Ce que financent 1000 euros de dépenses publiques en France: Un aperçu détaillé

Les Français se plaignent souvent de la qualité des services publics, mais la plupart d’entre eux ne veulent pas payer plus d’impôts. En introduction au volet « fiscalité et dépenses publiques » du grand débat national de 2019, le Gouvernement avait publié un document où figurait un tableau présentant « ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques ». Cette présentation a été ensuite reprise par le ministère des Finances sur son site Internet avec des données actualisées.

Afin de mieux comprendre comment l'argent public est utilisé, cet article se penche sur la répartition des dépenses publiques en France. Il s'appuie sur l'analyse de François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des Comptes et président de l’association Fipeco.

Les dépenses publiques représentent donc 52 000 € par ménages en 2023 dont 13 200 € sont affectés aux retraites, 10 700 € à l’assurance maladie, 4 600 € à l’enseignement, 3 700 € aux aides et subventions aux ménages et entreprises non classées ailleurs et 3400 € aux fonctions support.

La baisse de la dépense publique avec François Ecalle

Répartition des dépenses publiques : Un aperçu général

Sur 1.000 euros d'impôts et de cotisations sociales versées à l'État, mais aussi aux collectivités locales et la sécurité sociale, le principal poste ce sont les pensions de retraites avec 254 euros soit plus d'un quart.

Ensuite vient la santé avec le remboursement des soins pour 205 euros: "Si on cumule les deux, on obtient presque la moitié de toutes les dépenses publiques", détaille l'ancien magistrat qui évoque que ces montants incluent les frais de fonctionnement de ces 1000 euros, soit 66 euros.

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Répartition des dépenses publiques en France

Les principaux postes de dépenses

Voici une répartition plus détaillée des dépenses publiques pour 1000 euros :

  • 254 euros aux retraites
  • 205 euros au système de santé
  • 110 euros de soutien des activités économiques (dont transports)
  • 88 euros à l'enseignement
  • 66 euros pour le fonctionnement des administrations
  • 40 euros d'aides familiales
  • 32 euros à la défense
  • 31 euros aux intérêts de la dette publique
  • 30 euros à la sécurité intérieure et la justice
  • 29 euros au chômage
  • 26 euros aux loisirs, aux sports et à la culture
  • 23 euros contre l'exclusion sociale
  • 22 euros aux aides à la pierre et aux équipements collectifs
  • 18 euros à la protection de l'environnement
  • 13 euros d'aides personnelles au logement
  • 13 euros divers

Évolution des dépenses publiques

Cette répartition des dépenses publiques s’est déformée de 1995 à 2022 au profit notamment des retraites, de la santé, des soutiens aux activités économiques hors transports, de la fonction « loisirs, sports et culture », de la lutte contre l’exclusion et de la protection de l’environnement.

Cette déformation s’est faite au détriment notamment de la défense, de la recherche fondamentale, des transports, des services généraux, de la politique familiale et de l’enseignement. La répartition des dépenses publiques s’est déformée de 1995 à 2022 au profit notamment des retraites, de la santé, des soutiens aux activités économiques hors transports, de la fonction « loisirs, sports et culture », de la lutte contre l’exclusion et de la protection de l’environnement.

Cette déformation s’est faite au détriment notamment des services généraux, de la défense, de la recherche fondamentale, des transports, de la politique familiale et de l’enseignement.

Défis et complexités

Cette répartition illustre bien la complexité des choix budgétaires et la nécessité de débattre collectivement des priorités publiques. Toutefois, il est important de noter que ces informations générales sur les dépenses publiques et leur financement sont utiles mais ont probablement peu de sens pour la plupart de nos concitoyens car elles ne correspondent pas à leur utilisation personnelle des services publics et aux prestations qu’ils reçoivent effectivement.

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En effet, il faudrait que l’administration sache que le couple Dupont a un enfant scolarisé en primaire, que monsieur a été hospitalisé trois jours pour telle pathologie, que madame utilise le tramway municipal pour aller travailler, que le couple est en procès avec un entrepreneur etc.

En outre, il faudrait que l’administration connaisse le coût d’une scolarité en primaire, de trois jours d’hospitalisation, du tramway municipal et d’un procès… ce qui est loin d’être toujours le cas. Enfin, la consommation de certains services publics, souvent les plus régaliennes, n’est pas individualisable.

Il n’est pas possible d’estimer notre consommation personnelle de dépenses militaires, de frais d’ambassade, de voirie quand il n’y a pas de péages, ou de prévention des incendies. C’est par exemple le cas des services hospitaliers.

Pistes d'amélioration

Les Français pourraient néanmoins recevoir, pour information, la « facture » de quelques services publics pour lesquels il est possible de l’établir sans trop de difficultés en y faisant apparaître les montants payés par eux-mêmes et les autres financeurs.

C’est déjà possible moyennant quelques adaptations limitées des systèmes d’information s’agissant, par exemple, des hôpitaux, de l’enseignement scolaire ou de certains services publics gérés par des opérateurs comme les transports collectifs.

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