Avantages et inconvénients de l’augmentation des cotisations sociales et de la réforme de la CSG-CRDS pour la retraite en France

La réforme annoncée pour 2026 modifie la répartition des prélèvements sociaux sans augmenter la globalité des prélèvements sociaux (cotisations sociales et contribution sociale généralisée, contribution pour le remboursement de la dette sociale (CSG-CRDS)). En déclinaison de la réforme prévue pour les travailleurs indépendants, la répartition du taux global de cotisations des auto-entrepreneurs évolue à compter du 1er janvier 2026 : la part de la CSG-CRDS diminue au profit des cotisations sociales qui permettent d’acquérir des droits individuels.

Principales mesures et modalités de calcul

Les pouvoirs publics ont décidé de simplifier le fonctionnement actuel en alignant la base de calcul utilisée pour déterminer le montant des cotisations sociales et celle utilisée pour calculer la CSG-CRDS. Les cotisations sociales seront calculées sur la base des revenus bruts, diminués des charges d’exploitation et sans la déduction des cotisations sociales. Cette réforme sera mise en œuvre en 2026, lorsque seront connus les revenus réels perçus en 2025, c’est-à-dire après la déclaration des revenus 2025.

Pour les entreprises individuelles et les gérants de société à l’impôt sur les sociétés : à la rémunération moins les frais professionnels réels, autres que les cotisations sociales et la CSG déductibles fiscalement. Pour rappel, jusqu’à maintenant, les cotisations sociales étaient calculées sur la base du revenu fiscal majoré des exonérations fiscales. Il s’agissait d’un revenu net des cotisations sociales.

Assiette unique pour les travailleurs indépendants

Bon à savoir : à partir de 2026, les travailleurs indépendants bénéficieront d’une assiette unique pour le calcul des cotisations sociales et de la CSG-CRDS. Cette base de calcul correspond au revenu brut après un abattement forfaitaire de 26%. Cette réforme n’augmente pas les prélèvements mais améliore les droits à la retraite.

Impacts sur les cotisations maladie et retraite complémentaire

La cotisation maladie : le barème est aligné entre tous les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales réglementées et non réglementées, praticiens ou auxiliaires médicaux). Les taux restent progressifs selon les revenus.

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Cotisation de retraite complémentaire des artisans, commerçants et professions libérales non réglementées : le taux passe de 7 % à 8,1 % pour la part plafonnée et de 8 % à 9,1 % pour la part dépassant le seuil de 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass).

Effets pour les retraités : CSG, CRDS, CASA et seuils d’exonération

Les pensions de retraite sont soumises à des prélèvements obligatoires pour la protection sociale des retraités. La CSG (santé, autonomie), la CRDS (dette) et la Casa (autonomie) concernent les retraités domiciliés fiscalement en France. En 2026, la contribution sociale généralisée (CSG) est prélevée sur la majorité des pensions de retraite.

Le taux de CSG sur les retraites dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) et de votre nombre de parts fiscales. Selon votre situation, vous pouvez être exonéré ou soumis à un taux de 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %. En 2026, les seuils d’application de la CSG et de la CRDS sont revalorisés de 1,8 % (indice des prix 2024). Les seuils ci-dessous s’appliquent aux revenus perçus en 2024 et déclarés en 2025. Le revenu fiscal de référence obtenu en juillet-août 2025 sur l'imposition des revenus de 2024 détermine l'exonération partielle ou totale de la CSG, la CRDS et la Casa sur les pensions de retraite versées en 2026.

Situation Taux de CSG applicable en 2026
RFR en dessous du seuil d’exonération Exonération totale (0 %)
RFR légèrement au-dessus du seuil Taux réduit (3,8 %)
RFR intermédiaire Taux médian (6,6 %)
RFR le plus élevé Taux normal (8,3 %)

Pour une personne seule vivant en métropole, le plafond d’exonération est fixé à 13 047 € de revenu fiscal de référence en 2026. Le barème permet de calculer qu’un couple de retraités (deux parts) est soumis au taux normal dès 3 100 euros de retraite en tout pour les deux. Vous ne payez aucune CSG, CRDS ni CASA si votre RFR reste sous le seuil d’exonération. Cette situation concerne principalement les retraités aux revenus modestes et les bénéficiaires de l'ASPA.

Mécanismes de lissage et revalorisation

Attention, il n’y a pas de lissage si on passe du taux zéro au taux de 3,8 % ou du taux de 6,6 au taux de 8,3 %. Toutefois, depuis plusieurs années, un mécanisme de lissage protège les retraités contre les variations trop brutales des prélèvements sociaux. En outre, le passage d’un taux de CSG à un autre ne se fait pas toujours immédiatement. En 2026, votre taux de CSG dépend du revenu fiscal de référence indiqué sur votre avis d’imposition 2025 portant sur les revenus 2024. L’administration fiscale transmet automatiquement ces informations aux caisses de retraite, qui appliquent ensuite le taux correspondant à votre situation.

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Le barème pour 2026 est relevé de +1,8 % (indice des prix 2024). Nous avons appliqué au barème le taux publié par l’Insee en janvier 2024, soit 1,8 %. Les plafonds en 2026 augmentent de 1,8 %. Si vous étiez déjà exonéré de la CSG en 2025, vous le serez toujours en 2026 si vos revenus n'ont pas évolué depuis.

Avantages de la réforme

  • Amélioration des droits à la retraite : la diminution de la part de CSG-CRDS au profit des cotisations sociales permet d’acquérir des droits individuels plus élevés.
  • Simplification administrative : aligner la base de calcul des cotisations sociales et de la CSG-CRDS réduit la complexité et les différences de calcul antérieures.
  • Neutralité des prélèvements globaux : la réforme n’augmente pas la globalité des prélèvements sociaux, elle réaménage leur répartition.
  • Harmonisation pour les indépendants : une assiette unique et un abattement forfaitaire de 26 % clarifient la situation des travailleurs indépendants.
  • Protection des retraités modestes : maintien ou renforcement des exonérations pour les revenus modestes (ASPA, minium vieillesse).

Inconvénients et risques

  • Augmentation apparente des cotisations pour certains : déplacer une part de la CSG vers des cotisations sociales peut se traduire par une hausse visible des cotisations pour certaines catégories, même si le total des prélèvements reste identique.
  • Effet sur le pouvoir d’achat immédiat : pour les retraités non exonérés, la CSG reste un prélèvement important et la revalorisation annuelle peut être inférieure à l’inflation constatée sur certaines périodes.
  • Questions de transition pour les indépendants : mise en œuvre en 2026 basée sur les revenus 2025 peut créer des incertitudes temporaires et des adaptations comptables.
  • Complexité des règles fiscales et sociales : bien que la base soit unifiée, la coexistence de plafonds (Pass) et de différenciations par catégorie professionnelle maintient une certaine complexité.
  • Impact hétérogène : les effets varient selon le niveau de revenu, le statut (salarié, indépendant, fonctionnaire) et le lieu de résidence (métropole, DOM), certains groupes pouvant être perdants.

Vérifier les assiettes de la CSG et de la CRDS

Cas particuliers et conséquences pratiques

En janvier 2018, la CSG a augmenté de 1,7 point : le taux est passé de 7,5 % à 9,2 % sur certains revenus, et des compensations ont été prévues par la baisse des charges salariales et la suppression de la cotisation maladie salariale de 0,75 %. Les indépendants et les fonctionnaires sont concernés différemment par ces mesures. Les 60 % des retraités les moins modestes ont été particulièrement affectés par la hausse de la CSG en 2018, passant du taux de 6,6 % à 8,3 %.

Les retraités domiciliés fiscalement hors de France ne sont pas concernés par ces prélèvements sociaux. Si vous résidez à l’étranger, vous devez nous en informer expressément. Si vous envisagez de vous installer hors métropole et Département d’Outre Mer pour une durée indéterminée supérieure à 6 mois, vous n’êtes pas soumis aux précomptes CSG, CRDS et CASA. En revanche, vous devez vous acquitter d’une cotisation assurance maladie (COTAM) de 3,2 % dans certaines situations.

Alternatives et complémentarité : capitalisation et PER

Il n’existe pas de solution miracle pour éviter la CSG sur les retraites. En effet, le PER peut être un outil intéressant pour préparer sa retraite tout en réduisant son imposition pendant la vie active. Les versements volontaires réalisés sur le plan peuvent être déduits du revenu imposable dans les limites prévues par la loi. Le PER peut aussi permettre de mieux piloter ses revenus futurs une fois le départ à la retraite acté.

Sur le long terme, la capitalisation reste marginale en France : ce ratio correspond à la part de la capitalisation dans le total des retraites perçues par les ménages et il est seulement de 2 % en France en 2022 alors que la moyenne de l’OCDE est de 18 %. La capitalisation ne peut pas complètement et rapidement remplacer la répartition car les actifs actuels devraient payer deux fois. Le rendement d’un régime par capitalisation dépend des performances financières des investissements réalisés et est réduit par des frais de gestion. Les PER ont remplacé en 2019 d’autres dispositifs d’épargne retraite et offrent des plafonds de déduction (10 % du salaire brut dans la limite de 35 000 € ou 4 100 € pour un salarié).

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Contrainte budgétaire et choix de politique

L’effort nécessaire à partir de 2026 pour stabiliser la dette publique en pourcentage du PIB est très élevé. Il est possible et nécessaire de faire porter cet effort principalement sur les dépenses publiques, mais il faudra certainement relever certains prélèvements obligatoires. Rendre la capitalisation obligatoire reviendrait à créer un nouvel impôt, dont le produit serait affecté à des fonds de pension privés ou à un fonds public de réserve.

Conseils pratiques pour les assurés

  • Vérifiez régulièrement votre bulletin de pension et les prélèvements appliqués par votre caisse de retraite.
  • Pour connaître votre taux de CSG, munissez-vous de votre dernier avis d’imposition reçu en 2025 et regardez votre revenu de référence (RFR) 2025 sur vos revenus de 2024.
  • Vous pouvez vérifier votre taux sur votre bulletin de pension, dans votre espace retraite en ligne ou sur votre avis d’imposition. Le montant des prélèvements sociaux apparaît dans le détail des retenues effectuées chaque mois.
  • Envisagez le PER si vous souhaitez réduire votre imposition à court terme et lisser vos revenus à la retraite.

Article mis en ligne après l’adoption du PLFSS 2026 par les députés car il ne change pas la règle en vigueur inscrite dans le code de la sécurité sociale (12/12/2025). - Mise à jour par ajout de la bonne lettre ministérielle (9/1/29).

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