Confédération française démocratique du travail, Confédération générale des cadres : histoire, évolution et rôle

La CFE-CGC, ou Confédération Française de l’Encadrement - Confédération Générale des Cadres, est un syndicat français fondé en 1944, qui célèbre cette année son 80ème anniversaire. C’est au 15 octobre 1944 que remonte l’acte de naissance de notre Confédération. À cette date, des ingénieurs et des cadres qui souhaitaient affirmer la spécificité de leur situation dans le monde des salariés, ont déposé les statuts de la confédération Générale des Cadres.

Initialement nommée CGC, elle s’est formée dans le contexte de l’évolution des droits syndicaux en France, établis après la Révolution de 1848 et formalisés par la loi de 1884. Le principe de la liberté syndicale ne fut reconnu qu’après la révolution de 1848 et véritablement adopté en France par la loi du 21 mars 1884, dite loi Waldeck-Rousseau. Dès lors, les syndicats purent se créer librement et se grouper en unions, fédérations, confédérations et, par leur influence grandissante, faire aboutir leurs premières revendications (repos hebdomadaire, limitation de la durée du travail…).

Origines sociales et positionnement idéologique

La Confédération générale des cadres (C.G.C.) est une organisation syndicale fondée en 1944. Elle concrétise un projet social et politique de défense d'intérêts catégoriels et, plus encore, une vision des relations professionnelles, de la production et de la société, forgée dans les années 1930, qui fait des cadres les « fers de lance » de l'entreprise. Sur le plan idéologique, elle rejette la « lutte des classes » et le « maximalisme » de la C.G.T. et met l'accent sur « l'économie concertée », vue comme une « voie médiane entre l'économie libérale et l'économie étatique ».

La ligne d'action de la C.G.C. repose sur trois piliers : la reconnaissance d'une spécificité « cadre » dans toutes les conventions collectives, mais aussi pour la gestion de la protection sociale et des retraites ; l'attachement à la hiérarchie des salaires et, au-delà, à une certaine conception de la société ; l'obtention de mesures fiscales favorables à l'encadrement. À travers ces objectifs, qui perdurent jusqu'à aujourd'hui, mais aussi un certain élitisme professionnel, les cadres de la C.G.C. se sont toujours distingués des syndicats dits ouvriers.

Actions institutionnelles et créations majeures

La CFE-CGC a joué un rôle crucial dans la création de structures indispensables à la représentation et à la protection des cadres : Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres (Agirc) est créé le 14 mars 1947, par la Convention collective nationale de retraite et de prévoyance des cadres. En 1951, les organisations de l’encadrement français (CGC), allemand (ULA) et italien (CIDA) fondent la Confédération internationale des cadres. La CIC deviendra, en 1989, la Confédération européenne des cadres (CEC), un des six partenaires sociaux européens interprofessionnels reconnus par la Commission européenne.

Lire aussi: Tout savoir sur l'auto-entreprise

La CFE-CGC a contribué à la création de l’ARCCO en 1962, de l’APEC en 1966 et la section encadrement aux prud’hommes en 1979. L’Apec (Association pour l’emploi des cadres) est créée sous l’impulsion de la CGC et par des partenaires sociaux, afin d’améliorer le fonctionnement du marché de l’emploi cadre. La loi du 18 janvier 1979 consacre les conseils de prud’hommes comme ayant le monopole en matière de litiges individuels du travail. La CGC obtient la création de la section encadrement.

Évolutions institutionnelles et représentativité

La CFE-CGC est reconnue comme organisation syndicale représentative (présomption irréfragable de représentativité). La CFE-CGC est reconnue organisation syndicale catégorielle (Cass. soc., 28 sept.). Saisie le 9 juillet 2010 d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’article L. 2122-2 du Code du travail (représentativité des syndicats catégoriels affiliés à une confédération syndicale catégorielle interprofessionnelle), la Cour de cassation juge la disposition conforme à la Constitution. La CFE-CGC est confortée comme organisation syndicale catégorielle.

