Devenir Auto-Entrepreneur en Turquie : Guide Complet
La Turquie, pays aux multiples facettes, offre de nombreuses opportunités professionnelles, mais impose des règles spécifiques aux travailleurs étrangers. Cet article explore les différentes options pour exercer une activité indépendante en Turquie, notamment le statut d'auto-entrepreneur et le portage salarial.
Le Statut des Travailleurs Étrangers en Turquie
En principe, les travailleurs étrangers doivent présenter un visa de travail ou obtenir un permis de travail (CCD ou CDI) et un permis de résidence, après avoir signé un contrat légal avec un employeur local. Le permis de travail est généralement lié à l'entreprise qui emploie, nécessitant un nouveau permis en cas de démission.
Il existe des alternatives légales pour contourner ces contraintes :
- Permis de travail pour le personnel clé
- Permis de travail exceptionnel
- Exemption de permis de travail
- Carte turquoise
Il est conseillé de se renseigner auprès des autorités compétentes pour connaître les conditions d'éligibilité à ces documents.
Travailler en Indépendant avec un Permis de Travail Indépendant
Pour les expatriés, l’obtention de ce document est possible pour :
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- Les travailleurs affiliés à un corps professionnel
- Ceux qui sont dans le pays depuis plus de 5 ans
- Ceux dont les activités ont contribué à la croissance économique du pays et du marché de l’emploi.
Le Portage Salarial en Turquie
Le portage salarial est une alternative intéressante pour les expatriés souhaitant devenir auto-entrepreneurs en Turquie. Le portage salarial repose sur une relation tripartite entre le professionnel porté, l’entreprise cliente et la société de portage.
Le professionnel conclut un contrat de travail avec la société de portage, qui signe un contrat commercial avec l’entreprise cliente. Le professionnel porté négocie les conditions de sa mission (durée, tarif, contenu) avec l’entreprise cliente. La société de portage signe ensuite un contrat de prestation avec le client. Elle facture les honoraires et verse un salaire au professionnel, après déduction des charges sociales, fiscales et de ses frais de gestion.
Secteurs Qui Recrutent en Portage Salarial
Le marché de l’emploi turc offre de nombreuses opportunités pour les professionnels souhaitant s’expatrier et se lancer en indépendant. Choisir le portage salarial permet de stabiliser sa situation professionnelle et ses revenus.
Plusieurs secteurs sont pourvoyeurs d’emplois :
- Tourisme et hôtellerie : Le pays bénéficie de nombreux atouts touristiques et le développement de ces deux secteurs en Turquie au cours de ces dernières décennies a contribué à la création de nombreux emplois.
- Industrie de la santé, de la pharmacie et des cosmétiques : Les offres d’emploi dans ces domaines sont certes assez sélectives (ils ne prennent que les meilleurs), mais sont nombreuses pour ceux qui cherchent un poste en tant que salarié ou qui souhaitent décrocher des missions en consultance.
- Construction et BTP : La croissance économique et le développement soutenu du pays ont entraîné une forte demande de compétences dans les domaines de la construction de logements, de structures industrielles, d’infrastructures publiques, etc.
- Industrie automobile : Le secteur automobile est en développement constant en Turquie. Les entreprises du secteur n’hésitent pas à embaucher des candidats originaires d’autres pays, dès lors que les compétences correspondent à leurs besoins.
- Industrie du textile et de l’habillement : La forte demande en main-d’œuvre et en talents créatifs présente des opportunités intéressantes pour les jeunes passionnés de mode.
Quoi qu’il en soit, si vous comptez opter pour le portage salarial et travailler en Turquie, il est préférable de bien vous renseigner sur les conditions et les restrictions qui s’appliquent. Le portage salarial est certes adapté à de nombreux métiers qui s’exercent en indépendant et à la consultance, mais chaque pays peut avoir ses propres règles.
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Avantages du Portage Salarial en Turquie
Travailler en tant que salarié porté en Turquie présente des avantages indéniables. Les sociétés de portage s’occupent de la partie administrative de leurs activités (établissement et signature des contrats avec les clients, facturation, comptabilité et gestion des retenues obligatoires sur salaire, etc.).
Bien qu’ils soient considérés comme « salariés » de la société de portage, les travailleurs portés choisissent librement leurs missions, conviennent avec les clients des conditions d’exécution du travail et fixent leurs propres rémunérations/honoraires. En parallèle, ils profitent de tous les avantages du salariat classique : congés, protection sociale, etc. Ils touchent un salaire régulier (net de toutes les retenues et charges sociales obligatoires et des frais de portage).
Par ailleurs, de nombreuses sociétés de portage turques accompagnent leurs salariés portés via des conseils, des formations, et une assistance dans la recherche de missions adaptées à leurs compétences et attentes. Des rencontres entre adhérents sont aussi organisées pour favoriser les échanges et éviter l’isolement (dans lequel peuvent parfois s’enfermer les travailleurs indépendants).
Etrangers : Comment créer une entreprise en Turquie ?
Les Sociétés de Droit Français en Turquie
Il est possible de développer une activité en Turquie sans créer une société de droit local. Plusieurs possibilités s’offrent aux entrepreneurs français pour ce faire.
Adopter le Statut d’Auto-Entrepreneur
En France, il est possible d’être auto-entrepreneur tout en vivant à l’étranger. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies.
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- conserver une adresse administrative en France où domicilier son activité et informer l’administration de son adresse personnelle à l’étranger ;
- obtenir un permis de travail en Turquie pour ceux qui n’ont pas la nationalité turque. Les conditions d’obtention du permis de travail en Turquie sont strictes et nombreuses. Par exemple, une structure ne peut employer une personne de nationalité étrangère que si elle emploi au préalable au moins 5 salariés de nationalité turque.
Pour autant, il existe des exceptions. Ainsi, un étranger peut obtenir un permis de travail pour travailler en indépendant s’il est légalement domicilié en Turquie pendant 5 ans sans interruption. Il doit alors adresser sa demande au ministère du travail qui lui délivre un document de demande de permis de travail “Entrepreneurs indépendants”. Le demandeur doit ensuite établir son lieu de travail et remettre le document de constitution de sa société au ministère du travail.
Une autre exception concerne les étrangers mariés à une personne de nationalité turque ou divorcés d’une personne de nationalité turque si le mariage a duré au moins 3 ans. Ces personnes peuvent demander un permis de travail sans condition de durée.
Ouvrir un Bureau de Représentation
Le droit turc offre la possibilité aux investisseurs étrangers de s’implanter en Turquie par le simple biais d’un bureau de représentation ou de liaison (Irtibat bürosu en turque). Ce dernier doit se contenter d’activités de promotion, car cette forme juridique n’autorise pas l’activité commerciale. Les activités autorisées sont notamment : le contrôle et audit des fournisseurs ; le soutien technique aux distributeurs ainsi qu’aux fournisseurs en Turquie de la société mère ; la représentation et l’accueil, l’organisation et la coordination des contacts professionnels en Turquie de la maison mère ;
N’ayant pas d’activité commerciale, le bureau de représentation ne génère aucun profit. Par conséquent, il n’est pas imposable et n’est pas assujetti à la TVA. Il n’est pas non plus soumis à l’obligation de tenir une comptabilité. C’est la maison mère qui devra verser les salaires des salariés employés par le bureau de représentation. Ces salaires ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu en Turquie, seules les charges sociales et patronales sont dues.
L’ouverture d’un bureau de représentation nécessite d’obtenir au préalable une autorisation par la Direction Générale des Investissements Étrangers et de l’Application des Subventions (DGIE). Pour faire la demande, 3 conditions doivent être réunies :
- Le bureau de représentation ne doit pas exercer d’activité commerciale ;
- La société mère doit être une personnalité morale ;
- La DGIE peut également exiger que la société mère ait été constituée dans son pays d’origine depuis au moins un an ;
Le cas échéant, il est possible de s’adresser à la DGIE pour obtenir une autorisation. Il faudra pour cela constituer un dossier contenant plusieurs documents parmi lesquels, la circulaire de signature de la société mère, son K-bis authentifié par un notaire et apostillé ou encore son rapport d’activité… Une fois l’autorisation d’ouverture obtenue (généralement sous 15 jours), le bureau de représentation doit être enregistré auprès du centre des impôts compétent. Il a ensuite un mois pour soumettre à la DGIE le document d’enregistrement auprès du centre des impôts ainsi qu’un exemplaire du contrat de location.
À noter que l’autorisation d’ouverture d’un bureau de représentation a une durée de trois ans.
Créer une Succursale
La succursale est dépourvue de personnalité morale et juridique. Ses droits et responsabilités reposent intégralement sur sa société mère. En revanche, d’un point de vue fiscal, la succursale est considérée comme ayant une personnalité séparée de sa société principale. Elle doit donc entretenir son propre registre comptable et est indépendamment sujette à l’impôt sur les bénéfices.
Deux principales conditions doivent être remplies pour pouvoir créer une succursale en Turquie :
- la société mère basée à l’étranger doit avoir un capital divisé en parts sociales ;
- le représentant nommé doit être domicilié en Turquie.
Les Différentes Formes de Sociétés en Turquie
Il existe 5 formes de sociétés en Turquie qui se divisent en 3 catégories :
- Les coopératives. Il faut au moins 7 associés pour constituer une coopérative.
- Les sociétés de personnes (şahıs şirketleri). Il s’agit des sociétés collectives (kolleltif şirketler) et des sociétés en commandite simple (adi komandit şirket).
- Les sociétés de capitaux (sermaye şirketleri), c’est à dire les sociétés anonymes (SA / anonim şirket), privilégiée par les grosses structures, et les sociétés à responsabilité limitée (SARL / limited şirket), plus simples à gérer et où l’identité des associés à plus d’importance. Il s’agit des deux formes de sociétés les plus répandues.
Focus sur la SARL
Constituer une SARL en Turquie : Des conditions de fond et de forme doivent être respectées pour la constitution d’une SARL.
Les Conditions de Fond
Une SARL peut être constituée d’un seul associé et ne peut en compter plus de 50. Ces derniers peuvent être des personnes physiques ou morales et il n’est fait aucune distinction entre les personnes de nationalité turque et les ressortissants étrangers.Par ailleurs, le capital social de la SARL peut être fixé librement dans les statuts par les associés fondateurs, mais doit toutefois atteindre un montant minimum de 50.000 livres turques (TRY), soit environ 1500 €, en nature ou en numéraire. Chaque part sociale doit avoir une valeur minimale de 25 TRY et le capital social doit être libéré dans les 24 mois qui suivent l’enregistrement de la société.
Les Conditions de Forme
Les statuts de la SARL doivent être établis par écrit, signés par tous les associés et publiés au journal du registre de commerce. Ils doivent contenir des mentions obligatoires telles que la dénomination sociale de la SARL, son siège social, la répartition des parts sociales etc.
Quelle Gérance ?
La gérance de la SARL ainsi que les droits des associés sont strictement réglementés par le code de commerce turc. La gérance : la SARL peut être gérée par une ou plusieurs personnes physiques ou morales, quelle que soit leur nationalité. Si la SARL est gérée par une personne morale, l’identité de son représentant doit être enregistrée au registre du commerce et publiée dans le journal officiel de ce dernier. Par ailleurs, au moins un des gérants doit avoir la qualité d’associé. Le gérant dispose de pouvoirs aussi bien dans l’ordre interne (ses rapports avec les associés) que dans l’ordre externe (dans ses rapports avec les tiers, le gérant peut accomplir seul tous les actes de gestion). Il exerce également le pouvoir de représentation de la société.
Pour autant, les droits et obligations résultant de cette représentation appartiennent à la société. Les associés de la SARL : ils ont droit aux dividendes, aux réserves et au boni de liquidation. Ils disposent également d’un droit à l’information (rapports annuels, comptes de gestion…), peuvent participer aux assemblées générales, disposent d’un droit de vote (une part sociale = une voix) et d’un droit de sortie de la SARL. Ils peuvent également requérir la destitution d’un associé, demander la dissolution de la SARL, ou encore participer à l’augmentation de capital et de céder leurs parts sociales.
A noter que les associés ne sont pas responsables des dettes de la société. Leur responsabilité peut toutefois être engagée en cas de dette publique (dette fiscale ou de sécurité sociale par exemple).
Monter une SARL : Les Démarches à Accomplir
L’immatriculation au registre du commerce : c’est la première étape. Elle passe par la constitution d’un dossier et nécessite l’obtention d’un numéro fiscal ou « yabancı kimlik no » pour les non-résidents. Les statuts doivent ensuite être saisis dans un système dénommé MERSİS qui centralise les informations de l’ensemble des sociétés. Enfin, il faut prendre rendez-vous au registre du commerce afin d’y signer les statuts avec les associés. À l’issue de la signature, plusieurs documents sont remis, notamment le certificat de constitution de la société ainsi que ses livres (registres comptables, de parts sociales, des actionnaires etc).
Les démarches à accomplir après l’immatriculation : le gérant doit se rendre chez un notaire pour établir une circulaire de signature, c’est à dire la carte d’identité de la société. Il s‘agit d’un document clé que le gérant doit avoir avec lui à tout moment et qui va permettre de réaliser la suite des démarches, à savoir : l’ouverture du compte bancaire au nom de la société et son enregistrement fiscal (réalisé par le comptable). Une fois la société enregistrée, un fonctionnaire du centre des impôts doit réaliser un contrôle d’ouverture afin de vérifier que la société existe bien.
8 Étapes Pour Créer une Entreprise en Turquie
La Turquie accueille de bon cœur les investissements étrangers et le gouvernement soutient tous les investisseurs tant qu’ils sont fiables et prêts à satisfaire les exigences du pays. Dans de nombreux domaines, il n’y a pas assez de production en raison du manque de capitaux pour rattraper les nouvelles tendances technologiques dans le monde.
C’est pourquoi le gouvernement encourage les investisseurs étrangers à venir en Turquie pour la mise en place de leurs entreprises, en particulier les fabrications dont les coûts sont réduits. Depuis 2016, le gouvernement offre le droit à ceux qui ont ou vont acheter des biens en Turquie le droit de travailler dans le pays.
| Étape | Description |
|---|---|
| 1 | Soumettre le mémorandum et les statuts en ligne chez MERSIS : MERSIS est un système central d’information pour la mise en place de processus de registre commercial et le stockage de données de registre commercial par voie électronique régulièrement. |
| 2 | Exécuter et notarier les documents de l’entreprise : Articles notariés (quatre exemplaires, un original). |
| 3 | Obtenir un numéro d’identité fiscale potentiel : Un numéro d’identité fiscale potentiel pour la société, les actionnaires non-turcs et les membres du conseil non turc de la société doivent être obtenus auprès du bureau des impôts concerné. |
| 4 | Déposer au moins 25 % du capital de démarrage sur un compte bancaire et en obtenir la preuve : 25% du capital social doit être payé avant l’enregistrement de la nouvelle société. Les 75 pour cent restants du capital social souscrit doivent être payés dans les deux ans. |
| 5 | Demander l’inscription au registre du commerce : Après l’achèvement de la phase d’inscription devant le bureau du registre du commerce, le bureau du registre du commerce notifie d’office le bureau des impôts et l’institution de sécurité sociale concernant la constitution de la société. |
| 6 | Certifier les livres juridiques par un notaire public : Les fondateurs doivent certifier les livres légaux le jour où ils enregistrent la société auprès du Trade Registry Office. |
| 7 | Suivre le bureau des impôts sur la notification d’établissement de l’entreprise du bureau de registre du commerce : Le bureau du registre du commerce notifie le bureau des impôts et l’institution de la sécurité sociale de la société. Un agent de l’impôt vient au siège de l’entreprise pour préparer un rapport de détermination. |
| 8 | Obtenir un certificat d’enregistrement d’impôt et un numéro de sécurité sociale : Un certificat d’enregistrement d’impôt doit être obtenu auprès du bureau des impôts locaux peu de temps après que le bureau du registre du commerce avise le bureau des impôts local. Un numéro de sécurité sociale pour l’entreprise doit être obtenu auprès de l’institution de sécurité sociale compétente. |
Afin d’obtenir des informations appropriées et de suivre toutes les étapes selon la procédure, il faut faire référence à un consultant et à un conseiller juridique. Consulter une entreprise comme ERAI Turquie qui a suivi de nombreux cas serait la bonne décision si vous êtes nouveau dans les procédures.
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