CFE-CGC, Assurance Chômage et Pôle Emploi : Une Analyse Critique des Réformes

Pour la CFE-CGC, la récente négociation sur l'assurance chômage a marqué la fin d'une époque, celle de la gestion paritaire du régime telle que conçue en 1958. Dans ce contexte, il était indispensable de proposer une mobilisation.

La situation sociale est mauvaise et les gouvernements successifs en sont responsables. Pourtant, ils veulent s’en exonérer en faisant peser le poids des efforts sur les épaules des Français sans tenir compte des appels et des mises en gardes que nous lançons depuis des années.

Le pouvoir politique met à distance les organisations syndicales comme si nous étions des empêcheurs de tourner en rond, avant de nous demander de régler les problèmes.

On pourrait penser que la chute attendue du gouvernement le 8 septembre rendra cette mobilisation caduque mais non car nos revendications pourront servir d’avertissement au prochain gouvernement.

La CFE-CGC, ainsi que d'autres leaders syndicaux, ont unanimement condamné la nouvelle réforme de l’assurance chômage, invitant l’exécutif à renoncer au décret.

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Comme pour la réforme des retraites, le gouvernement n’a pas d’arguments mais en invente pour justifier ses réformes de l’assurance chômage. Dégrader les conditions d’indemnisation des chômeurs pour créer des emplois est un non-sens.

Le seul objectif du gouvernement, c’est d’appauvrir les chômeurs. Alors que l’exécutif se targue toujours de ne pas augmenter les impôts, cette réforme n’est rien d’autre qu’une augmentation des impôts sur le travail et uniquement sur le dos des salariés.

Cette nouvelle réforme gouvernementale, d’ordre budgétaire, constitue un nouveau danger pour les droits des demandeurs d’emploi et ne ferait que plonger dans la précarité encore plus de personnes.

Cette réforme par décret est un enjeu majeur puisqu’elle concernerait au minimum 1 million de personnes précarisées et qu’environ 300 000 personnes seraient privées de droits.

La réforme permettrait de réaliser non pas 3,6 milliards d’euros d’économies par an comme l’avance le gouvernement, mais 5,6 milliards souligne l’Unédic.

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Cette cinquième réforme est purement économique, injuste et inacceptable. Être au chômage ou au RSA, ce n’est pas un choix. Le chômage, c’est comme la maladie : ça n’arrive pas qu’aux autres.

Cette réforme est un nouveau tour de vis alors que les précédentes n’ont toujours pas fait l’objet de réelles évaluations ni démontré une quelconque efficacité pour améliorer l’emploi.

Réforme de l'assurance chômage

L’exécutif choisit d’aller plus fort, plus vite, plus loin pour taper sur les chômeurs et les plus précaires, en particulier les jeunes et les seniors.

Le lendemain, 8 organisations syndicales (CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO, UNSA, Solidaires, FSU) ont publié un communiqué commun pour demander à l’exécutif de renoncer à cette réforme.

La situation au sein de Pôle Emploi, renommé France Travail, est également préoccupante. L’expérimentation continue sur Laval et St Nazaire.

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Les réflexions en ELD s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du rapport GUILLUY : « faire équipe » avec les acteurs pour l’emploi.

L’académie France Travail : les 1ers pas. Formations communes avec les conseiller départementaux de St Nazaire et Mayenne. Les formateurs sont de France Travail.

Activité téléphonique du CRE bascule sur le 3949. Echanges sur les conditions de travail et réorganisation des missions au sein des agences.

La volonté de l’État est de mettre en œuvre des expérimentations pour tester et définir les méthodes de travail au sein des régions.

La direction fait part d’une information qui n’est pas encore validée, il s’agirait d’une réduction des financements FSE sur l’AIJ.

Les Négociations sur l'Assurance Chômage : Un Échec pour la CFE-CGC

Il s’agissait également de faire évoluer la réglementation pour prendre en compte l’impact de la loi sur les retraites, que toutes les évolutions de dépenses soient compensées, que la somme disponible pour les indemnisations baisse de près de 10 % sur la période de la nouvelle convention afin de financer France Travail et l’apprentissage, et que les excédents servent à désendetter le régime.

Mais comme si cela ne suffisait pas, la partie patronale a imposé dès le départ une baisse minimale de cotisation de 0,8 %.

Pour la CFE-CGC, la suppression de la dégressivité des allocations était clairement l’objectif de cette négociation. Nous avions été confortés dans notre volonté par la Première ministre elle-même lors d’un entretien le 12 octobre.

La partie patronale a basculé d’un accord politique vers un accord gestionnaire respectant strictement la lettre de cadrage du gouvernement.

C’est pourquoi la CFE-CGC, qui avait quitté la table des négociations le 10 novembre, a décidé à l’unanimité de son comité directeur du 15 novembre de ne pas signer le texte proposé.

Pour la CFE-CGC, la suite ne peut désormais s’écrire que par la reprise de l’autonomie des partenaires sociaux via la création d’une complémentaire chômage avec cotisation salariale et patronale, sans possibilité d’exonération, et en laissant le socle de l’indemnisation à l’État.

Il est impossible d’ignorer le mécontentement et cette fatigue légitime qui pèse chez tout le monde.

J’observe un narratif politique sur ce sujet, toujours le même depuis 20 ans quand bien même les montants évoluent.

Le pays est « en faillite ». Très bien. Le problème, c’est qu’à force de le répéter, les politiques perdent toute crédibilité car ils alertent la population sur le montant de la dette mais ne font que prendre des décisions qui l’aggravent, avant de refuser d’en assumer la responsabilité.

Ensuite, les économistes, qui ont l’autorité pour parler du sujet, rappellent à juste titre qu’il faut juger ce qu’on fait de la dette : qu’a-t-elle permis de construire en termes d’infrastructures transmises aux générations futures ?

La réalité, c’est que le pouvoir politique établit un climat anxiogène pour justifier des mesures qui vont appauvrir les travailleurs, avant de pointer du doigt la prétendue richesse des retraités par rapport aux actifs pour les appauvrir à leur tour.

Or on ne peut pas enrichir un pays en appauvrissant ses citoyens.

Tout le monde souhaite évoluer et grandir grâce à son travail. C'est cette volonté individuelle de progresser qui génère le progrès collectif. Mais nous vivons sous le joug de politiques rébarbatives qui attaquent ce principe.

La suppression envisagée de deux jours fériés doit permettre à l'État d'engranger 4,2 milliards d'euros dès 2026.

Derrière cette proposition se cache une véritable arnaque : 2 jours de travail supplémentaires sans rémunération doivent permettre de récolter plus de 8 milliards d’euros et on demande aux employeurs d’en reverser seulement 4 milliards. Où passe la différence ?

Cette initiative ne ferait qu’appauvrir ceux qui travaillent en rythme continu (hôpitaux, commerces…) et pour qui travailler un jour férié entraîne une sur-rémunération.

J’ajoute que ce n’est pas en faisant travailler gratuitement les salariés qu’on remplit les carnets de commandes. Ce sont même les représentants des petits patrons eux-mêmes qui ont protesté de façon la plus virulente contre cette mesure !

Les partenaires sociaux sont invités, via une lettre de cadrage, à négocier une énième réforme sur les règles d’indemnisation de l’assurance chômage.

Je suis fatigué de toujours revenir à la base scientifique sur ce sujet. L’assurance chômage, gérée par les partenaires sociaux, vise à assurer des conditions de vie décentes pour se consacrer à la recherche d’un emploi.

Plus inacceptables encore sont le discours et les actes stigmatisant les cadres (dégressivité des allocations) lesquels contribuent pourtant considérablement à la solidarité inter-catégorielle, au motif qu’ils touchent de meilleures indemnisations et qu’ils resteraient plus longtemps au chômage.

C’est négliger combien trouver des postes équivalents à responsabilité est long, avec des processus de recrutements très sélectifs.

François Bayrou a accusé les « boomers » d’être responsables de l’ampleur de la dette publique au nom de leur « confort ».

Ce qui est sûr, c’est qu’on ne prépare rien de bon quand on oppose une partie de la population à d’autres. Ces oppositions permanentes n’ont qu’un seul but : déstructurer la société.

Évidemment, il ne faut pas nier les problèmes. Par exemple, le taux d'emploi des moins de 30 ans et des plus de 55 ans est très faible en France.

Il faut parler emplois : l’emploi des jeunes, l’emploi des seniors, la qualité des emplois, les conditions dans lesquelles le travail s’effectue.

Au niveau macroéconomique, il est impératif de tirer l’économie vers le haut et ainsi augmenter la productivité. Cela passe par une remise à plat des politiques d’intervention économique, par des investissements accrus dans la recherche, par une formation de haut niveau et par le développement des compétences.

En parallèle, la CFE-CGC continue de militer activement pour un indispensable meilleur partage de la valeur.

Alors que nous sommes trop souvent gouvernés sous le seul prisme des statistiques et des tableaux de chiffres, la CFE-CGC et ses militants connaissent la réalité des salariés et les problématiques du terrain dans les entreprises et les administrations.

Il est révoltant de constater, au motif que c’est l’État qui rémunère les agents de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale), de constater combien leur niveau de vie n’a cessé d’être constamment une variable d’ajustement de la construction d’un budget. Ce n’est pas normal.

Je considère que le point d’indice, si régulièrement gelé, devrait être, comme pour le Smic, indexé chaque année sur l’inflation. Cela fait 30 ans que les grilles de rémunération ont été complètement déstructurées.

Les agents sont par ailleurs trop souvent le jouet d’administrations kafkaïennes maltraitantes au nom d’un sacro-saint contrôle budgétaire qui, in fine, s’impose à l’objectif même des missions de services publics. C’est terrible.

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