La CFE-CGC, aujourd'hui, c’est : 27 unions régionales (UR), 96 unions départementales (UD)+ 200 unions locales (UL), 27 fédérations, 230 syndicats fédérés, + 10 000 sections syndicales. En 2014, la CFE-CGC compte 160 000 adhérents. Avec 19,39 % des voix dans son champ catégoriel de l’encadrement (+7 % par rapport à 2013), la CFE-CGC confirme sa montée en puissance et consolide sa représentativité au niveau national interprofessionnel. Avec 21,75 % des suffrages dans son champ statutaire de l’encadrement, la CFE-CGC progresse par rapport à 2021 où elle avait obtenu 20,71 %. Tous syndicats et tous collèges confondus, la CFE-CGC atteint une audience de 12,95 % contre 11,92 % en 2021. En quatre ans, la CFE-CGC a progressé de plus de 36 000 voix.

Du statut de la CGC à la CFE-CGC : ouverture et adaptation

Dans les années 1980, la CGC décide de s’ouvrir aux cadres moyens et aux professions intermédiaires, marquant ainsi un changement de perception de la notion de cadre. Elle accueille depuis 1998 tous les « professionnels de l’entreprise ». Aujourd'hui, la CFE-CGC s'adresse aux classes moyennes, tout en gardant sa spécificité qui est d'être la voix des techniciens, agents de maîtrise, forces de vente, cadres, ingénieurs et à ceux qui ont vocation à le devenir - c'est-à-dire, à des salariés dont les fonctions comportent responsabilité, initiative et/ou commandement.

La responsabilité, l’initiative et l’engagement qui fondent leurs propres actions et démarches professionnelles sont précisément les valeurs cardinales que la Confédération a vocation à défendre. Cette indépendance vaut à l’égard des partis politiques, des gouvernements, de l’Etat, du patronat et des formations confessionnelles.

Lire aussi: ESG Finance : Détails

Actions, engagements et champs d’intervention

La CFE-CGC est un syndicat de propositions qui prône avant tout le dialogue et la négociation. Partout en France, ses délégations, ses représentants se mettent à la portée du personnel. Elle est le porte-parole des salariés dans la défense de leurs droits et de leur entreprise avec, comme constante, la volonté de mettre l’économie du pays au service des femmes et des hommes qui la font progresser.

La priorité de la CFE-CGC est de réconcilier l’entreprise et les salariés; s’opposant aux logiques purement financières qui précarisent la vie de l’ensemble des salariés, la Confédération milite pour une intégration effective des principes éthiques fondamentaux à la gestion des entreprises. Mettre en avant la responsabilité sociale et humaine des entreprises, inversement, sa représentativité ne repose pas sur la seule conformité aux critères définis par la loi. Les responsables confédéraux de l’organisation ont tous une activité professionnelle. Ils sont tous élus, y compris le président et l’exécutif, directement élus par le congrès.

Les 7 engagements de la CFE-CGC

  • Promouvoir les intérêts des salariés face aux logiques purement financières, en favorisant l’emploi et le développement de nos entreprises et des services.
  • Porter l’innovation sociale pour faire converger les droits des salariés et leurs attentes nouvelles.
  • Assurer l’assistance juridique personnelle des adhérents dans le cadre professionnel.
  • Favoriser l’insertion des jeunes, porteurs de compétences nouvelles.
  • Agir pour que la réduction du temps de travail bénéficie à tous, y compris aux cadres.
  • Défendre des retraites garanties pour tous grâce à un mode de financement élargi.
  • Permettre à tous ceux qui la rejoignent de peser sur des choix sociaux de plus en plus européens.

Initiatives, observatoires et revendications

Sous la présidence de Jean-Luc Cazettes en 1999, la CFE-CGC adopte une posture plus revendicative, soutenant des changements sociologiques et la réduction du temps de travail. La CFE-CGC a consolidé sa place dans les années 1950 et 1960 en participant activement aux discussions sur la modernisation économique et les conditions de travail. La CFE-CGC en quelques mots : Notre spécificité, la CFE-CGC, née en 1944, est le premier syndicat français des cadres et de l’encadrement dont elle défend les intérêts tant dans l’entreprise que dans la société.

La CFE-CGC est particulièrement implantée chez les ingénieurs et cadres de l’industrie, du commerce et des services, dont elle observe les évolutions grâce à divers baromètres et observatoires économiques et sociaux. En 2000 : Création de l'Observatoire du stress et de l'Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) par la CFE-CGC. En 2001 : La CFE-CGC lance le « Baromètre cadres ». En 2003 : Publication du 1er « Baromètre stress ».

