Conclusion type et synthèse sur l'homosexualité
Selon Sigmund Freud, l’homosexualité est un trouble - la perversion du modèle de maturation psychique qu’est le complexe d’Œdipe. En 1973, l’Association américaine de psychiatrie retire l’homosexualité en tant que telle de sa liste de maladies DSM-IV. La situation est aujourd’hui moins polémique qu’à l’époque. Au contraire, beaucoup d’entre elles dénoncent fermement tout essai de changement d’orientation sexuelle comme étant dangereux, non nécessaire et inefficace. À la fin des années 1970, des médecins de New York et de San Francisco notent que plusieurs de leurs clients homosexuels et hétérosexuels souffrant d’asthénie, de perte de poids et parfois même de formes rares et atypiques de cancer (comme le Sarcome de Kaposi). Une fois le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) responsable du Sida identifié en 1983 et les modes de contamination découverts, des campagnes de sensibilisations et d’informations sont organisées. Mais au début de l’épidémie, le Sida est resté associé dans les esprits à l’homosexualité en raison du grand nombre de personnes atteintes. Dès l’antiquité, l’homosexualité était bien présente . Certaines sociétés préchrétiennes montraient plus ou moins de tolérance ou d’acceptation vis-à-vis des pratiques homoérotiques. Pour beaucoup d’entre elles, ces pratiques étaient toutefois très codifiées socialement, et tout écart vis-à-vis de ces normes était mal vu, voire considéré comme délictueux. Par exemple, dans certaines cités de la Grèce antique, la pédérastie était pratiquée dans le cadre de l’éducation d’adolescents mâles, mais de façon généralement très codifiée. En 342, les mariages homosexuels sont interdits dans l’Empire romain. Le 6 août 390, l’empereur romain Théodose édicte une loi condamnant au bûcher les homosexuels. Dans Le Banquet de Platon, Aristophane raconte qu’au temps de Zeus, il y avait trois sexes : l’homme, la femme et l’androgyne. La forme humaine était celle d’une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages, une tête unique et quatre oreilles, deux sexes, etc. Le mâle était un enfant du Soleil, la femelle de la Terre, et l’androgyne de la Lune. Leur force et leur orgueil étaient immenses et ils s’en prirent aux dieux. Zeus trouva un moyen de les affaiblir sans les tuer, ne voulant pas anéantir la race comme il avait pu le faire avec les Titans : il les coupa en deux. Il demanda ensuite à Apollon de retourner leur visage et de coudre le ventre et le nombril du côté de la coupure. Mais chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s’unir à elle : ils s’enlaçaient en désirant se confondre et mouraient de faim et d’inaction. Zeus décida donc de déplacer les organes sexuels à l’avant du corps. Ainsi, alors que les humains surgissaient auparavant de la terre, un engendrement mutuel fut possible par l’accouplement d’un homme et d’une femme. On relève également que plusieurs sociétés antiques, comme la Grèce et le Japon, ont encouragé la création de liens homosexuels dans certains corps d’armée entre des combattants expérimentés et leur disciple. L’on pensait alors que deux hommes amoureux se battraient avec plus de détermination et avec une plus grande morale. Au siècle des Lumières, Montesquieu, puis Voltaire et Cesare Beccaria se sont interrogés sur la sévérité de la peine mais ne semblent pas avoir contesté un caractère anormal à l’homosexualité. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’idéologie nazie a tout d’abord entretenu des relations ambiguës avec l’homosexualité. Aux premières heures du mouvement, le culte de la virilité, de la beauté plastique, de l’homme nouveau était teinté de machisme et d’homoérotisme. Néanmoins les sections d’assauts furent balayées avec la Nuit des Longs Couteaux et l’année qui suivit, en 1935, le régime durcit la législation envers les homosexuels (modification du § 175 du Code pénal allemand). Il faut néanmoins rappeler qu’à l’époque, la condamnation pénale de l’homosexualité, ainsi que son classement dans les maladies mentales, étaient considérés comme allant de soi dans de nombreux pays. Il n’en reste pas moins qu’au temps du Reich de très nombreux homosexuels furent déportés vers les camps de concentration. Les prisonniers homosexuels masculins étaient marqués d’un triangle rose, d’une taille supérieure aux autres triangles classificatoires, ce qui avait souvent pour effet, en plus des conditions de vie très dures dans les camps, de les livrer à l’hostilité des autres déportés. Les femmes homosexuelles ne furent pas épargnées par la Gestapo et de nombreuses lesbiennes furent déportées, mais ce fut plutôt en tant qu’« asociales » qu’en tant que délinquantes sexuelles définies. En effet, elles étaient marquées d’un triangle noir, signe de leur appartenance au groupe des personnes "socialement inadaptées". Aucun projet spécifique d’extermination comparable à la Solution finale n’a été élaboré en vue de faire disparaître les homosexuels à l’instar des Juifs, des Tsiganes et autres ethnies considérées comme inférieures. Cependant les orateurs nazis s’en prenaient couramment à eux, en des termes fort peu équivoques quant à la nécessité de leur élimination, ce qui ne pouvait pas être sans effet sur le traitement qui leur fut réservé dans les camps de concentration, au seul motif qu’ils étaient homosexuels. Aucune étude historique de fond n’ayant à ce jour été publiée, les chiffres, allant de la simple dénégation (0) aux exagérations les plus fantaisistes (plusieurs millions) circulent sur le nombre d’homosexuels tant déportés qu’assassinés entre 1933 et 1945. « Moins de dix survivants homosexuels ayant témoigné sont connus à ce jour.… Franck Rector fait un tour d’horizon des statistiques. Estimant de 10 000 à 1 million de victimes, il choisit néanmoins le nombre de 500 000. Pour lui, si les estimés de Himmler sur le nombre total d’homosexuels masculins en Allemagne étaient de 2 millions, il procède au calcul selon une simple statistique. 25% des homosexuels d’Allemagne, de Hollande et de la France est donc, selon lui, une statistique valable. Heinz Heger, au milieu des années 1970, estimait le nombre de victimes à 50 000. Ses données sont fondées sur un estimé des condamnations légales. Il ne tient donc pas compte des victimes sans procès. Un autre estimé vient de l’Église de la confession d’Augsbourg d’Autriche. Cet estimé est de 220 000. Cependant, les méthodes de calcul de cet estimé sont fortement critiquées par d’autres historiens. Richard Plant, quant à lui, estime, que de 1933 à 1944, « 50 000 à 63 000, dont 4 000 mineurs et 6 lesbiennes »(!) meurent des mauvais traitements des camps nazis. Finalement, les ouvrages généraux sur les persécutions nazis - lorsqu’ils discutent du traitement des homosexuels - estiment pour la plupart le nombre de victimes homosexuelles à 10 000. Ce nombre est basé sur une compilation des condamnations officielles du régime nazi sous le paragraphe 175. Dans les territoires annexés (Alsace et Moselle) intégrés au Reich et donc soumis au Code pénal allemand, les homosexuels furent déportés. Mais aussi, en zone occupée, comme dans la France de Vichy, les homosexuels furent inquiétés mais des homosexuels célèbres comme Jean Cocteau purent continuer leur vie mondaine à Paris au vu et au sus de tous affichant sa liaison avec Jean Marais, qui donnera lieu à l’incident avec le journaliste Alain Laubreaux. Certains collaboreront avec l’occupant comme Abel Bonnard ministre de la Jeunesse du gouvernement Pierre Laval affublé du sobriquet « Gestapette » ou Bernard Faÿ, Jacques Benoist-Méchin, Roger Peyrefitte.Marcel Bucard meneur d’un parti ultra collaborationniste est soupçonné de l’avoir été. Néanmoins, en 1942, le régime de Vichy introduit dans le Code pénal une discrimination, rompant la tradition française d’égalité des homosexuels et hétérosexuels : l’article 331-1 du Code pénal fait un délit de l’acte consistant à avoir des relations homosexuelles avec un mineur (moins de 21 ans), au lieu de 15 ans pour les hétérosexuels. Les persécutions nazies à l’égard des homosexuels se sont déroulées dans un contexte de durcissement général des régimes totalitaires et autoritaires sur les « déviances morales ». Ainsi, en 1934, Joseph Staline a fait adopter des dispositions pénales prévoyant l’emprisonnement et la déportation des homosexuels. D’après des données incomplètes, de l’ordre de 300 000 à 400 000 personnes ont été condamnées sur la base de ces dispositions (qui n’ont été abrogées qu’à la fin des années 1980). Dans les pays de tradition stalinienne, la persécution des homosexuels a été systématique. En Italie, Mussolini mit en place une politique comparable, en poursuivant les homosexuels comme opposants politiques, mais en refusant d’établir une incrimination anti-homosexuelle comme lui avait demandé Hitler. Au VIe siècle, de crime contre la dignité, l’homosexualité devient un crime contre l’ordre naturel défini par Dieu et pouvant mener jusqu’au bûcher. Durant tout le Moyen Âge, l’homosexualité, considérée comme une hérésie, est combattue, notamment par l’Inquisition, sous le nom de bougrerie ; réciproquement, certains hérétiques, tels les Cathares sont accusés de bougrerie, au prétexte que leurs prêcheurs vont par deux de même sexe. La torture est infligée aux homosexuels : « Quand on aura soupçonné un homme de bougrerie, il doit être mis en prison. Les personnes d’Église doivent faire l’Inquisition de la foi sur lui, et demander de foi. Et s’il est condamné, le roi le fait mettre à mort. (…) Celui qui est sodomite prouvé, doit perdre les couilles, et s’il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s’il le fait une troisième fois, il doit être brûlé. (…) Femme qui le fait doit à chaque fois perdre un membre, et la troisième fois, doit être brûlée. Et tous leurs biens sont au roi. En 1960, en France, la loi du 25 novembre 1960, créant l’alinéa 2 de l’article 330 du code pénal, double la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s’agissait de rapports homosexuels. Cette loi sera supprimée par la loi du 23 décembre 1980. Le Bill omnibus du ministre de la Justice du Canada, Pierre Elliott Trudeau, décriminalise la sodomie entre adultes consentants. « L’État n’a pas à s’immiscer dans la chambre à coucher de la Nation » avait déclaré le ministre qui deviendra quelques mois plus tard Premier ministre du Canada. En 1977, La Charte des droits et libertés de la personne du Québec est amendée. Désormais, il est interdit de faire de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Il s’agit de la première loi au monde qui interdit ce genre de discrimination dans les secteurs public et privé (à part quelques villes et comtés des États-Unis). En 1993, l’homosexualité est officiellement dépénalisée en Russie. En 1994, le paragraphe 175 est abrogé en Allemagne. En 1989, le premier partenariat d’union civile est rendu légal pour les homosexuels au Danemark grâce à la reconnaissance au parlement d’un ministre élu ouvertement homosexuel qui vivait depuis de nombreuses années avec son compagnon. Le 5 juin 2004, le député-maire Verts de Bègles, Noël Mamère célèbre le premier mariage gay français en dépit des avertissements du ministère de l’intérieur. Ce mariage est annulé en appel par le tribunal de Bordeaux. En juillet 2005, le premier mariage homosexuel espagnol a lieu, suite à la législation autorisant le mariage entre personnes du même sexe, adoptée le 21 avril 2005. Le 19 décembre 2005, la première union homosexuelle est célébrée en Irlande du Nord. Le 15 mai 2008, la Cour Suprême de Californie a légalisé le mariage homosexuel dans cet État. Elle a mis en valeur « la discrimination entre les couples homosexuels et hétérosexuels » étant anticonstitutionnelle. Le 30 décembre 2004, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité est créée en France et chargée de lutter - entre autres - contre l’homophobie, et pénalisation des propos homophobes. En juin 2008, Xavier Darcos s’est engagé à lutter contre l’homophobie dans les lycées de France grâce à des campagnes de préventions. Depuis la Révolution française (par la loi du 25 septembre - 6 octobre 1791) les rapports homosexuels en privé entre adultes consentants n’est plus poursuivi par la loi, en France. « Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 2 000 francs à 6 000 francs quiconque aura soit pour satisfaire les passions d’autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de vingt et un ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans. Cette loi crée une distinction explicite, on peut même dire une discrimination, entre rapports homosexuels et hétérosexuels s’agissant d’actes sexuels avec un mineur (21 ans pour les rapports homosexuels et 15 ans pour les rapports hétérosexuels), car l’âge de majorité sexuelle pour les rapports hétérosexuels sera fixé à 15 ans par une ordonnance du 2 juillet 1945. À la Libération, cet alinéa n’est pas abrogé comme ce fut le cas pour un grand nombre de lois pétainistes. À peine modifié, ce paragraphe a été seulement déplacé à l’alinéa 3 de l’article 331 du code pénal par l’ordonnance 45-190 du 8 février 1945. Cette nouvelle loi punissait « …d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 60 francs à 15 000 francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans. En 1974, l’âge de majorité sexuelle pour les rapports homosexuels est abaissé à 18 ans (avec la loi du 5 juillet 1974, qui a changé l’âge de majorité de 21 ans à 18 ans dans tous les articles du code civil et du code pénal). Il n’y a eu que deux lois à faire une mention explicite à l’homosexualité en France depuis la Révolution. Il y a eu donc l’article 331 décrit ci-dessus, mais aussi la loi du 25 novembre 1960 (créant l’alinéa 2 de l’article 330 du code pénal) qui a doublé la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s’agissait de rapports homosexuels (cette loi a été supprimée par la loi du 23 décembre 1980). La loi du 30 décembre 2004 instaure la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE). « Seront pénalisées de façon quasi identiques les provocations à la haine ou à la discrimination, l’injure ou la diffamation, concernant le racisme, l’homophobie le sexisme, et l’handiphobie… Les associations de plus de 5 ans d’existence déclarée pourront se porter partie civile aux côtés des victimes ». La loi du 30 décembre 2004 concernait les propos publics (dans les médias audiovisuels : presse, livres, télévision) ; mais les autres, l’agression verbale dans la rue ou sur le lieu de travail restaient peu punies.
Histoire et perceptions de l’homosexualité
Beaucoup de gens croient à tort que l’homosexualité se résume à un simple comportement sexuel entre deux personnes du même genre. Dans les faits, l’homosexualité représente une réalité beaucoup plus vaste qui englobe l’attirance physique, sexuelle, affective ou romantique envers une personne du même genre.
Si on s’attarde à la vision de l’homosexualité à travers les époques, on peut dire qu’il y a une grande variation. On peut penser, par exemple, à l’époque de la Grèce antique où l’homosexualité était vue comme un comportement normal. Il y a également certaines sociétés, certaines cultures qui croient que les personnes homosexuelles sont dotées de pouvoirs magiques et leur attribuent le titre de chaman.
Dans l’histoire de l’Occident, l’homosexualité est, par contre, très sévèrement punie pendant de nombreux siècles, notamment à cause du christianisme. Des allégations d’homosexualité suffisaient à faire condamner un accusé à la torture ou au bûcher; l’une des dernières exécutions massives légales de personnes homosexuelles a lieu dans la République des Provinces-Unies (Pays-Bas) en 1730. Au Canada, l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie mentale depuis 1973. Mentionnons également qu’en 1969, le gouvernement fédéral décriminalise l’homosexualité.
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