Guide complet sur la création d'auto-entrepreneur : domaines d'activités éligibles
Le statut d'auto-entrepreneur, également appelé micro-entrepreneur, permet à toute personne physique majeure (ou mineure émancipée), résidant en France, de développer une activité indépendante en toute simplicité. Ce régime simplifié, relevant de l'entreprise individuelle, permet d'exercer des activités commerciales, artisanales et certaines activités libérales non réglementées dans un cadre fiscal et social unique.
Le régime de la micro-entreprise offre de nombreux avantages aux entrepreneurs débutants, notamment une création sans capital, des formalités allégées et une comptabilité simplifiée. Néanmoins, il s'accompagne aussi de quelques limitations, notamment en termes de chiffre d'affaires et d'activités éligibles.
Les activités éligibles au statut d'auto-entrepreneur
Le statut d’auto-entrepreneur permet d’exercer trois grandes catégories d’activités :
- Les activités commerciales
- Les activités artisanales
- Les activités libérales non réglementées
Les micro-entrepreneurs doivent s’immatriculer au Registre National des Entreprises (RNE) adaptées à leur domaine d'activité.
1. Activités commerciales
Votre activité est commerciale si vous achetez des biens ou marchandises pour les revendre dans un but lucratif, ou si vous fournissez des services dans des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, les transports, la sécurité, l’informatique, le design, etc. Vous pouvez également proposer une activité de location de biens meubles.
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Exemples d’activités commerciales autorisées : restauration rapide, food trucks, livraison, développeur, graphiste, DJ, photographe (mariages, spectacles, entreprises), distributeur et diffuseur de musiciens.
Activités commerciales exclues : agent immobilier, coiffeur, opticien, pharmacien, bureau de tabac, etc.
Il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme pour exercer une activité commerciale.
2. Activités artisanales
Les activités artisanales comprennent la production, la transformation, la réparation ou la prestation de services manuels qui nécessitent un savoir-faire technique. Certaines de ces activités sont réglementées et requièrent une qualification professionnelle.
Exemples d’activités artisanales : coiffeur, électricien, mécanicien, photographe, métiers du BTP (maçon, carreleur, menuisier), esthéticien, couturier, dépanneur informatique.
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Pour certaines activités artisanales, la détention d’un diplôme ou d’une expérience professionnelle est obligatoire.
3. Activités libérales
Les activités libérales regroupent les métiers intellectuels où l’activité principale est une prestation intellectuelle. On distingue les professions libérales réglementées et non réglementées.
Activités libérales autorisées : consultant, coach professionnel, formateur, écrivain public, traducteur, naturopathe, informaticien, consultant en ressources humaines, community manager, diététicien, correcteur, etc.
Activités libérales exclues : notaire, avocat, chirurgien-dentiste, sage-femme, professions de santé réglementées, notaires, experts-comptables, certaines professions relevant de la Cipav.
Dans la catégorie des activités libérales, les professions réglementées ne peuvent pas être exercées sous le régime de la micro-entreprise.
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Les activités exclues du régime micro-entrepreneur
- Activités agricoles rattachées au régime social de la MSA (Mutualité Sociale Agricole), même si elles ont un caractère commercial ou artisanal (ex. paysagiste, entretien de jardins).
- Activités libérales réglementées hors Cipav et régime des indépendants (notaire, avocat, chirurgien-dentiste, sage-femme, etc.).
- Activités relevant de la TVA immobilière (marchands de biens, lotisseurs, agents immobiliers).
- Activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur relevant de la Sécurité sociale des artistes-auteurs.
- Professions liées à la santé réglementée (médecins, infirmiers, pharmaciens, vétérinaires, etc.).
- Activités de dirigeant majoritaire d’entreprise.
Les plafonds de chiffre d’affaires à respecter
Pour rester sous le régime de la micro-entreprise, il est indispensable de ne pas dépasser certains plafonds de chiffre d’affaires, sous peine de basculer vers un régime fiscal et social plus contraignant.
| Type d'activité | Plafond annuel de chiffre d’affaires |
|---|---|
| Vente de marchandises, supply chain, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services commerciales et artisanales | 83 600 € |
| Activités libérales non réglementées | 83 600 € |
Si ces seuils sont dépassés pendant deux années consécutives, le micro-entrepreneur bascule automatiquement vers un régime réel d’imposition.
Création de l’auto-entreprise : les démarches administratives
Depuis 2023, la création d'une auto-entreprise se fait uniquement en ligne via le guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Cette plateforme centralise toutes les formalités administratives et transmet votre dossier aux organismes compétents tels que l’Urssaf, le Greffe, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA).
Pour déclarer votre activité, vous devez :
- Remplir un formulaire en ligne avec les pièces justificatives (pièce d’identité, justificatif de domicile, déclaration sur l’honneur de non-condamnation).
- Choisir le type d’activité exercée (commerciale, artisanale, libérale).
- Obtenir un numéro SIRET et un code APE qui correspond à votre activité principale exercée.
- Créer un espace personnel sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr pour gérer vos déclarations de chiffre d’affaires et vos cotisations.
Selon la nature de votre activité, vous devez vous immatriculer au :
- Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour les commerçants.
- Répertoire des Métiers (RM) pour les artisans.
- Registre spécial des agents commerciaux (RSAC) pour les agents commerciaux.
- Urssaf pour les professions libérales.
Les étapes clés avant de démarrer
- Définir votre activité et son code APE : L’INSEE vous attribue un code d’activité principal qui sert aussi à décrire votre activité officielle.
- Réaliser une étude de marché : Cette analyse vous permet d’évaluer la demande, la concurrence et de structurer votre projet (business plan).
- Obtenir les qualifications nécessaires : Certaines activités artisanales et libérales requièrent un diplôme ou une expérience professionnelle.
- Choisir votre régime fiscal : option classique ou prélèvement libératoire pour simplifier le paiement de l’impôt sur le revenu.
Le régime fiscal et social de l’auto-entrepreneur
Le micro-entrepreneur est affilié au régime social des travailleurs indépendants. Ses cotisations sociales sont calculées en pourcentage de son chiffre d’affaires déclaré :
| Type d’activité | Taux des cotisations sociales (2026) |
|---|---|
| Achat / revente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services libérales (BNC) | 25,6 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav | 23,2 % |
| Locations de meublés de tourisme classés | 6 % |
En l’absence de chiffre d’affaires, aucune cotisation n’est due.
Au titre de l’imposition, l’administration applique un abattement forfaitaire automatique sur le chiffre d’affaires déclaré pour déterminer le bénéfice imposable :
- 71 % pour les activités commerciales
- 50 % pour les prestations de services commerciales et artisanales
- 34 % pour les activités libérales
En option, l’auto-entrepreneur peut opter pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu. Ce versement s’effectue en même temps que les cotisations sociales, au taux suivant :
- 1 % pour les activités commerciales
- 1,7 % pour les prestations de services
- 2,2 % pour les activités libérales
Protection sociale et patrimoine
Le micro-entrepreneur bénéficie d’une couverture sociale liée aux travailleurs indépendants, incluant une retraite, une assurance maladie et une allocation familiale. Cependant, la protection sociale est moins complète que celle des salariés :
- Indemnités journalières maladie versées selon un revenu minimal
- Validation des trimestres de retraite conditionnée au chiffre d’affaires
- Pas d’assurance chômage sauf dispositifs spécifiques
Depuis 2022, le patrimoine personnel et professionnel de l’auto-entrepreneur sont automatiquement séparés. Cette mesure protège les biens personnels des créanciers professionnels, sauf en cas de faute grave ou de fraude.
Aides et dispositifs disponibles pour les auto-entrepreneurs
- ACRE (Aide à la création ou reprise d'une entreprise) : exonération partielle des cotisations sociales sur les 3 premiers trimestres d’activité.
- ARCE (Aide au Reprise ou à la Création d’Entreprise) : versement d'une partie des allocations chômage aux créateurs ou repreneurs d'entreprise.
- Le NACRE : accompagnement personnalisé par un organisme conventionné durant 3 ans.
- Prêts d’honneur, microcrédits autorisés par des associations ou collectivités.
- Aides locales : subventions, exonérations fiscales selon la commune ou région.
Combiner plusieurs activités et statuts
Il est possible d’exercer plusieurs activités sous un seul statut de micro-entrepreneur, à condition que les activités soient compatibles avec le régime et que les plafonds de chiffre d’affaires soient respectés.
Un auto-entrepreneur peut cumuler son activité avec une activité salariée, un emploi de dirigeant assimilé salarié, ou bien sa retraite, sous réserve de respecter certaines règles.
Obligations comptables et fiscales
Le micro-entrepreneur doit tenir un livre des recettes détaillant tous les encaissements, et établir des factures numérotées avec les mentions légales obligatoires.
Il doit déclarer son chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement via son espace Urssaf, même en cas de chiffre d’affaires nul. Cette déclaration sert au calcul des cotisations sociales et, le cas échéant, de l’impôt.
Enfin, il doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité si le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.
Comment créer son entreprise : Les étapes de la création d'entreprise.
La domiciliation de l’auto-entreprise
Pour immatriculer une micro-entreprise, il est indispensable d’avoir une adresse administrative. Celle-ci peut être :
- Le domicile personnel du micro-entrepreneur (le cas le plus fréquent, mais implique que votre adresse apparaîtra publiquement).
- Un local professionnel.
- Une société de domiciliation spécialisée offrant des services complémentaires (gestion courriers, bureaux, assistance).
Conseils pour réussir son auto-entreprise
- Étudier son marché et assumer un positionnement clair (type de clientèle, valeur proposée).
- Réaliser un business plan pour définir ses coûts, charges, et objectifs de rémunération.
- Anticiper les périodes d’inactivité ou creux d’activité.
- Se faire accompagner par des experts et bénéficiez des aides lors de la création.
- Respecter les plafonds et obligations pour garder le statut.
Le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour tester une activité et débuter l’entrepreneuriat. Il offre une simplicité de gestion et un cadre sécurisé, tout en imposant un contrôle rigoureux des seuils de chiffre d’affaires et des activités exercées.
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