Comment financer un projet sans argent : les alternatives

Le financement d’une start-up est une problématique majeure lors de la création de l’entreprise. En effet, outre le projet innovant proposé par la start-up, les ressources financières sont essentielles pour lancer et pérenniser l’activité. La levée de fonds mérite donc une attention particulière.

La création d’une start-up sans argent est envisageable. Toutefois, le succès du projet dépend en partie du financement de la start-up.

Financement d'une start-up

Comprendre le concept de start-up

D’origine américaine, le terme “start-up” se traduit en français comme “entreprise qui démarre”. Sur le plan juridique, il n’existe pas de définition. Toutefois, la start-up peut se définir comme une jeune entreprise au concept innovant et dotée d’un fort potentiel de croissance. Cette forme particulière d’entreprise repose sur un business model rentable permettant un développement rapide de la structure.

Il est vrai que la start-up présente des caractéristiques spécifiques, réglementées à l’article 44 sexies-0 A du Code général des impôts. Pour autant, elle doit opter pour un statut juridique à l’instar de n’importe quelle entreprise. Toutefois, compte tenu de ses perspectives de croissance rapide, son créateur sera inévitablement contraint de changer de forme juridique à l’avenir.

Préparer un dossier solide

Avant de rechercher des sources de financement pour la start-up, son fondateur doit préparer un dossier solide et argumenté. En effet, c’est ce dossier qu’il devra présenter et défendre devant les éventuels partenaires financiers. À noter : le financement sollicité pour la start-up ne doit pas être démesuré.

Lire aussi: INPI : Guide complet Signature Électronique

Sources de financement alternatives

Il y a plusieurs manières de financer le lancement, puis le bon développement d’une entreprise, qu’il s’agisse d’une startup innovante ou d’une PME (Petites et Moyennes Entreprises) en pleine croissance. Toutefois, nous ne savons pas forcément où nous tourner exactement une fois que l’on sort de chez son banquier. Si les banques ne sont pas toujours de bons soutiens financiers pour les entreprises, surtout dans leurs débuts, vous pouvez compter sur d’autres acteurs.

Une société dispose en réalité de 3 façons de trouver de l’argent rapidement.

  1. En premier lieu, sa capacité d’autofinancement entre forcément en jeu. Néanmoins, bien des startups démarrent avec 1 euro en poche et parviennent tout de même à réaliser de grandes choses.
  2. Ensuite, l’endettement via un emprunt, peu importe le créditeur, arrive naturellement.
  3. Enfin, vient l’ouverture du capital en fonds propres auprès de fonds communs de placement, de business angels ou directement auprès d’investisseurs particuliers.

L’utilisation de la dette est largement utilisée par les entreprises, car moins onéreuse que l’autofinancement et moins risquée que les capitaux propres.

1. Fonds propres et Love Money

En premier lieu, la start-up peut être financée par l’apport des fonds propres des associés ou de l’entrepreneur individuel. Cet investissement personnel peut prendre la forme d’un apport en argent ou d’un apport en nature (biens matériels ou immatériels). Toutefois, cette source de financement dépend des capacités financières des associés.

Le financement de la start-up peut également provenir de la sphère familiale et amicale. C’est ce que l’on appelle la love money. En effet, l’entourage peut souhaiter investir dans l’entreprise parce qu’il croit au projet. L’entrepreneur peut dans ce cas rembourser le prêt sans intérêt et dans un délai relativement flexible. Néanmoins, les proches doivent être clairement informés des risques de ce prêt. En effet, ils doivent être conscients qu’ils peuvent ne jamais revoir leur argent en cas d’échec du projet entrepreneurial.

Lire aussi: SARL : Comment distribuer des dividendes ?

Vous pouvez faire appel à vos proches (familles et amis) pour financer votre projet de création. Par rapport à un prêt bancaire, cette solution offre l’avantage de la souplesse et de la facilité.

Comment vos proches peuvent vous aider ?

  • Don d'argent : il peut être effectué par tout moyen (chèque, virement, mandat ou remise d'espèces).
  • Prêt d'argent : lorsqu'il dépasse 1 500 €, le prêt doit faire l'objet d'un écrit. Il est possible de rédiger un contrat de prêt signé par les 2 parties, ou une reconnaissance de dette signée de la seule main de l’emprunteur.

Lorsque le prêt dépasse 5 000 €, vous devez le déclarer à votre service des impôts des entreprises (SIE) au moyen du formulaire n° 2062, en même temps que votre déclaration annuelle de résultat.

Dans le cadre d'une société, vos proches peuvent aussi entrer au capital de la société et devenir associés en réalisant un apport (une somme d'argent ou un bien). Dans ce cas, ils pourront bénéficier d'un droit aux bénéfices de l'entreprise et d'un droit à la prise de décision.

2. Emprunt bancaire

L’emprunt bancaire est une méthode de financement classique. Toutefois, ce n’est pas la source la plus facile à obtenir. En outre, l’entrepreneur doit être capable de présenter des garanties suffisantes. À défaut, la demande de prêt pourra lui être refusée.

L'emprunt bancaire constitue le principal levier pour financer un projet de création d'entreprise. Un prêt accordé par le système bancaire peut couvrir jusqu'à 70 % du prix d'acquisition. Généralement, il est exigé que l'emprunteur apporte au moins 30 % du financement. Cette exigence peut varier selon l'activité de l'entreprise et son niveau de risque.

Le remboursement de l'emprunt est étalé sur une durée qui varie entre 5 et 7 ans.

Lire aussi: Fiche INSEE : le guide

À noter : Les banques cherchent de plus en plus à partager le risque des financements de projets de création/reprise d'entreprise. Ainsi, il est recommandé de diversifier vos sources de financement (ex : création d'un pool bancaire, plusieurs banques financent le même projet).

Pour s'assurer que l'emprunt sera bien remboursé, la banque peut exiger des garanties :

  • Garantie réelle (le nantissement du fonds de commerce ou le nantissement de titres sociaux)
  • Garantie personnelle (dans ce cas, la banque exige que le l'emprunteur se porte personnellement garant du paiement des échéances)

3. Financement participatif (Crowdfunding)

Le financement participatif, ou crowdfunding, consiste pour l’entrepreneur à présenter son projet de start-up sur une plateforme en ligne. Cette méthode de financement repose sur une communication convaincante.

Crowdfunding

Le crowdfunding a profondément transformé le paysage du financement pour les petites et moyennes entreprises. En 2023, les plateformes de crowdfunding ont permis aux entreprises de lever plus de 267 millions d’euros en France, une augmentation de 78 % par rapport à l’année précédente.

Le principe est simple : mobiliser un grand nombre d’investisseurs ou de particuliers, qui apportent chacun un petit montant, mais dont l’effet cumulé permet de financer des projets ambitieux. Ce mécanisme est particulièrement adapté aux PME cherchant à financer des projets innovants ou ayant une forte dimension sociale ou environnementale.

Le financement participatif ou crowdfunding consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté d'internautes qui souhaitent soutenir votre projet. Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobilier des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.

La campagne de crowdfunding se déroule dans un temps imparti et sur une plateforme dédiée (ex : Ulule, Kickstarter, Kisskissbankbank...). Le choix de la plateforme dépend de la nature du projet, certaines plateformes étant généralistes et d'autres spécialisées. Ce choix dépend également de divers critères tels que le taux de réussite des collectes, l'audience de la plateforme et la commission qu'elle perçoit sur les contributions.

À noter : Le financement participatif permet de confronter son projet au marché et de se constituer une première base de clients.

Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes :

  • Don (reward crowdfunding) : les contributeurs vous font des dons d'argent sans retour sur investissement. Une contrepartie non-financière peut éventuellement être proposée (ex : goodies, entrées pour un évènement de l'entreprise, photos de l'équipe dédicacées...).
  • Prêt (crowdlending) : les contributeurs vous accordent un prêt que vous devrez rembourser, avec ou sans intérêts.
  • Investissement : les contributeurs peuvent financer le projet en achetant des titres sociaux (des actions) de votre société. Les contributeurs deviennent des associés à part entière de l'entreprise et obtiennent, en contrepartie de leur apport, le droit aux bénéfices de l'entreprise et le droit de prendre part aux décisions qui concernent l'entreprise.

Au-delà du crowdfunding classique, le crowdlending et le crowdinvesting offrent deux variantes intéressantes pour les PME en quête de financement.

  • Le crowdlending permet aux entreprises d’emprunter directement auprès des particuliers via des plateformes dédiées, contournant ainsi les banques et les procédures souvent complexes.
  • Le crowdinvesting, quant à lui, permet aux entreprises de lever des fonds en cédant une part de leur capital à une multitude d’investisseurs. Une méthode de financement qui se rapproche du capital-risque, mais avec une flexibilité beaucoup plus grande.

Comment lancer (& réussir) sa campagne de Crowdfunding ? | Avec Antoine Besnier

4. Business Angels et Fonds d'investissement

Les business angels sont des actionnaires privés qui participent au financement de la start-up. Ce sont des personnes de confiance qui croient au potentiel du projet.

Vous avez la possibilité de financer votre projet en faisant rentrer des investisseurs au capital de votre société.

  • Business angels : Le business angel ou « investisseur providentiel » est un cadre d'entreprise en activité ou un ancien entrepreneur qui investit une partie de son patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel.
  • Fonds d'investissement : capital risque : Le capital risque est une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs professionnels, généralement minoritaire, au capital de votre société.L'objectif de l'investisseur est de participer financièrement au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et de réaliser une forte plus-value lors de la cession de ses titres sociaux après 3 à 7 ans au sein de la société.

5. Pépinières d'entreprise et Concours

Les pépinières d’entreprise, aussi appelées incubateurs, ont un rôle de soutien financier et d’accompagnement auprès des start-up.

Les entreprises innovantes ont également la possibilité de participer à des concours. En effet, il s’agit d’une autre alternative pour financer une start-up puisqu’il est possible d’obtenir une contribution financière à l’issue du concours.

Vous pouvez vous inscrire à des concours qui récompensent les créateurs/repreneurs d'entreprise selon leur secteur d'activité. La somme perçue lors d'un concours que vous remportez peut-être directement intégrée aux capitaux propres de votre entreprise.

Gagner un concours peut aussi vous permettre de vous faire connaître, de rencontrer des partenaires et de gagner en crédibilité aux yeux des banques et autres investisseurs.

6. Aides à la création d'entreprise

Enfin, le créateur de start-up peut bénéficier, sous certaines conditions, d’aides à la création d’entreprise. En effet, il peut profiter de l’ACRE, de l’ARE s’il est au chômage, mais également d’aides fiscales et sociales telles que le crédit d’impôt recherche (CIR) ou encore le crédit d’impôt innovation (CII). De plus, il existe un certain nombre de programmes d’aides à l’innovation proposés par la BPI en collaboration avec la French Tech.

En matière de financement, il existe des solutions discrètes mais efficaces qui font la différence pour de nombreuses PME : les prêts participatifs et les prêts d’honneur.

Les prêts d’honneur se distinguent par une caractéristique qui les rend particulièrement attractifs : l’absence de garanties personnelles. Contrairement à un crédit bancaire classique, l’entrepreneur n’a pas besoin de mettre en jeu ses biens personnels ni de fournir une caution.

Autre avantage de taille, les taux d’intérêt des prêts d’honneur sont généralement fixés à 0 %, ce qui soulage considérablement les bénéficiaires au moment du remboursement.

L’octroi de ces prêts repose en grande partie sur un réseau solide d’acteurs associatifs et publics. Parmi eux, Initiative France se place en tête de liste. Avec ses 207 associations locales, cette organisation a déjà soutenu plus de 371 000 entreprises depuis sa création, avec un montant moyen de prêt d’environ 10 000 euros.

Un autre acteur clé est le Réseau Entreprendre. Présent dans 10 pays, avec 65 associations, ce réseau accompagne les créateurs d’entreprise en octroyant des prêts d’honneur variant entre 15 000 et 50 000 euros, avec des montants pouvant aller jusqu’à 90 000 euros dans certains cas.

Tableau récapitulatif des aides publiques :

AideMontant/AvantageConditions
ACREExonération de charges socialesÊtre créateur ou repreneur d'entreprise
Prêt d'honneurPrêt à taux zéroAccordé par des associations ou réseaux de créateurs
MaPrimeRénov’Aide de l’ÉtatTravaux de rénovation énergétique
Aide pour la faisabilité de l’innovation (Bpifrance)Jusqu'à 50 000 eurosPME de moins de 50 salariés avec CA < 10 millions d'euros
Tremplin pour la transition écologique des PME (ADEME)De 5 000 à 200 000 eurosProjets liés à la transition écologique

7. Affacturage et cession de créances

Pour les PME en quête de solutions immédiates pour améliorer leur trésorerie, l’affacturage et la cession de créances apparaissent comme des options à envisager. En 2023, l’affacturage a enregistré une croissance de 6,4 % au premier semestre en France, preuve que cette technique de financement séduit de plus en plus d’entreprises.

En cédant leurs créances à un établissement financier spécialisé, appelé factor, les PME peuvent récupérer jusqu’à 90 % de la valeur de leurs factures en à peine 48 heures. Mais l’affacturage ne se résume pas à un simple apport de liquidités. Il offre également une protection contre les risques d’impayés, un enjeu crucial pour les entreprises de toutes tailles.

L’essentiel à retenir ? Si vous êtes une PME à la recherche de solutions rapides pour maintenir votre trésorerie à flot, l’affacturage et la cession de créances sont des options à considérer sérieusement.

8. Financement de bons de commande

Pour les PME, accepter de grandes commandes peut parfois être un casse-tête financier. L’opportunité est là, mais les fonds manquent pour assurer la production.

Le principe est relativement simple. Lorsqu’une entreprise reçoit une commande substantielle, mais qu’elle n’a pas les ressources nécessaires pour la produire, un tiers entre en jeu. Une fois la commande produite et livrée au client, l’entreprise émet la facture. Elle rembourse alors le financeur à partir du paiement du client.

Ce modèle de financement peut couvrir jusqu’à 90 % de la valeur du bon de commande, ce qui en fait une option particulièrement attractive pour des PME opérant dans des secteurs où les commandes sont souvent importantes.

Le financement de bons de commande n’est cependant pas ouvert à toutes les entreprises. Il s’adresse principalement aux entreprises B2B, c’est-à-dire celles qui travaillent avec des clients professionnels. De plus, ces entreprises doivent disposer de commandes fermes émanant de clients solvables.

balises: #Financ

Articles populaires: