Combien ça coûte de devenir auto-entrepreneur en France ? Guide complet des coûts et formalités
Vous souhaitez devenir votre propre patron et vous lancer dans l'aventure de l'indépendance ? Le statut d'auto-entrepreneur offre une grande simplicité, tant dans la gestion de votre activité que dans sa création. La création d'une micro-entreprise est gratuite en principe, mais quels sont les frais à prévoir réellement ? Entre l'immatriculation, l'ouverture de votre compte en banque, votre régime fiscal, cet article vous éclaire sur les coûts à prévoir pour créer et gérer votre micro-entreprise.
Les frais d'immatriculation : est-ce vraiment gratuit ?
Pour créer votre micro-entreprise, vous devez l’immatriculer via le Guichet Unique de l’INPI.
Depuis le 1er janvier 2023, tout dossier de création, de modification et de cessation d'entreprise doit être déposé directement sur le guichet unique. Cette nouvelle plateforme gérée par l'INPI redistribuera ensuite vos informations et documents aux organismes référents (CCI, CMA, Urssaf, greffe du tribunal de commerce, organismes de sécurité sociale, services des impôts, etc.).
Cette immatriculation est entièrement gratuite pour les micro-entrepreneurs. Vous n’avez pas besoin de rédiger de statuts ni de constituer un capital social. Vous pouvez les réaliser en ligne, auprès du Guichet unique dédié aux formalités des professionnels. Cette démarche est entièrement gratuite ! Obtenir un numéro SIRET ne vous coûte donc rien en micro-entreprise. Il vous suffira de remplir le formulaire officiel de déclaration d’activité, puis de le transmettre à votre CFE.
Depuis le 1er janvier 2023, votre immatriculation au registre national des entreprises (RNE), qui remplace notamment le répertoire des métiers (RM), se fait automatiquement lors de votre inscription via le Guichet unique. Si vous exercez une activité commerciale, votre enregistrement au registre du commerce et des sociétés (RCS) est également automatique.
Lire aussi: Tout savoir sur le Recensement INSEE
⚠️ Il existe néanmoins une exception : Les agents commerciaux doivent débourser 27 € pour s’enregistrer auprès du registre spécial des agents commerciaux (RSAC).
Accompagnement à la création : un investissement judicieux ?
Les démarches d’immatriculation d’une micro-entreprise sont à la portée de la plupart des créateurs. Vous devez simplement vous rendre sur le site du Guichet unique de l'INPI (procedures.inpi.fr) et vous laisser guider. Vous êtes invité à renseigner diverses informations sur votre situation et les activités que vous souhaitez exercer. Comptez environ une heure, et armez-vous de patience !
Ces démarches peuvent s’avérer rébarbatives, voire carrément indigestes si vous êtes allergiques à la paperasse. Dans ce cas, vous pouvez choisir de vous faire accompagner par un spécialiste. Plusieurs options s’offrent à vous, avec des tarifs pour créer une micro-entreprise qui sont variables.
- Les centres de formalités des entreprises (CFE) fournissent un service d’assistance à la création d’entreprise. Son coût est en moyenne de 60 €.
- Solliciter les services d’une legaltech. Certains sites Internet vous proposent de constituer votre structure professionnelle en moins de cinq minutes. Prévoyez un budget compris entre 50 € et 150 € selon les prestataires.
- Faire appel à un spécialiste du droit (avocat, expert-comptable, etc.). Vous devrez engager entre 500 € et 1 500 €.
➡️ La troisième solution apparaît superflue, tant les démarches de création d’une micro-entreprise sont peu complexes.
Compte bancaire dédié : obligatoire ou pas ?
Contrairement aux idées reçues, l’ouverture d’un compte bancaire dédié à votre activité n’est pas obligatoire. En revanche, il en va différemment si votre chiffre d’affaires annuel dépasse les 10 000 € pendant deux années d’affilée. Vous êtes alors obligé d’ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité, c’est-à-dire séparé de votre compte personnel.
Lire aussi: Franchise restauration : combien ça coûte ?
Vous ne devez pas nécessairement posséder un compte professionnel, mais seulement un compte distinct, dédié à votre activité. Il vous servira à recevoir les paiements de vos clients, et à régler vos charges. Toutefois, le compte pro d'une micro-entreprise vous permet souvent de profiter de services complémentaires très utiles (facturation, gestion de la comptabilité simplifiée, assurances, etc.).
Ce compte peut être un compte professionnel, mais un simple compte courant suffit (et n’est en général soumis à aucun frais) !
L’ouverture d’un tel support est généralement gratuite. Quant à son coût de fonctionnement, il peut être compris entre 8 et 30 € par mois. En contrepartie, vous pouvez bénéficier de moyens de paiement, et notamment d’une carte bancaire professionnelle.
