Cotisation d'une association : obligatoire ou facultative — règles, fixation, paiement et conséquences
La cotisation est une somme d'argent versée par les membres d'une association pour participer à son fonctionnement. La somme est prévue par les statuts. Vous souhaitez savoir comment est déterminé le montant de la cotisation à une association, sa périodicité, mais aussi les conséquences du non-paiement de la cotisation ? Nous vous présentons les informations à connaître.
Qu'est‑ce que la cotisation et à quoi sert‑elle ?
La cotisation est une somme d'argent versée annuellement à une association et permettant à celui qui la verse d'en devenir adhérent. Par cette contribution, les membres participent aux dépenses courantes et assurent la pérennité des activités. Une association supporte de nombreuses charges pour le bon déroulement de ses activités.
La cotisation au sein d’une association correspond à un montant versé périodiquement par les membres pour assurer la poursuite des activités. Si l'association poursuit un but altruiste ou désintéressé ou poursuit une activité qui lui procure des bénéfices, la cotisation servira uniquement à couvrir les frais de gestion.
Obligation légale ou liberté statutaire ?
Non. La cotisation n'est pas une obligation légale. C'est à vous de le décider et de rédiger vos statuts en conséquence. La loi du 1er juillet 1901 reste totalement muette sur la question. Elle est toutefois en pratique nécessaire, surtout lorsque l’association ne reçoit aucun financement public, pour pourvoir à ses ressources.
La cotisation n'est pas obligatoirement perçue : l'association n'a pas l'obligation de conditionner l'adhésion au paiement d'une cotisation, sauf si des dispositions légales rendent sa perception obligatoire. Dans les autres cas, rien n'oblige l'association à percevoir des cotisations de ses membres. La loi prévoit cependant que certaines catégories (par exemple les fédérations de pêche ou de chasse) doivent réclamer une cotisation.
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Qui fixe le montant et la périodicité ?
Le montant de la cotisation est librement déterminé par les instances dirigeantes de l'association (assemblée générale, conseil d'administration). En principe, l'ensemble des membres décident du montant de la cotisation d'association. Ces entités effectuent une étude des besoins pour ensuite déterminer la somme que chaque membre doit payer. Elles soumettent ensuite le montant retenu à l'assemblée générale.
Pour éviter de devoir modifier les statuts ou le règlement intérieur, il est préférable de simplement désigner dans ces documents l'organe chargé de déterminer le montant des cotisations de l'association. Ainsi, lorsque l'association désirera diminuer ou augmenter les cotisations, il lui suffira de réunir l'organe compétent (assemblée générale, conseil d'administration, bureau).
La cotisation peut être déterminée de manière fixe, par exemple x… € par adhérent, ou proportionnelle à certains indices. Les statuts peuvent, par exemple, fixer : un montant de cotisation identique pour tous les membres ou un montant variable par catégories de membres et/ou un montant de cotisation fixe ou proportionnel à un indice.
La périodicité et l'échéance des versements sont prévues par les statuts (ou par le règlement intérieur). Le versement d'une cotisation n'est pas forcément annuel, ni obligatoirement effectué en début d'année civile : elle peut être liée à l'année scolaire. À la différence du droit d'entrée qui n'est acquitté que lors de l'adhésion, le versement d'une cotisation est périodique. En pratique, le paiement est le plus souvent annuel, avec la possibilité de régler en plusieurs fois.
Statuts et règlement intérieur : modalités pratiques
Les statuts de l'association prévoient, en principe, l'instance compétente (bureau, conseil d'administration, assemblée générale,...) pour fixer le montant de la cotisation. Ils prévoient également la périodicité et l'échéance du versement (tous les trimestres par exemple).
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Il est utile que les statuts de l’association précisent les conséquences du non-paiement de la cotisation. Ils peuvent ainsi prévoir que le non-paiement - éventuellement partiel - de la cotisation à une date fixée entraîne automatiquement la perte de la qualité de membre. Les statuts peuvent également prévoir que le non-paiement de la cotisation justifie une radiation prononcée par le conseil d’administration ou le bureau.
Il est également possible de prévoir le montant des cotisations dans le règlement intérieur, dont les modalités de modification sont généralement plus souples que celles des statuts. Si le montant est fixé dans les statuts, il faut respecter la procédure de modification des statuts.
Différenciation des montants et risques
Il est possible d’imposer le paiement d’une cotisation à certaines catégories de membres seulement (membres « ordinaires » par exemple). On peut prévoir des montants différents pour certaines catégories de membres basés sur des critères objectifs et déterminés au préalable (mineurs, étudiants, retraités, chômeurs, etc.). Attention, une trop grande différenciation peut entraîner la requalification de la cotisation en paiement d'un prix ou en libéralité.
Modalités de paiement
Les versements peuvent s'effectuer par tout moyen non explicitement interdit par les statuts. Le prélèvement automatique constitue le mode de paiement le plus intéressant pour l'association puisqu'il lui garantit une rentrée d'argent prévisible à une date déterminée. Pour instaurer ce mode de paiement, il faudra cependant régler certaines formalités au préalable.
La somme versée doit correspondre à celle qui résulte des modalités de calcul figurant dans les statuts ou de la décision prise par l'organe habilité à en fixer le montant (conseil d'administration, assemblée générale, etc.). Il est important que les statuts ou un règlement intérieur fixent une date limite pour le versement des cotisations. Sans précision, les adhérents peuvent s'acquitter du paiement de leur cotisation quand ils le souhaitent, tant que l'association ne les met pas en demeure de le faire.
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Conséquences du non‑paiement
En principe, le non-versement de la cotisation n'entraîne pas la perte automatique de la qualité de membre. En cas de démission, les membres demeurent tenus au paiement des cotisations échues et de celle due au titre de l'année en cours. Si vous ne payez pas la cotisation prévue par les statuts, vous risquez d'être exclu de l'association.
Les statuts peuvent indiquer la procédure d'exclusion. Si les statuts ne prévoient rien, une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception vous est adressée. Il vous sera demandé de payer la cotisation dans un délai raisonnable. Le courrier doit également vous indiquer que le non paiement de votre cotisation entraînera votre exclusion de l'association.
Si, après cette mise en demeure, vous ne payez pas votre cotisation, un nouveau courrier en recommandé avec accusé de réception vous est adressé. Vous serez alors informé de votre exclusion et des motifs. L’association bénéficie d’une action en justice contre son membre pour lui réclamer le paiement de la cotisation impayée.
Cas particuliers : remboursement et cotisations assujetties
Un remboursement partiel ou total des cotisations peut être prévu dans les statuts ou le règlement intérieur, notamment dans les cas suivants : déménagement, perte de revenus, décès du membre. Les adhérents peuvent bénéficier d’un remboursement total ou partiel dans certaines circonstances, s'il est prévu par les textes internes.
Une personne morale, et en particulier une personne morale de droit public peut valablement adhérer à une association au même titre qu’une personne physique. La cotisation alors versée, le cas échéant, par la personne morale de droit public ne doit pas être confondue avec une éventuelle subvention.
Cotisation et avantages fiscaux
Si vous versez une cotisation à un organisme d'intérêt général, vous pouvez avoir droit à une réduction d’impôt. Pour ce faire, l'organisme doit remplir l'un des critères suivants : avoir un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ; ou concourir à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l'environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.
Attention : si le versement de la cotisation vous permet de bénéficier d'une contrepartie directe ou indirecte, sous forme d'un bien ou d'une prestation de services, vous n'aurez pas droit à la réduction d'impôt.
Le montant de la réduction d'impôt est différent selon que vous êtes un particulier ou une entreprise :
- Particulier : la réduction d’impôt est de 66 % du montant des cotisations. La réduction s'applique dans la limite de 20 % du revenu imposable.
- Entreprise : le montant de la réduction d'impôt est égal à 60 % du montant des cotisations dans la limite de 20 000 € ou de 5 ‰ du chiffre d'affaires lorsque ce dernier montant est plus élevé.
L'association vous remet un reçu fiscal.
Distinction : cotisation, droit d'entrée, licence et participation
Il convient de distinguer la cotisation du droit d'entrée. Ce dernier correspond à une somme d'argent que l'on verse durant la première année suivant son adhésion. Ne pas confondre cotisation statutaire (être membre à part entière de l'association et participer à son fonctionnement statutaire) et cotisation pour pratiquer une activité (qui est en réalité une participation).
Les associations membres d'une fédération sportive font généralement payer en même la cotisation et la licence sportive. Contrairement à la cotisation, le montant de la licence sportive est fixé par la fédération à laquelle l'association est affiliée. La cotisation permet de pratiquer l'activité sportive au sein de l'association alors que la licence donne la possibilité de participer aux compétitions sur l'ensemble du territoire.
Opérations collectives à adhésion facultative : ambiguïtés et jurisprudence
La souscription d'une couverture "santé" peut résulter d'une adhésion individuelle à un organisme assureur ou intervenir dans un cadre collectif. Il est beaucoup moins fréquent d'être confronté à des opérations collectives à adhésion facultative ; il est également assez rare que ces opérations collectives se situent hors du champ professionnel.
Il existe trois façons d'être couvert par une mutuelle. L'engagement qui résulte de la signature d'un bulletin d'adhésion et celui qui se matérialise par la souscription d'un contrat collectif par une personne morale sont distincts. La logique contractuelle s'exprime différemment selon la modalité retenue. La modalité de l'adhésion au règlement mutualiste trouve principalement à s'exprimer dans le cadre des opérations individuelles. Elle peut toutefois être également utilisée pour des opérations collectives ; en effet, l'engagement liant la mutuelle à la personne morale ou à l'employeur peut résulter soit de la signature d'un bulletin d'adhésion, soit de la souscription d'un contrat collectif.
Dans le cadre d'une opération collective, les engagements réciproques de la mutuelle et du souscripteur (personne morale ou employeur) peuvent résulter d'un contrat de gré à gré dont le contenu est le fruit d'une négociation entre les parties. Les prestations y figurant peuvent dès lors différer de celles prévues dans le règlement mutualiste. La modification du contrat collectif procède nécessairement d'un avenant signé des parties et non d'un vote de l'assemblée générale de l'organisme mutualiste.
La jurisprudence a déjà traité des difficultés de ces opérations collectives à adhésion facultative, notamment en ce qui concerne les délais et modalités de résiliation individuelle lorsque la mutuelle modifie les cotisations. La Cour de cassation a considéré que, dans une opération collective à adhésion facultative, les dispositions relatives au délai de résiliation contenues dans l'article spécifique au contrat collectif priment sur celles applicables plus généralement.
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Bonnes pratiques pour les associations
- Précisez dans les statuts le principe de la cotisation et l'organe compétent pour en fixer le montant.
- Prévoyez dans les statuts ou le règlement intérieur la périodicité, l'échéance et les conséquences du non‑paiement.
- Favorisez la souplesse en inscrivant uniquement l'organe compétent dans les statuts et en laissant le montant et la périodicité au règlement intérieur ou à une décision annuelle du conseil.
- Mettre en place des modes de paiement réguliers (prélèvement automatique) pour sécuriser les recettes.
- Prévoir des cas de remboursement partiel ou total dans des situations exceptionnelles (déménagement, perte de revenus, décès).
- Tenir des comptes identifiables et remettre un reçu fiscal le cas échéant.
Questions fréquentes
Qui fixe le montant de la cotisation au sein d’une association ? En principe, l’ensemble des membres décident du montant, la décision étant validée en assemblée générale, mais il est courant de déléguer la fixation à l'organe compétent indiqué dans les statuts.
Quand verser sa cotisation ? Il faut se référer aux statuts de l’association ou au règlement intérieur. Si aucune précision n'est fournie, les adhérents peuvent agir comme bon leur semble jusqu'à ce que l'association effectue une relance.
Est‑il obligatoire de cotiser au sein d’une association ? Tout dépend du modèle économique de l’association et des dispositions statutaires : la loi n'impose pas la cotisation sauf pour certaines fédérations ou cas particuliers.
| Aspect | Règle générale |
|---|---|
| Obligation légale | Non, sauf dispositions spécifiques |
| Fixation du montant | Organe désigné par statuts (AG, CA, bureau) |
| Périodicité | Souvent annuelle, prévue par statuts ou règlement |
| Non‑paiement | Mise en demeure, exclusion possible, action en justice |
| Réduction d'impôt | Possible si association d'intérêt général et sans contrepartie |
La cotisation constitue sur le plan juridique une « preuve du consentement » à adhérer au contrat d'association. C'est pourquoi elle ne peut constituer en soi la contrepartie d'une prestation de service. La cotisation constitue une part non négligeable du budget de fonctionnement. C’est pour cette raison que les instances dirigeantes doivent mettre en place un système garantissant le versement de ces contributions.
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