Devenir Auto-Entrepreneur Paysagiste : Obligations et Conseils
Vous aimez travailler au grand air et magnifier des espaces verts ? Devenir jardinier paysagiste peut être une voie intéressante. C’est un métier créatif qui permet de façonner des espaces pour les autres. Cependant, il est également éprouvant, impliquant parfois de travailler dans des conditions météorologiques difficiles.
Le métier de jardinier-paysagiste est le 15ᵉ métier préféré des Français, selon le magazine Orientations en 2015.
Les Étapes Essentielles pour Devenir Paysagiste
1. Se Former au Métier de Jardinier Paysagiste
Suivre une formation est essentiel pour se lancer dans l'entretien des espaces verts. Voici quelques formations possibles :
- CAPa Jardinier paysagiste
- CAPa Productions horticoles
- CAP Maintenance des Matériels, option Espaces verts
- Bac pro Aménagements Paysagers
- Bac pro maintenance des matériels option C matériels d'espaces verts
- BTSA Aménagements Paysagers
Les professions de paysagiste concepteur, architecte ou ingénieur paysagiste, sont réglementées. Pour exercer l'un de ces métiers, il est obligatoire d'être titulaire d'un diplôme français de paysagiste de niveau bac +5 au minimum, par exemple :
- Titre d'ingénieur en paysagisme
- Diplôme de paysagiste de l'École nationale d'horticulture
- Diplôme d'État (DE) de paysagiste préparé à l'École nationale Supérieure de Paysage (ENSP)
- Diplôme d'ingénieur de l'Institut supérieur d'agriculture - JUNIA spécialité paysage
- Diplôme d'ingénieur de l'Institut Agro Rennes-Angers de l'institut national d'enseignement supérieur pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Institut Agro) spécialité paysage
Si le paysagiste veut proposer de l’élagage, il doit passer une formation (arrêté du 4 août 2005 relatif à la prévention des risques de chutes liés aux travaux réalisés dans les arbres au moyen de cordes).
Lire aussi: Choisir un logiciel de comptabilité pour auto-entrepreneur
Où travailler comme paysagiste ?
Une fois votre diplôme de paysagiste en poche, vous pouvez choisir de :
- devenir jardinier indépendant et créer votre propre entreprise ;
- exercer dans le public pour des collectivités locales ;
- travailler dans le privé pour des entreprises de paysagisme, d’urbanisme ou d’architecture par exemple.
Si vous souhaitez entamer une reconversion professionnelle pour devenir jardinier à votre compte, vous pouvez retourner sur les bancs de l’école et valider l'un des diplômes cités au-dessus. Il est également possible de passer par un Centre de formations pour adultes (CFA) et valider une formation diplômante en combinant cours théoriques et terrain.
Devenir paysagiste en reconversion ouvre de nombreuses opportunités. Vous pouvez demander conseil à France Travail ou financer certaines formations jardinier paysagiste via le compte personnel de formation (CPF).
2. Réaliser une Étude de Marché
Cette étape est cruciale pour ceux qui souhaitent se lancer à leur compte. Une étude de marché permet de comprendre les dynamiques du secteur de l'aménagement paysager et d’identifier les besoins de la clientèle. Votre étude de marché doit analyser :
- Vos concurrents : Qui sont-ils ? Quelles sont leurs forces et faiblesses ?
- L'offre existante : Quels services proposent-ils ? Quels sont leurs tarifs et leur réputation ?
- La demande : Qui sont les clients potentiels (professionnels, particuliers, seniors) ?
3. Fixer ses Tarifs de Jardinier Indépendant
Devenir Jardinier Auto Entrepreneur : Guide Complet 2025
Lire aussi: Auto-Entrepreneur Artisan: Guide Complet
Selon le site Talent.com, un jardinier indépendant peut s'attendre à gagner 2 500 € par mois environ. Un professionnel expérimenté peut même toucher jusqu'à 5 300 €.
Pour fixer correctement vos tarifs de paysagiste, vous devez prendre en compte plusieurs critères vus précédement dans votre étude de marché : votre expérience ; le coût des matériaux ; la région où vous travaillez (concurrence et demande) ; le type de services que vous proposez.
En général, le jardinier auto-entrepreneur facture entre 25 et 40 € de l'heure pour une prestation ponctuelle. S'il s'agit d'un contrat d'entretien, le prix est de 20 € à 35 €.
Les paysagistes utilisent plusieurs méthodes pour facturer. Vous pouvez facturer :
- Facturer au mètre carré : souvent utilisée pour la tonte de la pelouse ou le désherbage.
- Facturer au mètre linéaire : pratique pour la taille de haies ou la pose de bordures.
- Facturer au forfait : idéal pour des services réguliers ou des projets importants.
Pour chiffrer un entretien de jardin de manière professionnelle, vous devez prendre en compte plusieurs éléments qui influenceront le prix final de vos services.
Lire aussi: Micro-entreprise : Tout ce qu'il faut savoir
Il est essentiel de visiter le jardin avant de fournir un devis pour évaluer l’état général, la taille, le type de végétation, et les éventuels défis. Certains jardiniers peuvent travailler sur photos, c'est surtout le cas lorsqu'il s'agit de prestations simples ou connaître la surface à traiter peut suffire. Par exemple, dans le cas d'une tonte de peulouse ou du nettoyage d'une terrasse.
Prenez le temps de discuter avec le client : comprenez bien ses attentes et ses besoins spécifiques (fréquence d’entretien, résultats attendus).
Une fois sur place, deux critères principaux vont vous permettre de chiffrer le temps à passer pour l'entretien de jardin :
- La taille de la surface : Mesurez ou demandez la superficie du jardin pour estimer le temps de travail nécessaire.
- Le type de travail requis : Tonte, désherbage, taille de haies, etc. Chaque tâche a un temps moyen d’exécution que vous pouvez estimer.
Calculez le temps nécessaire multiplié par votre taux horaire. Incluez le coût de l’usure du matériel, du carburant pour les machines, des engrais, des produits de traitement, etc. Estimez le coût d’évacuation des déchets verts. Vous pouvez ajouter un surcoût pour les terrains difficiles à travailler (pentes, accès restreint, etc.).
Fournissez au client un devis qui détaille tous les différents aspects du travail à réaliser. N'hésitez pas à proposer des services additionnels qui pourraient intéresser le client (aménagements paysagers, plantations saisonnières, etc.). Soyez prêt à ajuster votre devis en fonction des retours du client et de la négociation.
4. Choisir le Statut Juridique Adapté
Il n'est pas possible d'être en auto-entrepreneur exclusivement pour exercer le métier de jardinier ou de paysagiste. Elle est considérée comme activité agricole et dépend de la Mutuelle Sociale Agricole (MSA), et non de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). En revanche, jardinier paysagiste peut bénéficier du régime micro-BA (micro-bénéfice agricole). Il s'agit d'un régime fiscal simplifié destiné aux exploitants agricoles et aux autres activités relevant de la MSA.
Il existe quelques possibilités pour exercer une activité liée au jardinage en micro-entreprise. En effet, vous pouvez effectuer de petits travaux de jardinage sous le statut d'auto-entrepreneur en vous immatriculant comme entreprise multiservice ou comme entreprise de services à la personne. L'option services à la personne vous permet de facturer vos clients avec le Chèque emploi service universel (CESU).
Malgré tout, ces solutions ne sont pas idéales si vous souhaitez devenir jardinier paysagiste, car vos prestations de jardinerie ne pourront pas être supérieures à 50 % de tous vos revenus et vous devrez proposer des services complémentaires.
Exemple
- Installation de systèmes d’arrosage automatique
- Petits travaux de bricolage
- Construction de petits ouvrages en bois
- Nettoyage des goutières
Vous ne devez pas dépasser les seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise, à savoir 77 700 € en prestation de services.
Si la micro-entreprise n’est pas idéale pour devenir paysagiste ou jardinier indépendant, il est possible d’exercer comme entrepreneur individuel (EI) ou en société (SARL, EURL, SAS, SASU).
- L’entreprise individuelle (EI) : Permet d’exercer en votre nom propre, avec des formalités de création et de gestion relativement simples.
- La société (EURL, SASU, SAS, SARL) : Adaptée si vous souhaitez vous associer ou bénéficier d’une meilleure protection juridique.
5. Élaborer un Business Plan
Un business plan est essentiel pour structurer votre projet, définir vos objectifs et sécuriser d'éventuels financements. Votre business plan doit comporter :
- Une présentation de votre projet :
- Votre entreprise : Nom, logo, forme juridique choisie.
- Votre expérience : Formations, certifications, années d'expérience.
- Vos services : Par exemple "Je souhaite créer une entreprise d'aménagement paysagiste".
- Une étude de marché pour comprendre l'offre, la demande et les besoins de vos futurs clients.
- Votre modèle économique : Quels seront vos tarifs et comment comptez-vous vous faire connaître ?
- Votre prévisionnel financier : Une série de tableaux financiers pour évaluer la viabilité de votre entreprise.
6. Financer Votre Activité
Si vous ne possédez pas les économies suffisantes, plusieurs options de financement sont disponibles :
- Le prêt bancaire entreprise : La solution la plus courante.
- Le crédit-bail mobilier : Vous êtes locataire d'un matériel auprès d'un bailleur et pouvez lever l'option d'achat en fin de contrat.
- Le prêt apport en capital de l’Adie : Avance de 3 000 € à taux zéro.
- La location d’un véhicule : Via l'ADIE pour profiter d'avantages en LLD ou LOA.
- La location de matériel : Préserve votre capacité d'emprunt.
Des aides à destination des créateurs d'entreprises existent :
- Aide aux créateurs et repreneurs d'Entreprise (ACRE) : Exonération partielle ou totale des charges sociales durant la première année.
- Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (Arce) : 60 % des allocations chômage versées sous forme de capital.
7. Déclarer et Lancer Votre Activité
Avant de débuter votre activité, vous devez déclarer et immatriculer votre entreprise. Les démarches dépendent du statut juridique choisi. Bonne nouvelle : tout se passe désormais en ligne grâce au guichet des formalités des entreprises.
- Option 1 : Vous pouvez créer une micro-entreprise multi-services, dont certains liés au jardinage. Cependant, le jardinage ne doit pas représenter l'activité principale.
- Option 2 : Vous pouvez vous positionner comme auto-entrepreneur en services à la personne en proposant des "petits travaux de jardinage".
Pour des petit travaux de jardinage en auto-entrepreneur, l’ouverture d’un compte bancaire dédié à son activité n’est obligatoire qu’à partir de 10 000 € de chiffre d’affaires pendant deux années consécutives.
Pour lancer une société d'aménagement paysager, plusieurs étapes sont à suivre :
- Choisir votre statut juridique.
- Rédiger et déposer les statuts de votre entreprise.
- Ouvrir un compte professionnel et déposer le capital social de la société.
- Publier un avis de constitution au Journal d’annonces légales (JAL).
- Déclarer et immatriculer votre société sur le site Guichet unique de l'INPI.
En tant que paysagiste, vous serez affilié à la Mutualité Sociale Agricole (MSA).
Pour un paysagiste en société, l'ouverture d'un compte bancaire professionnel est obligatoire avant même de commencer à facturer. En effet, vous devrez déposer le capital social de la société avant de pouvoir créer...
Assurances Obligatoires et Utiles
En tant qu’entrepreneur du BTP, vous êtes tenu de souscrire une garantie décennale afin de vous couvrir en cas de litige. De même pour le maître d’ouvrage (MOA) cette assurance permet d’obtenir réparation pour les dégâts survenus et ce, 10 ans après la réception des travaux de terrassement.
La garantie décennale inclut les travaux de terrassement à savoir :
- La délimitation du terrain par un géomètre ;
- Le déblaiement de la zone à construire ;
- L’évacuation des eaux grâce à un système de drainage ;
- Le remblaiement, à savoir le fait de combler une cavité avec de la terre ou des graviers, par exemple, afin d’augmenter le niveau du sol ;
- Les travaux de création d’une terrasse, d’un toit-terrasse ou d’une véranda.
La garantie décennale est une assurance obligatoire pour tous les constructeurs et concerne aussi bien les entrepreneurs, y compris les entrepreneurs, les artisans et les architectes, selon les dispositions prévues par la loi Spinetta du 4 janvier 1978.
En cas de dommages graves affectant la solidité ou la destination de l’ouvrage, l’assurance décennale terrasse vous protège pendant une période de 10 ans à compter de la réception des travaux. Outre le fait de respecter une obligation légale, le fait de souscrire une garantie décennale vous permet de vous prémunir financièrement face à un potentiel sinistre. Avant de démarrer un contrat avec un client, il vous incombe de lui remettre votre attestation d’assurance.
Pour vos clients, la garantie décennale est un gage de qualité et de sécurité. En effet, cette assurance offre également une protection au maître d’ouvrage en cas de problème majeur constaté avec la terrasse, tels que des défauts de construction importants ou des dommages graves. Nous rappelons que le maître d’ouvrage dispose d’un délai de 10 ans après livraison des travaux pour déclarer un sinistre. Au-delà de cette période, la garantie décennale n’est plus activable.
En tant que maître d'œuvre, vous êtes considéré comme responsable des dommages envers le maître d'œuvre. Cela signifie que ce dernier peut se retourner contre vous en cas de défaut de construction, à savoir :
- Un dégât résultant d’un vice du sol, comme un nivellement mal réalisé ou une dalle de béton fissurée ;
- Un défaut compromettant la solidité et la qualité de l’ouvrage, comme un problème d'étanchéité ou un risque de glissement de terrain ;
- Un dommage affectant un ouvrage de viabilité indissociable (réseaux, assainissement, etc.) de la terrasse ou des équipements indissociables (canalisations, chauffage, etc.) ;
Si vous êtes maître d’œuvre d’une terrasse jugée défectueuse par votre client, alors vous devez déclarer le sinistre sur vos travaux de terrassement selon deux cas de figure :
- Le maître d'ouvrage a souscrit une assurance dommages-ouvrage : dans ce cas-là, votre assurance et la sienne entrent directement en contact et procèdent à une indemnisation de votre client le plus rapidement possible.
- Le maître d'ouvrage n'a pas souscrit d'assurance dommages-ouvrage : dans cette situation, votre client doit vous avertir directement du sinistre afin d’obtenir les réparations nécessaires. Après réception de sa déclaration, vous disposez de 5 jours pour informer votre assureur par courrier recommandé. Votre compagnie d’assurance mandatera un expert pour constater les dégâts et estimer le montant des réparations. Votre client se verra indemnisé et vous réglez seulement la franchise liée aux sinistres constatés.
Le prix d’une garantie décennale dépend de plusieurs facteurs comme l’expérience professionnelle, le chiffre d’affaires, les techniques de construction utilisées, l’étendue des garanties ou encore la zone géographique couverte. En moyenne, le coût d’une assurance décennale (terrasse, toit, etc.) est compris entre 650 et 3 000 € par an pour un micro-entrepreneur et 7 000 à 20 000 € par pour une société de BTP.
Pour accéder aux assurances décennales BTP les plus avantageuses, nous vous recommandons de comparer les offres d’assureurs et de faire des simulations afin de trouver le meilleur rapport qualité/prix. N’hésitez pas à demander plusieurs devis et à souscrire votre contrat directement en ligne.
En plus de la garantie décennale, il est fortement recommandé de souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) pour couvrir les dommages causés à des tiers dans le cadre de votre activité.
Conseils Supplémentaires
- Anticipez votre plan de financement : Évaluez vos besoins de trésorerie et explorez les dispositifs de financement disponibles.
- Apprenez à faire un devis : Maîtrisez la création de devis clairs et détaillés pour rassurer vos clients.
- Sélectionnez vos fournisseurs : Choisissez des fournisseurs fiables et proposant des matériaux de qualité.
- Étudiez votre marché : Analysez votre clientèle cible et la concurrence pour adapter votre offre.
- Construisez votre réputation : Soignez votre communication et misez sur le bouche-à-oreille.
- Misez sur le numérique : Créez un site internet et utilisez les réseaux sociaux pour promouvoir votre activité.
Le Code APE pour les Services d'Aménagement Paysager
Le code APE - NAF 8130Z est unique et implique des droits et obligations spécifiques. A ce jour, 42837 sociétés sont immatriculées sous ce code qui concerne essentiellement des paysagistes. La définition précise de l'activité du code APE ou NAF 8130Z est : "Services d'aménagement paysager".
Lors de la création d'une société, le centre des formalités des entreprises recueille des informations sur votre société, qui seront transmises à l'INSEE. C'est cet organe de classification qui vous attribuera un des 732 codes présents dans les branches professionnelles en France. Même s'il n'y a pas de liste de métiers définie pour l'activité Services d'aménagement paysager, les salariés de cette branche sont essentiellement des paysagistes.
La convention collective nationale (CCN) applicable est choisie par l'employeur en fonction de l'activité principale de l'entreprise. Un même code NAF peut regrouper plusieurs conventions, donc cet identifiant n'est pas toujours suffisant pour déterminer la convention collective applicable.
Le code APE n'est pas vraiment utile pour un chef d'entreprise car il n'a pas de valeur juridique et sert surtout pour les statistiques de l'INSEE. Cependant, il peut être utile pour savoir vers quelle convention collective se tourner.
Si vous exercez plusieurs activités, le code NAF doit être celui de l'activité principale. Si le code NAF qui vous a été attribuée par l'INSEE n'est pas correct, vous pouvez envoyer un courrier de réclamation en y joignant ce formulaire de modification de code NAF 8130Z.
L'INSEE vous délivrera votre code d’activité en fonction de l'activité principale de votre entreprise. Vous devrez également définir un objet social et faire les démarches auprès de votre CFE pour obtenir un numéro de SIREN.
balises: #Entrepreneur
