Augmentation des Impôts : Conséquences et Analyse

Le 15 juillet 2025, François Bayrou a dévoilé à Paris son plan pour rééquilibrer les comptes publics.

Avec un objectif d'économies de 43,8 milliards d'euros et une ambition de ramener le déficit à 4,6 % du PIB en 2026, ce plan propose des mesures fortes, dont l'une des plus commentées : l'année blanche avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu.

Parmi les mesures phares pour redresser les comptes publics annoncées par François Bayrou, "l'année blanche" incluant le gel du barème de l'impôt sur le revenu retient particulièrement l'attention.

Comprendre le Gel du Barème de l'Impôt sur le Revenu

Lorsque l'on parle de gel du barème de l'impôt sur le revenu, cela signifie que les tranches d'imposition, qui déterminent les taux applicables en fonction du revenu, ne seront pas revalorisées.

Si votre salaire augmente, même modérément, et que les tranches d'imposition restent figées, une part plus importante de votre revenu risque de se retrouver dans une tranche d'imposition supérieure.

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Exemple Concret de l'Impact du Gel du Barème

Prenons l'exemple d'un contribuable dont le revenu imposable est de 83 000 €.

Après son augmentation et le gel du barème : son nouveau salaire de 86 320 € le fait changer de tranche pour une partie de ses revenus (de 30 % à 41 %).

Dans cet exemple, l'impôt de ce contribuable augmente de 1 271 € suite à son augmentation de salaire et au gel du barème.

Budget Français

Autres Mesures Fiscales Proposées

Au-delà du gel du barème de l'impôt sur le revenu, le plan Bayrou prévoit également de solliciter la contribution des retraités.

Actuellement, les pensions de retraite bénéficient d'un abattement forfaitaire de 10 % sur le revenu imposable.

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La refonte de l'abattement annuel de 10 % : Cette dernière mesure vise clairement à mettre à contribution les retraites les plus importantes.

Pour être plus précis, ceux qui touchent plus de 20 000 € de pensions de retraite par an verront leur revenu fiscal de référence augmenter.

Optimisation Fiscale : Une Réponse aux Ajustements Fiscaux

Face à ces potentiels ajustements fiscaux, il est essentiel d'optimiser votre stratégie patrimoniale.

Les sommes versées sur votre PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de plafonds spécifiques (consultables sur votre avis d'imposition).

Cela signifie concrètement que vous pouvez réduire le montant de votre impôt sur le revenu (celui que vous paierez l’année prochaine).

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En alimentant régulièrement votre PER, vous constituez progressivement un capital qui vous permettra de bénéficier de revenus complémentaires une fois à la retraite.

Optimiser & Réduire ses Impôts (Guide Complet)

Comment est calculé l'impôt sur le revenu ?

Pour calculer vos impôts, le fisc procède par étapes :

  • Il commence par diviser votre revenu imposable par votre nombre de parts de quotient familial (1 part si vous êtes célibataire, 2 si vous êtes mariés, etc.) ;
  • Il applique ensuite le barème progressif de l'impôt pour déterminer le montant de votre impôt pour une part fiscale ;
  • Une fois ce montant obtenu, il le multiplie par votre nombre de parts pour déterminer l'impôt dû par votre foyer fiscal.

Attention ! L'application du barème fiscal se fait par part de quotient familial mais aussi par tranche de revenu imposable.

En 2025, les tranches du barème, qui s'appliquent aux revenus de 2024, sont revalorisées de 1,8 %.

A chaque tranche correspond un taux d'imposition :

  • Jusqu'à 11 497 € le taux d'imposition est à 0 %, autrement dit, vous ne serez pas imposé pour cette tranche de revenus ;
  • De 11 498 € à 29 315 €, vos revenus compris dans cette tranche seront imposés à hauteur de 11 % ;
  • De 29 316 € à 83 823 €, le taux d'imposition sera de 30 % ;
  • De 83 823 € à 180 294 €, vous serez imposé à 41 % ;
  • Et vos revenus qui dépassent 180 294 € par part, seront quant à eux imposés à 45 %.

Le taux qui s'applique à la tranche de votre revenu imposable la plus élevée pour une part de quotient familial correspond au taux marginal d'imposition (TMI) de votre foyer fiscal.

Par exemple, si vous êtes célibataire (1 part) et déclarez 20 000 € de revenus imposables pour 2024, votre TMI est égal à 11%. C'est le taux du barème de l'impôt correspondant à la tranche la plus élevée de votre revenu imposable, comprise entre 11 497 € et 29 315 €.

Barème Impôt sur le Revenu 2023

Comment calculer l'impact d'une augmentation de salaire sur vos impôts ?

En cas d'augmentation de vos revenus imposables, salaire ou retraite par exemple, en 2024, la fraction supplémentaire va être soumise à votre taux marginal d'imposition.

Ce dernier vous permet donc de savoir quel pourcentage de votre augmentation il vous restera effectivement après impôt.

A noter :

  • Le barème fiscal 2025 ayant été réévalué de 1,8 %, toute augmentation de vos revenus en 2024, inférieure ou égale à 1,8 % ne fera pas grimper vos impôts ;
  • En revanche, en cas de hausse de revenus significative, vous êtes susceptible de changer de tranche d'imposition et d'être soumis à un TMI plus élevé que celui de l'année dernière.

Comment calculer l'impôt à payer en cas de hausse de revenus sans changement de tranche ?

Une augmentation sans changement de tranche n'a pas d'impact sur votre taux marginal d'imposition (TMI).

Un exemple :

Vous êtes célibataire et votre salaire est passé de de 24 000 € à 26 000 € en 2024.

Vous devriez dans ce cas subir une hausse d'impôt de 198 € (1800 € * 11%).

Mais, cette hausse d'impôt sera en partie compensée par le fait que vous allez bénéficier d'un taux d'imposition nul sur la part de vos revenus qui ne dépasse pas 11 497 €, contre 11 294 € l'an dernier, grâce à la revalorisation du barème fiscal.

Cela représente 203 € de revenus en plus non imposés par rapport à l'année dernière, soit une économie d'impôt de 22 € (203 € x 11%).

Votre hausse d'impôt ne sera donc finalement que de 176 € (198 € - 22 €).

Augmentation : quel impact sur vos impôts si vous changez de tranche ?

Si l'augmentation de vos revenus entraîne un changement de tranche et donc de taux marginal d'imposition (TMI), il convient de décomposer le calcul de la manière suivante :

Vous êtes célibataire et votre salaire est passé de 80 000 € à 95 000 € en 2024.

Votre salaire net imposable passe donc de 72 000 € à 85 500 €, une fois les 10 % pour frais déduits.

La fraction la plus élevée de vos revenus passe dans la tranche supérieure d'imposition, comprise désormais entre 83 824 € à 180 294 € contre 29 316 € et 83 823 € l'an dernier.

Votre taux marginal d'imposition, fixé à 30 % l'année dernière, va donc passer à 41% cette année.

Votre augmentation de salaire (15 000 € - 10 % = 13 500 €) reste imposable à 30% sur la fraction qui ne dépasse pas 83 823 € (soit 11 823 € sur les 13 500 €), et les 1677 € restants sont, quant à eux, imposables au taux de 41%.

Vous allez donc subir une hausse d'impôt de 4 234 € : 3547 € pour la part de votre augmentation de salaire imposée à 30 % et 687 € pour celle taxée à 41%.

Là encore, cette hausse d'impôt sera en partie compensée par le fait qu'une part plus importante de vos revenus de 2024 va profiter des tranches basses du barème, taxées à 0% et 11% et qui ont été revalorisées en 2025.

Taux marginal, taux moyen et taux de prélèvement à la source : quelle différence ?

  1. Votre TMI est différent de votre taux moyen d'imposition

    Le taux moyen d'imposition est obtenu en divisant l'impôt qui vous est réclamé, par le revenu net imposable de votre foyer. Il correspond donc à la part de vos revenus consacrée au paiement de vos impôts. Il est nécessairement inférieur à votre TMI.

  2. Votre TMI est également différent de votre taux de prélèvement à la source

    Votre taux de prélèvement à la source est obtenu en comparant : vos revenus soumis à l'impôt à la source avec l'impôt brut correspondant, c'est-à-dire l'impôt dû avant déduction de vos réductions et crédits d'impôt.

Conséquences Politiques et Budgétaires

La chute du gouvernement Bayrou risque d’avoir des conséquences en matière d’impôts.

Si une loi spéciale est adoptée, le budget de 2025 serait reconduit sur 2026 et le barème de l’impôt sur le revenu serait maintenu.

Avec la chute du premier ministre François Bayrou et de son gouvernement, c’est tout le projet de loi de finances pour 2026 qui est remis en question.

Si le vote du budget ne pouvait avoir lieu avant la fin de l’année, l’État perdrait la capacité de lever l’impôt pour l’année à venir.

Pour y remédier, une loi spéciale, par laquelle l’exécutif demande au Parlement l’autorisation de prélever les impôts permettrait, comme l’an passé, de parer au plus pressé, en reconduisant le budget de 2025 sur 2026.

Dans cette hypothèse, le barème de l’impôt sur le revenu resterait inchangé en 2026, pour l’imposition des revenus de 2025, le Conseil d’État ayant statué sur ce point dans son avis du 10 décembre 2024.

Selon le gouvernement Barnier, près de 400.000 ménages supplémentaires paieront l'impôt sur le revenu et quelque 18 millions le verront augmenter en 2025, faute d'adoption du projet de budget 2025 qui prévoyait d'indexer le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation.

Le gouvernement de Michel Barnier est en effet tombé mercredi soir, sur une motion de censure adoptée avec les voix des députés de la gauche et du Rassemblement national, ouvrant une période de fortes incertitudes politiques et financières.

Invité de France 2 et TF1 mardi soir, Michel Barnier avait expliqué que si le projet de budget 2025 n'était pas adopté, "près de 18 millions de Français verront leur impôt sur le revenu augmenter, d'autres en paieront pour la première fois parce qu'on n'aura pas pu inscrire dans la loi de finances la réindexation qui est prévue (...) pour le barème des tranches d'impôt, c'est inéluctable".

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