Assurance et risques professionnels pour l'auxiliaire de puériculture : guide complet

Auxiliaire de puériculture est un métier référencé par Pôle emploi, par des entreprises et syndicats. Ce métier peut être exercé par des sociétés comme de SAS, SASU, SARL, SA etc.. Pour savoir quel ou quels sont les codes APE / NAF possibles pour le métier de Auxiliaire de puériculture. Le métier Auxiliaire de puériculture nécessite de se protéger contre les risques professionnels. Les métiers de la puériculture et de la petite enfance emploient de très nombreuses salariées dans les nurseries des maternités, les pouponnières, crèches, garderies, centres de protection maternelle et infantile (PMI) et à domicile.

Pourquoi la prévention des risques est-elle essentielle ?

Dans l’exercice quotidien de leurs métiers, les professionnels de la petite enfance sont exposés à de nombreux risques pas toujours suffisamment reconnus, source d’accidents, de souffrances ou de maladies professionnelles. C’est pourtant une réalité qui impacte directement la santé, le recrutement des équipes et la qualité de l’accueil dans les EAJE. En limitant les risques professionnels, vous améliorez les conditions de travail et la sécurité dans votre quotidien. Que vous soyez seul à domicile ou au sein d’une structure collective, les accidents et maladies professionnelles ne sont pas une fatalité.

Les risques rencontrés par l'auxiliaire de puériculture

Chaque jour, les professionnels de la petite enfance sont exposés à une multitude de risques, dans le simple exercice de leur activité : prendre soin des enfants qui leur sont confiés. Il y a des risques d’atteinte à la santé physique, avec les chutes, les troubles musculo-squelettiques (TMS), les lombalgies engendrée par de mauvaises postures, les contraintes d’effort et de répétitivité, amplifiées par un environnement de travail pas toujours adapté (bruit, chaleur, espace insuffisant, conception des locaux), sans oublier le risque infectieux. Mais également des risques psychosociaux, liés à l’organisation du travail (horaires fractionnés, effectifs insuffisants, répartition des tâches, stress, épuisement, burn-out), à la qualité des relations (dans l’équipe, avec la hiérarchie, les parents, les enfants), et aux contacts avec le public (tensions avec les parents, agressions).

Les activités de la petite enfance exposent au risque de contracter fréquemment des affections de la sphère oto-rhino-laryngologique et des gastro-entérites, des maladies comme la rubéole, la toxoplasmose, la varicelle, les infections à cytomégalovirus et parvovirus B19 (donnant un mégalérythème épidémique), les hépatites virales etc. Surtout dans les grandes structures où les enfants sont nombreux, le bruit généré par les enfants (cris, pleurs,...) entraine un niveau sonore élevé source de stress et de fatigue.

Risques physiques et gestes quotidiens

Il y a ces petits gestes du quotidien que l’on fait sans réfléchir, souvent dans l’urgence d’une situation. Porter un enfant dans ses bras, peiner à le déposer dans son lit trop haut, être souvent courbé, ou bien assis à même le sol et puis la chute, en trébuchant sur un jouet qui n’a pas été rangé... Le port répété des enfants, les soins aux bébés, le déplacement des berceaux et chariots, le rangement des objets souvent ramassés au sol... entrainent des efforts physiques et des postures contraignantes avec l’obligation de se pencher souvent en avant, s’accroupir...

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Risques psychosociaux

La dimension relationnelle de l'emploi (exigences et violences des parents), le bruit (cris et pleurs des bébés), l’agitation perpétuelle des enfants, les cas de maltraitance infantile rencontrés, entrainent une lourde charge psychologique. Par nature, les métiers de la petite enfance sont physiques, fatigants, exigent une totale disponibilité et imposent une charge mentale dont les professionnels ne sont pas toujours conscients lorsqu’ils s’y engagent.

Conséquences : accidents du travail et maladies professionnelles

Tous ces facteurs sont générateurs d’accidents, de maladies professionnelles ou bien de souffrances plus insidieuses pas toujours prises au sérieux. Pourtant les statistiques alarmantes dénoncent une réalité criante : dans l’accueil de jeunes enfants, les accidents du travail et maladies professionnelles sont en hausse constante depuis plus de cinq ans. De 2018 à 2019, les accidents du travail ont augmenté d’1,8% soit 2611 accidents et près de 200 000 journées de travail perdues. Dans 50% des cas, une manutention manuelle est à l’origine de l’accident, puis une chute dans 41% des cas. Sur la même période, les maladies professionnelles ont augmenté de 12,1%, soit 111 cas et 28407 journées perdues, dont 93% pour des affections péri-articulaires (Sinistralité 2019, Assurance Maladie - Risques Professionnels).

Impact sur la qualité de l’accueil et le recrutement

Un EAJE est un écosystème fragile et la qualité de vie au travail, le bien-être des équipes, la maitrise des risques professionnels ont un impact important sur les pratiques. Lorsque l’équipe ne va pas bien, difficile de garantir un accueil de qualité ! Trop souvent, la prise en charge des risques professionnels intervient trop tard, avec pour seule réponse aux difficultés, la médecine du travail qui va traiter les conséquences de mauvaises pratiques qu’il aurait fallu accompagner en amont, des accidents, des maladies professionnelles, l’absentéisme, l’inaptitude.

Quand ils surviennent, les accidents, les maladies professionnelles pèsent sur le fonctionnement de l’EAJE, l’organisation du travail et entrainent des coûts : l’indemnisation des jours d’arrêt de travail, l’absentéisme, la désorganisation, le temps de traitement administratif du sinistre, et dans le meilleur des cas le recrutement et la formation du remplaçant. Ils viennent accroitre la pénurie de professionnels, significative de la crise du recrutement que rencontrent les métiers de la petite enfance.

Prévention : gouvernance et outils

Il en va de la responsabilité de l’employeur, du dirigeant, des ressources humaines de mettre en place une véritable dynamique de prévention des risques pour les appliquer, et ainsi limiter les accidents et maladies. L’analyse des risques dans les pratiques professionnelles, un travail d’équipe. La prévention des risques professionnels dans les EAJE, c’est donc l’affaire de tous. Et en premier lieu, celle du dirigeant qui a la responsabilité de la sécurité, de la bonne santé physique et mentale de ses employés, et doit donner l’impulsion, motiver les équipes pour s’investir dans cette démarche. Les représentants du personnel ont également le devoir d’exiger en interne que la structure aille vers des pratiques plus responsables.

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Pour Elsa Hervy, le DUERP a le mérite d’inciter les équipes à s’interroger sur la présence de risques dans ses pratiques professionnelles, en posant elles-mêmes un diagnostic par des temps d’échange et de discussion. Une démarche essentielle d’analyse des pratiques, qui sera prochainement rendue obligatoire par NORMA : « dans le décret du 30 août, il est mentionné qu’à partir du 1er septembre 2022, chaque professionnel de crèche doit bénéficier d’au moins 6 heures annuelles d’analyse des pratiques (2h par quadrimestre). La liste des qualifications permettant de réaliser l’analyse des pratiques sera prise par arrêté (qui sera prochainement publié) ».

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Le DUERP : un levier sous-utilisé mais obligatoire

Depuis 2001, selon le code du travail (Article L4121-1), toute entreprise a l’obligation légale de concevoir un Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) qui répertorie et analyse les risques et dangers inhérents à la structure. Pour Magali Manzano, « ce document administratif permet de mettre en évidence les facteurs de risques présents dans les situations de travail et la manière dont on peut les éliminer ou les maitriser, pour qu’ils soient moins nocifs. Bien qu’obligatoire, c’est un prétexte à une réflexion commune de l’équipe pour construire des solutions sur la base d’une analyse issue du travail réel », souligne-t-elle.

Dans les faits, rares sont les entreprises qui se plient à cette obligation. En 2016, la DARES indiquait que seules 45 % des entreprises françaises ou 38 % des entreprises de moins de 10 salariés disposaient d’un DUERP. Mal informées ou peu concernées, 85 % des entreprises qui disposent d’un DUERP ne sauraient même pas à quoi il sert ! (Etude FAP) Selon une étude menée sur 55 crèches de l’Hérault, 77% n’avaient pas mis en place le DUERP, « faute d’information sur cette obligation réglementaire, de sensibilisation sur l’opportunité que peut apporter ce type de démarche et de temps pour réfléchir collectivement à ces questions ».

« Attention, alerte Magali Manzano, ce n’est pas le job d’un expert-comptable de faire un DUERP. Déléguer l’achat d’un DUERP tout fait en ligne, ce n’est pas non plus la philosophie de l’action. L’enjeu n’a pas été compris, ça n’a aucun intérêt, si ce n’est d’être en règle avec la loi. Ce n’est pas être une entreprise responsable.» Pour rappel, le code du travail prévoit une amende de 1 500 euros en cas d’incapacité à présenter le DUERP, et jusqu’à 3 000 euros en cas de récidive.

Outils digitaux et accompagnement

Pour sensibiliser et accompagner les EAJE dans l’évaluation des risques liés à leurs pratiques professionnelles en vue de l’élaboration du DUERP, la CARSAT et l’INRS ont élaboré un nouvel outil digital, conçu grâce à l’investissement du SNPPE et de la FFEC. Anonyme et gratuit, pratique et ergonomique, cet outil en ligne accompagne les structures pour réaliser leur évaluation des risques et éditer un plan d’action, construit à partir de leurs réponses à un questionnaire relatif au cadre de travail. Pour chaque risque identifié, une liste de mesures de prévention est proposée. Il est également possible d’ajouter des risques ou des mesures en fonction de la situation de chaque entreprise, de personnaliser le document pour sa structure. Il est disponible sur le site de l’INRS.

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Les structures de moins de 50 salariés ont également accès à l’outil Faire le point RPS , mis à disposition du secteur sanitaire et social sur le site de l’INRS. Un outil plus spécifique qui permet d’identifier les facteurs de risques psychosociaux dans sa structure, afin de les intégrer au DUERP. Il fournit également des indications pour faciliter l’élaboration d’un plan d’action de prévention.

