De la Forêt à l'Objet : Une Exploration du Secteur Bois dans l'Oise

L'Oise, département riche en forêts et en traditions artisanales, abrite un secteur bois dynamique et diversifié. De la coupe d'arbres à la création d'objets finis, en passant par la transformation en scierie, une chaîne de production complexe et fascinante se déploie.

Commençons par explorer quelques exemples concrets avant d'analyser le secteur dans son ensemble.

Exemples Concrets d'Artisanat du Bois dans l'Oise

On observe une grande variété de compétences, allant de la maîtrise des techniques traditionnelles de menuiserie à la conception de designs contemporains. Ces exemples, bien que non exhaustifs, illustrent la diversité des activités liées au bois dans l'Oise.

  • L'Atelier Piccolo : Spécialisé dans la fabrication de meubles en bois de haute qualité, cet atelier incarne le savoir-faire traditionnel allié à une approche contemporaine du design.
  • Artisan Menuisier à Omécourt : Intervenant dans plusieurs communes de l'Oise, cet artisan propose des boiseries et des meubles sur mesure, témoignant de la vitalité de l'artisanat local.
  • Scieries locales : Nombreuses sont les scieries, petites ou moyennes, qui assurent la première transformation du bois, fournissant ainsi la matière première aux artisans et aux entreprises de la région. Ces scieries contribuent à la gestion durable des forêts oisiennes.
  • Fabricants de jouets en bois : L'Oise, comme d'autres régions, participe à la production de jouets en bois, un secteur artisanal qui connait un regain d'intérêt pour ses aspects écologiques et pédagogiques.
  • Créateurs d'objets décoratifs : De nombreux artisans créent des objets décoratifs en bois, allant de simples articles utilitaires à des pièces uniques d'art.
Artisanat du bois dans l'Oise

Analyse du Secteur Bois dans l'Oise : Facteurs de Succès et Défis

Le secteur bois oisien repose sur plusieurs piliers, assurant sa viabilité et son développement :

  • Ressources locales : La présence de forêts importantes fournit une matière première abondante et renouvelable.
  • Savoir-faire traditionnel : Des générations d'artisans ont transmis leurs compétences, assurant la pérennité de techniques ancestrales.
  • Innovation et créativité : De nombreux artisans combinent tradition et modernité, proposant des créations originales et adaptées aux demandes actuelles.
  • Formation professionnelle : L'Institut des Métiers de l'Artisanat du Val d'Oise, ainsi que d'autres structures, offrent des formations de qualité, garantissant le renouvellement des compétences.
  • Tourisme et économie locale : L'artisanat du bois contribue à l'attractivité touristique de la région et à la dynamisation de l'économie locale.

Cependant, le secteur doit faire face à des défis importants :

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  • Concurrence internationale : La mondialisation expose les artisans locaux à la concurrence de pays à coûts de production plus bas.
  • Accès aux marchés : La promotion et la commercialisation des produits artisanaux représentent un défi majeur pour les artisans.
  • Gestion durable des forêts : La gestion responsable des forêts est essentielle pour assurer la pérennité des ressources.
  • Transmission des savoir-faire : Il est crucial de maintenir et de transmettre les compétences traditionnelles aux générations futures.
  • Adaptation aux nouvelles technologies : L'intégration de nouvelles technologies dans les processus de production peut améliorer l'efficacité et la compétitivité.
Défis du secteur bois

Le savoir faire - Crafted #1

Perspectives d'avenir pour l'Artisanat du Bois dans l'Oise

L'avenir de l'artisanat du bois dans l'Oise dépendra de sa capacité à s'adapter aux défis et à tirer parti de ses atouts. Plusieurs pistes sont envisageables :

  • Développement du commerce équitable et local : Favoriser les circuits courts et la vente directe aux consommateurs.
  • Mise en valeur du savoir-faire artisanal : Promouvoir l'authenticité et la qualité des produits locaux.
  • Collaboration et réseaux : Créer des réseaux d'artisans pour mutualiser les ressources et les compétences.
  • Innovation et diversification : Explorer de nouveaux marchés et proposer des produits innovants.
  • Marketing et communication : Utiliser les outils numériques pour promouvoir les produits et services.
  • Formation et apprentissage : Investir dans la formation pour assurer la pérennité des compétences.
  • Développement durable : Intégrer des pratiques respectueuses de l'environnement dans toute la chaîne de production.

« Une scierie ferme tous les trois jours en France », lâche Eric Bès. Le PDG de la scierie Petit, implantée à Crèvecœur-le-Grand, est bien placé pour en parler : en 2012, son entreprise a failli disparaître. Après le licenciement de 15 salariés, sur 52, et un placement en redressement judiciaire, la scierie a su diversifier ses marchés pour repartir de l'avant.

Et la réussite est au rendez-vous puisque quatre embauches ont déjà été réalisées cette année. Mais il reste encore huit années pour achever le remboursement des fournisseurs. La scierie sera alors quasi centenaire. C'est en effet en 1923 que Pierre Petit crée cette activité dans le centre de Crèvecœur. Il faut attendre 1946 pour qu'elle s'installe sur son site actuel, route de Froissy, à la place d'une sucrerie.

« Comme Pierre Petit n'avait pas d'héritier, il a vendu sa scierie à mon oncle en 1963, lequel a été rejoint par mon père quatre années plus tard, raconte Eric Bès. La scierie a connu un plan de modernisation en 1975. J'y suis entré en 1985 avant d'en prendre la présidence en 1996. »

En 20 ans, Eric Bès a pu observer l'évolution du marché. « Aujourd'hui, entre 65 % et 70 % de notre production sont pour l'exportation, explique-t-il. Les meubles se fabriquent à l'étranger, plus en France. Un exemple tout simple. Nous avons été longtemps le seul fournisseur de Cornilleau pour ses tables de ping-pong. Emile Cornilleau était un menuisier, le bois était important pour lui, moins pour ses successeurs qui n'ont pas renouvelé le marché. Des exemples comme lui, nous en avons d'autres. Si nous avons été placés en redressement judiciaire en 2012, c'est parce que nous avions perdu l'un de nos deux principaux clients. »

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Pour éviter qu'une telle mésaventure ne se reproduise, la scierie s'est mise en quête de diversifier sa clientèle pour ne plus être dépendante d'un seul. « Nous avons actuellement huit clients répartis entre l'Algérie, le Maroc, l'Inde et la France, indique-t-il. Le marché du meuble est là-bas dorénavant. Nous vendons du bois première catégorie en Algérie, du deuxième catégorie au Maroc et toutes catégories en Inde. Le bois est utilisé en consommation interne au pays, les meubles fabriqués là-bas ne reviennent pas ici. Nous avons aussi quelques clients en France, artisans comme particuliers, auxquels nous pouvons vendre des poutres, des marches d'escalier, des planches, tout ce qu'on ne trouve pas dans les magasins de bricolage. »

Dans le monde du bois, les scieries françaises doivent faire face aux concurrentes roumaines, polonaises ou croates. « Ce sont ces pays qui déterminent le prix du marché, précise Eric Bès. Si la main d'œuvre y est meilleur marché, la nôtre est polyvalente. D'ailleurs, après nos soucis financiers, si nos salariés n'avaient pas participé à l'effort de restructuration en intervenant sur plusieurs postes, on ne s'en serait pas sortis. Nos clients aussi ont été avec nous. Heureusement.

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