Comment les agents économiques se financent-ils ?
Pour réaliser leurs activités économiques, tous les agents économiques ont besoin de se financer. Cela est vrai pour les entreprises, mais cela l'est aussi pour les ménages et les administrations publiques. Le financement peut être défini comme le fait d'apporter des fonds (de la monnaie) à un agent économique.
Le développement des activités économiques nécessite la mobilisation de sommes d’argent importantes, notamment pour financer les investissements. Ces investissements sont essentiels pour développer les capacités de production et d’innovation des entreprises : si les entreprises n’ont pas assez d’épargne, elles ne peuvent pas financer leurs investissements ce qui réduit la capacité de croissance de l’ensemble de l’économie.
Dans les économies contemporaines, les agents économiques ont besoin de ressources pour mener à bien leurs projets. Cependant, ils ne disposent pas toujours des ressources nécessaires, d'où l'intérêt d'un système de financement de l'économie. Les agents en capacité de financement vont ainsi financer les agents en besoin de financement (ménages, entreprises, État).
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I. Agents à capacité et à besoin de financement
Les agents économiques peuvent être classés en deux catégories selon leur situation financière :
- Les agents à capacité de financement (ACF) : Ce sont les agents économiques dont les revenus sont supérieurs aux dépenses. Une fois leurs dépenses courantes et leurs investissements financés, les ACF disposent d'excédents financiers.
- Les agents à besoin de financement (ABF) : Ce sont les agents économiques dont les dépenses excèdent les revenus. Ils ne peuvent se financer qu'en faisant appel à d'autres agents.
Au niveau macroéconomique, les entreprises et l'État sont des ABF alors que les ménages sont des ACF.
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II. Les différents modes de financement
Pour financer un investissement, comme par exemple construire une nouvelle usine ou acheter une maison pour un ménage, l’agent économique peut utiliser sa propre épargne. Le système financier désigne l’ensemble des institutions, règles et pratiques qui permettent de mettre en relation les agents qui ont une capacité de financement et ceux qui ont un besoin de financement.
On distingue principalement trois modes de financement :
- Le financement interne (autofinancement)
- Le financement direct
- Le financement intermédié (ou indirect)
A. Le financement interne (autofinancement)
Le financement interne est réalisé par voie d'autofinancement. Le financement interne représente un autofinancement, c’est-à-dire la situation dans laquelle l’investissement est financé par l’épargne de l’agent. Dans cette situation, l’agent économique finance son activité sur ses fonds propres et n’a pas recours à l’endettement.
L'autofinancement : les bénéfices non distribués constituent la principale source de l'autofinancement des entreprises. L'autofinancement a le mérite de ne rien coûter à l'entreprise et de préserver son indépendance vis-à-vis des banques.
B. Le financement direct
On désigne par financement direct le mécanisme par lequel un ABF obtient des ressources directement auprès d'un ACF sans passer par un intermédiaire. Pour ce faire, l'ABF émet des titres (actions, obligations..) qui sont acquis par les agents ayant des excédents de financement.
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Le financement direct consiste en l’émission d’actions ou d’obligations de la part des entreprises. Le financement direct d’un agent peut se faire sur le marché financier ou sur le marché monétaire. Sur le marché monétaire sont échangées des dettes à court terme, c’est-à-dire dont l’échéance est inférieure à deux ans. Le marché monétaire permet le financement interbancaire et, depuis 1985, les entreprises peuvent y avoir accès également.
Les actions constituent un titre de propriété sur une partie du capital social de l’entreprise. L’achat d’une action permet à l’acheteur d’obtenir une partie du bénéfice que l’entreprise décide de distribuer. L’acheteur reçoit des dividendes qui varient en fonction du bénéfice de l’entreprise et de la part qui est redistribuée par l’entreprise entre les actionnaires.
Une obligation est un titre de créance émis par un agent économique ; elle indique quel est le montant de la créance due par l’agent émetteur, la date à laquelle l’argent sera rendu à l’acheteur et le taux d’intérêt qui sera payé par l’émetteur. L’acheteur d’une obligation reçoit un taux d’intérêt fixé en pourcentage de la valeur nominale de l’obligation.
L’émission d’actions et d’obligations nouvelles se réalise sur le marché primaire. Sur ce marché, l’émetteur fixe la valeur nominale du titre qu’il souhaite « vendre ». Sur le marché secondaire, le prix peut varier en fonction de l’offre et de la demande : si la demande baisse par rapport à l’offre, le prix du titre baissera. Le prix fixé en bourse pour ces titres permet à l’entreprise de déterminer la valeur de l’entreprise selon les investisseurs.
C. Le financement intermédié (ou indirect)
On parle de finance indirecte ou d'intermédiation financière pour désigner le mode de financement par les banques. Les intermédiaires financiers collectent les fonds des ACF et les prêtent aux ABF. Le financement non monétaire correspond à la transformation de l'épargne de certains agents en financement pour d'autres.
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III. Le financement des entreprises
Pour produire, les entreprises ont besoin de trouver des ressources financières car leurs dépenses sont, en général, supérieures à leurs ressources : elles ont un besoin de financement. Les entreprises ont un besoin de financement car leur épargne ne permet pas de couvrir tous leurs investissements. Cette situation les oblige à rechercher des personnes qui ont une épargne et souhaitent l’investir.
Plusieurs options s'offrent à elles :
- L'autofinancement : les bénéfices non distribués constituent la principale source de l'autofinancement des entreprises.
- Le financement par le capital : les entreprises ayant un besoin de financement font appel à leurs propriétaires ou à de nouveaux investisseurs en faisant une augmentation de capital.
- Le financement par l'endettement : les entreprises peuvent s'endetter en contractant un emprunt auprès des établissements de crédit. Cette opération constitue un financement indirect ou intermédié. Elles peuvent également lancer un emprunt obligataire sur le marché des capitaux, si elles sont cotées sur ce marché.
Les grandes entreprises ont un accès aisé au marché financier.
IV. Le financement des ménages
Les ménages s'endettent auprès des institutions financières pour financer des biens de consommation et des biens immobiliers. Les biens de consommation sont financés par des crédits à court ou moyen terme et à taux élevés. Les biens immobiliers sont financés par des crédits à long terme et à taux faibles.
Un ménage est en capacité de financement si son revenu disponible est supérieur à ses dépenses. La part du revenu qui n'est pas consommée est l'épargne. Un ménage est en besoin de financement lorsque des sommes dépensées pour un investissement (par exemple immobilier) sont supérieures à son revenu disponible et son épargne.
La capacité de financement des ménages correspond à l'épargne, c'est-à-dire la partie du revenu disponible qui n'est pas consommée.
Afin de financer leurs projets, notamment immobiliers, les ménages doivent souvent s'endetter, car leur épargne n'est pas suffisante. Ils ont alors des besoins de financement.
Collectivement, pris tous ensemble, les ménages sont en capacité de financement grâce à leur épargne.
V. Le financement de l'État
Les administrations regroupent toutes les organisations dont l’activité principale consiste à produire des services non marchands et à effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales.
Pour financer son budget, l'État dispose de ressources constituées à plus de 90 % de recettes fiscales. Le solde budgétaire de l’État permet de déterminer sa situation financière. Si les recettes de l’État sont supérieures à ses dépenses, le budget de l’État est en excédent. En revanche, si les dépenses sont supérieures aux recettes, le solde budgétaire est déficitaire.
Le financement sur fonds propres : pour financer son budget, l'État dispose de ressources constituées à plus de 90 % de recettes fiscales.
Le financement par l'endettement : le trésor public émet des titres de dette qui sont achetés par des investisseurs. Les transactions s'effectuent sur le marché obligataire.
La différence entre les recettes et les dépenses de l'État donne le solde budgétaire de l'État. Ce solde peut être excédentaire (lorsqu'il est positif) ou déficitaire (lorsqu'il est négatif). En cas de déficit budgétaire, l'État peut emprunter pour financer ses dépenses.
La gestion du budget de l'État a un impact important sur l'économie. Les politiques de relance entretiennent la consommation et la croissance. Cependant, lorsque l'État émet des obligations, les investisseurs vont se tourner vers ces investissements, considérés comme sûrs, et délaisser les actions ou obligations d'autres agents économiques : c'est l'effet d'éviction.
Certains sont partisans d'adopter une politique de relance : il s'agit d'augmenter les dépenses publiques malgré un solde déficitaire dans le but de stimuler la consommation des ménages et d'accélérer ainsi la croissance économique. Cette politique permet notamment d'atténuer les effets d'une période de faible croissance ou de récession.
Voici un tableau récapitulatif des sources de financement des agents économiques :
| Agent économique | Sources de financement |
|---|---|
| Ménages | Épargne, crédits bancaires (biens de consommation, immobilier) |
| Entreprises | Autofinancement, augmentation de capital, emprunts bancaires, émission d'obligations et d'actions |
| État | Recettes fiscales, émission de titres de dette (obligations) |
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