Artisanat et vie communautaire dans la Communauté de l’Emmanuel : présentation et activités

La Communauté de l’Emmanuel est née dans l’élan du renouveau de l’Eglise Catholique de la fin du XXe siècle. En 1972, Pierre Goursat et Martine Laffitte fondent, à Paris, un groupe de prière s'inspirant de l'expérience du renouveau charismatique catholique. Le groupe se réunit d'abord dans l'appartement de Martine Laffitte puis chez les maristes rue Jean-Ferrandi avant de se scinder en deux et qu'un nouveau groupe se réunisse chez les Sœurs de l'Assomption, rue de l'Assomption. Un nom commun - Emmanuel - est donné aux deux groupes.

La communauté de l'Emmanuel est une association publique internationale de fidèles de droit pontifical, née à partir d'un groupe de prière fondé en 1972. En 1992, la Communauté de l’Emmanuel a été reconnue par le Saint Siège (et est rattachée au dicastère pour les Laïcs, la famille et la Vie). Le décret du 8 décembre 1992 reconnaît la communauté de l'Emmanuel comme « association privée internationale de fidèles de droit pontifical » et en a approuvé les statuts ad experimentum pour une période de cinq ans. La Congrégation pour le clergé au Vatican crée l'association cléricale de la communauté de l'Emmanuel, le 15 août 2017.

Présence, composition et vocation

Comme Association Publique de Fidèles, elle rassemble des prêtres, des consacrés, des familles et des célibataires qui témoignent de l'ecclésiologie de communion encouragée par le Concile Vatican II. La présence de tous les états de vie est constitutive de l'appel de la Communauté de l'Emmanuel. Elle est essentielle tant pour l'évangélisation que pour la sanctification. La vocation de l'Emmanuel est de faire connaître Dieu à tout homme, loin ou proche de l’Église. Aujourd'hui, la communauté est présente dans 60 pays. Elle touche chaque année à travers ses activités apostoliques plusieurs centaines de milliers de personnes.

Les membres de la Communauté de l’Emmanuel ont fait l’expérience d’une rencontre personnelle avec le Christ qui a fait naître en eux le désir de marcher avec Lui vers la sainteté en se laissant conduire par l’Esprit-Saint. Le désir des membres de la Communauté de l’Emmanuel est d’être unis à Dieu. Ils veulent pour cela se tourner vers Lui, l’écouter, lui montrer leur amour et se laisser aimer. La prière est essentielle dans leur vie spirituelle, elle est la rencontre de la soif de Dieu et de la leur, elle est la porte d’entrée vers l’union à Dieu.

La vie communautaire : maisonnées, prière et accompagnement

Les groupes croissent rapidement. En septembre 1976, certains membres des groupes de prière de l'Emmanuel se réunissent pour s'organiser davantage. Les membres forment des maisonnées d'environ huit personnes qui se retrouvent chaque semaine pour prier ensemble, s'engagent à une vie de prière régulière et reçoivent un accompagnement personnel. Chacun des membres de la Communauté participe à une maisonnée. Une maisonnée est un petit groupe qui se retrouve régulièrement, habituellement chaque semaine, pour se mettre à l'écoute de l'Esprit Saint par la louange, le partage de la parole de Dieu et l'intercession.

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Chaque membre de l'Emmanuel s'engage aussi dans une vie missionnaire en se rendant disponible pour des services proposés - ou confirmés - par la Communauté. Chaque membre de la Communauté bénéficie d'un accompagnement personnel régulier par un autre membre de la Communauté. Les moyens proposés à chacun pour vivre sa foi sont multiples. Ils vont du groupe de prière (généralement hebdomadaire), à la maisonnée (petit groupe de personnes qui se réunissent à un rythme régulier, hebdomadaire ou toutes les 2 semaines pour prier ensemble, partager la parole et l'œuvre de Dieu dans leur vie) à la rencontre communautaire mensuelle.

La vie communautaire et fraternelle est conçue pour soutenir et dynamiser l'engagement à vivre au quotidien dans un esprit d'adoration, de compassion et d'évangélisation. Chaque mois, un temps communautaire plus large est consacré à la prière, la célébration liturgique commune et la formation. L’engagement dans la Communauté (précédé d’un temps d’accueil et de discernement d’au moins deux ans), est renouvelé chaque année.

Adoration, compassion et mission

« La grâce profonde de la Communauté vient de l'Adoration Eucharistique du Dieu réellement présent au milieu de nous : EMMANUEL. De cette Adoration naît la compassion pour tous les hommes qui meurent de faim, matériellement et spirituellement. De cette compassion naît la soif d'évangéliser dans le monde entier et particulièrement les plus pauvres ». La vocation de l'Emmanuel est de faire connaître Dieu à tout homme, loin ou proche de l’Église. Ses membres vivent là où Dieu les a placés, dans leur cadre familial, professionnel et social au cœur du monde sans être «du monde» (Jn 17, 14).

La communauté sort régulièrement dans la rue pour des missions d'évangélisation. En 1984 est lancée la première Emmanuel School of Mission (ESM) pour des jeunes de 18 à 30 ans, école dont le principe repose sur quatre axes : vie de prière, formation spirituelle et intellectuelle, vie d'équipe et missions d'évangélisation. À Paray-le-Monial, chaque été, la communauté organise des sessions internationales à destination des familles, des jeunes, des 25-35 ans, des retraités, des prêtres, ou des professionnels de la santé.

Actions sociales et solidarités

En 1981, elle lance notamment Fidesco qui envoie pour un ou deux ans des volontaires de la solidarité internationale (VSI) dans des pays du sud au service de projets de développement en lien avec les Églises locales. En 1985, le centre Tibériade est lancé par le diocèse de Paris pour accueillir les malades du sida et en particulier les personnes homosexuelles. En 1999, un membre et des sœurs consacrées s'installent à Bondy pour vivre dans une cité populaire. Deux ans plus tard, naît l'association loi de 1901 d'éducation populaire « Le Rocher » catholique dans son identité, laïque dans son objet. Elle a pour but de mettre en place des actions éducatives, sociales et culturelles avec les enfants, adolescents, adultes et familles des quartiers urbains en difficulté.

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Artisanat sacré et création artistique

Dans la création artistique, l’homme se révèle plus que jamais « image de Dieu » et il réalise cette tâche avant tout en modelant la merveilleuse « matière » de sa propre humanité, et aussi en exerçant une domination créatrice sur l’univers qui l’entoure. Il y a une singulière analogie entre l’art de se former soi-même et celui qui s’exerce dans la transformation de la matière. Dieu se laisse entrevoir par la fascination qu’Il exerce et la nostalgie de la beauté. L’artiste vit avec la beauté une relation particulière.

Dans la prière silencieuse, le jeûne et la veille, les icônes du Christ, de la Vierge et des saints sont écrites selon la tradition d’Orient qui porte en elle-même sa théologie et sa sagesse. « L’art pour l’art qui ne renvoie qu’à son auteur, sans établir un rapport avec le monde divin, n’a pas sa place dans la conception chrétienne de l’icône. Quel que soit le style qu’il adopte, tout art sacré doit exprimer la foi et l’espérance de l’Église. »

Le sculpteur sur bois tend le cordeau, trace l’image à la craie, l’exécute au ciseau et la dessine au compas, il l’exécute à l’image de l’homme, selon la beauté humaine, pour qu’elle habite une maison. Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu’il a laissé croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Des statues d’inspiration romane ou gothique sont réalisées dans la prière. S’appuyant sur la tradition de la haute époque de l’art chrétien, les moines et les moniales s’efforcent de mettre à la portée du peuple ce patrimoine de foi.

Si la moniale travaille la terre, elle fait aussi l’expérience que la terre la travaille : elle se met à « l’écoute » de la matière, qui la rend présente à elle-même, aux autres, à Dieu. Elle trouve sa « juste place », glaise dans les mains de son Créateur. Chaque pièce, unique, passe par les mains de plusieurs sœurs et surtout par leur cœur, unique. Les motifs et les formes choisis témoignent de la simplicité du désert. Les moniales ont à cœur d’offrir une beauté simple, porteuse de paix, de sérénité, de joie, qu’elles reçoivent en travaillant.

Les poteries sont décorées selon des traditions anciennes orientales : philistines, égyptiennes, marocaines, etc…, ou occidentales : Rouen. Afin que chaque geste soit fait jusqu’au bout, posément, par amour de Dieu et de la personne qui le reçoit. Cette attention est une expression de la dignité de la personne humaine. Le désir de beauté artistique s’enracine d’abord dans la beauté spirituelle. Jésus dit : « A quoi vais-je comparer le Royaume de Dieu ? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que le tout ait levé. »

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Actuellement, un artisanat de tournage du métal démarre avec la fabrication d’objets sacrés avec les techniques de repoussage et de gravure, selon l’héritage du Moyen-Orient (Syrie, Irak). Paul trouva à Corinthe un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d’arriver d’Italie avec Priscille, sa femme, à la suite d’un édit de Claude qui ordonnait à tous les Juifs de s’éloigner de Rome. Il se lia avec eux, et, comme ils étaient du même métier, il demeura chez eux et y travailla. Ils étaient de leur état fabricants de tentes.

Formation, musique et diffusion

Les chants de l'Emmanuel sont diffusés dans les CD Il est Vivant ! En 1984 est lancée la première Emmanuel School of Mission (ESM) pour des jeunes de 18 à 30 ans, école dont le principe repose sur quatre axes : vie de prière, formation spirituelle et intellectuelle, vie d'équipe et missions d'évangélisation. Des week-ends de formation sont proposés. La prière est animée par ses fondateurs et s'appuie principalement sur la louange et l'adoration eucharistique.

