Modèle économique et stratégie de revenus de Google et Facebook

Je les admire autant l’un que l’autre notamment pour leurs réussites et pour les opportunités qu’ils offrent au monde du web. Quand je parle d’opportunités ce n’est pas seulement sur l’aspect commercial, je pense que peu d’internautes pourraient se passer de ces services !

Panorama des services et gratuité apparente

Google dispose d’un panel de services très large offrant des solutions à des millions d’internautes et d’entreprises dans le monde. La particularité de ces services ? Ils sont quasiment tous gratuits !

Ils sont proposés gratuitement permettant ainsi d’attirer le maximum d’usager. La mission principale menée par Google est « d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ».

Pour Google il faut que les internautes utilisent ses services afin d’en devenir de plus en plus dépendants et donc dans le même temps accumuler de plus en plus de données qu’il sera possible de réintégrer par la suite pour les annonceurs sur AdWords.

Le cœur du modèle économique de Google : la publicité

Seulement la quasi-totalité des revenus générés par Google proviennent de sa plate-forme publicitaire : Google AdWords. Le modèle économique de Google s’appuie essentiellement sur la publicité. En effet celle-ci représente environ 97% du chiffre d’affaires de Google, et il est le numéro de la publicité en ligne.

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Google AdWords est devenu l’un des leviers les plus puissants de business pour un grand nombres d’entreprises. Il est très rare de ne pas entendre parler d’AdWords quand on parle de trafic, référencement et stratégie webmarketing. Adword est présent sur le moteur de recherche Google ainsi que des sites partenaires.

Le moteur de recherche de Google est au cœur du système publicitaire mis en place par la société. Son nom est la contradiction de « Ad », Advertising (publicité) et Words. Les sociétés créent des annonces et choisissent des mots clés en rapport avec leurs activités.

Les annonces publicitaires apparaissent à côté des résultats lorsqu’un internaute utilise un mot clé associé lors d’une recherche sur Google. Le fait que les annonces soient diffusées en fonction des requêtes des internautes offre une contextualité très intéressante.

Le premier mode de financement, le CPM (coût par mille), est le plus classique. Le dernier mode de financement est le CPC (coût par clic). L’annonceur ne paie qu’en proportion du nombre d’activation des liens de son site commercial. La base du succès économique de Google se retrouve dans le deuxième type de financement : l’achat de mot clé.

Adword permet ainsi de cibler le public. Les annonceurs achètent des mots clés, cela permet de s’assurer que l’internaute qui consulte l’annonce est intéressé par le secteur d’activité de la société. Par exemple le mot clé « gastronomie » ou « cuisine » donne à voir des annonces qui renvoient vers des sites de vente de nourriture en ligne ou des sites liés à la restauration.

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Google dispose aussi de régie publicitaire. Adsense est une des régies publicitaire de Google. C’est un programme gratuit qui permet aux éditeurs Internet de produire des revenus en diffusant des annonces ciblées sur de nombreux supports Web, comme sur les sites Web et sur les résultats de recherche. Sur les sites Internet, ces annonces ciblent les centres d’intérêt des visiteurs.

Monétisation indirecte par les données

En créant un compte Google, vous fournissez certaines informations personnelles à Google, telles que votre nom et votre mot de passe. Il s’agit notamment de détails tels que nos loisirs, des informations relatives à notre carrière, nos centres d’intérêt, notre localisation, notre statut amoureux, une estimation de notre poids, nos revenus, les personnes avec qui nous échangeons et l’heure à laquelle nous nous couchons.

Par exemple, la plupart des smartphones fonctionnent avec le système d’exploitation Android de Google. Une étude a révélé qu’en veille, un téléphone Android envoie 900 points de données à Google en 24 heures, et notamment des données de localisation. Les traceurs de la société mère de Google, Alphabet, sont intégrés dans près de 90 % des applications Android gratuites.

Cette dépendance peut parfois être dangereuse, il suffit de regarder les derniers chiffres concernant les usagers du réseau qui le consulte sur mobile. Les publicitaires sont prêts à payer davantage pour des déductions et des prédictions détaillées à propos des utilisateurs.

À partir de nos profils, il est possible de prédire notre état d’esprit, nos origines ethniques, notre orientation sexuelle, nos opinions politiques et nos faiblesses. Vous avez cherché « aide financière » sur Google ? Vous avez regardé une vidéo sur la santé psychologique sur YouTube ? Avec les systèmes d’intelligence artificielle, il n’a jamais été aussi facile pour les entreprises de faire des prédictions nous concernant. Ces prédictions sont utilisées en vue de nous envoyer des publicités ciblées.

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Pourquoi il n’y a pas (ou peu) de publicité sur Google+ ?

Pour ce qui est de Google Plus, qui connait actuellement une forte croissance et qui est encore (à mon goût) trop peu utilisé par les entreprises et les internautes. La qualité de ce réseau social et l’expérience utilisateur offerte par Google au travers de Google + sont des éléments que je pense indiscutables. L’ensemble de la plateforme est fluide, les applications mobiles sont très intuitives, il n’y pas de publicités …

Le fait que les annonces soient diffusées en fonction des requêtes des internautes offre une contextualité très intéressante. Lorsque l’on parle de business model Google, l’objectif de Google n’est donc pas de monétiser chacun de ses services, il se retrouve plutôt sur un axe de fidélisation des internautes. Il faut que les internautes utilisent ses services afin d’en devenir de plus en plus dépendants et donc accumuler des données utilisables pour la régie publicitaire principale.

Il n’y a pas des millions de solutions, la publicité reste (je pense) la solution la plus appropriée pour ce type de business. Que faire quand vous possédez un site où échangent plus d’un milliard d’internautes ?

Facebook : genèse et évolution du modèle

Il est intéressant de noter que ce n’est pas le premier projet dont Zuckerberg est l’initiateur. Quelques mois auparavant, il avait déjà lancé Facemash... Le succès du réseau social est tel qu’il n’aura eu besoin que de 10 mois pour regrouper plus d’un million d’utilisateurs.

En cinq ans, le jeune informaticien a construit un empire numérique qui, s’il était un pays, se placerait en troisième position des plus peuplés au monde. Nous avons jusqu’ici exposé les chiffres des audiences de FB, ce qui ne nous dit pas comment il génère de l’argent, d’autant que le service offert par le réseau social est totalement gratuit.

Dès les débuts du réseau social, Zuckerberg voit dans la publicité une source de revenus décisive, notamment pour compenser le coût des serveurs. La première publicité (qu’on appelle alors flyer) apparaît sur le réseau social dès avril 2004, deux mois après son lancement. C’était l’occasion par exemple d’annoncer la tenue d’un évènement à venir sur le campus. C’est grâce à ces flyers que FB encaisse ses premiers revenus.

Rapidement, les publicités vont pouvoir fixer à FB une cible à atteindre sur base de certains critères (de sexe, d’âge, de religion ou encore de couleur politique). Ceci attire de grands groupes désireux de cibler leurs publicités. Comme évoqué plus haut, la stratégie économique de FB prend un nouvel élan en 2007 lors de son partenariat avec Microsoft qui se voit attribuer l’exclusivité de la fourniture de bannières et autres liens sponsorisés sur la plateforme.

En 2008, Zuckerberg donne un nouveau coup d’accélérateur en permettant à toute entité commerciale de créer gratuitement une page sur FB. Il en fait l’annonce lors d’un évènement en présence de plus de 250 responsables de la publicité et du marketing et où se croisent de puissants groupes comme Coca-Cola, Sony, Microsoft ou encore CBS. Les contours du modèle économique semblent dès lors définitivement dessinés.

Algorithmes, données et ciblage publicitaire chez Facebook

Que se cache-t-il derrière ces mystérieux algorithmes ? Fonctionnant de manière complexe et opaque, les algorithmes constituent pourtant la clef de voûte du succès du modèle économique des grandes entreprises du numérique. Les données constituent la matière première, mais c’est bien leur traitement qui leur donne une valeur.

Concrètement, un algorithme est un programme informatique composé d’une suite d’instructions permettant l’obtention d’un résultat (comme une recette de cuisine). Il opère un certain nombre de calculs à très grande vitesse à partir d’une masse d’ingrédients : les données.

Les algorithmes ont pour tâche de trier, traiter, agréger et représenter ces informations via des instructions mathématiques. Ces programmes disposent de plusieurs manières de traiter l’information numérique selon l’objectif assigné. Les algorithmes prédictifs doivent, eux, prédire les comportements des internautes en collectant leurs moindres traces sur Internet.

Ces calculs participent donc à la fabrication de notre réel en l’organisant et l’orientant. Cette technologie est un outil phare pour les publicitaires d’aujourd’hui qui ont la possibilité de cibler rigoureusement leur public à partir de ses traces de navigation.

Dans le cadre de FB, les algorithmes sont utilisés de façon à rendre addictive l’utilisation du réseau social en décidant du contenu à paraître sur le fil d’actualité (contenu qui est prédit grâce aux données collectées sur l’utilisateur). Ainsi, plus un internaute revient sur le réseau, plus il offre ses données. Ces données sont ensuite vendues indirectement aux annonceurs permettant à FB de dégager des revenus.

Les publicités sont elles aussi soumises au bon vouloir des algorithmes puisqu’ils décident de leurs pertinences selon un indice qui va de 1 à 10. Cet indice de pertinence joue un rôle dans le coût à payer pour les annonceurs. Plus il est élevé, moins ils paieront. Les algorithmes régissent donc l’intégralité du modèle économique de FB et constituent sa pièce maitresse.

Sources de revenus complémentaires et diversification

Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, cette plateforme multiforme ne tire pas ses revenus simplement de la publicité. la monétisation via des achats intégrés dans des jeux et applications hébergés sur la plateforme. Ces données sont ensuite analysées, segmentées et vendues sous forme de profils anonymisés aux annonceurs.

Avec Meta, le plan est de créer des univers numériques où les gens peuvent interagir, travailler et même commercer. Imaginez une nouvelle dimension de publicité et de monétisation, allant des vêtements virtuels aux biens immobiliers numériques. Cependant, cette transition devra être gérée avec soin. L’investissement colossal nécessaire pour réaliser cette vision apporte avec lui de nombreux défis technologiques, légaux et éthiques.

Qu’est-ce que les Algorithmes de ciblage ?

Conséquences éthiques, juridiques et sociales

Ces prédictions sont utilisées en vue de nous envoyer des publicités ciblées. Les plateformes comprennent nos comportements et les détails formant notre vie sont utilisés pour générer des bénéfices. Nos vies sont liées à Internet. Au regard des bénéfices colossaux en jeu, on ne saurait compter sur les géants du numérique pour encadrer eux-mêmes leur conduite.

Cependant, la question persiste : jusqu’où peut-on aller dans l’exploitation des données privées tout en respectant les droits des individus ? Chaque utilisateur de la plateforme joue un rôle dans cette économie axée sur la gratuité en échange des données.

Ces différentes façons de calculer cohabitent sur les plateformes Internet et les algorithmes prédictifs sont maintenant intégrés dans la plupart des autres algorithmes. Ces derniers méritent un intérêt pour deux raisons : ils sont très avantageux pour les annonceurs et ils constituent le plus grand danger pour la liberté des internautes.

Tableau synthétique : comparatif des leviers de revenus

Entreprise Principale source de revenus Autres sources Rôle des données
Google Publicité (AdWords/AdSense) Services payants (Analytics premium), Cloud, Play Store Collecte et contextualisation via Search, Android, YouTube
Facebook (Meta) Publicité ciblée (Ads) Achats intégrés, projets VR/Metaverse, partenariats Profilage via actions, likes, usage mobile, partenaires

Points clés à retenir

  • Le modèle « gratuit » repose sur la collecte et la transformation des données en valeur monétisable pour les annonceurs.
  • Les algorithmes et le ciblage prédictif sont au centre de la génération de revenus chez Google et Facebook.
  • Google privilégie la fidélisation via un large ensemble de services gratuits pour alimenter sa régie publicitaire principale.
  • Facebook a construit une économie de l’attention où la monétisation publicitaire est centralisée et affinée par des profils utilisateur très détaillés.
  • La diversification (services payants, achats intégrés, métavers) est recherchée mais la publicité reste le pilier financier.
  • Les enjeux éthiques et juridiques autour des données personnelles restent cruciaux et non résolus.

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