bolivar, à quelques heures de Carthagène des Indes, que vous trouverez les pièces les plus fines et les abouties du pays.
Une fois de plus, si vous avez l’opportunité de passer dans le village ou aux alentours, gardez en tête qu’un seul hamac peut demander entre deux et six mois de travail à l’artisan. N’hésitez pas d’ailleurs à visiter un atelier de fabrication si vous êtes de passage à San Jacinto histoire de connaître tous les secrets de fabrication qui se transmettent de génération en génération.
Métiers à tisser pour perles et bracelets : choisir son outil
Pour choisir un métier à tisser, considérez vos besoins : un modèle premier prix est idéal pour les petits poignets, tandis qu'un métier extensible permet des tissages plus longs. Pour une utilisation ergonomique, optez pour le modèle en bois incliné, et si vous souhaitez réaliser des créations variées, le modèle très long est le meilleur choix.
Vous souhaitez acheter un métier à tisser, mais vous êtes perdu-e-s parmi tous les modèles disponibles ? Cette vidéo vous aide à y voir plus clair. Nous vous présentons 5 métiers à tisser des perles différents et leurs caractéristiques pour vous aider à choisir votre métier pour perles.
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Petit métier à tisser (premier prix)
Ce métier à tisser premier prix offre une longueur de tissage d'un peu moins de 15 cm. Il conviendra donc à la réalisation de bracelets pour un petit poignet. Quand on utilise le système des embouts de tissage + le fermoir pour finir son bracelet, l'idéal est de tisser l'équivalent de sa taille de poignet ou 1 cm de moins maximum. Il sera trop petit pour les tours de poignets de 15 cm. Il aura tendance à bouger et à cogner sur la table avec son armature en métal. Si vous choisissez ce modèle, mettez un tissu ou un torchon plié en dessous pour que le bruit ne vous gêne pas. Choisissez ce modèle si vous avez un petit poignet et que vous souhaitez tester le tissage de perles à moindres frais.
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Métier à tisser classique
C'est un métier à tisser équivalent au premier prix, mais il est un peu plus grand et un peu plus large. Il a une longueur de tissage de 20 cm. Choisissez ce modèle si vous trouvez le premier choix trop petit et si vous voulez simplement essayer le tissage de perles.
Métier à tisser extensible
Ce métier à tisser permet de réaliser des tissages beaucoup plus longs. Vous pourrez par exemple faire un collier ras de cou (avec chaînette d'extension), car sa longueur de tissage est de 26,5 cm. Il est aussi plus solide et plus stable. Vous pouvez ajuster la longueur du métier à la longueur de votre bracelet, donc vous ne gâcherez pas trop de fil. Il a toujours le désavantage de faire du bruit car la structure est en métal. Choisissez ce métier à perler si vous souhaitez un bon métier à tisser qui vous offre la possibilité de faire autre chose que des bracelets.
Métier à tisser en bois incliné
Ce métier à tisser est stable et résistant. Il offre une longueur de tissage de 18 cm. Comme il est incliné, il est beaucoup plus agréable à utiliser. Choisissez ce métier à tisser si vous savez que vous allez faire beaucoup de créations et si vous souhaitez un métier à tisser ergonomique.
Métier à tisser très long
Ce métier à tisser permet de faire des tissages de 45 cm de long. Il permet donc de faire des colliers et des bracelets deux tours. Par contre, il gâchera pas mal de longueur de fil si vous souhaitez réaliser un bracelet simple et classique au métier à tisser. Choisissez ce métier à tisser si vous comptez faire des colliers et/ou en deuxième métier à tisser.
Métiers à tisser spéciaux
Il existe toutes sortes de métiers à tisser les perles. Certains ont des spécificités originales. Par exemple ce métier à tisser réglable en longueur avec précision qui permet d'éviter d'avoir beaucoup de bouts de fils à cacher à la fin, ou bien ce métier à tisser pour bracelets élastiques, mais qui demande d'utiliser des élastiques spécifiques. Ces métiers à tisser sont un peu plus difficiles à prendre en main, car leur fonctionnement est différent.
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Techniques et motifs : rubans, chaquiras, macramé et plus
Installée notamment dans les départements de Choco et d’Antioquia, dans la région de la forêt du Darién et le golfe d’Uraba, la communauté Kuna s’est fait connaître en partie grâce à son artisanat unique en son genre : le travail de la mola. Pièce fondamentale des tenues des femmes Kuna, la mola est une pièce en tissu minutieusement tissée et très colorée. Chaque pièce unique représente différents symboles cosmiques et est élaborée selon un savoir-faire ancestral tenu secret.
Entre les régions de Choco, de Risaralda et de Caldas, la tribu indigène Embera est devenue célèbre pour sa confection de bijoux composés de nombreuses petites perles colorées, appelée « chaquiras ». Partie intégrante de la tenue traditionnelle des femmes Embera, les chaquiras se distinguent par leurs couleurs vives et leurs motifs uniques aux dimensions divines (souvent géométrique ou à l’image d’un animal ou d’une fleur).
Le chapeau Vueltiao, le sac en macramé, les ceintures et les bracelets tissés à la « caña flecha » montrent comment une matière locale devient motif, ruban et accessoire. Le symbole par excellence de la Colombie, le chapeau Vueltiao représente totalement son pays ! Ce chapeau est traditionnellement créé dans le département de Cordoba par la communauté Zenu. Il est confectionné à base de « caña flecha », une plante qui sert aussi à élaborer de beaux sacs, des ceintures ou encore des bracelets que l’on retrouve dans toute la Colombie.
