Comment financer une formation infirmière en France ?

Envisager une carrière d'infirmier(e) est un projet noble, motivé par le désir de se sentir utile et de contribuer au bien-être des autres. Cependant, la question du financement de la formation peut parfois freiner cet élan. Heureusement, diverses solutions existent pour vous permettre d'atteindre votre objectif sans que les contraintes financières ne soient un obstacle insurmontable.

Pour rappel, la formation pour devenir infirmier se déroule dans un IFSI (Institut de Formations en Soins Infirmiers). On en compte près de 330 répartis dans toute la France.

En 2023, d’après la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI), les frais de formation en soins infirmiers ont augmenté de 8,83 %, atteignant un coût moyen de 3 183 € par an. Mais attention, le prix de ta formation en IFSI peut varier en fonction de ta situation : es-tu bachelier, en reconversion professionnelle, ou dans une autre situation particulière ? Il existe des solutions pour alléger cette charge.

Alors, quel est le véritable prix de la formation en IFSI ? Quelles sont les aides financières qui peuvent t'aider à financer ton projet ? Dans cet article, nous aborderons les points essentiels pour bien comprendre le coût de la formation infirmière et détaillerons également les différentes options pour financer ta formation.

Le coût de la formation infirmière : ce que vous devez savoir

Le coût d'une formation d'infirmier peut varier en fonction de l'établissement choisi :

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  • Instituts publics : La scolarité est gratuite, bien qu'il puisse y avoir des frais d'inscription de quelques centaines d'euros. Les étudiants relevant de la formation initiale bénéficient généralement d'une aide du Conseil régional.
  • Instituts privés : La formation est payante, avec des frais pouvant atteindre en moyenne 1500 €.

Si tu choisis un IFSI public en France, les frais d’inscription se situent généralement entre 300 et 500 euros par an. Par contre, si tu préfères un établissement privé, prépare-toi à des frais nettement plus élevés, qui peuvent aller de 3 000 à 10 000 euros par an.

Il faut aussi savoir que le coût de la formation peut varier selon ton statut : formation initiale ou reconversion professionnelle, les coûts ne seront pas les mêmes.

En plus de ces frais, il faut aussi prendre en compte les frais de déplacement pour se rendre sur le lieu de stage. L'hébergement près de l’IFSI où tu seras accepté peut également représenter un coût supplémentaire, si tu dois louer un logement.

Ensuite, il y a quelques investissements personnels qui peuvent faciliter ton quotidien en stage. Par exemple, une montre avec un cadran de seconde, bien qu’optionnelle, est un petit plus que beaucoup d'infirmiers choisissent pour prendre les pulsations.

Maintenant que tu as une idée plus précise des frais à prévoir pour ta formation, voyons comment tu peux diminuer cette charge grâce à différentes aides.

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Comment financer sa formation en soins infirmiers ?

Le financement de ta formation en soins infirmiers dépend avant tout de ta situation.

Il est important de noter qu'il existe des IFSI privés (Croix Rouge) et des IFSI publics. Ensuite, votre statut (inscrit au pôle emploi, salarié, étudiant) détermine la prise en charge du coût de formation en IFSI.

Ce qui est compliqué à comprendre est lié au fait qu'un individu âgé de 20 ans et en fin de scolarité (lycée ou université...) bénéficie d'une gratuité dans le cadre d'une formation en IFSI, alors qu'un adulte inscrit au pôle emploi devra faire financer sa formation à hauteur de 6 à 8500 € l'année.

Car travailler pendant ses études est loin d'être la meilleure solution pour optimiser ses chances d'obtenir son DEI (Diplôme d'Etat d'Infirmier), il est important de bien étudier toutes les possibilités de financement qui s'offrent à vous pour pouvoir suivre votre formation en toute sérénité.

Voici un aperçu des principales solutions de financement disponibles :

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Aides financières pour les étudiants en formation initiale

En tant qu'étudiant en formation initiale, tu peux solliciter des bourses sur critères sociaux via le CROUS, en fonction des ressources de ta famille. Il te suffit de remplir un dossier social étudiant (DSE) sur le site du CROUS de ta région pour faire ta demande. Cette bourse peut t’aider à réduire le coût de tes études et à couvrir tes dépenses au quotidien.

Le statut de boursier donne droit à des exonérations de frais d'inscription, de la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC). Il donne aussi accès de façon prioritaire aux logements Crous, aux repas à un euro, etc.

Il est important de faire une simulation de bourse sur le site. Parfois on est éligible sans même le savoir.

En plus de cela, certaines régions offrent des aides régionales pour t'aider à financer tes frais de stage ou de logement, surtout si tu dois résider près de ton IFSI. Si tu sais déjà dans quel IFSI tu seras inscrit, contacte le secrétariat de ton institut. Ils pourront t’apporter des conseils personnalisés et des solutions adaptées à ta situation pour t’aider dans tes démarches financières.

Par ailleurs, durant tes stages, tu percevras une indemnité de 36 € à 60 € par semaine, selon ton année d’étude.

La formation est financée par la Région pour les jeunes bacheliers. Pour les personnes de plus de 26 ans et ayant déjà travaillé plus de six mois, la formation est autofinancée, via Pôle Emploi, via les Opco (opérateurs de compétences) ou les Opca, autrement dit les organismes paritaires collecteurs auxquels cotisent les employeurs.

De nombreux étudiants n’ont pas conscience qu’ils sont éligibles à certaines aides sociales. « Notre première mission lorsqu’un étudiant vient nous voir à la FNESI pour des difficultés financières, est de l'orienter vers les services sociaux étudiants : bourses, aides d'urgence du Crous, aides d'urgence de la région et de la métropole », explique Côme Champion.

Il existe par ailleurs des associations locales qui développent des projets pour lutter contre la précarité alimentaire, menstruelle, etc. « Il ne faut pas hésiter, dès la rentrée, à s’adresser directement à l’association locale de son IFSI. Pensez aussi aux fédérations de territoire qui jouent un rôle de relais vers les aides spécifiques à chaque territoire. La métropole peut, par exemple, proposer des réductions sur les cartes d'abonnement pour les transports au sein de la collectivité. Et enfin il y a la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) qui est la première organisation représentative des étudiants en France.

En France, on compte plus d’une trentaine d’épiceries sociales et solidaires gérées par la Fage sur les Agorae, ces espaces d’échanges et de solidarité qui se composent d’un lieu de vie ouvert à tous et d’une épicerie solidaire accessible sur critères sociaux. « La FNESI est en contact avec l'ensemble des fédérations de territoires présentes dans le réseau de la Fage.

Comment financer la formation en soins infirmiers ?

Contrat d'alternance possible dès la 2e année

Une autre solution est de t'orienter vers un contrat d'apprentissage, accessible à partir de la deuxième année d'IFSI. Cependant, tu dois d'abord avoir validé ton équivalence d’aide-soignant à travers les unités d'enseignement de première année d’IFSI.

L'avantage de cette formule ? Tu es rémunéré pendant tes études et l'employeur peut prendre en charge une partie de tes frais de formation. Il est important de noter que ce contrat t'engage à travailler dans l’établissement de santé pour un nombre d’années équivalent à la durée de la formation financée.

Moins connue, cette autre voie de formation par alternance, permet à l’étudiant, après signature d’un contrat entre l’IFSI et « l’entreprise » (hôpital public ou privé essentiellement) de devenir salarié. Pour cela, l’étudiant doit avoir validé sa première année d’IFSI ou être titulaire d’un diplôme d’aide-soignant. Il lui faut ensuite se rapprocher d’un Centre de formation d'apprentis (CFA) proposant l’apprentissage infirmier.

La rémunération fixe et stable, est basée sur le Smic horaire. L’apprenti infirmier est donc redevable d’un certain nombre d’heures de travail en plus de ses études ; le plus souvent donc durant les week-end et les vacances scolaires.

Tu envisages de devenir infirmier, mais tu te demandes combien cela va te coûter ?

Si tu veux en savoir plus, découvre les cours de première année d’IFSI et les unités d'enseignement à valider !

Dispositifs de financement pour la reconversion professionnelle et les demandeurs d’emploi

Si tu envisages une reconversion professionnelle, plusieurs dispositifs existent pour financer ta formation en soins infirmiers :

  • Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) : destiné aux salariés souhaitant changer de métier, il permet de financer tout ou partie de la formation tout en maintenant une rémunération. La demande doit être déposée auprès d'un Transitions Pro après accord de l’employeur. C'est l'ancien FONGECIF ou CIF que l'on appelle aujourd'hui Transition PRO (Projet de transition professionnelle PTP). Ce dispositif permet au salarié de s'absenter de son poste afin de suivre une formation pour se qualifier. C'est le CPF de transition. Il faut en faire la demande à votre employeur.
  • Le Compte Personnel de Formation (CPF) : accessible aux salariés et demandeurs d'emploi, il permet d’utiliser les droits acquis tout au long de la carrière pour financer la formation. Enfin, il est important de noter que tous les actifs ont la possibilité d'utiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF) à n'importe quel stade de leur carrière pour suivre une formation éligible au dispositif.
  • France Travail : propose des dispositifs de financement pour les demandeurs d'emploi souhaitant se former. L'Aide Individuelle à la Formation (AIF) est le principal dispositif, couvrant tout ou partie des frais de formation, selon ta situation et ton projet. Le montant de l'AIF dépend de la formation et des critères d'éligibilité. Un conseiller de France Travail pourra t'accompagner dans la constitution de ton dossier.

