Avantages pour l’employeur lors de l’embauche d’un travailleur reconnu RQTH
Alice vient de recevoir sa notification lui accordant la RQTH de la MDPH. Elle a désormais la reconnaissance de travailleur handicapé. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou RQTH représente un avantage pour l’employeur qui, outre le fait d’intégrer son entreprise dans une démarche de solidarité envers les personnes en situation de handicap, peut bénéficier d’aides financières intéressantes.
Qu’est-ce que la RQTH et qui en bénéficie ?
Pour être reconnu travailleur handicapé, nous devons déposer une demande de RQTH auprès la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de notre lieu de résidence. C’est la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) au sein de la MDPH qui délivrera sa décision. La RQTH est une reconnaissance officielle de handicap qui permet au salarié de percevoir des aides matérielles et financières de la part de l’Agefiph pour le privé et par le Fiphfp pour le secteur public et à l’employeur, de profiter d’exonérations de charges sociales.
Les salariés concernés par l’une de ces situations, reçoivent une attestation qui mentionne explicitement que la personne concernée est bénéficiaire de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Il doit y figurer : l’identification du bénéficiaire (vos nom, prénom, numéro d’inscription au répertoire de l’INSEE (NIR) et date de naissance), l’identification de l’autorité qui délivre l’attestation et la durée de validité du droit ouvert.
Obligation d’emploi : qui est concerné et quelles règles ?
Toute entreprise d’au moins 20 agents ou 20 salariés est concernée par l’obligation d’emploi des personnes en situation de handicap (OETH). À noter : dans le public, les agents employés pour une période inférieure à six mois ne sont pas comptabilisés. Les salariés, stagiaires et contractuels en situation de handicap doivent représenter 6 % de l’effectif EQT (équivalent temps plein). L’employeur doit effectuer une déclaration du nombre d’emplois occupés par ces personnels pour justification.
En cas de non-respect du pourcentage minimal, l’entreprise doit régler une contribution annuelle aux Urssaf ou à la MSA. Si l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés n’est pas respectée, les entreprises doivent régler une contribution annuelle aux Urssaf ou à la MSA. La contribution annuelle est calculée selon le nombre de salariés handicapés par rapport au pourcentage de 6 % au minimum. Elle peut être majorée si aucune embauche d’un employé en situation de handicap n’a pas eu lieu pendant plus de 3 ans.
Lire aussi: Auto-entrepreneur : tous les bénéfices
Qui entre dans le champ de l’OETH ?
- Le salarié reconnu travailleur handicapé (RQTH) ;
- La personne en incapacité permanente à hauteur de 10 % et qui perçoit une rente suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle ;
- Le bénéficiaire d’une pension d’invalidité si le handicap réduit ses capacités de travail ou de rémunération d’au moins 2/3 ;
- La personne éligible à un emploi réservé (militaires, victimes de guerre invalides) ;
- Le sapeur-pompier volontaire percevant une allocation ou une rente d’invalidité après accident ou maladie issue du service ;
- Le porteur d’une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention invalidité ;
- Le bénéficiaire de l’allocation AAH d’adulte handicapé.
Aides financières mobilisables par l’employeur
L’employeur peut bénéficier d’un ensemble d’aides financières, administratives et techniques pour l’embauche, l’adaptation du poste et le maintien dans l’emploi. Elles sont principalement gérées par l’Agefiph pour le secteur privé et par le FIPHFP pour la Fonction publique.
Aides à l’emploi et à l’intégration
- L’aide à l’emploi des travailleurs handicapés (AETH) : prise en charge des coûts pour que l’aménagement du poste de travail soit optimal. Montant : de 5 967,50 à 11 880,75 €.
- L’aide à l’embauche en contrat : soutien financier pour employer une personne handicapée (conditions : durée de 6 mois minimum, volume horaire minimum). Montant : calculé au cas par cas.
- L’aide à l’accueil, à l’évolution et à l’intégration professionnelle : améliore le processus de recrutement ou l’évolution professionnelle (exemples : ateliers de sensibilisation, encadrement personnalisé). Montant : 3 150 € maximum.
- L’aide à l’adaptation des situations de travail : finance moyens techniques, humains ou organisationnels pour adapter un poste (exemples : logiciels, aménagements, tutorat). Montant : évalué au cas par cas.
