SARL vs SAS: Avantages et Inconvénients
Vous hésitez entre une SAS et une SARL ? Vous n’êtes pas l’unique personne dans ce cas ! Ces deux formes juridiques sont souvent en concurrence lorsqu’il s’agit de créer une société. Pourtant, il s’agit de 2 structures juridiques au fonctionnement bien différent. Et il faut mieux le savoir avant de se lancer.
Alors, quelles sont les différences entre une SAS et une SARL ? Comment faire le meilleur choix ? Shine vous aide à trouver la structure juridique la plus adaptée à votre projet.
SAS ou SARL : la meilleure option en 2025 ?
La Responsabilité
La SAS (société par actions simplifiée) et la SARL (société à responsabilité limitée) sont deux types de sociétés commerciales présentant une responsabilité limitée au montant des apports. Shine a rédigé le guide ultime pour faire le bon choix de statut juridique !
Cela signifie qu’en cas de dettes, les associé·es ou actionnaires ne sont tenu·es aux dettes qu’à hauteur de leurs apports respectifs, et jamais sur leurs biens personnels. C’est évidemment un gage de sécurité !
Les Démarches de Création d'Entreprise
Pour créer une SAS ou une SARL, vous devez effectuer un certain nombre de formalités :
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- rédiger des statuts ;
- constituer et déposer votre capital social ;
- publier une annonce dans un journal d’annonces légales ;
- compléter le formulaire en ligne sur le site du guichet unique de l’INPI (ancien M0) ;
- joindre les pièces justificatives afin de demander votre immatriculation au registre du commerce et des sociétés…
On ne peut pas vraiment dire qu’il y ait de différences notables entre la SAS et la SARL, si ce n'est un coût très légèrement plus élevé en SAS.
La SAS et la SARL sont deux formes de société pluripersonnelle.
💰 Le coût de création d’une SAS et le coût de création d’une SARL sont à peu près identiques (de 200 € minimum pour une SARL à 300 € minimum pour une SAS).
Apports et Capital Social
En SAS, le capital social est divisé en actions. En SARL, le capital social est divisé en parts sociales.
La création de la SAS peut être réalisée avec 1 € symbolique de capital. Aucun capital minimum n’est requis : 1 € suffit pour créer une SARL.
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Le capital est constitué :
- des apports en numéraire ;
- des apports en nature.
Les apports en industrie sont possibles mais ne concourent pas à la formation du capital.
En SAS, vous devez libérer au moins 50 % des apports lors de la création. Le reste doit être libéré dans les 5 ans suivant l’inscription de la SAS au greffe.
En SARL, vous devez verser au moins 20 % du capital à la création de la société. Le reste doit être libéré sous 5 ans.
La SAS et la SARL ne se distinguent que sur un point : le montant devant être versé à la création de la société (20 % en SARL et 50 % en SAS).
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Dirigeant et Associés
En SAS, un·e président·e personne physique ou personne morale dirige la société avec un nombre d’actionnaires illimité. En SARL, il s’agit d’un·e gérant·e obligatoirement personne physique. Le nombre d'associé·es est limité à 100 et la SARL peut être dirigée par plusieurs gérant·es.
Direction de la SAS
En SAS, le nombre d’associé·es est illimité. Ces derniers participent aux assemblées générales et possèdent différents droits (droit de vote, droit d’information et droit au partage des bénéfices). On rencontre également souvent des pactes d’actionnaires, c’est-à-dire un contrat confidentiel entre certain·es actionnaires visant à compléter les dispositions des statuts et à s’octroyer des droits supplémentaires.
La SAS est obligatoirement dirigée par un·e président·e de SAS qui représente la société auprès des tiers. Ce président ou cette présidente peut être une personne physique ou une personne morale.
Le ou la président·e est seul·e aux commandes. Mais vous pouvez vous doter si vous le souhaitez de directeurs généraux ou de directrices générales, d’un conseil d’administration, etc.
Direction de la SARL
En SARL, le nombre d’associé·es est de 2 à 100 personnes maximum. Leur pouvoir est identique à ceux des associé·es de SAS.
Le ou la gérant·e de la SARL représente la société auprès des tiers. Il s’agit obligatoirement d’une personne physique. À la différence d’une SAS, la SARL peut être dirigée par plusieurs gérant·es (co-gérance).
🧑🤝🧑Le ou la conjoint·e du gérant ou de la gérante de la SARL peut opter pour le statut de conjoint-collaborateur qui lui offre une protection sociale. Ce statut n’est pas ouvert en SAS même si d’autres possibilités existent (statut de conjoint associé en SAS ou de conjoint salarié).
Fonctionnement Quotidien
La SAS est une structure souple où vous pouvez définir la plupart des règles de fonctionnement. En SARL, c’est l’inverse : la loi encadre le fonctionnement de la société et vous laisse moins de marge de manœuvre.
Fonctionnement Souple en SAS
La SAS est la structure juridique flexible par excellence, c'est d'ailleurs l'un des grands avantages de la SAS !
Vous avez une entière liberté de choix (ou presque) dans la rédaction des statuts de la société car il y a peu de règles à respecter. En clair, vous pouvez définir les modalités de vote aux assemblées, les pouvoirs du ou de la dirigeant·e, créer des catégories d’actions conférant des droits différents aux actionnaires, etc.
☠️Cette liberté peut aussi être un cadeau empoisonné ! Les statuts de la société doivent être rédigés sans erreur ni omission. Sinon, cela peut engendrer des risques de blocages ou des difficultés futures. Si vous optez pour la SAS, nous vous conseillons vivement de faire appel à un·e professionnel·le du droit pour rédiger les statuts d’une SAS.
Fonctionnement Réglementé en SARL
À l’inverse, la SARL est une structure juridique encadrée par la loi. En SARL, vous êtes tenu·e de respecter de nombreuses règles légales :
- conditions de vote en assemblée générale ordinaire et en assemblée générale extraordinaire (majorité, quorum…) ;
- nomination, démission ou révocation du dirigeant ou de la dirigeante…
Comme pour la SAS, c’est à la fois un avantage et un inconvénient. D’un côté, la SARL est une structure sécurisante qui permet aux associé·es de savoir où ils vont et d'éviter les déconvenues. De l’autre, elle peut s’avérer trop rigide pour se plier à tous les projets, surtout si vous souhaitez vous développer rapidement. D’ailleurs, la SARL est souvent privilégiée lorsqu’il y a peu d’associé·es ou dans les projets familiaux (SARL de famille).
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Régime Social
En SAS, le ou la présidente est assimilé salarié s'il ou elle se rémunère, ce qui implique une bonne protection sociale mais des charges sociales élevées. En SARL, le régime social du ou de la gérante dépend du nombre de parts détenues dans la société : assimilé salarié s’il est minoritaire ou égalitaire et travailleur non salarié (TNS) s’il est majoritaire.
Président Assimilé Salarié en SAS
C’est l’une des particularités majeures de la SAS par rapport à la SARL. Le ou la président·e de la SAS a le statut d’assimilé salarié, un statut social proche de celui d’un·e salarié·e.
👉 Concrètement, cela signifie que :
- le ou la président·e paie des charges sociales en SAS plus élevées qu’un travailleur non-salarié : elles représentent environ 82 % de sa rémunération brute ;
- il ou elle bénéficie d’une protection sociale plus étendue que celle d’un travailleur ou d’une travailleuse non-salarié·e.
Seul bémol par rapport à un·e salarié·e, il n’a cependant pas le droit à l’assurance chômage. D’un point de vue comptable, il est aussi nécessaire d’établir des bulletins de paie.
💡Un·e président·e de SAS peut aussi choisir de ne pas se rémunérer. Auquel cas, il ne bénéficiera d'aucune protection sociale et n'aura pas de charges sociales à payer.
Gérant Travailleur Non-Salarié en SARL
Le gérant ou la gérante de la SARL peut avoir différents statuts sociaux :
- s’il est gérant majoritaire (c’est-à-dire qu’il détient plus de la moitié des parts sociales dans la SARL), il sera travailleur non-salarié (TNS) ;
- s’il est gérant minoritaire ou égalitaire (il détient moins de la moitié des parts sociales de la SARL ou une partie égale), il sera considéré comme assimilé salarié.
Le ou la gérante TNS cotise à hauteur d’environ 45 % de sa rémunération. Les charges sociales en TNS sont donc plus faibles mais votre protection sociale l’est aussi. Elle est notamment moins bonne en matière de retraite ou d’accident du travail. En l’absence de rémunération, le ou la gérante TNS doit également s’acquitter de cotisations minimales.
Vous pouvez tout savoir sur les charges en SARL ici.
Régime Fiscal
Pas de différences sur la fiscalité des bénéfices. Pour les dividendes, la seule différence tient à la taxation plus importante des dividendes du ou de la gérant·e majoritaire de la SARL.
Imposition des Bénéfices en SAS et en SARL
En SAS comme en SARL, les bénéfices sont imposés de manière identique. Ils sont soumis par défaut à l’impôt sur les sociétés. Le taux de l’impôt sur les sociétés est de 15 % (taux réduit) ou 25 % (taux normal).
Il est cependant possible d’opter pour l’impôt sur le revenu pour une durée limitée de 5 ans. Cette option est soumise à diverses conditions identiques en SAS comme en SARL :
- la société doit avoir moins de 5 ans d’ancienneté ;
- elle exerce une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale ;
- elle n’est pas cotée en bourse ;
- elle emploie moins de 50 salarié·es et réalise un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros ;
- les droits de vote sont détenus à 50 % au moins par des personnes physiques et à 34 % au moins par le dirigeant ou la dirigeante.
Concernant la TVA, les deux formes juridiques sont soumises aux mêmes régimes. Pour en savoir plus, voici les régimes de TVA applicables en SARL.
💡 La SARL de famille est constituée entre différents membres d’une même famille. Elle offre un avantage fiscal intéressant : la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu pour une durée illimitée.
Imposition des Dividendes en SAS ou SARL
En SAS
Les dividendes correspondent à la distribution des bénéfices aux associé·es de la société.
Les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) aussi appelé « flat tax » à hauteur de 30 %. Cette taxe comprend l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %).
Ils ne sont pas soumis à cotisations sociales : vous ne payez aucune cotisation sociale sur les dividendes. Attention, en conséquence, si vous vous rémunérez uniquement en dividendes, vous ne bénéficierez d’aucune protection sociale.
En SARL
Les dividendes sont aussi soumis au PFU en SARL. C'est donc exactement la même chose à une nuance près : le ou la gérant·e majoritaire de SARL doit payer des cotisations sociales sur la partie des dividendes qui excède 10 % du capital social. Cette petite différence rend le versement de dividendes moins intéressant en SARL par rapport à la SAS.
Cession de Titres
Elle est réglementée en SARL et libre en SAS.
Cession de Parts Sociales en SARL
La cession de parts sociales en SARL est encadrée. Il faut :
- obtenir l’agrément des associé·es ;
- rédiger un acte de cession écrit des parts sociales à faire enregistrer aux impôts ;
- payer un droit d’enregistrement de 3 % sur le prix d’achat après un abattement de 23 000 €.
En SARL, il est plus difficile de céder ses parts sociales qu’en SAS et donc de faire entrer de nouveaux associé·es dans la société.
Cession d’Actions en SAS
La cession d’actions en SAS est libre. Elle est possible :
- par simple virement de compte à compte (pas d'obligation de rédiger un acte de cession) ;
- sous réserve du paiement d’un droit d’enregistrement de 0,1 % du prix.
Les statuts peuvent prévoir d’autres règles comme une clause d’agrément ou une clause de préemption, par exemple. Le paiement des droits d'enregistrement est plus faible en SAS.
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