avis EURL remède naturel : guide d’évaluation et recommandations pratiques
Au rayon des compléments alimentaires, les mauvais produits sont nombreux. Tout comme les publicités faisant leur promotion dans nos boîtes aux lettres, physiques et virtuelles. Ces « nanars » se repèrent à quelques signes d’appel récurrents.
Signes d’alerte dans les publicités et offres commerciales
Souvent, un essai gratuit accompagne les bons de commande. Il s’agit en réalité d’un remboursement si vous n’êtes pas satisfait. Les conditions de vente étant floues, les clients ont du mal à l’obtenir. Cures gratuites et cadeaux sont courants pour appâter le chaland. Cette pratique est plus rare avec les compléments de qualité.
Ce type d’exposé, qui constitue le principal argument de vente de ces produits, doit mettre la puce à l’oreille. La promesse est trop aguicheuse : elle garantit une action rapide, parfois trop large, parfois miraculeuse. C’est tout juste si on ne vous promet pas le retour de l’être aimé ! Peu de plantes ont apporté la preuve de leur efficacité et les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments.
Ces publicités s’appuient sur des slogans alléchants. La méthode manque de sérieux. En Europe, les compléments alimentaires ne sont pas autorisés à revendiquer un effet thérapeutique. Le nom des compléments, souvent vendeur, est adossé à un laboratoire au nom fantaisiste. Fiez-vous plutôt aux marques bien identifiées, domiciliées en France et membres du Synadiet (1).
La promesse d’un produit naturel est conçue pour attirer le consommateur. Mais attention, « naturel » ne signifie pas sans danger. L’astuce est presque universelle : pour faire plus sérieux, on ajoute le discours d’un conseiller scientifique en blouse blanche avec un stéthoscope autour du cou... Son « argumentaire », qui ressemble parfois à une apologie, résume la posologie du produit, son effet thérapeutique (ce qui est interdit) et les modalités de remboursement. Quant à sa photo... elle provient d’une banque d’images !
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Précautions générales avant d’utiliser un remède naturel
Avant de prendre un médicament naturel, « il est impératif d’en parler à un médecin », prévient le Dr Jarvis. Il faut éviter tout risque d’interaction si vous êtes déjà sous traitement. De même, la posologie varie d’un individu à l’autre.
Le Dr Jarvis se tient à une règle de base : « Je ne suggère que les médicaments complémentaires ayant fait leurs preuves et je ne les prescris jamais pour soigner une maladie grave, souligne-t-elle. »
Plantes et compléments ayant des preuves et usages cliniques
Mélatonine pour l’insomnie
La mélatonine est une hormone naturelle secrétée dans notre cerveau par la glande pinéale quand il commence à faire sombre. C’est ce qui nous rend moins actifs et nous donne envie de dormir. Le taux de mélatonine demeure élevé tout au long de la nuit et diminue au lever du jour. Les personnes insomniaques ont un taux de mélatonine inférieur.
La mélatonine se présente sous forme de comprimés, de gélules ou de spray buccal pour une absorption plus rapide. Demandez à votre médecin la dose à prendre. La mélatonine n’est pas le seul remède recommandé par les médecins pour lutter contre l’insomnie. Le magnésium peut aider lui aussi.
Magnésium et sommeil
Les compléments en magnésium semblent particulièrement efficaces chez les insomniaques âgés de plus de 65 ans. En 2012, un essai a été mené en Iran sur 46 patients. Le magnésium peut provoquer des effets secondaires comme la diarrhée ou la nausée. Mieux vaut l’éviter si l’on est sous antibiotiques ou traité pour l’ostéoporose.
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Millepertuis pour certaines dépressions
« C’est une option que je recommande aux patients souffrant de dépression, s’ils ne veulent pas prendre de médicaments conventionnels, signale le Dr Jarvis. Le millepertuis agit avec efficacité sur certaines personnes. Ses propriétés sont celles d’un antidépresseur tricyclique appelé imipramine. Il soulage les symptômes de la dépression, mais peut entraîner les mêmes effets secondaires et les mêmes risques d’interaction médicamenteuse. Consultez votre médecin afin d’éviter tout risque d’interaction. Par exemple, n’en prenez jamais en même temps que certains antidépresseurs classiques. Le millepertuis, utilisé parallèlement à des anticoagulants ou à un traitement contre les allergies peut perdre en efficacité.
Gingembre pour les nausées
« Je le préconise vraiment aux femmes qui ont des nausées pendant leur grossesse, insiste le Dr Danielle Martin. La racine de gingembre est utilisée depuis les temps anciens comme remède contre les problèmes gastro-intestinaux. D’ailleurs, plusieurs études cliniques ont montré que le gingembre (Zingiber officinale) constituait un traitement sûr et efficace contre les nausées et les vomissements survenant pendant la grossesse, une chimiothérapie ou le mal des transports.
Ses composants actifs sont des huiles volatiles et des composés phénoliques tels que les gingérols et les shogaols. Il se prend en infusion : on peut râper du gingembre frais ou l’utiliser en sachet. Il s’achète aussi sous forme de gélules. Sachez néanmoins qu’en trop grande quantité il peut provoquer des brûlures d’estomac ou la diarrhée.