Aménagement des locaux et équipement : la meilleure prévention

A l’écoute des professionnels de la petite enfance, un constat revient souvent : les crèches sont trop souvent conçues ou agencées dans une vision centrée sur l’enfant, pensées par des architectes trop éloignés des réalités des métiers de la petite enfance. « On peut avoir des locaux magnifiques et neufs mais peu fonctionnels, et pas du tout pensés du pour l’activité des professionnels », déplore Magali Manzano. Pour la psychologue, c’est le problème de base, à l’origine de la plupart des maux et des risques encourus par les équipes au quotidien.

Il est essentiel de faire appel à des spécialistes pour éviter certaines erreurs qui impacteront fortement notre activité au quotidien. S’il existe de nombreux architectes spécialistes des espaces de la petite enfance, l’idéal serait tout simplement d’intégrer les équipes au projet de conception ou de rénovation de la structure pour anticiper les risques et d’investir dans un mobilier ergonomique adapté aux besoins des équipes, trop souvent réduites à utiliser un mobilier à taille enfant. Les équipements mis à disposition doivent comporter des aides techniques comme des chariots de service, des tabourets sur roulettes...

Mesures concrètes de prévention

  1. Faire un état des lieux précis des risques dans votre entreprise pour engager les actions appropriées.
  2. Élaborer et mettre à jour le DUERP avec l’implication des équipes et des représentants du personnel.
  3. Utiliser les outils INRS/CARSAT et l’outil Faire le point RPS pour identifier et prioriser les risques.
  4. Investir dans un mobilier et des aides techniques adaptés (chariots, tabourets roulants, dispositifs ergonomiques).
  5. Planifier l’analyse des pratiques professionnelles et des formations régulières pour lever les mauvaises habitudes.
  6. Mettre en place des mesures pour réduire le bruit et améliorer l’acoustique des locaux.
  7. Prévoir des protocoles de prévention du risque infectieux et des politiques de vaccination : Les vaccinations obligatoires (tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, BCG après intradermo réaction tuberculinique) doivent être complétées par des vaccinations recommandées (hépatite A, coqueluche par le vaccin DTPCoq lors d’un rappel par exemple).

Assurance et protection : offres dédiées et dispositifs

Les assureurs ont construit des offres spécialement dédiées à la branche Auxiliaire de puériculture. garanties arrêt de travail. adhésion annuelle renouvelable par tacite reconduction. L’adhésion est facultative. à une mutuelle collective respectant votre convention collective. Vous êtes Auxiliaire de puériculture ? (travailleur non salarié) et les indépendants. à une personne morale (entreprise) ou physique (un particulier).

Les structures d’accueil peuvent aussi bénéficier d’aides financières pour soutenir les projets de prévention. Pour accompagner les projets destinés à améliorer les conditions de santé et de sécurité dans les structures d’accueil de la petite enfance, afin de prévenir les risques (de chute, de TMS, les risques psychosociaux..), l’Assurance-Maladie - Risques professionnels et ses caisses régionales (Carsat, Cramif ou CGSS) proposent des subventions au...

Rôles et responsabilités pour une prévention efficace

« L’employeur aura beau faire le nécessaire pour investir dans du matériel ergonomique et veiller aux bonnes conditions de travail des équipes, on ne peut nier que ce sont des métiers fatigants, dont la pénibilité n’est pas suffisamment reconnue, explique Véronique Escames, auxiliaire de puériculture (SNPPE). C’est une réalité à admettre, tout en restant conscient qu’il existe des solutions, en matière de prévention pour maitriser les risques et limiter l’usure professionnelle. Il en va de la responsabilité de l’employeur, du dirigeant, des ressources humaines de mettre en place une véritable dynamique de prévention des risques pour les appliquer, et ainsi limiter les accidents et maladies. Mais pour certains cela semble loin d’être une priorité !

Le travail de sensibilisation devrait commencer là, auprès des dirigeants, mais « on a aussi une part de responsabilité, note Véronique Escames. Quand les mauvaises habitudes sont prises, il est difficile de s’en défaire ! » Elsa Hervy, de la Fédération Française des Entreprises de Crèches, remarque cependant que « la frontière est parfois floue entre ce qui dépend de la prévention des risques professionnels et ce qui relève de la recommandation ergothérapeutique en vue du bien-être au travail ».

En pratique : engager la démarche dans votre structure

  • Faites un état des lieux précis des risques dans votre entreprise.
  • Impliquez l’équipe, les représentants du personnel et le directeur pour construire le DUERP et le plan d’action.
  • Utilisez les outils gratuits et anonymes de l’INRS et CARSAT pour structurer l’évaluation.
  • Recherchez des aides financières auprès des caisses régionales pour financer des aménagements et formations.
  • Planifiez l’analyse des pratiques et des temps réguliers d’échange pour adapter les solutions au travail réel.

En étant attentifs à leurs équipes et en mettant en place des actions concrètes de prévention, les employeurs peuvent faire reculer la sinistralité et améliorer durablement la qualité de l’accueil des jeunes enfants.

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