Déduction fiscale personne âgée à domicile : fonctionnement
Les pouvoirs publics, soucieux d’alléger la prise en charge de la dépendance, ont mis en place une série d’aides fiscales pour les personnes âgées. Il est parfois difficile pour les aînés et leurs aidants de se retrouver dans ce foisonnement d’allégements fiscaux. Voici les principales mesures dont vous pouvez bénéficier.
Crédit d'impôt pour les services à la personne (emploi d'une aide à domicile)
Vous pouvez bénéficier d'un crédit d'impôt si vous faites appel à un service d'aide à domicile ou si vous employez directement une aide à domicile. Le crédit d’impôt est égal à 50 % de vos dépenses annuelles d’aide à domicile. Les prestations donnant droit au crédit d’impôt sont les suivantes : l’aide dans les actes de la vie quotidienne (aide au lever, au coucher, à la toilette…), l’entretien de la maison et les travaux ménagers.
Les plafonds annuels de dépenses sont fixés à : 12 000 €, majorés de 1 500 € par membre du foyer âgé de plus de 65 ans. Le plafond total ne peut pas dépasser 15 000 €. 20 000 € si l'un des membres du foyer est titulaire : de la carte d'invalidité ou de la carte mobilité inclusion invalidité (CMI invalidité) ou perçoit une pension d'invalidité de 3ème catégorie. Pour la première année d'emploi d’une aide à domicile, le plafond de dépense est de 15 000 € (au lieu de 12 000 €), avec les mêmes majorations liées à l’âge (soit maximum 18 000 €) et à la situation de l’employeur.
Si vous bénéficiez de l’APA (allocation personnalisée d'autonomie) ou vous bénéficiez d’autres aides comme la PCH (prestation de compensation du handicap) ou des aides d’organismes publics ou privés pour financer les services à la personne : le crédit d’impôt est calculé sur les dépenses annuelles restant à votre charge, c'est-à-dire le montant payé moins les aides perçues. Le montant connu des aides perçues pour l’emploi d’une aide à domicile (APA, PCH…) est à remplir dans la ligne 7DR « Aides perçues pour l’emploi à domicile », de la déclaration n°2042K. Ce montant vient en déduction de la somme indiquée ligne 7DB « Dépenses d’emploi à domicile ».
Exemple : Maria a dépensé 6 000 € d’aide à domicile en 2025 : ce montant est à indiquer en ligne 7DB de sa déclaration de revenus. Elle a perçu 2 000 € d'APA pour l’aider à faire face à ces dépenses : ce montant est à indiquer en ligne 7DR. Le montant des dépenses retenues pour bénéficier du crédit d’impôt est 4 000 € (6 000 € - 2 000 €).
Lire aussi: Isolation : comment bénéficier d'une déduction d'impôts ?
Plafonds spécifiques pour certaines prestations
Les prestations suivantes donnent également droit à un crédit d’impôt avec des plafonds annuels de dépenses spécifiques, eux-mêmes compris dans la limite du plafond global de 12 000 € : les petits travaux de jardinage : plafond annuel de 5 000 €, les travaux de petit bricolage : plafond annuel de 500 €, les prestations d'assistance informatique et internet à domicile : plafond annuel de 3 000 €.
Acompte et avance immédiate du crédit d'impôt
Avec la mise en place du prélèvement à la source, le contribuable reçoit un acompte de 60 % du crédit d’impôt le 15 janvier, selon le montant du crédit d’impôt perçu l’année précédente. Le solde est ensuite versé en été. En cas de trop-perçu de l’acompte de janvier, celui-ci doit être remboursé en septembre. Bon à savoir : depuis janvier 2022, le crédit d’impôt peut même être directement déduit des dépenses engagées lors de l’emploi direct d’un salarié à domicile, en utilisant le service CESU+. Ce service de déclaration de la rémunération de l’employé à domicile et d’avance immédiate du crédit d’impôt doit être activé sur le site dédié de l’Urssaf. L'avance du crédit d'impôt est aussi souvent proposée par l'organisme de services à la personne, lorsque l'on passe par un tel intermédiaire pour employer l'intervenant à domicile.
L’avance immédiate de crédit d’impôt est un service optionnel et gratuit. Vous pouvez bénéficier en temps réel de votre avantage fiscal de 50 % pour les dépenses de service à la personne. Il est déduit lors de la rémunération de votre salarié ou du paiement de votre facture lorsque la société prestataire propose ce service. Si vous avez bénéficié de l’avance immédiate de crédit d’impôt, le montant de cette avance immédiate est prérempli sur votre déclaration de revenus et il est ajouté lors du calcul du solde de votre impôt sur le revenu.
Exonération et déduction sur les cotisations patronales
Peuvent bénéficier d’exonération de charges sociales dans le cadre de l’emploi d’un salarié pour l’aide à domicile : les personnes âgées de 70 ans et plus ou leur conjoint ; les personnes âgées de 62 ans et plus, dans l’obligation de recourir à l’assistance d’une tierce personne ; les bénéficiaires de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH) ; les personnes titulaires d’une carte d’invalidité à 80 % ou d’une carte mobilité inclusion invalidité. Le montant de l’exonération porte sur 100 % du montant des cotisations versées, quel que soit le nombre de salariés.
Bon à savoir : cette aide fiscale est toutefois limitée à un plafond de rémunération égal à 65 fois le SMIC horaire par mois et par ménage, pour les personnes remplissant le seul critère d’âge d’au moins 70 ans. En 2026, l’exonération est calculée dans ce cas sur une rémunération limitée à 781,30 €. Le plafond de l’exonération s’élève donc par mois et par foyer à : 248,42 € congés payés inclus, 225,88 € hors congés payés.
Lire aussi: Calcul des impôts et indemnités kilométriques
Pour les personnes âgées de 70 ans, l’exonération des cotisations patronales sur l’emploi d’une aide à domicile est accordée automatiquement. Pour les autres bénéficiaires, il est nécessaire de faire une demande écrite : au Centre national du chèque emploi-service universel (CNCesu) - pour les personnes qui rémunèrent leur salarié avec le Cesu, à l’Urssaf - pour les autres. Des justificatifs doivent être joints à la demande, selon le cas : copie d’une pièce d’identité précisant la date de naissance du conjoint âgé de 70 ans ou plus, justificatif d’attribution de la PCH, copie de la notification d’attribution de l’APA, attestation d’incapacité à effectuer les actes ordinaires de la vie remplie par le médecin traitant (pour les personnes âgées de 62 ans et plus), copie recto-verso de la carte d’invalidité ou de la carte mobilité inclusion invalidité.
Les personnes qui n’ont pas droit à l’exonération des cotisations patronales liée à l’âge ou au handicap sont cependant éligibles à un autre avantage fiscal. Elles reçoivent automatiquement une déduction forfaitaire de 2 € sur les cotisations patronales de Sécurité sociale. Celle-ci ne s’applique que sur les heures de travail, et non sur les heures de congés payés. L’Urssaf fait le calcul automatiquement.
Adaptation du logement et crédit d'impôt pour équipements
Pour aménager une résidence principale, un crédit d’impôt est accordé pour les dépenses d’installation et de remplacement des équipements spécialement conçus pour les personnes âgées et handicapées. Ce crédit est valable que la personne soit propriétaire ou locataire de l’habitation principale, que le logement soit neuf ou ancien. A noter qu’il n’est pas nécessaire qu’une personne âgée ou handicapée soit domiciliée dans ce logement.
Ce crédit d'impôt concerne les dépenses d'installation ou de remplacement, dans leur résidence principale, d'équipements spécialement conçus pour les personnes âgées ou handicapées. La liste détaillée de ces équipements a été fixée par arrêté ministériel. Il s’agit : des équipements sanitaires (attachés à perpétuelle demeure) : éviers et lavabos à hauteur réglable ; baignoires à porte ; surélévateur de baignoire ; siphon dévié ; cabines de douche intégrales ; bacs et portes de douche ; sièges de douche muraux, w.-c. Pour bénéficier de ce crédit d’impôt, l’installation doit se faire par un professionnel, qui délivrera une facture à la personne.
Aides fiscales pour les personnes en établissement (EHPAD) et réduction d'impôt
Lorsque la personne âgée en maison de retraite supporte des frais liés à la dépendance, elle peut bénéficier d’une réduction d’impôt. Cet avantage fiscal est accordé dans les structures suivantes : établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad), unités de soins de longue durée (USLD), résidence-autonomie (ex-foyer-logement). Si la personne âgée fréquente un accueil de jour, où elle supporte des dépenses liées à la dépendance, elle peut aussi bénéficier de cette réduction.
Lire aussi: Télétravail : comment déduire vos frais ?
La réduction d’impôt pour la personne âgée en maison de retraite porte sur les dépenses liées à la dépendance et à l’hébergement (les tarifs hébergement et dépendance dans les Ehpad). Elle est calculée sur les dépenses effectivement supportées, c’est-à-dire après déduction des aides financières accordées à la personne âgée en maison de retraite : allocation personnalisée d’autonomie (APA), aide sociale à l’hébergement (ASH), aides au logement (APL et ALS). La réduction s’élève à 25 % des dépenses, plafonnées à 10 000 € par an par personne âgée en maison de retraite. La réduction d’impôt maximale sera donc de 2 500 € par an et par personne.
Les personnes âgées vivant en établissement et encore propriétaire de leur ancien logement, non exonéré de la taxe d’habitation, peuvent demander une remise gracieuse. Lorsque la personne bénéficie d’une chambre individuelle, elle est assujettie à la taxe d’habitation. Les personnes vivant en établissement peuvent être exonérées partiellement ou totalement de la taxe foncière pour leur ancienne résidence principale. Il faut toutefois que personne ne réside dans leur logement.
Aides fiscales pour les familles et aidants
Les familles qui soutiennent une personne âgée ont également droit à des aides fiscales. La pension versée au titre de l’obligation alimentaire (pour couvrir les dépenses de logement, santé, soins, services d’aide à domicile, etc.) ouvre ainsi droit à une réduction d’impôt. Le montant de la pension doit correspondre aux besoins de celui qui en bénéficie et aux ressources de celui qui la verse. En contrepartie de cette aide fiscale, les pensions alimentaires doivent être mentionnées dans la déclaration d’impôts du bénéficiaire.
Il est possible de déduire des revenus de 2025 (dans la déclarations d’impôt de 2026) une somme forfaitaire de 4 075 € pour l’accueil d’un ascendant à domicile. Cette déduction est possible pour chaque ascendant hébergé. Si l’ascendant a plus de 75 ans, cette aide fiscale est possible sans autre condition dès lors que son revenu imposable est inférieur au plafond de ressources fixé pour l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa/minimum vieillesse) : 12 523,14 € pour une personne seule (revenus de 2026) ; 19 442,21 € pour un couple. Dans ce cas, la somme déduite n’est pas imposable au nom du bénéficiaire.
Si vous rémunérez un salarié pour effectuer des services d’aide à la personne chez votre ascendant, vous pouvez bénéficier du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile. Cet avantage fiscal est accordé si votre ascendant perçoit l’APA. Attention, ce crédit d’impôt n’est pas cumulable avec la déduction de la pension que vous versez à ce même ascendant au titre de l’obligation alimentaire. Le taux de crédit (50 %) et les plafonds sont les mêmes que ceux mentionnés plus haut.
Abattement spécifique pour les retraités de plus de 65 ans
Les retraités ne bénéficiant pas de la déduction forfaitaire pour frais professionnels, se voient appliqués un abattement spécifique de 10%. Cet abattement s’applique aux pensions perçues pour déterminer le revenu brut global au moment de la déclaration de revenus. Si la personne est âgée de plus de 65 ans ou invalide au 31 décembre de l'année d'imposition, elle peut également déduire de son revenu, (calculé après l’abattement de 10%) : - 2 344 € si le revenu net global de 2014 de votre foyer fiscal n’excède pas 14 710 € ; - 1 172 € si ce revenu de 2014 est compris entre 14 710 euros et 23 700 €.
L’abattement fiscal pour les plus de 65 ans (impôt 2026) : Revenu net global en 2025 jusqu’à 17 668 € → Montant de l’abattement 2 821 € pour un contribuable concerné; Entre 17 668 € et 28 424 € → Montant de l’abattement 1 411 € pour un contribuable concerné. L’abattement fiscal pour les plus de 65 ans (impôt 2026) est appliqué automatiquement lors du traitement de la déclaration de revenus.
Cumul des dispositifs et règles pratiques
La réduction d’impôt, qui diminue le montant à payer. Le crédit d’impôt, qui est remboursable : si son montant dépasse la somme due, l’État verse la différence directement. La déduction fiscale, qui réduit le revenu imposable avant le calcul. Selon la situation : maintien à domicile, adaptation du logement, résidence autonomie, EHPAD ou accueil familial… les avantages fiscaux varient. Trois dispositifs principaux s’appliquent aux personnes âgées. Deux sont accessibles aux foyers non imposables. C’est le dispositif central du crédit d’impôt pour séniors. Il s’agit d’un vrai avantage fiscal remboursable.
Le calcul s’effectue sur les dépenses restant à charge, après déduction de toute aide perçue (APA, aide de la caisse de retraite…). Les caisses de retraite (CARSAT) financent par ailleurs jusqu’à 500 €/an la téléassistance pour les seniors autonomes (GIR 5 et 6). La téléassistance est un service à la personne à part entière. Condition indispensable : le prestataire doit disposer d’un agrément services à la personne.
Oui. L'APA (allocation personnalisée d'autonomie) et l'avantage fiscal sont cumulables. Le montant de l'APA perçu doit être déclaré en ligne 7DR de la déclaration de revenus. Exemple : Maria a dépensé 6 000 € d'aide à domicile et perçu 2 000 € d'APA. Elle déclare 6 000 € en ligne 7DB et 2 000 € en ligne 7DR.
Cas pratiques
Exemple : Simone, 78 ans, vit seule dans sa maison. Elle emploie une aide ménagère trois matins par semaine pour 9 000 €/an. Son avantage fiscal s’élève à 4 500 € (50 % × 9 000 €). Autre cas : Jean-Claude et Irène, 80 et 85 ans, ont dépensé 18 000 € pour une auxiliaire de vie en 2025. Le plafond applicable à leur foyer est de 15 000 € (12 000 € + 1 500 € × 2). Avec 18 000 € dépensés, ils dépassent le plafond fixé à 15 000 € dans leur cas. Le montant de leur crédit d’impôt pour services à la personne en 2026 sera de 7 500 € (50 % de 15 000 €).
Exemple : Jeannine, 90 ans, perçoit 600 € d’Apa par mois. Ses dépenses pour une aide à domicile sont de 1 200 € par mois. Le montant à déclarer pour le crédit d’impôt sera de 14 400 € (12 x 1 200 €) - 7 200 € (12 x 600 €) soit 7 200 €.
Formalités déclaratives et contacts utiles
Le type de dépense d’emploi de salariés à domicile ainsi que le montant associé doivent être détaillé en première page de la déclaration annexe 2042RICI ou lors du parcours déclaratif en ligne. En complément du type de dépenses de services à la personne, la nature de l’organisme et la modalité d’intervention de l’organisme doivent également être indiquées dans la déclaration de revenus. Les usagers doivent donc : déposer deux déclarations papier : la déclaration de revenus 2042K et l’annexe 2042RICI, ou compléter tous ces éléments lors du parcours de déclaration en ligne. Pour en savoir plus, consultez l'article "Emploi à domicile" sur le site www.impots.gouv.fr.
Pour toute question concernant les aides fiscales ou pour être aidé dans votre déclaration de revenus, vous pouvez contacter le point d'accueil des Finances publiques le plus proche de votre domicile. Consultez la cartographie de la direction générale des Finances publiques.
Qui peut m'aider ?
Quelle que soit votre question, n’hésitez pas à nous contacter ! Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article "L’avance immédiate" sur le site www.urssaf.fr. Si vous avez des questions sur les aides fiscales ou pour être aidé dans votre déclaration de revenus, vous pouvez contacter le point d'accueil des Finances publiques le plus proche de votre domicile.
| Personnes concernées | Nature de l’avantage | Montant / taux |
|---|---|---|
| Seniors employant une aide à domicile | Crédit d'impôt | 50 % des dépenses (plafonds : 12 000 € / 15 000 € / 20 000 € selon situation) |
| Seniors employant une aide à domicile | Exonération cotisations patronales | 100 % (plafond spécifique selon âge/SMIC, ex. 781,30 €/mois en 2026) |
| Résidents en EHPAD | Réduction d'impôt | 25 % des dépenses (plafond dépenses 10 000 €, réduction max 2 500 €) |
| Familles hébergeant un ascendant | Déduction forfaitaire | 4 075 € par ascendant hébergé |
balises: #Impot
