Comment réagir face à la franchise brutale d'un partenaire amoureux
Une relation amoureuse qui se termine brutalement est difficile à encaisser et il peut être (très) long de s'en remettre. Que faire pour aller de l'avant ? Comment passer à autre chose ?
Pourquoi une rupture brutale fait-elle si mal ?
Une rupture n'est jamais facile à encaisser. Quand elle est brutale, elle peut laisser des séquelles. L'autre s'en va et emporte tout sur son passage. De nombreux symptômes peuvent survenir : angoisse, perte d'appétit, de sens… Il est alors difficile de sortir la tête de l'eau.
Selon les chercheurs de l'université de Cornell à New-York, une cause spécifique de rupture serait la plus douloureuse. Les résultats qui ont été révélés dans la revue Personality and Social Psychology Bulletin, indiquent que se faire quitter pour quelqu'un d'autre, serait la cause la plus brutale. La raison derrière cela, réside dans les sentiments que cela renvoie : la peur d'être abandonné, la remise en question incessante, se demander ce que l'autre a de plus que soi.
Claire Petin ajoute "se faire quitter par quelqu'un qui était proche du couple". Pareillement, la psychologue mentionne le fait de se faire quitter sans explication, par ghosting, avec un effet de surprise. "Derrière ces ruptures, il y a souvent une communication défaillante, une perte d'intérêt pour l'autre, de la lassitude et de l'ennui, un manque d'engagement et de projets communs, une intimité en berne, de l'infidélité…", commente-t-elle.
"La rupture amoureuse brutale peut être la cause d'une crise existentielle : on perd ses repères, ses habitudes, on peut avoir l'impression que tout s'écroule, que la vie n'a plus de sens, que l'on va devoir tout reconstruire" annonce Claire Petin. Voulue ou subie, la rupture amoureuse engendre une grande souffrance qu'il ne faut pas banaliser. Elle est souvent comparée aux étapes du deuil.
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Nombreuses sont les études qui pointent du doigt les zones cérébrales activées lors d'une douleur émotionnelle, qui sont les mêmes que lorsque l'on ressent une douleur physique. Claire Petin rappelle que l'amour est une question de chimie "les neurotransmetteurs et les hormones jouent un rôle clé, également lors d'un chagrin d'amour". "Sous l'effet du stress, les taux de cortisol et d'adrénaline augmentent, plaçant le corps en état d'alerte permanent, la pression sanguine accroît et le rythme cardiaque est plus élevé", développe Claire. Ainsi, la baisse de la sécrétion des "hormones du bonheur" - ocytocine et dopamine, affecte le système immunitaire.
Quand la franchise devient violence émotionnelle ou comportement toxique
Le swerving est une attitude qui se caractérise par un détachement brutal du partenaire. La personne s'investit de moins en moins dans la relation amoureuse. Ce comportement lâche et toxique peut avoir un grand impact sur l'estime de soi de la victime délaissée.
La thérapeute Emma Hathorn définit le swerving comme des changements dans les modes de communication : le ou la partenaire fait, au départ, preuve d'une grande attention et d'intérêt pour l'autre mais "au fur et à mesure que le swerving se ressent, son comportement devient incohérent, voire distant". Pour identifier le swerving, il existe quelques signes : le changement d'attitude est soudain. Le partenaire prend ses distances, son attitude est de plus en plus froide, la communication est limitée, il montre moins d'enthousiasme. La thérapeute donne d'autres signes comme "l'annulation de projets sans explication, voire l'abandon total de l'autre personne".
Cette attitude toxique et lâche, de se détourner de son partenaire sans lui faire part de ses doutes ou de son envie de rupture, peut être dévastatrice pour l'estime de soi. "La victime peut se sentir désorientée et se demander ce qui a mal tourné", explique Emma Hathorn. La personne délaissée va alors se poser des questions, se remettre en question, se demander si elle n'est pas responsable du comportement de son partenaire, et le prendre personnellement.
La violence émotionnelle et le comportement irrespectueux se manifestent aussi par des attaques verbales constantes, l'intimidation, la critique permanente, le harcèlement, ainsi que des interactions plus subtiles telles que la manipulation et la honte. Reconnaître ces signes est le premier pas vers la prise en charge.
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Premières attitudes à adopter après une franchise brutale
- Identifier et accepter ses émotions. "Accepter ses émotions, ça ne veut pas dire accepter la rupture", confit la psychologue. Il faut observer ce qu’il se passe quand il y a un inconfort. L’exercice est difficile mais cela s’apprend.
- Se concentrer sur soi-même et écouter ses envies. Durant cette période de vide, prendre le temps de se concentrer sur soi-même. "La rupture est une occasion de faire le point, de reconsidérer ses besoins, ses envies."
- S'habituer à l'absence de l'autre. Lorsque l'on se retrouve seul après avoir vécu à deux, le fantôme de l'ancien partenaire peut rôder. Si vous souhaitez conserver le logement dans lequel vous avez des souvenirs, vous pouvez le redécorer, déplacer les meubles.
- Prendre le temps et ne pas se fixer d'échéance. "Il faut prendre son temps et être à l'écoute de ce qui se passe en nous. Il n'y a pas de délai idéal pour 'passer à autre chose'", développe la psychologue.
- Solliciter ses proches. C'est dans les moments les plus difficiles, que l'on a un aperçu des personnes qui sont présentes dans notre vie. Demandez de l'aide à vos amis et à votre famille et acceptez leurs mains tendues.
- Prendre ses distances numériques. La tentation peut être très grande de scruter ses réseaux sociaux, de rentrer en contact avec lui/elle. Mais si ces attitudes peuvent soulager un besoin immédiat, elles ne sont pas saines. La psychologue recommande alors de supprimer son ex des réseaux sociaux, de bloquer son numéro et d'effacer toutes photos et vidéos souvenirs de la relation.
- Demander de l'aide professionnelle si nécessaire. Si la rupture est trop difficile à accepter, qu'elle vient remuer de nombreuses choses et que l'on sent sa santé mentale défaillir, il ne faut pas hésiter à se tourner vers un psychologue ou un psychiatre. "Une rupture amoureuse brutale peut venir raviver certains traumatismes infantiles et faire émerger des blessures d'abandon, de rejet", ajoute la psychologue.
Comment gérer la communication et les conflits pour éviter les ruptures brutales
Les conflits sont des questions récurrentes au sein d'un couple. Un conflit prend naissance dans un désaccord. Selon la maturité émotionnelle de chaque partenaire, il tourne à la dispute ou reste à un degré plus léger, du moins sans agressivité.
Êtes-vous à l’aise face à un conflit ? Quelle est votre réaction lorsque le ton de la conversation monte ? Dans le couple, certains d'entre nous ont tendance à fuir le conflit. Dès que la dispute apparaît, voici les comportements qui jaillissent alors : mutisme, fuite, changement de sujet brutal.
Fuir la discussion est un comportement souvent comparé à une forme de lâcheté par le partenaire qui se sent alors délaissé ou absolument pas respecté. Une personne va avoir tendance à fuir les conflits quand elle sent qu'elle va perdre ou qu'elle est sûre de perdre quelque chose à l'issue de la discussion… Ou bien alors, lorsqu'elle ne se sent pas du tout à l'aise pour exprimer son point de vue.
Le manque de confiance en soi rend difficile la prise de parole, même dans l'intimité de son propre couple. La négativité prend le dessus. Il est difficile d'oser exprimer ses besoins et de nommer ses émotions. Le stress induit par toute situation conflictuelle va empirer tout ça. Tout conflit est alors perçu comme une menace et engendre une peur.
Une fuite face à la discussion peut également puiser son origine dans notre histoire personnelle. Différentes situations de la petite enfance, de l'enfance ou de l’adolescence créent des blessures émotionnelles. Que cette souffrance vienne d’un traumatisme profond dû à une histoire familiale délicate ou non, elle est réelle et toujours présente sous la forme d’une blessure d'abandon par exemple.
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La bonne nouvelle : il est possible d'apprendre à mieux communiquer. Le couple n’est pas un ring. Il est tout à fait possible de discuter ensemble, posément, calmement d’un sujet sur lequel vous n’êtes pas d’accord.
Conseils pratiques pour améliorer la communication
- Reprendre la communication à sa place au sein du couple permet de gérer les conflits et d’éviter la fuite en avant.
- Apprendre à exprimer ses besoins sans accusation : dire "je" plutôt que "tu" pour éviter l'escalade.
- Accueillir les désaccords comme normaux ; il est possible de vivre ensemble sans être d'accord sur tout.
- Prendre conscience des schémas répétitifs : si un schéma de rupture se répète, il peut être utile de l'explorer en thérapie.
- Si vous et votre partenaire rencontrez des difficultés que vous n’arrivez pas à résoudre par vous-mêmes, il est peut-être temps de chercher de l’aide professionnelle.
Reconnaître une relation dysfonctionnelle ou abusive
Sans respect, il n’y a pas d’amour. Ne le croyez pas si quelqu’un vous dit qu’il vous aime mais vous traite mal. Si ses paroles et son comportement sont en contradiction, croyez son comportement !
Le manque de respect peut se manifester par : ne pas écouter activement son partenaire (regarder son téléphone quand l’autre parle), couper la parole, négligence dans la répartition des tâches, critiques constantes, comparaisons négatives, hiérarchie du pouvoir et déséquilibre. Les limites ne sont pas respectées et les concessions à sens unique finissent par créer des tensions et un déséquilibre.
La violence psychologique peut être insidieuse : humiliation, dévalorisation, contrôle, isolement, gestion des finances pour limiter l'indépendance, minimisation des comportements abusifs. L’un des caractères marquants de l’individu violent est son incapacité à rire de lui-même et le fait de ne pas supporter que l’on se moque ou qu’on le taquine. Il peut devenir violent face à tout ce qu’il considère comme manque de respect, et peut avoir une conception très large du manque de respect.
Pour sortir de cette violence émotionnelle, la première étape est de reconnaître ce qui nous arrive. Un psychologue spécialisé dans les problématiques de couple et dans le traitement des relations abusives vous aidera à vous positionner par rapport à vos doutes, vos souffrances, vos angoisses et interrogations.
Se reconstruire et préparer l'avenir
La psychologue Virginie Verdois rappelle l'importance d'opérer un travail sur soi avant de se lancer dans une nouvelle relation. Sans reconstruction, il sera difficile de revivre à nouveau quelque chose sur le plan amoureux. Pour cela, le temps est un allié et œuvre discrètement à la guérison de notre cœur.
Après la phase de délivrance, une rupture est aussi une occasion de faire le point sur ses envies. "On peut se demander comment on veut vivre sa vie, ce que l’on ne veut plus. Et, plus on va positiver et croire en de belles choses, plus la rencontre arrivera", ajoute l'experte.
Si vous avez identifié que vous êtes dans une relation intime dysfonctionnelle, il y a de bonnes nouvelles : vous pouvez changer et vous n’êtes pas coincé ! Dans un premier temps, vous pouvez partager votre situation avec une personne de confiance. Si cela ne suffit pas, chercher des conseils professionnels pour vous débarrasser de ces interactions dysfonctionnelles est recommandé.
Rupture | Le défi de survivre
Points-clés à garder en tête
- Identifier et accepter ses émotions est la première étape pour guérir.
- Protéger sa santé mentale : demander de l'aide quand la situation dépasse ses ressources personnelles.
- Éviter les comportements qui entretiennent la douleur (surveillance des réseaux sociaux, tentatives de contact répétées).
- Travailler la communication et la confiance en soi pour prévenir la fuite ou le mutisme lors des conflits.
- Reconnaître les signes d'une relation toxique ou violente et agir en conséquence, y compris en mettant des limites ou en quittant la relation.
Vous tombez amoureux, c’est magique ! Tout est parfait... Puis, lentement, des fissures apparaissent. Les relations parfaites n’existent pas. Si vous éprouvez des difficultés dans votre relation intime plus de 20 % du temps, il y a peut-être quelque chose qui cloche. Une communication constructive doit se faire dans le calme, le respect et l’honnêteté.
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