Statut autoentrepreneur d’Audrey Lopez
Audrey Lopez, 34 ans, auxiliaire de vie depuis huit ans, voit dans le statut autoentrepreneur une piste pour donner plus de reconnaissance et de moyens à son activité essentielle au maintien à domicile. Lanestérienne (Morbihan), la jeune femme intervient chez des clients, qui la rémunèrent en chèque emploi service (Cesu). Ce n’est pas un statut intéressant, explique-t-elle, avec la hausse du carburant, je suis allée voir les textes de loi et nous avons droit à rien.
Contexte professionnel et raisons du changement de statut
La trentenaire, son métier est pourtant essentiel. « Il y a besoin des auxiliaires de vie. Sans nous, il n’y a pas de maintien à domicile. On est les oubliées, des invisibles. On connaît nos clients dans les moindres détails. On les écoute, on sait quand ils ne vont pas bien. On est la base, on est vital. »
Avec l’augmentation du prix du carburant, Audrey Lopez remet en cause le statut de son métier qui reste essentiel pour le maintien à domicile. Si la jeune femme pousse un coup de colère aujourd’hui, c’est qu’avec l’augmentation du prix du carburant, sa carte bancaire ne passait plus. Je fais jusqu’à 100 km par jour. Avant, j’étais à 280 € d’essence par mois et je suis passée en un éclair à 400 €, s’alarme-t-elle.
Je me déplace sur tout le territoire dans un périmètre de 45 km. Je vais jusqu’à Quistinic et Clohars-Carnoët, souligne-t-elle. Et dans les textes de loi, il est écrit noir sur blanc qu’il n’est pas obligé de financer le salarié en chèque emploi service pour les frais de déplacement. Par contre s’il y a un arrêt de bus, on peut m’obliger à prendre ce moyen de transport. Une réalité qui ne plaît pas à la jeune femme.
Aspects financiers et limites du CESU
Lanestérienne (Morbihan), la jeune femme intervient chez des clients, qui la rémunèrent en chèque emploi service (Cesu). Ce n’est pas un statut intéressant, explique-t-elle, avec la hausse du carburant, je suis allée voir les textes de loi et nous avons droit à rien. Certains m’ont répondu que ce n’était pas leur problème et ceux qui ont bien voulu n’ont pas les moyens, raconte-t-elle.
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Autour d’une personne, il y a l’infirmière, le kiné qui sont remboursés au niveau des frais kilométriques. Mais pour nous, il n’y a rien. Pourquoi l’auxiliaire de vie ne travaille pas sous ordonnance ? Pour la trentenaire, son métier est pourtant essentiel.
Motifs économiques pour choisir le statut autoentrepreneur
- Rechercher une tarification visible et autonome pour couvrir les frais de déplacement (essence, entretien).
- Mettre en place une facturation claire et des charges sociales adaptées permettant d’anticiper les augmentations de coûts (carburant notamment).
- Avoir la possibilité de structurer un projet d’entreprise : malgré les difficultés, elle reste passionnée par son métier et travaille sur un projet d’entreprise. J’aime mon métier plus que tout et je fais évoluer ma situation pour que salariés comme clients soient traités correctement.
Projet d’entreprise et ambitions
Malgré les difficultés, elle reste passionnée par son métier et travaille sur un projet d’entreprise. J’aime mon métier plus que tout et je fais évoluer ma situation pour que salariés comme clients soient traités correctement.
La jeune femme voit son rôle comme un rôle complémentaire dans une équipe. Pour elle, l’autoentreprise peut permettre de formaliser son activité, d’organiser ses déplacements et ses tarifs, et de clarifier les droits et devoirs vis‑à‑vis des clients.
Enjeux réglementaires et professionnels
Dans les textes de loi, il est écrit noir sur blanc qu’il n’est pas obligé de financer le salarié en chèque emploi service pour les frais de déplacement. Cette disposition laisse un vide pour de nombreux intervenants à domicile.