Les banques en ligne proposent souvent des tarifs plus compétitifs que leurs homologues physiques. Leurs prestations sont équivalentes, mais vous ne disposerez pas d’un conseiller personnel. C’est à vous de déterminer le fonctionnement que vous préférez !
Bon à savoir : Pour un compte professionnel, comptez en moyenne 24 euros par mois de frais de tenue dans les banques traditionnelles.
Lire aussi: Comprendre la TVA en France
Les assurances : une protection indispensable ?
En principe, aucune assurance n’est requise pour les micro-entrepreneurs. Il existe pourtant des exceptions liées à votre activité !
Il n’existe pas d’obligation générale commune de s'assurer en micro-entrepreneur. Néanmoins, certaines activités imposent la souscription de couvertures spécifiques.
L'assurance civile professionnelle (RC Pro)
Les secteurs d’activités suivants sont soumis à l’obligation de souscrire à une assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) :
- Bâtiment, construction et habitat
- Automobile
- Transport
- Sport, loisir et culture
- Santé et bien-être
- Intermédiaire en assurance et conseiller financier
Son but ? Vous protéger contre les éventuels dommages causés à vos clients !
La souscription d’une RC pro est obligatoire pour certaines activités : agents immobiliers, métiers du tourisme, etc.
Pour ce qui est du prix, celui-ci varie selon votre chiffre d’affaires, votre type d’activité et le type de contrat souhaité. En moyenne, comptez entre 100 et 200 € par an.
La cotisation annuelle d’une RC pro est généralement comprise entre 100 € et 200 €.
Les autres assurances à prévoir
D’autres assurances peuvent être obligatoires selon votre situation.
Les micro-entrepreneurs exerçant dans les métiers du bâtiment doivent par exemple se doter d’une assurance responsabilité civile décennale. Son coût à la création d’une micro-entreprise n’est pas anodin : comptez entre 1 000 € et 2 000 € par an.
- Par exemple, l’assurance décennale (entre 900 et 8 000 €) pour les métiers du BTP
- l’assurance véhicule professionnelle (environ 200 €) si vous utilisez un véhicule dans le cadre de votre activité.
Enfin, bien que facultative, une multirisque professionnelle est recommandée pour assurer vos biens (comptez alors entre 300 et 500 € en fonction des garanties).
Formation : un atout pour la réussite
Gérer sa micro-entreprise en toute conformité, il vaut mieux s’y former : même les plus grands noms ont dû apprendre à éviter les erreurs de débutant !
Jusqu’en 2019, les micro-entrepreneurs artisans étaient dans l’obligation de suivre un Stage de Préparation à l’Installation (SPI). Aujourd’hui, il est facultatif et son coût oscille entre 200 euros voire 450 euros. Depuis la loi PACTE (2019), le Stage de Préparation à l’Installation (SPI) n’est plus obligatoire pour les artisans.
Il peut néanmoins être utile pour acquérir des connaissances essentielles dans les domaines juridique, fiscal, social et comptable. Le coût de cette formation est d’environ 200 €. Elle est dispensée par les chambres des métiers et de l’artisanat (CMA).
D’autres options sont aujourd’hui disponibles pour toutes les activités, avec des formations en ligne, ludiques et flexibles ! C'est le cas de notre partenaire Educademy, l’organisme de référence pour former les micro-entrepreneurs. « Maîtrisez son auto-entreprise de A à Z » vous donne les clés pour mobiliser les aides qui vous sont dédiées, répondre à vos obligations fiscales et comptables ou gérer votre administration !
Bon à savoir : Il est possible d’utiliser ses droits à la formation acquis sur votre Compte Professionnel de Formation (CPF) pour financer vos formations jusqu’à 100 %, que ce soit pour le stage de préparation à l’installation, comme pour Educademy !
Domiciliation de l'entreprise : quel impact sur les coûts ?
Domicilier sa micro-entreprise chez soi est une option gratuite, mais limitée ! En effet, sur papier, cela peut paraître moins prestigieux et moins fiable ! De plus, tous vos clients seront informés de votre adresse personnelle puisqu’elle leur sera transmise via les sites de vérification d’entreprises.
Si votre activité s’y prêtre, la domiciliation de votre entreprise peut également se faire dans un local commercial : loyer ou prêt à rembourser, vous serez mensuellement redevables de frais non négligeables !
Vous pouvez aussi opter pour une société de domiciliation. Elle propose une adresse fictive qui sera inscrite comme étant votre siège social. Son prix commence à partir de 20 euros par mois et peut aller jusqu’à 150 euros par mois en fonction des autres services associés (standard téléphonique, accès aux salles de réunion, réception du courrier, etc.).
Comptabilité : simplicité rime-t-elle avec gratuité ?
La comptabilité sous le statut d’auto-entrepreneur est particulièrement simplifiée : il vous suffit de déclarer votre chiffre d’affaires, de tenir un livre des recettes et d’émettre des factures !
Il est possible de tenir manuellement sa comptabilité sur Excel. Cette solution est gratuite mais comporte quelques inconvénients :
- Plusieurs heures dans le mois doivent être consacrées à la comptabilité.
- Les erreurs comptables sont vite arrivées !
- Il est de plus interdit par la loi de modifier des factures émises : tenir une comptabilité à la main ne certifie pas l’authenticité de vos comptes en cas de doute !
Pour centraliser et automatiser votre comptabilité, la meilleure solution est d’utiliser un logiciel de gestion et de facturation.
La mise en place de la facturation électronique, ou « e-invoicing », constitue une transformation majeure prévue pour les trois prochaines années.
Actuellement, comme toutes les entreprises, les micro-entrepreneurs sont tenus de fournir une facture à leurs clients pour chaque prestation. Jusqu'à présent, ces factures étaient généralement émises et envoyées sous format papier.
Les cotisations sociales : un coût variable selon le chiffre d'affaires
Après le début de votre activité, il vous faudra prendre en compte les frais à débourser en cours de route.
L’un des avantages principaux de la micro-entreprise est sans aucun doute le régime micro-social simplifié. Il vous permet de payer vos cotisations sociales au fur et à mesure que vous percevez un chiffre d'affaires.
Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires et régler vos charges de micro-entrepreneur chaque mois ou chaque trimestre. Vous choisissez la périodicité souhaitée au moment de l’enregistrement de votre activité.
Cela signifie que si vous ne dégagez pas de chiffre d'affaires, vous ne serez pas redevable de cotisations sociales ! Vous continuez toutefois à bénéficier des prestations de l’assurance maladie.
Vous devez donc, tous les mois ou trois mois selon votre choix, déclarer le montant de votre chiffre d'affaires à l’URSSAF. Vos cotisations sont automatiquement calculées selon un pourcentage fixe variant en fonction de votre type d’activité :
| Type d'activité | Pourcentage des cotisations sociales |
|---|---|
| Activités de vente de marchandises | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et les activités libérales (BNC) | 24,6 % |
| Activités libérales affiliées à la CIPAV au titre de l'assurance vieillesse | 23,2 % |
Au montant de vos cotisations sociales, vous devez ajouter un pourcentage pour la contribution à la formation professionnelle. En fonction de la nature de votre activité, son taux est de :
- 0,1 % pour les activités de vente de marchandises
- 0,3 % pour les prestations de service artisanales
- 0,2 % pour les prestations de services commerciales et es activités libérales
Bon à savoir : Connaissez-vous l’ACRE, l’aide pour les créateurs ou repreneurs d’entreprise aussi appelée « exonération de début d’activité » ? Si vous en faites la demande et que vous répondez aux conditions, vous pouvez bénéficier d’une réduction de 50 % de vos cotisations sociales lors de votre première année d’activité ! Vous pouvez profiter d’un abattement de 50 % sur vos cotisations la première année. Pour cela, vous devez solliciter l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE). Ce dispositif est réservé à certains publics (demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minimas sociaux, jeunes de moins de 26 ans, etc.).
La cotisation foncière des entreprises (CFE) : un impôt local à anticiper
En tant que micro-entrepreneur, vous serez redevable de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Qu'est-ce que c’est ? Un impôt local que vous réglez chaque année à la commune où est domiciliée votre activité.
En l’absence de chiffre d’affaires, le micro-entrepreneur paie tout de même une cotisation minimale. Elle représente un montant symbolique : le mètre carré utilisé par l’auto-entrepreneur ! Cette taxe est calculée selon votre CA annuel, et varie de 224 € à 6 942 € selon votre CA.
Il existe également des situations où vous pouvez être exonérés de la CFE : CFE : la liste des exonérations.
Bon à savoir : La bonne nouvelle ? Vous ne payez pleinement cette taxe qu’à partir de votre troisième année d’activité. En effet, vous en êtes exonéré lors de la première année et vous bénéficiez d’une réduction de 50 % la deuxième année.
L'impôt sur le revenu : un coût à ne pas négliger
L'impôt sur le revenu : un coût à ne pas négliger lors de la création d’une micro-entreprise !
En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes, de fait, soumis à l’Impôt sur le Revenu (IR) une fois par an sur votre déclaration de revenus habituelle. Son taux est calculé selon un barème progressif qui varie de 0 à 45 % selon les revenus perçus par votre foyer.
balises: #Entrepreneur