Enfin, en ce qui concerne les passerelles AS/AP, c’est l'employeur qui prend en charge la scolarité des aides-soignants souhaitant évoluer vers le métier d’infirmier.

Selon la situation de l'étudiant, le financement de la formation peut être éventuellement pris en charge par :

  • Le conseil régional : étudiant en poursuite de scolarité et demandeurs d’emploi selon éligibilité
  • Au titre de la promotion professionnelle - se rapprocher de l’employeur
  • Au titre d’un congé individuel de formation - se rapprocher de l’employeur et de l’Opérateur de Compétences (OPCO) ou de l’ANFH
  • Au titre d’un congé de formation professionnelle (démarche individuelle) - se rapprocher du service de formation continue de l’employeur ou OPCO ou ANFH

La rémunération pendant la formation peut être assurée dans les cas suivants :

  • Demandeur d’emploi indemnisé par Pôle emploi : l’inscription comme demandeur d’emploi doit être effectuée avant l’entrée en formation.
  • Salarié d’un établissement de santé public : les démarches sont à faire auprès de l’employeur.
  • Salarié d’un établissement de santé privé : les démarches sont à faire auprès de l’employeur et de l’OPCO concerné.
  • Salarié d'un établissement privé : Veuillez vous renseigner auprès de l'organisme Transition Pro.

Si vous n’êtes pas éligible aux aides financières de la Région et si vous n’avez pas de prise en charge par ailleurs, le coût de formation vous sera obligatoirement facturé et aucune aide financière ne pourra vous être octroyée. Elle est calculée en fonction des revenus et se compose de sept échelons. Elle sera à déposer auprès du CROUS.

Autre alternative à ne pas négliger : le prêt garanti par l’État. Ce dernier est, en effet, de plus en plus favorable aux étudiants infirmiers, susceptibles de trouver rapidement un travail après leur formation.

Pour rappel, le rythme hebdomadaire d’un étudiant à l’IFSI est de 35 heures, de stage ou de cours. Aussi, enchaîner une semaine de 35 heures avec un job de remplacement d’aide-soignant le week-end, peut s’avérer compliqué sur la durée.

« Nous avons énormément de pression sur les épaules en tant qu'étudiant, soutient Côme Champion. Et la posture demandée à l’étudiant en stage n’est pas simple puisqu’il s’agit de s’investir pleinement à chaque moment. A la maison, nous faisons des recherches et travaillons nos cours et TD/ TP… A l’arrivée, jongler entre son job étudiant, son stage et ses cours n’est pas chose aisée. Pour certains étudiants, cela s’apparente à une forme de mise en danger. C'est un engrenage qui peut conduire à des situations d’isolement et de grand mal-être. En tout état de cause, même si le salariat est possible pour les étudiants infirmiers, il demeure complexe d'un point de vue rythme de travail.

« Cela a été difficile d’un point de vue financier, confie Ilona Denis, étudiante infirmière en 3ème année à Dijon. Les aides ne sont jamais suffisantes. En travaillant à côté, je suis épuisée, je vais en stage et n’ai pas le temps de préparer mes cours. J’ai à peine assez d’argent pour prendre un verre. Mais à côté de cela, je connais des étudiants dans des situations de grande difficulté, non éligibles à la bourse et que les parents ne peuvent pas suffisamment soutenir financièrement. Je souhaiterais que le gouvernement soit correctement informé de nos difficultés et que le montant des bourses soit revalorisé pour que nous ne mettions pas nos études en péril.

Pour les étudiants infirmiers, la gestion des bourses est de la compétence des régions.

« Le statut d'étudiant d'une manière générale n'est pas un statut de salarié, observe Côme Champion. Ce n'est qu'à cause du contexte social que les étudiants doivent aujourd'hui travailler à côté de leurs études. La FNESI milite et dénonce depuis des années les conditions de vie des étudiants infirmiers et demande à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités pour proposer des mesures fortes de lutte contre la précarité étudiante. En attendant, quelques initiatives se font jour du côté des régions. En Île-de-France notamment, des mesures de soutien ont été prises en faveur du pouvoir d’achat des 44 000 élèves et étudiants en formation sanitaires et sociales. Parmi les mesures notables annoncées figurent le relèvement de 6 % de la grille des barèmes pour les bourses, permettant l’éligibilité de 15 % de nouveaux étudiants, l’augmentation de 370 € annuel pour chacun des 8 échelons, le gain d’un échelon supplémentaire pour les élèves et étudiants en situation de handicap ou aidants familiaux d’un parent en situation de handicap.

N’oublie pas, le meilleur moyen de réussir ton parcours est de te renseigner directement auprès des organismes concernés.

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