Histoire et signification de la catrina dans l’artisanat mexicain et ses rituels du Día de Muertos
Fascination immédiate pour les silhouettes élégantes aux visages de squelette, la catrina réveille en chacun un mélange de curiosité et de mélancolie.
Derrière ses traits raffinés, ce symbole mexicain interroge votre rapport à la mort et à la mémoire, tout en vous invitant à ressentir la force d’une tradition qui unit art, humour et histoire.
Face à la popularité grandissante de cette figure lors du jourdesmorts, il devient difficile de saisir toutes les nuances de son message sans une véritable compréhension de ses origines et de sa portée sociale.
Origines et development de La Catrina
La figure de catrina occupe une place centrale dans la culture mexicaine grâce à son origine liée à une gravure de José Guadalupe Posada en 1912.
La Catrina est créée à l'origine en 1910 par José Guadalupe Posada dans le cadre d'une lithographie satirique connue sous le nom de La Calavera Garbancera.
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Elle était une critique de l'élite mexicaine, se moquant de ceux qui rejetaient leur héritage indigène au profit des coutumes européennes.
C’est Diego Rivera qui popularise ensuite la figure complète de La Catrina dans sa fresque Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central.
Dans la fresque, La Catrina est dépeinte tenant la main d'un jeune Rivera, entourée de figures historiques et politiques.
La révolution étant liée à la redécouverte de l’héritage pré-hispanique, notamment aztèque, des mexicains, ceux-ci adoptèrent squelettes et crânes comme symboles nationaux, et donc également la Catrina comme symbole de l’indépendance culturelle des mexicains face à « l’impérialisme » européen.
La Catrina est en effet une garbancera, terme désignant des femmes indigènes vendant ou absorbant des produits à base de pois chiche et copiant les usages européens pour accéder à un rang social élevé.
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La Calavera Garbancera a été recyclée en divers autres personnages, aucun n’étant particulièrement remarquable.
La Catrina est devenue un symbole du Día de los Muertos, rappelant que peu importe notre statut social, nous sommes tous égaux face à la mort.
Le terme catrin désigne une personne élégante et habillée avec goût, et la Catrina est aujourd’hui omniprésente lors des célébrations du Día de los Muertos.
La première représentation de la Catrina est due au graveur et illustrateur mexicain José Guadalupe Posada en 1910.
Elle rappelle que même les plus riches doivent mourir un jour, au même titre que les danses macabres médiévales européennes.
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La Catrina est également une caricature de la femme du président Portifio Diaz, contesté pendant la révolution mexicaine entre 1910 et 1920.
Posada ne s’attendait probablement pas à ce que sa calavera devienne aussi célèbre.
Signification contemporaine et usages
Pendant Día de los Muertos, la Catrina représente l’attitude mexicaine envers la vie et la mort - un mélange de traditions indiennes et européennes, où la mort est célébrée comme une partie du cycle de la vie.
À San Miguel de Allende, La Catrina joue un rôle central dans les festivités du Jour des Morts.
Vous la trouverez partout: des visages peints et des statues aux ofrendas colorées décorées de pan de muerto et d'œillets d’Inde (Cempasúchils) qui honorent les êtres chers.
La Catrina inspire les créateurs de mode et les designers, qui réinterprètent son iconographie dans des collections originales, avec robes brodées, accessoires colorés et maquillages sophistiqués.
La catrina sert de support pédagogique pour sensibiliser les jeunes à l’histoire et aux valeurs de la culture mexicaine, et les enseignants l’utilisent pour aborder des thèmes comme l’égalité devant la mort et la tolérance.
Rituels, artisanat et vulgarisation
La catrina incarne une critique de la société et des différences de classe, rappelant que face à la mort toutes les distinctions disparaissent.
Les Catrinas, icône culturelle mexicaine, célèbrent la vie face à la mort.
Les écoles, musées et centres culturels organisent des ateliers où enfants et adultes apprennent à réaliser des calavera et des masques de catrina.
Les marchés locaux proposent des objets dérivés de la catrina pendant la fête: figurines en argile, bijoux, vêtements décorés de squelette et accessoires de costume témoignent de l’intégration profonde de cette représentation dans la vie quotidienne.
Le maquillage de catrina permet à chacun de participer activement à la fête tout en rendant hommage aux ancêtres, transformant le visage en une oeuvre colorée avec motifs floraux et arabesques.
Le visage maquillé selon ce motif symbolise l’allégresse face à la mort.
Santa Muerte et syncrétisme
La Santa Muerte est une autre figure marquante des « Dias de los Muertos », fêtée tout au long de l’année et faisant l’objet d’un véritable culte.
Le culte de la Santa Muerte est la sainte patronne des margins et des gangs, invoquée contre les accidents et les violences, et accueillant tous les fidèles sans jugement.
La Santa Muerte est condamnée par l’Eglise Catholique pour plusieurs raisons, notamment parce que c’est la mort que l’on vénère et non une figure humaine, et parce que le culte est proche de rites païens et ne repose pas sur des prêtres ou des églises.
Le culte est privé et public, avec des autels dans la rue et des offrandes variées comme cigarettes, alcool et bijoux, ce qui dérange encore davantage l’institution religieuse.
Le syncrétisme avec les représentations catholiques se perçoit dans les habits, les processions et les dons, mais les pratiques restent fortement marquées par des éléments « sorciers ».
La Santa Muerte et la Catrina symbolisent ensemble le mélange des cultures et l’esthétique pop, démontrant comment la pop culture réinterprète les figures religieuses pour créer de nouveaux imaginaires.
Impact culturel et éducation
La Catrina est l’une des figures les plus reconnaissables du Día de los Muertos et illustre le patrimoine culturel immatériel plutôt que le folklore figé.
La Catrina est aujourd’hui utilisée dans l’art, la sculpture en papier mâché et les fresques murales, et elle perdure dans les costumes et maquillages contemporains.
La Catrina demeure un symbole qui unit art, mythologie et humour pour aborder des thèmes universels comme la mort et la mémoire.
Catrina Make Up Tutorial | Dia De Los Muertos | Lulibean
- La Calavera Garbancera et son parcours historique
- Posada et Rivera comme jalons dans la diffusion du symbole
- Rituels modernes, ateliers scolaires et artisanat local
Cette representation illustre l’idée que tous, quelles que soient nos origines et notre classe sociale, sommes mortels et égaux face à la mort, tout en célébrant la vie et la mémoire.
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