Ateliers, coopératives et commerce responsable
Des coopératives et des initiatives de tourisme responsable veillent à préserver les techniques traditionnelles et à valoriser les artisans. Ounaa privilégie des partenariats directs qui respectent l’authenticité de l’artisanat colombien. Alicia se rend régulièrement en Colombie pour rencontrer les créateurs, suivre les étapes de fabrication et renforcer les liens humains qui font la force de chaque collaboration.
Près d’un million de personne dans le pays gagne sa vie directement ou indirectement grâce à l’artisanat. 60 % d’entre eux sont issus d’une zone rurale et indigène. C’est donc une belle variété de souvenirs de voyage à rapporter dans votre valise que nous vous proposons là.
Joallerie, céramique et autres techniques complémentaires
La Colombie est réputée pour la finesse et la richesse de son artisanat joaillier. À Mompox, sur les rives du fleuve Magdalena, l’art du filigrane atteint un niveau d’exception. Ce sont principalement de fines spirales et arabesques en or ou en argent qui sont façonnées à la main pour former des boucles d’oreilles, des colliers ou des bracelets d’une légèreté incroyable. Le petit village de Mompox à lui seul vaut mille fois le détour, d’autant plus avec son artisanat légendaire : des bijoux d’argent ou d’or en filigrane. Aujourd’hui, près de 170 orfèvres du village travaillent encore l’argent ou l’or suivant les préceptes arabes.
Impossible d’évoquer l’artisanat de Colombie sans évoquer le travail de l’émeraude, la pierre précieuse incontournable de Colombie. La Colombie est en effet réputée pour produire la plus belle et la plus éclatante émeraude au monde, dotée d’une couleur verte intense inégalée. A elle seule, la Colombie représente près de 50% de la production totale. Les principales mines d’émeraudes se trouvent dans le département de Boyaca, comme la mine de Chivor, la mine de Muzo ou la mine de Coscuez.
La céramique colombienne perpétue des techniques ancestrales héritées des tribus indigènes, en particulier les Pijaos qui utilisent l'argile locale. Ce savoir-faire se retrouve encore aujourd’hui à La Chamba, un petit village niché au bord du fleuve Magdalena, réputé pour ses poteries naturelles de couleur noire. Ces pièces, aux rondeurs généreuses et aux lignes épurées, allient élégance et sobriété. Produites en quantité raisonnée à partir d’un mélange d’argile, elles résistent à la chaleur tout en sublimant les plats et sont devenues incontournables dans les cuisines traditionnelles et les restaurants des grandes tables colombiennes.
Pièces emblématiques à rapporter
- Mochila Wayuu et mochilas Arhuaca : sacs tissés à la main, motifs uniques.
- Hamacs de San Jacinto : colorés, parfois plusieurs mois de travail.
- Chapeau Vueltiao : tissage en caña flecha, symbole national.
- Ruana de Boyaca : poncho en laine, protection contre le froid d’altitude.
- Bijoux en filigrane de Mompox et émeraudes de Boyaca.
- Chaquiras Embera et molas Kuna : perles et pièces de tissu colorées.
Ressources pratiques : se lancer dans la confection de bracelets tissés
L’été, la chaleur, le soleil toussa toussa moi ça me donne envie de rester à l’ombre, au frais. Mais pas de glandouille en vue ! Aujourd’hui, je prends soin de moi (l’amoureux n’en sera que plus content !). Poser sur un transat, pour prendre l’air un petit peu (il faut bien en profiter quand même !), me voilà en train de fabriquer un bracelet brésilien. Il sera vite accompagné de bracelets de perles, de macramé, de tresses et j’en passe. Et oui ! J’ai décidé de confectionner le tout moi-même, jusqu’à la fabrication d’un métier à tisser (car impossible de remettre la main sur le mien…).
Pour vous donner des idées, je vous conseille de suivre les tutos de Isnata. On commence par tracer deux lignes parallèles (pour mesurer la distance qui séparera les deux lignes, faite le tour de votre poignet avec un fil et reportez cette mesure sur la planche. Ajoutez 4cm. Aux deux extrémités de votre fil se trouveront les deux rangs de clous). Tracez un petit trait perpendiculaire tous les 5 mm (pour noter l’emplacement des clous). Maintenant, plantez ! N’oubliez pas de placer un clou 3 cm plus bas que celui du milieu (qui servira à accrocher les fils). Et c’est tout ! A présent vous pouvez commencer à faire votre bracelet.
Pour vous donner des idées de motifs, vous pouvez chercher sur google image. Je suis sûre que vous trouverez votre bonheur. A vous de jouer maintenant ! Moi je vais finir mes autres bracelets pour compléter ma version de l’Hipanema !!
Tableau récapitulatif : choix du métier à tisser
| Type | Longueur | Avantages | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| Petit métier (premier prix) | < 15 cm | Pas cher, bon pour tester | Petits poignets, débutants |
| Métier classique | 20 cm | Polyvalent | Débutants confirmés |
| Extensible | 26,5 cm | Longs tissages, solide | Colliers, bracelets longs |
| Bois incliné | 18 cm | Ergonomique, stable | Usage intensif |
| Très long | 45 cm | Permet colliers et double tour | Colliers, bracelets 2 tours |
Que l’on soit au cœur du Désert de la Guajira, au bord du fleuve Amazone ou au milieu des montages de la Sierra Nevada de Santa Marta, l’artisanat occupe une place prépondérante dans le quotidien et l’économie colombienne. Le pays idéal si vous souhaitez repartir avec un petit souvenir de votre voyage dans votre valise.
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