Psyllium pour le transit et le cholestérol
Cette plante appelée aussi ispaghul ajoute du volume à vos selles et permet de régulariser leur fréquence et leur qualité. « Comme de nombreux gastro entérologues, je le recommande souvent à mes patient », affirme le Dr Danielle Martin, médecin de famille à Toronto, au Canada. Les premières prises peuvent entraîner des ballonnements et des flatulences. Le psyllium peut aussi faciliter la perte de poids car il gonfle dans l’estomac et provoque une sensation de satiété.
Il est également bon pour le cœur. En 2000, huit études contrôlées, publiées par The American Journal of Clinical Nutrition, ont montré que le psyllium faisait baisser le taux de cholestérol. La moitié des 656 participants souffrant tous d’un taux de cholestérol élevé, avait pris du psyllium et l’autre, un placebo.
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Huile de poisson et polyarthrite rhumatoïde
« Je recommande parfois l’huile de poisson aux patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde, indique le Dr Jarvis, mais pas pour soulager les symptômes de l’arthrose, car les preuves d’efficacité sont insuffisantes. » La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune provoquant l’inflammation des articulations. Une étude de 2008 menée par l’hôpital et la faculté de médecine Ninewells à Dundee, en Écosse, révèle que les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde et prenant de l’huile de poisson pourraient réduire leur dose d’analgésique, c’est-à-dire d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Au cours de cette étude menée pendant neuf mois, 97 patients ont été répartis en deux groupes, l’un prenant 10 grammes d’huile de poisson par jour, et l’autre un placebo.
Exemples cliniques et témoignages
Des plantes plutôt qu’un médicament ? Il y a quelques années, en dépit d’une alimentation saine, j’étais souvent constipée. J’ai suivi ses conseils : une cuillère à café par jour, mélangée à un verre d’eau, et cela a marché. Il fut un temps où l’on se soignait essentiellement avec des plantes. Puis sont venus les antibiotiques et autres médicaments manufacturés qui ont sauvé d’innombrables vies - et continuent de le faire. Mais aujourd’hui, ce n’est plus la seule option. En témoigne le marché florissant des plantes médicinales.
Catherine Mounier, 70 ans, est critique de théâtre à Lyon. Pendant des années, elle a souffert d’insomnie. « J’étais tout le temps fatiguée », se souvient-elle. Il lui arrivait même parfois de s’endormir brièvement à un feu rouge. Elle en a parlé au Dr Patrick Lemoine, psychiatre et spécialiste du sommeil. Ils ont d’abord éliminé toutes les autres causes possibles, comme les apnées du sommeil. Finalement Catherine a tenté la mélatonine.
Cendrine Barruyer, 49 ans, journaliste indépendante à Versailles, se réveillait presque chaque nuit à 3 h et ne se rendormait qu’au matin peu avant la sonnerie du réveil. Rédigeant un article sur les compléments en magnésium, elle a un jour interrogé le Dr Kathy Bonan, nutritionniste à Paris, qui lui a assuré qu’une carence en magnésium pouvait provoquer l’insomnie. « Je lui ai alors parlé de ma propre situation et elle m’a suggéré d’associer du magnésium avec de la silice colloïdale (Dissolvurol), se remémore Cendrine Barruyer.
Compléments alimentaires : utiles ou arnaque ? 💊
Conseils pratiques pour choisir un produit fiable
- Fiez-vous aux marques bien identifiées, domiciliées en France et membres du Synadiet.
- Méfiez-vous des promesses miraculeuses et des slogans alléchants qui revendiquent des effets thérapeutiques.
- Consultez toujours un médecin avant de commencer un comprimé ou une plante, notamment pour éviter les interactions médicamenteuses.
- Vérifiez l’origine du produit, la transparence du fabricant et l’existence d’études scientifiques indépendantes.
- Évitez d’additionner plusieurs produits potentiellement interactifs sans avis médical.
Tableau récapitulatif : produits cités, usages et précautions
| Produit | Usage principal | Précautions |
|---|---|---|
| Mélatonine | Insomnie | Demander la dose au médecin |
| Magnésium | Aide au sommeil, déficits | Peut provoquer diarrhée ; éviter avec antibiotiques/ostéoporose |
| Millepertuis | Dépression légère à modérée | Nombreuses interactions ; ne pas associer à certains antidépresseurs |
| Gingembre | Nausées (grossesse, chimiothérapie, mal des transports) | Trop grande quantité = brûlures d’estomac, diarrhée |
| Psyllium | Constipation, cholestérol | Ballonnements initiaux ; bien s’hydrater |
| Huile de poisson | Polyarthrite rhumatoïde (soutien) | Preuves variables ; dose étudiée élevée (10 g/jours dans une étude) |
Rappels réglementaires et sources fiables
En Europe, les compléments alimentaires ne sont pas autorisés à revendiquer un effet thérapeutique. Le Synadiet est le syndicat professionnel qui représente les fabricants de compléments alimentaires. Fiez-vous aux marques bien identifiées, domiciliées en France et membres du Synadiet (1).
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