Aides au maintien et à la formation
- Aide à la recherche de solutions pour le maintien de l’emploi : finance les frais d’étude de solutions (réunions, concertation). Montant : 2 100 €.
- Aide à la formation pour le maintien de l’emploi : finance les coûts pédagogiques des formations permettant le maintien d’une personne à son poste. Montant : évalué au cas par cas.
Aides spécifiques
- Aide à l’embauche d’un apprenti handicapé : accessible quelle que soit la taille de l’entreprise. Montant maximum : 6 000 €, proportionnel à la durée du contrat.
- Dispositif de reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH) : compense financièrement les conséquences d’un handicap sur le poste (charges liées à organisation particulière, accompagnement, tutorat, productivité). Deux montants annuels : Normal 6 770,50 € ; Majoré 13 479,45 € (proratisation en cas de temps partiel). Versement trimestriel, accordé pendant 3 ans renouvelable.
- L’État peut allouer une aide financière aux entreprises pour l’aménagement de postes de travail, y compris l’équipement individuel nécessaire aux salariés en situation de handicap pour occuper ces postes, et les accès aux lieux de travail.
- Pour la création d’entreprise, l’Agefiph propose une aide à la création d’entreprise : l’aide est accordée afin de participer au financement du démarrage de l’activité. Le demandeur doit détenir le nombre de parts suffisant dans l’entreprise lui assurant le pouvoir de décision et doit adresser une demande à sa délégation régionale Agefiph.
Conditions et démarches pour obtenir les aides
Pour obtenir des aides au recrutement d’un salarié handicapé, l’employeur doit se manifester auprès de l’Agefiph et formuler une demande. Dans le dossier de demande, il faut prouver que la nature du handicap génère un surcoût pour l’entreprise. L’employeur doit prouver l’importance significative des surcoûts. Les dépenses doivent être liées à l'adaptation du poste de travail, et l'employeur doit détailler la nature et le montant des dépenses.
La demande peut être faite en ligne ou envoyée par courrier à l'Agefiph de votre région. L'aide à l'emploi ou l'aide RLH : la demande doit être adressée à l'Agefiph: titleContent de votre région. L'Agefiph met à disposition un guide en ligne sur la RLH qui détaille tous les aspects de cette aide. La demande d'aide à l'accueil, à l'intégration ou à l'évolution professionnelle se fait en ligne à l’Agefiph: titleContent.
Important : les aides doivent être demandées avant la mise en place de l’action financée (embauche, aménagement), sous peine de refus. La plupart des aides exigent que le dossier soit déposé avant ou le jour même de la signature du contrat.
Obligations et démarches RH à respecter
Les avantages financiers ne doivent pas masquer les obligations légales, qui s’imposent indépendamment des aides. L’employeur doit adapter le poste de travail si nécessaire, sur recommandation de la médecine du travail. Cette obligation s’impose même en l’absence d’aides financières. Le médecin du travail accompagne le suivi du salarié RQTH afin d’ajuster les conditions de travail dans la durée.
Lire aussi: Auto-entrepreneur: pourquoi se pacser?
L’entreprise doit déclarer sa situation via la Déclaration Obligatoire d’Emploi des Travailleurs Handicapés (DOETH), intégrée à la Déclaration Sociale Nominative (DSN). Une erreur ou un oubli peut entraîner une pénalité ou un redressement, d’où l’importance de données paie fiables. La bonne poursuite de votre activité repose sur une déclaration exacte de votre personnel.
Erreurs fréquentes à éviter
- Ne pas déclarer le travailleur handicapé dans la DOETH : oublier de renseigner la situation de votre collaborateur en handicap dans la DSN mensuelle faussera votre déclaration annuelle et peut empêcher la baisse de votre contribution OETH.
- Demander les aides de l'Agefiph après l'embauche : la plupart des aides exigent une demande avant ou le jour même de la signature du contrat ; une demande rétroactive se solde généralement par un refus.
- Confondre "aménagement obligatoire" et "aide facultative" : si le médecin du travail exige un équipement spécifique, vous devez l'acheter ; l’aide financière de l'Agefiph est une opportunité à solliciter, mais non automatique.
Impact pour l’entreprise : coûts, bénéfices et marque employeur
En tant qu'employeur, vous pouvez être accompagné et bénéficier d'aides financières pour faciliter l'accueil des travailleurs handicapés. L’embauche d’un salarié RQTH peut réduire ou éviter la contribution Agefiph, avec un impact direct sur les charges. Dans la majorité des cas, le coût réel de l'embauche devient ainsi inférieur à la contribution initiale que l'entreprise aurait dû verser.
Les entreprises peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt pouvant aller jusqu’à 4 000 euros par an pour chaque travailleur handicapé embauché. Certaines dépenses liées à l’accessibilité ou à l’adaptation du poste (travaux, matériel) peuvent être déduites du résultat imposable selon les conditions fiscales applicables.
Sur le plan humain et stratégique, recruter un salarié handicapé concrétise la politique inclusive de l’entreprise et renforce la marque employeur. Engager des travailleurs handicapés permet également à l’entreprise de recevoir une reconnaissance sociale. En adoptant une politique inclusive, l’entreprise montre son engagement pour l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le milieu ordinaire du travail.
Effets positifs observés
- La diversité et l’inclusion ont un impact positif sur l’ambiance au travail et sur la performance globale de l’entreprise.
- La réduction de l’absentéisme : une entreprise où l’on se sent bien réduit les absences du personnel et permet de limiter le turnover.
- Renforcement de la cohésion d’équipe et amélioration de la QVT (qualité de vie au travail).
- Les travailleurs handicapés apportent souvent une autre perspective et des compétences spécifiques bénéfique à l’équipe.
Solutions opérationnelles et outils pour gérer la RQTH
Pour gérer efficacement la RQTH d’un salarié tout en assurant la conformité, l’équipe RH doit structurer ses processus et fiabiliser ses données. Un logiciel de gestion du personnel permet de centraliser les informations collaborateurs, de sécuriser les déclarations sociales et de fiabiliser la paie. Savez-vous que ComboHR est une solution de gestion des dossiers du personnel et peut s’occuper de vos salariés reconnus en RQTH ?
Lire aussi: SARL : Pour ou contre ? Décryptage du statut
L’outil de gestion Combo assiste l’entreprise dans le suivi des travailleurs en situation de handicap : préparation de la paie en tenant compte des exonérations de charges sociales ; intégration des éléments RQTH dans le dossier du salarié ; gestion des aides perçues ; support et accompagnements dans la mise en place d’une politique inclusive pour bénéficier des aides et avantages de la RQTH.
Alternatives et solutions complémentaires
La mise à disposition de personnel handicapé est une solution flexible pour les entreprises. Un ouvrier de l’ESAT occupe un poste de travail, pendant plusieurs semaines ou mois, en fonction des besoins de la structure qui l’accueille. Les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) offrent une alternative pour employer des personnes handicapées. Faire appel à un ESAT permet aux entreprises de bénéficier de services de qualité et de satisfaire leur besoin de main d’œuvre.
L’entreprise peut bénéficier de déductions partielles si elle fait appel à des ESAT, des entreprises adaptées ou à des indépendants en situation de handicap. En externalisant certaines activités à l'ESAT, les entreprises renforcent leur image de marque positivement.
Quelques chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Personnes reconnues handicapées en France | 12 millions |
| % handicaps invisibles | 80 % |
| Personnes avec statut légal de travailleur handicapé | 2,7 millions |
| % de RQTH et travail | 36 % |
Checklist pratique pour l’employeur avant et après l’embauche
- Vérifier le statut RQTH du candidat et conserver l’attestation pertinente.
- Anticiper et déposer les demandes d’aides auprès de l’Agefiph avant l’embauche ou le jour même.
- Consulter la médecine du travail pour des recommandations d’aménagement du poste.
- Intégrer correctement les informations RQTH dans la DSN pour la DOETH.
- Monter les dossiers justificatifs des dépenses pour l’Agefiph (nature et montant détaillés).
- Utiliser un logiciel RH pour centraliser les données, fiabiliser la paie et sécuriser les déclarations sociales.
L’embauche d’un salarié RQTH n’est pas seulement une démarche d’inclusion : elle implique des enjeux concrets en matière de gestion, de conformité et d’optimisation des dispositifs existants. Entre la taxe Agefiph, les aides financières, les aménagements possibles et le cadre réglementaire spécifique, la question centrale devient : comment mesurer précisément l’incidence pour l’employeur tout en sécurisant les démarches engagées ?
balises:
