Pimkie face à la restructuration: un plan de départs volontaires et les réactions des syndicats
Cette décision n'empêche toutefois Pimkie d'appliquer unilatéralement ce plan prévoyant 208 départs, mais elle fragilise les projets de la direction, désormais entre les mains de la Direction régionale des entreprises et de l'emploi (Direccte), qui devra homologuer ou non le plan de départs volontaires (PDV).
L'administration considèrera-t-elle que c'est le cas ? C'est justement à cause, entre autres, de reclassements "insuffisants" que la CGT et FO ont refusé d'avaliser le plan de la direction. La CGT avait annoncé dès la semaine dernière qu'elle ne signerait pas. "Nos grandes revendications ont été refusées", a déploré la leader cégétiste Valérie Pringuez. "Il y a des points forts à cet accord et on était arrivé à un compromis non négligeable, notamment des indemnités raisonnables", a jugé Marie-Annick Merceur, déléguée CFDT.
"Du coup on va obtenir largement moins, parce que la direction a dit qu'elle allait reprendre" ses propositions de ruptures collectives "en améliorant juste certaines choses pour passer devant la Direccte", a-t-elle déploré. "Dans les négociations on a obtenu beaucoup plus que ce qu'il y avait dans les RCC", a relevé Marie-Annick Merceur. Aujourd'hui, la CFE-CGC s'adresse aux classes moyennes, tout en gardant sa spécificité qui est d'être la voix des techniciens, agents de maîtrise, forces de vente, cadres, ingénieurs et à ceux qui ont vocation à le devenir - c’est-à-dire, à des salariés dont les fonctions comportent responsabilité, initiative et/ou commandement.
Impulsée par une équipe CFE-CGC déterminée, la mobilisation en faveur de Pimkie s'amplifie. Car l'enseigne de mode féminine est de nouveau en difficulté, avec des menaces sur l'emploi. Cinq directeurs généraux en cinq ans. Qui dit mieux ? Cette rotation hallucinante montre à quel point la famille Mulliez (Auchan, Décathlon, Flunch, Kiabi…), propriétaire de Pimkie, tâtonne à propos de sa marque de prêt-à-porter féminin. L’homme est connu pour avoir officié dans d’autres enseignes de la galaxie Mulliez comme Grain de Malice, Brice et Jules, avec à la clé plus de 640 emplois sacrifiés.
La situation économique de l’entreprise est arrivée à un point critique. Malgré les fermetures des zones allemande, belge, espagnole et suisse, l’équilibre n’est pas au rendez-vous. La trésorerie est incertaine, même si les actionnaires ont remis 17 millions d’euros en décembre 2021 et que 13 millions d’euros sont attendus en février 2022. La restructuration conduite en 2018, accompagnée par Prosphères, n’a pas eu l’efficacité escomptée, pas plus que le repositionnement de la marque en 2019 sur sa cible historique des 18-25 ans.
« Les raisons avancées par la direction pour mettre en place un nouveau business plan ne sont pas contestables, admet Karine Thérage Dewasmes, responsable du magasin de Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais, déléguée syndicale CFE-CGC et élue titulaire au comité social et économique (CSE). Ce qui l’est, c’est qu’à maintes reprises, nous avions tiré la sonnette d’alarme et pointé du doigt les trop nombreux dysfonctionnements et incohérences récurrents de l’entreprise.
« Les salariés du siège et des magasins donnent toute leur énergie pour que l’activité soit la plus performante possible mais ils doivent pallier à de gros dysfonctionnements : caisses qui tombent en panne, réseau instable, livraisons non qualitatives (retards, séries de vêtements incomplètes...). Des freins d’autant plus regrettables que l’activité de Pimkie se portait bien en France jusqu’en 2018 et qu’un gros travail a été fait pour trouver des axes de rentabilité, en particulier l’ouverture en omnicanalité sur le wholesale et les marketplaces.
Sans oublier une tentative de rénovation des outils logistiques et informatiques via leur externalisation à des partenaires. Dans ce contexte, le CSE a déposé, le 17 janvier 2022, un droit d’alerte économique phase 2. L’expertise économique est lancée. Philippe Favre doit présenter un point d’étape fin février avant de divulguer ses solutions pour l’entreprise fin mars-début avril. Les organisations syndicales doivent quant à elles se rencontrer le 22 février en réunion préparatoire du CSE des 23 et 24 février. Elles feront un point le 8 mars sur l’avancée des évènements avec leur avocat et expert.
Notons que l’équipe CFE-CGC compte aussi Hubert Legrand, responsable comptabilité au siège et élu titulaire au CSE, ainsi que deux suppléantes : Pascale Laversin, responsable Process et méthodes achats, et Najjat Belmir, responsable de magasin et formatrice à Lyon Saint-Priest. Actualités: Retrouvez dans notre rubrique « Actualités » les informations essentielles...
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Contexte et enjeux du plan
Le PDV prévoit 208 départs et s’inscrit dans une restructuration globale qui vise à stabiliser l’activité et à redéployer les ressources humaines vers des postes en adéquation avec les besoins futurs de Pimkie.
Réactions des organisations syndicales
- CGT et FO restent sur leur refus d’avaliser le plan, pointant du doigt les « reclassements insuffisants » et les incertitudes liées à l’homologation par la Direccte.
- CFDT souligne certains gains du protocole mais déplore des concessions qui pourraient réduire les indemnités et les garanties des salariés.
- CFE-CGC insiste sur la défense des classes moyennes et des salariés à responsabilité, initiative ou commandement, tout en appelant à une mobilisation continue pour accompagner l’amélioration des conditions de travail et les processus logistiques.
Points techniques et économiques
La direction met en avant des résultats décevants des précédentes restructurations (2018) et le repositionnement 2019, tout en affirmant la nécessité d’un nouveau plan pour rééquilibrer l’entreprise face aux difficultés financières et à la volatilité du marché.
Évolution prévue et démarches administratives
La Direccte aura un rôle clé dans l’homologation du PDV. L’administration devra évaluer les propositions de rupture et les possibilités de reclassement, avec un cadrage renforcé par l’expertise économique et les avis du CSE et des représentants syndicaux.
Échéances à venir
- Présentation de l’expertise économique et des solutions par Philippe Favre fin mars-début avril.
- Réunion préparatoire du CSE des 23 et 24 février.
- Point sur l’avancée des évènements avec avocat et expert le 8 mars.
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