Résultats concrets et accords obtenus

La CFE-CGC obtient des avancées concrètes au fil des décennies : 1959 : La CGC obtient un abattement de 20 % de l’impôt sur le revenu. 1999-2004 et au-delà : la CFE-CGC obtiendra le congé paternité et atteindra d’excellents résultats aux élections prud’homales. 2003 : L’action de la CFE-CGC aboutit à la possibilité pour les diplômés de l’enseignement supérieur de racheter des trimestres d’étude en vue de leur retraite. 2004 : La CFE-CGC réussit à protéger les contrats collectifs en matière de prévoyance santé.

Lire aussi: Modèle de financement de Wikipédia

En 2013, la CFE-CGC signe l’accord de Sécurisation de l’emploi, qui crée de nouveaux droits comme la portabilité des droits liés aux travailleurs et aux travailleuses. En 2015, la CFE-CGC joue un rôle clef dans la mise en place de la Complémentaire santé obligatoire pour tous les salarié·es (obtenue en 2013). À la suite des élections professionnelles, la CFE-CGC consolide sa position en tant qu'acteur majeur du mouvement syndical français.

Représentativité en entreprise et lutte pour l’égalité

La Confédération Française de l’Encadrement CGC est composée de fédérations et de syndicats professionnels. Elle est représentée au niveau de l’entreprise par la section syndicale, conformément à la loi du 27 décembre 1968. La section syndicale fait partie d’un syndicat professionnel déterminé en fonction de sa branche d’activité (par exemple : la métallurgie, la chimie, la banque, l’assurance…). C’est au syndicat qu’il appartient de rendre effective l’adhésion, de remettre la carte syndicale, d’encaisser la cotisation et d’apporter informations et conseils, sur tous les problèmes de la branche professionnelle.

Représentative dans l’entreprise, la CFE-CGC y joue depuis des années un rôle moteur afin de lutter contre le phénomène bien connu du plafond de verre. Nos équipes se sont toujours battues pour la progression des femmes parmi les cadres et ce jusqu’aux plus hauts niveaux. Nos efforts portent leurs fruits. Outre la progression dans l’accès à des postes à responsabilité, La Poste a systématisé les recherches de candidatures féminines pour les postes vacants, en interne comme à l’externe. Des jurys mixtes ont aussi été mis en place lors des recrutements.

Dates clés et jalons historiques

AnnéeÉvénement
1944Naissance de la CGC (Confédération générale des cadres)
1947Création de l'AGIRC
1951Création de la CIC (Confédération Internationale des Cadres)
1966Création de l'APEC / présomption irréfragable de représentativité
1979Création de la section encadrement aux conseils des Prud’hommes
1980-81La CGC devient la CFE-CGC
1989Création de la Confédération européenne des cadres (CEC)
2000Observatoire du stress et ORSE
2014La CFE-CGC compte 160 000 adhérents
202480ème anniversaire célébré et progression de la représentativité

Rôle européen et international

Avec l’évolution de l’Europe, la CFE-CGC a contribué à la création de la Confédération internationale des cadres en 1951, puis de la Confédération Européenne en 1989, renforçant ainsi sa représentativité au niveau européen. La CIC deviendra, en 1989, la Confédération européenne des cadres (CEC), un des six partenaires sociaux européens interprofessionnels reconnus par la Commission européenne.

Médiation, démocratie interne et influence

Son action n’est pas limitée, cependant, à l’enceinte de l’entreprise. Elle poursuit ainsi sa mission de représentation et de défense de l’encadrement dans toutes les instances paritaires (logement, formation, retraite, Unedic, etc.). Elle représente par ailleurs la « société civile » dans des instances de décision telles que les conseils d’administration des lycées et facultés et les commissions départementales et régionales pour l’emploi. Ce qui fait de la CFE-CGC l’acteur incontournable d’une médiation permanente entre intérêts catégoriels et intérêts généraux.

Elle est ainsi la seule organisation du domaine social et syndical à allier aussi rigoureusement délégation et démocratie. Les responsables confédéraux de l’organisation ont tous une activité professionnelle. Ils sont tous élus, y compris le président et l’exécutif, directement élus par le congrès.

balises: #Cfe

Articles populaires: