Ouvrir un Snack en Auto-Entrepreneur : Les Formalités Essentielles en France
Vous envisagez de vous lancer dans l'aventure de la restauration rapide et de rejoindre les 88 000 établissements du secteur ? Pour cela, vous devez suivre les étapes élémentaires que nous allons détailler dans cet article. Alors, comment ouvrir un snack conforme aux réglementations ? Comment choisir le bon concept et trouver des financements ?
Un snack se définit comme une forme de restauration rapide. Il s’agit de proposer à la clientèle des plats non élaborés, qui le plus souvent se limitent au réchauffage de préparations culinaires standardisées, sans transformation des matières premières. Un snack peut ainsi servir des hamburgers, des sandwichs, des pizzas, des tacos, des viennoiseries, des glaces et autres aliments de la même catégorie. Pour ouvrir ce type d’établissement de restauration, il n’est pas nécessaire d’avoir des qualifications spécifiques ou de justifier d’une expérience professionnelle. Cette règle vaut quel que soit le concept de restaurant rapide que vous envisagez de créer.
Longtemps considéré comme une forme de malbouffe, le snacking a progressivement transformé son image à mesure qu’il s’intégrait aux habitudes de consommation des Français. Non seulement les repas économiques et nomades ont désormais la cote, mais l’offre s’est aussi largement diversifiée en incorporant des produits haut de gamme, des aliments plus sains et des concepts innovants.
Avant même de lancer votre processus d’ouverture de snack, vous devez donc faire un premier choix d’une importance cruciale : vaut-il mieux rejoindre un réseau ou démarrer comme indépendant ? Le secteur de la restauration rapide est dominé par les franchises : il existe environ 230 chaînes en France pour un total de près de 6 400 franchisés.
La franchise est une bonne solution pour commencer une affaire, tout simplement parce que le public connaît déjà la marque. Cela vous permet d’économiser sur les investissements marketing, tout en profitant des outils commerciaux et des supports de communication du groupe (voire d’un accompagnement plus poussé passant par des formations ou des ateliers).
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L’indépendance vous donne tout contrôle sur la gestion de votre snack, depuis le choix du concept initial jusqu’à la stratégie de communication à établir, en passant par les plus menus détails (comme la décoration du local ou la couleur des menus). Vous avez toute liberté pour forger votre enseigne à votre guise et lui donner une identité propre.
Définir Votre Projet et Réaliser une Étude de Marché
Comment ouvrir un snack ? Pour créer votre snack sous le statut de freelance ou dans le cadre d’une société (avec ou sans diplôme en votre possession), vous devez suivre les mêmes étapes que pour ouvrir un restaurant. Il faut définir votre projet afin de vous différencier de vos concurrents, réaliser une étude de marché et un business plan afin d’évaluer la rentabilité du projet, trouver le bon local (au bon loyer) et acheter les équipements indispensables, puis choisir le statut juridique adapté (entrepreneur individuel, EURL, SARL ou autre) et immatriculer votre entreprise.
La restauration se caractérise aussi par la rigueur de sa réglementation, notamment en matière d’hygiène alimentaire et d’accessibilité des locaux, et par les coûts importants à prévoir, qui nécessitent un investissement conséquent (avec un apport significatif si vous comptez sur l’emprunt bancaire) et un suivi strict de la trésorerie. Enfin, la clé de la réussite réside également dans la qualité des produits utilisés, et donc des fournisseurs avec lesquels vous travaillez.
La restauration rapide se développe en tirant parti de l’évolution des modes de consommation et en proposant des options toujours plus variées aux clients. Par conséquent, les établissements se multiplient et la concurrence se fait de plus en plus rude. Autrement dit : prenez le temps de définir votre projet d’ouverture de snack bien en amont. Interrogez-vous sur la nature des produits que vous voulez vendre et sur le profil des clients que vous cherchez à toucher.
Quelles sont vos options ? Vous pouvez décider d’ouvrir une sandwicherie, de créer un fast-food classique avec burgers et frites, de mettre en place un snack-bar, de proposer des cuisines thématiques (cuisine du monde, healthy food ou autre), de lancer un coffee shop ou un salon de thé. Que veulent les clients sur le secteur où vous envisagez de vous installer ? Quel est le niveau de la concurrence ? Quels sont les prix moyens pour des produits équivalents, et de quelle marge de manœuvre disposez-vous ? Ce sont quelques-unes des nombreuses questions auxquelles votre étude de marché vous aidera à répondre.
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Cette analyse approfondie du marché est incontournable parce qu’elle vous permet de poser les bases de votre projet, de choisir un emplacement pour l’ouverture de votre restaurant, d’identifier vos partenaires potentiels, et de cibler les produits susceptibles d’attirer des clients. De son côté, le business plan sert à présenter et à chiffrer votre projet, mais aussi à démontrer sa viabilité financière aux futurs investisseurs.
Choisir l'Emplacement Idéal
Inutile de préciser que l’emplacement est l’un des principaux critères de succès pour un établissement de restauration. Quelle que soit la situation géographique privilégiée (centre-ville, rue passante, centre commercial, zone d’activité), il faut de préférence vous installer près d’un vivier de clients potentiels. Par exemple, des consommateurs, des entreprises, des écoles ou d’autres commerces, des accès routiers.
Sélection du Statut Juridique
Quelle forme juridique donner à votre restaurant ? L’entreprise individuelle vous permet de créer une activité en votre nom, sans constituer de personne morale distincte. Ce choix simplifie grandement les formalités de création, puis de gestion administrative, fiscale et sociale. Il n’y a pas de statuts à rédiger, ni d’annonce à publier, ni de capital social à verser.
La société commerciale vous permet de profiter d’un statut plus solide et sécurisant, caractérisé par une responsabilité limitée aux apports et par des statuts qui régissent le fonctionnement de la structure. Vous avez la possibilité de vous associer pour constituer une SARL ou une SAS, ou de rester le seul associé au sein de votre société (entreprise ou société unipersonnelle). Aucun capital social minimum n’est exigé, mais les formalités de création et de gestion sont plus complexes.
Le choix du statut est d’autant plus important qu’il aura un impact majeur sur la fiscalité de votre entreprise et sur la nature de votre protection sociale en tant que dirigeant.
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Statut juridique de votre entreprise : comment faire le bon choix ?
Il existe 3 choix possibles : société, entreprise individuelle (EI), micro-entreprise.
Société :
Choisir de créer une société est approprié si vous souhaitez vous associer (SAS, SARL). Mais pas seulement, car vous pouvez aussi créer une société dont vous serez l'unique associé (SASU et EURL).
Les banques peuvent être davantage prêtes à vous soutenir si vous choisissez le statut de société plutôt que celui de l'entreprise individuelle (EI).
L'inconvénient peut résider dans une plus grande complexité des démarches administratives et comptables. Cependant, à moyen terme, cette difficulté peut être contrée par exemple en faisant appel aux services d'un comptable, ou par une plus grande expérience dans la gestion de votre entreprise.
La société est une forme adaptée si votre activité se développe.
Entreprise individuelle (EI) :
Vous exercez votre activité en nom propre et prenez seul toutes les décisions qui concernent votre entreprise. Avec ce statut, il n’est pas possible d’avoir un associé.
Les démarches pour créer une entreprise individuelle (EI) sont simples, rapides et peu coûteuses. En effet, vous n'avez pas de statuts à rédiger ni de capital social à déposer.
Les obligations comptables sont limitées : seuls le livre journal, le grand livre et le livre d’inventaire doivent être tenus à jour.
En cas de dettes professionnelles, vous bénéficiez d'une protection sur votre résidence principale. Cependant vous pouvez être amené à rencontrer des situations (investisseurs, banques, etc.) qui exigent des garanties sur vos biens personnels. Vous pouvez consulter notre fiche sur la saisie du patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel.
