Techniques d'artisanat de l'émail sur acier inoxydable

C’est la raison pour laquelle nous avons conçu cette formation en six modules. Elle couvre des techniques variées alliant divers matériaux (émaux bijoutiers, émaux industriels, cuivre, acier décarburé),.

Le stagiaire doit être conscient que les essais sont nécessaires, prennent beaucoup de temps et peuvent parfois être frustrants. A chaque fin de journée, avec son formateur, le stagiaire évalue ses acquis et la qualité de son travail. Ce point quotidien, obligatoire, est formalisé par écrit. A chaque fin de module, les acquis sont validés sur étude des pièces réalisées en autonomie par le stagiaire.

Organisation pédagogique et réalisation d’un projet personnel

Dans les 2 derniers jours de la formation le stagiaire va mettre en pratique les méthodes qu’il aura vues afin de réaliser une plaque personnelle. Le projet doit être validé avec la formatrice(-eur) quant à sa faisabilité matérielle et les contraintes de temps. Une maquette manuelle ou informatique. A partir de ce plan, le matériel nécessaire devra être préparé. Particulièrement, les pochoirs doivent avoir été découpés. Le support et les couleurs doivent être prêts. La réalisation et finalisation de la plaque en suivant le plan de réalisation !

Par l'expérimentation le stagiaire pourra construire sa propre grammaire artistique. Nous espérons ici en plus de quelques « trucs » connus, encourager la recherche personnelle, quelle soit pour obtenir un effet de matière ou pour répondre à une commande et aux attentes d’un client.

Supports métalliques et préparation

La plaque de métal est ouvragée par gravure, martelage, ciselage ou tout autre procédé similaire. La plaque est recouverte de fondant sur ses deux faces et subit une première cuisson : l’envers est ainsi protégé des attaques du temps et l’endroit préparé à recevoir le décor. Pour les pièces qui ne sont pas plates, il est recommandé d'utiliser des émaux très fins en pose humide et en suspension.

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Pour les supports de référence, une fois le support de métal (le cuivre typiquement à Limoges) nettoyé, apprêté et la cuisson faîte, on transpose le motif choisi sur la couche de fondant. On emploi en général un papier transfert pour les contours et détails du motif. Puis le motif y est dessiné à la plume et aux pinceaux à l'aide d'un oxyde souvent de couleur noir avant d'être fixé par cuisson.

Types d'émaux et classifications

On parle alors d'émaux durs, moyens ou tendres. Les Transparents : Les émaux transparents laissent passer la lumière et permettent de voir la surface du support métallique. Ils offrent des résultats très attrayants et permettent de créer des effets très intéressants mais demandent beaucoup de soin. Ils présentent des couleurs uniformes et s'utilisent principalement sur le cuivre. Ils offrent des possibilités expressives en les utilisant au côté d'émaux transparents avec lesquels ils contrastent vivement.

Les Opales : Les émaux opales sont des émaux translucides de couleurs iridescentes aux tonalités laiteuses. Elles sont formées sur le dessin original servant de modèle, puis la partie excédante est coupée avec des pinces coupantes. Au moment de dessiner et de planifier les formes de ces alvéoles, il faut considérer les possibilités qu'offre le motif. Il est conseillé de ne pas fragmenter le dessin en trop de contours. Les lignes peuvent être courbes ou en angle. Il n'est pas possible de faire se croiser les lamelles en les superposant. Cette technique doit être réalisée sur des métaux épais.

Méthodes de gravure et d’attaque du métal

Il existe deux méthodes pour effectuer le travail d'attaque du métal : par taille et par extraction du métal ou par corrosion. L'attaque est effectuée à l'échoppe, en appuyant pour entamer le métal pendant la taille avec la pointe effilée de la lame. De cette façon, des copeaux de métal sont soulevés et le support est creusé petit à petit, par étapes. Cette technique demande beaucoup de pratique et d'habilité, et elle peut être considérée comme étant une spécialité à l'intérieur de la discipline de la gravure.

La morsure du métal par corrosion s'effectue dans un bain d'acide ou de perchlorure de fer. L'action de ces produits provoque le creusement du métal sur les zones non protégées, c'est à dire celles qui ne sont pas réservées. Les réserves peuvent être réalisées au bitume de Judée, à la paraffine ou à la cire, au vernis à graver ou encore avec des feuilles de plastique autoadhésif. Immersion de la plaque dans le perchlorure de fer pour le gravage. Cette technique fut très employée en bijouterie à l'époque arts nouveaux.

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Seule la technique de creusement par acide est enseignée. La technique par gravure par l'utilisation de petits burins (technique pratiquée depuis le Moyen-âge) est laissée de côté.

Techniques de décoration et effets

Les paillons permettent de créer des effets intéressants. Les paillons se fixent par une brève cuisson. Le contrôle du comportement du paillon par l'observation est fondamental. A contrario, un excès de cuisson peut enlever au paillon de sa brillance, voire se rompre ou disparaître. Il est toutefois possible, en mélangeant les émaux, d'obtenir des variations complètes, résultat du pointillisme causé par les particules gardant leurs couleurs d'origine.

Les couleurs et variations s'obtiennent par la superposition des couches successives. Elles doivent être uniformes et lisses et le travail doit progresser méthodiquement, en maintenant toujours le contact entre les émaux pour assurer l'humidité du tout. Elle se fait par diverses couches pour obtenir un effet de clair- obscur donnant l'impression d'un modèle en relief.

La grisaille peut être confectionnée avec des émaux translucides blancs, voire même ivoire ou rose opaque sur un fond foncé. Cette technique comprend un large éventail de dégradés. Il existe deux types de grisaille. La grisaille à l'opale dîtes la technique espagnole et la grisaille au Blanc de Limoges. A la différence de la grisaille à l'opale, le Blanc de Limoges est déposé à l'aide d'une aiguille ce qui rend son application complexe.

Autres procédés : pochoir, sgraffito, brossage

Brossage sur pochoir carton de forme simple, sgraffito. Méthode alternative trempage. En fonction du temps disponible, une présentation d’une bibliothèque de décors sera faite avec une description de la méthode.

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Cuisson, four et préparation des émaux

Apprentissage du four : entretien et support de cuisson. Sécurité autour de l’utilisation du four. Les creusets sont confectionnés manuellement avec de l'argile réfractaire qui sont ensuite séchés pendant au moins sept mois avant d'être utilisés. On dispose ce mélange dans le creuset et on introduit celui-ci dans le four chauffé à 1400°C pendant environ quatorze heures pour 200Kg de matériel.

Passé ce temps, on obtient une masse fluide de consistance pâteuse. On extrait cette masse du creuset avec de grandes louches munies de longs manches et on la verse sur des tables métalliques, où on la laisse refroidir lentement jusqu'à ce qu'elle se solidifie en galette. On concasse ensuite les galettes et on les broies dans des broyeurs spéciaux jusqu'à obtention de grains plus ou moins fins.

Après un broyage précautionneux pour obtenir des grains réguliers, il faut encore différents processus pour éliminer la poussière et d'éventuelles particules métalliques. Ils peuvent aussi se classifier selon leur comportement à la température à laquelle ils deviennent fluides et se fondent en se fixant au métal.

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Finitions et aspects définitifs

Des couleurs vitrifiables, broyées suffisamment fines pour être maniées au pinceau, permettent de rehausser certains détails. Une dorure donne à la pièce son aspect définitif et la rend inaltérable. Par grattage, à l’aide d’outils extrêmement fins, l’artiste obtient une gamme très étendue de gris, qui convient admirablement à l’art du portrait.

Les paillons permettent de créer des effets intéressants. Cet effet est presque imperceptible à vue d'oeil si des émaux très fins sont employés. Il est nécessaire de réaliser un grand nombre d'applications avec leurs cuissons successives. Il faut avoir aussi un peu de patience, car des résultats optimaux ne seront pas forcément atteints dès les premières tentatives.

Historique synthétique et positions techniques

L'Histoire de l'Art des émaux sur Métaux est millénaire. Voici un courte rétrospective mais cela ne reflète pas la diversité des pratiques en France et à l'International ainsi que les péripéties qu'a connu cet art du feu. Les émaux limousins sont les plus réputés et ils sont destinés à toute la chrétienté. Il s'agit essentiellement d'objets religieux : calices, crosses ...

A la RenaissanceUne nouvelle technique apparaît vers la fin du XVème siècle, celle des émaux peints. C'est d'ailleurs à Limoges que le centre de production est le plus réputé. Les motifs sont religieux avec des portraits ou des représentations mythologiques. Chaque famille conservait jalousement ses secrets professionnels. Donc de véritables corporations se formèrent, avec des règlements bien particuliers.

Puis la production des émaux commence à décliner à partir des XVIIème et XVIIIème siècles. Les émaux ne sont donc plus utilisés pour des œuvres de grande taille, mais réservés à la décoration d'objets familiers comme les montres, les tabatières ou les coffrets...

Au XIXème siècle...C'est la période de la Révolution Industrielle et des expositions universelles. La première exposition universelle a lieu à Londres en 1851. Ici la mécanisation peut mettre le luxe à la portée du plus grand nombre d'amateurs. Les décors changent pour des végétaux, des animaux stylisés sous l'influence japonaise. Des formes épurées et des courbes graphiques se créent.

Désormais les formes naturelles se simplifient et se synthétisent, annonçant les figures géométriques des années 1920 (Cubisme). Il y a des artistes partout dans le monde (Europe, Russie, Amérique, Japon...).

Conseils pour monter un atelier artisanal

Dans le cadre de cette formation sont prodigués des conseils techniques et pratiques quant au montage d'un atelier artisanal. Il est conseillé de ne pas fragmenter le dessin en trop de contours. Le stagiaire doit être conscient que les essais sont nécessaires, prennent beaucoup de temps et peuvent parfois être frustrants.

ÉtapeActionRemarque
Préparation du support Nettoyage, fondant, première cuisson Protège l'envers et prépare le décor
Transfert du motif Papier transfert, dessin à la plume Fixation par cuisson
Pose des émaux Superposition de couches, paillons Contrôle strict des cuissons
Cuisson finale Four adapté, sécurité Respecter températures et temps

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