Teaser des sessions de Paray 2025

Gouvernance, statuts et évolutions récentes

La communauté de l'Emmanuel est dirigée par un modérateur général. À l'origine, les mandats étaient d'une durée de trois ans, renouvelables trois fois. Le 7 avril 2018, le pape François reçoit environ cinq-cents membres de la communauté de l'Emmanuel en audience au Vatican : « Que là où votre communauté est présente, la Miséricorde du Père soit manifeste, en particulier envers les plus pauvres - de cœur ou de corps - soignant leurs blessures par la consolation de l'Évangile, par la solidarité et l'attention ». Le pape rappelle la récente création de l'association cléricale, « structure rendue opportune en raison des nombreuses vocations sacerdotales que le charisme de l'Emmanuel suscite et pour une plus grande fécondité de l'évangélisation », et souhaite que cette reconnaissance vitalise la communion des états de vie entre clercs et laïcs.

Les statuts de l'Association de fidèles sont mis à jour en conséquence pour intégrer la création de l'Association Cléricale et assurer la communion et le bon fonctionnement entre les deux associations. Désormais pour les ordonnés de l'Emmanuel, leur communauté est à la fois une association de fidèles et une association cléricale. La communauté de l'Emmanuel accède donc à un statut particulier qui prévoit entre autres la possibilité d'incardiner en son sein des prêtres et des diacres, et accède à une légitimité canonique à vivre une communion des différents états de vie.

Enjeux, controverses et dispositifs de prévention

Un dossier du quotidien La Nouvelle République, paru le 12 février 2022, révèle que des associations de victimes ont été sollicitées au sujet de la communauté de l'Emmanuel. L'Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref) a ainsi recueilli les témoignages de plusieurs personnes qui font état d'« abus spirituels » et de ruptures avec le milieu familial. L'association a alerté à ce sujet la Conférence des évêques de France. Interrogée par le quotidien, la Miviludes dit avoir reçu depuis 2020 quatre demandes d'avis sur la communauté de l'Emmanuel. La Mission ministérielle affirme qu' « à ce jour, aucun élément ne permet de conclure à l'existence de dérives sectaires, mais [qu'elle] reste vigilante ».

En mai 2022, la Commission de prévention et de lutte contre les abus (CPLA), mise en place par la communauté de l'Emmanuel en avril 2019, rend publics les résultats de son deuxième exercice, qui couvre l'année 2021. Le 24 janvier 2024, la communauté de l'Emmanuel et les diocèses de Lyon et de Paris rendent publiques les sanctions visant l'abbé Emmanuel Dumont, ancien exorciste de Lyon et membre de la communauté. Ces sanctions comprennent notamment l'interdiction provisoire de mener un accompagnement spirituel individuel, de confesser et de donner des enseignements sur le ministère de guérison ou d'exorcisme. Les personnes plaignantes ont été informées de ces sanctions.

Avec en toile de fond ces affaires d’abus sexuels et ces tensions internes, Michel-Bernard de Vregille renonce à ses fonctions le 12 juillet 2025, démission acceptée le 31 juillet par le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Sophie Mouquin, doyenne du Conseil international et du Conseil de la Fraternité de Jésus, est chargée d'organiser des élections afin de nommer un modérateur par intérim. Le 9 août 2025, Désiré Avice, ancien économe général, est élu à ce poste. Le 24 octobre 2025, Antoine Hérouard est désigné par le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie pour mener une visite apostolique décidée par le cardinal Kévin Farrell.

La communauté de l'Emmanuel met en place en 2026 une commission indépendante chargée d'étudier son emprise, selon une « théologie dévoyée », sur un groupe de femmes qu'il a accompagnées, que l'une de ses victimes présumées décrit dans son livre comme une « secte ». Des affaires judiciaires et canonniques concernant des membres de la communauté ont été médiatisées et font l'objet d'enquêtes, de signalements et de procédures, civiles et ecclésiales.

Ressources et participation

Les fidèles observent la manifestation des charismes, dons spirituels tels qu'ils sont décrits dans les Épîtres de Paul. Pierre Goursat invite parfois des groupes au « chant en langues ». Le groupe sort régulièrement dans la rue pour des missions d'évangélisation. Des week-ends de formation sont proposés. Chaque membre de l'Emmanuel s'engage aussi dans une vie missionnaire en se rendant disponible pour des services proposés - ou confirmés - par la Communauté.

Activité Description
Maisonnées Petits groupes d'environ 8 personnes pour prière, partage, intercession
ESM Emmanuel School of Mission : formation, vie de prière, missions
Fidesco Volontariat de solidarité internationale au service du développement
Artisanat Poterie, sculpture, icônes, travail du métal pour objets sacrés
Sessions à Paray Rencontres internationales pour divers publics (familles, jeunes...)

La communauté se veut présente « là où Dieu les a placés, dans leur cadre familial, professionnel et social ». Ils s'engagent pleinement dans la société la servant au mieux de leurs moyens et qualités. La communauté a été fondée par Pierre Gousat et Martine Laffitte qui ont vécu en 1972 l’expérience de l’effusion de l’Esprit Saint. Ils reçoivent un appel à avancer et à œuvrer ensemble pour le renouveau de l'Eglise, dans une profonde relation fraternelle.

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