Pourquoi l’auxiliaire de vie ne travaille pas sous ordonnance ? L’absence de reconnaissance réglementaire équivalente à d’autres professions de santé empêche parfois d’accéder à des remboursements ou à des indemnités pour les frais professionnels.
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Conséquences pratiques
- Des frais kilométriques importants : « Je fais jusqu’à 100 km par jour. Avant, j’étais à 280 € d’essence par mois et je suis passée en un éclair à 400 €. »
- Une rémunération souvent contrainte par la capacité financière des clients : « Certains m’ont répondu que ce n’était pas leur problème et ceux qui ont bien voulu n’ont pas les moyens. »
- Un isolement professionnel : « On est les oubliées, des invisibles. »
Statut autoentrepreneur : opportunités et limites pour une auxiliaire de vie
Le statut autoentrepreneur offre des opportunités de formalisation et de facturation directe, mais il implique aussi des charges sociales, une gestion administrative et des limites de chiffre d’affaires. Pour Audrey, la démarche vise à améliorer la reconnaissance et la viabilité économique de son activité.
Passer en autoentrepreneur peut aider à structurer un projet d’entreprise et rendre possible une tarification tenant compte des déplacements et des frais réels. En revanche, cela exige une bonne gestion et une communication claire avec les clients sur les tarifs et les conditions d’intervention.
Aspects humains et valeur du métier
On travaille pour la société, chez des gens qui ont des besoins spécifiques, ce n’est pas un luxe, observe-t-elle. Chaque parcours, chaque expérience de vie a une valeur. C’est en prenant en compte ces réalités que nous pourrons avancer sur des projets concrets et utiles.
La jeune femme voit son rôle comme un rôle complémentaire dans une équipe : autour d’une personne, il y a l’infirmière, le kiné qui sont remboursés au niveau des frais kilométriques. Mais pour nous, il n’y a rien. Ce constat motive la recherche d’un statut qui permette de rééquilibrer la reconnaissance et les conditions de travail.
Interview Audrey Lagerqvist - Bouyssou - BFM BUSINESS
Points clés pour se lancer comme autoentrepreneur
- Étudier précisément les frais réels (déplacements, assurance, matériel) et les intégrer dans le prix horaire.
- Comparer le niveau de protection sociale et les cotisations entre le CESU et le régime autoentrepreneur.
- Prévoir une communication transparente avec les clients, notamment sur la prise en charge des frais de déplacement.
- Se renseigner sur les obligations légales liées à l’activité d’aide à domicile et, si possible, rechercher des aides ou dispositifs locaux.
Ressources pratiques
Pour se lancer, il est recommandé de consulter les textes de loi relatifs au CESU et aux aides à domicile, de rencontrer des organismes d’accompagnement à la création d’entreprise et d’évaluer l’impact fiscal et social d’un changement de statut.
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| Aspect | CESU | Autoentrepreneur |
|---|---|---|
| Facturation | Par le particulier employeur | Facturation directe au client |
| Frais de déplacement | Pas d’obligation de prise en charge | Pris en compte dans le tarif ou remboursés selon accord |
| Protection sociale | Relativement encadrée par l’employeur | Dépend des cotisations autoentrepreneur |
| Complexité administrative | Faible pour le salarié | Plus élevée (déclarations, facturation) |
Perspectives pour Audrey et pour la profession
Pour Audrey Lopez, le passage au statut autoentrepreneur s’inscrit dans une volonté de faire évoluer sa situation pour que salariés comme clients soient traités correctement. Rechercher un statut plus adapté est une réponse aux réalités économiques (augmentation du carburant, frais kilométriques) et à la recherche de reconnaissance professionnelle.
Si de nombreux auxiliaires de vie éprouvent les mêmes difficultés, la réflexion collective sur le statut, la tarification des déplacements et la revalorisation du métier pourrait conduire à des solutions structurelles, locales et nationales.
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