Micro-entrepreneur :
La micro-entreprise est synonyme de l'auto-entreprise. Il s'agit d'une entreprise individuelle (EI) bénéficiant d'un régime fiscal et social simplifié.
Ce régime s'adresse aux entrepreneurs individuels qui réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 188 700 €. Si votre activité commence à se développer et que votre CA annuel dépasse ce montant, vous passez automatiquement dans le statut de l'EI.
Ce statut se caractérise par la simplicité des démarches administratives. Le coût de la création est faible. Les formalités comptables sont restreintes. Par exemple, vous n'êtes pas obligé de fournir des liasses fiscales ni de publier vos comptes annuels.
Par ailleurs, ce statut permet de facturer vos produits sans la TVA (franchise en base de TVA), donc de pratiquer des prix moins élevés. Le revers de cet aspect est l'impossibilité de déduire la TVA sur vos achats professionnels, par exemple sur l'achat de matériel.
Ce statut est adapté aux entrepreneurs débutants dont l'activité ne génère pas beaucoup de chiffre d'affaires.
À noter L'Urssaf propose un simulateur pour vous aider à choisir le statut juridique de votre entreprise grâce à une projection financière personnalisée des coûts sociaux et fiscaux.
Respecter les Réglementations et Formalités Administratives
Les formalités de création d’entreprise ont été grandement simplifiées avec la mise en place du guichet unique des formalités des entreprises. L’ouverture d’un restaurant (rapide ou non) suppose de se conformer à un cadre réglementaire strict qui touche à des sujets aussi différents que les normes sanitaires, la vente d’alcool ou la sécurité des locaux. Parce qu’un snack est un établissement de restauration, vous êtes soumis aux mêmes règles que tous les restaurateurs, notamment au regard des normes sanitaires à respecter en cuisine. Cette formation dure au minimum 14 heures (dont au moins 2 heures en présentiel) et coûte entre 200 et 500 €.
Si vous proposez à la vente des denrées d’origine animale, vous devez obligatoirement en faire la déclaration auprès de la DDPP (direction départementale en charge de la protection des populations) via ce formulaire. Tout aussi indispensable : l’assurance responsabilité civile professionnelle. Tous les locaux destinés à accueillir des clients tombent sous le coup des règles relatives aux ERP (établissements recevant du public). Garantir la sécurité des personnes contre les incendies en respectant des normes strictes : mise en place d’un dispositif d’alarme, existence d’une issue de secours clairement signalée, contrôle des appareils de cuisson et de chauffage ainsi que des installations électriques. En second lieu, il vous faut obtenir une autorisation d’occupation temporaire (AOT) afin d’avoir le droit d’occuper une partie de l’espace public, comme un trottoir ou une place.
Le professionnel qui vend des denrées alimentaires contenant des produits d’origine animale doit effectuer une déclaration auprès de la DDCPP (Direction Départementale en Charge de la Protection des Populations).
Le professionnel qui exerce son activité dans un véhicule (camion pizza par exemple) doit répondre à toutes les normes applicables aux établissements recevant du public. De plus, toutes les normes d’hygiène et de sécurité sanitaire applicables aux activités de restauration doivent être appliquées et respectées.
L’ouverture d’un établissement de restauration rapide implique de souscrire plusieurs contrats d’assurance. Tout d’abord, il faut assurer le local et le matériel qui s’y trouve. Ensuite, une assurance responsabilité civile est également nécessaire.
Vous devez immatriculer votre restaurant, c'est-à-dire déclarer son existence et votre activité. sur le site internet du Guichet des formalités des entreprises.
À la suite de cette déclaration, votre restaurant est inscrit et immatriculé sur le RNE et le RCS. Cette inscription prouve son existence juridique.
Vous allez recevoir alors un numéro unique d'identification (Siren), un Siret et un justificatif d'immatriculation.
On vous explique en détail la formalité d'immatriculation dans nos pages dédiées. La formalité diffère selon si vous immatriculez une microenteprise, une entreprise individuelle (EI) ou si vous immatriculez une société.
Vous devez déclarer votre activité et l'identité de votre restaurant à la mairie où il est situé.
Cette déclaration doit être effectuée 15 jours minimum avant l'ouverture de votre restaurant.
Cette déclaration se fait en remplissant le formulaire suivant : Déclaration d'un restaurant ou d'un débit de boissons à consommer sur place ou à emporter pour l'obtention d'une licence (vente d'alcools)
Budget et Financement
Le budget pour ouvrir un snack dépend de l’emplacement, de la taille du local et de la nature du concept. Comptez en moyenne 10 000 à 40 000 € pour l’aménagement et l’équipement, entre 3 000 et 15 000 € pour la location des murs, de 2 000 à 5 000 € pour constituer le stock de départ, entre 1 000 et 3 000 € de frais de création d’entreprise, et autant pour la stratégie marketing.
Aucun diplôme n’est obligatoire pour ouvrir un établissement de restauration rapide, ni aucune expérience professionnelle. Pour autant, il est indispensable de suivre une formation HACCP (consacrée aux règles sanitaires entourant la manipulation des denrées alimentaires) : au moins une personne de l’équipe doit justifier d’une attestation de formation.
Si vous choisissez d’ouvrir une enseigne franchisée, il vous faudra prévoir un apport et le paiement des droits d’entrée en plus de l’investissement de départ. Vous pouvez solliciter un prêt bancaire sur la base de votre business plan. Dans ce cas, la présence d’un apport personnel est recommandée. Enfin de nombreux entrepreneurs font appel au crowdfunding ou financement participatif pour faire aboutir leur projet. Il existe des plateformes dédiées, et vous pouvez faire bénéficier les donateurs de contreparties (le montant investi donne droit à un produit offert).
Pour ouvrir un snack, vous aurez besoin d’obtenir un permis d’exploitation. Il s’acquiert par le suivi d’une formation de 20h dispensée par un organisme agréé.
Un snack atteint son seuil de rentabilité lorsque son CA est supérieur à la totalité de ses dépenses. Pour qu’il soit rentable, vous devrez bien étudier votre business plan en amont, et fixer correctement vos tarifs pour dégager une marge suffisante.
Le budget nécessaire pour ouvrir un fast-food varie selon que vous choisissez une enseigne franchisée ou que vous êtes indépendant. Comptez de 10.000 à 30.000 euros pour un fast-food indépendant.
Le Statut d'Auto-Entrepreneur : Une Option Simplifiée
Comme pour divers domaines d’activités, le statut d’auto-entrepreneur s’ouvre aussi à la restauration. Effectivement, le restaurateur peut choisir le statut d’auto-entrepreneur pour démarrer son activité. Il est notamment apprécié dans le monde de l’entrepreneuriat pour les nombreux avantages et améliorations apportés au niveau de son régime juridique et de sa fiscalité.
Généralement sous le régime de SAS ou de SARL, la restauration peut aussi s’exercer sous le régime d’auto-entrepreneur. En effet, le choix du régime d’auto-entrepreneur implique une limitation du chiffre d’affaires et du nombre d’embauches. En effet, depuis le changement de dénomination du statut d’auto-entrepreneur en micro-entrepreneur, cette option offre des avantages rendant le statut plus intéressant pour le lancement d’une activité.
Premièrement, le statut d’entrepreneur individuel permet à un professionnel de vivre librement sa passion et de choisir les contrats qu’il souhaite prendre ou non. Ainsi, il lui est possible de travailler depuis sa propre cuisine. S’il s’agit d’un prestataire de service, il est libre de choisir ses horaires. N’impliquant pas les mêmes contraintes que la restauration classique, la restauration en auto-entreprise confère plus de liberté en matière de fiscalité et de réglementations sanitaires.
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