SASU ou Auto-Entrepreneur : Quelle est la Différence et Quel Statut Choisir ?

Vous hésitez entre la micro-entreprise et la SASU pour lancer votre activité ? Il n’est pas toujours facile de choisir la forme sociale la plus adaptée. Fiscalité, protection sociale, formalités… ces deux statuts offrent des avantages très différents. Découvrez dans cet article les clés pour choisir la structure la plus adaptée à votre ambition.

Le choix du statut juridique est crucial lors de la création d'une entreprise, car il détermine les obligations, la responsabilité et la protection sociale, ainsi que la gestion de l'activité. Cet article compare en détail la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et l'auto-entreprise (micro-entreprise), deux options populaires pour les entrepreneurs individuels en France.

Illustration des différences entre SASU et auto-entrepreneur

SASU ou micro-entreprise ? 2 experts-comptables t'aident à faire le BON choix ✅

Qu'est-ce que la SASU ?

La SASU est une déclinaison de la SAS (société par actions simplifiée) créée par un associé unique. Il peut s'agir d'une personne physique, un entrepreneur, ou d'une personne morale comme une société. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est un statut juridique qui permet à un entrepreneur d'être le seul associé, tout en offrant une grande flexibilité dans la gestion de l'entreprise.

Caractéristiques Principales de la SASU

  • Liberté dans la rédaction des statuts : L'associé unique peut rédiger librement les statuts de la SASU. En effet, le cadre juridique de la SASU est très souple. Dans ce document fondamental, le fondateur de la société fixe ses règles de fonctionnement. Il doit donc les rédiger avec précision et rigueur.
  • Responsabilité limitée : La responsabilité de l'associé unique dans une SASU est strictement limitée à hauteur de ses apports au capital de la société. Cela signifie qu'en cas de difficultés financières ou de dettes contractées par la société, l'associé unique ne risque de perdre que le montant qu'il a initialement investi dans le capital de la SASU.
  • Régime fiscal : Dans le cas d'une SASU à l'IS, l'imposition se fait au nom de la société, au barème de l'impôt sur les sociétés. Si la SASU est assujettie à l'IR, le bénéfice est imposé entre les mains de l'associé unique. Ce dernier est personnellement taxé au barème progressif sur le bénéfice réalisé. Détenu par l'entreprise, le bénéfice peut être redistribué sous la forme de dividendes.
  • Statut social du président : Le président de la SASU bénéficie d'un régime social particulièrement attractif, qui se distingue par plusieurs avantages majeurs. En tant qu'assimilé salarié, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale, ce qui lui permet de profiter d'une couverture sociale étendue, incluant l'assurance-maladie, la maternité, les allocations familiales, et la retraite. Le président d'une SASU est assimilé salarié s'il perçoit une rémunération. Cela signifie qu'il est affilié au régime général de la Sécurité sociale, ce qui lui permet de bénéficier d'une protection sociale complète.
  • Activités autorisées : Industrielles, commerciales, artisanales, libérales... Une SASU peut exercer toutes les activités, à quelques exceptions près, comme le débit de tabac ou certaines professions libérales réglementées.

Son principal avantage est la responsabilité limitée : l'associé n'est responsable qu'à hauteur de ses apports, ce qui protège son patrimoine personnel. De plus, la SAS permet d’adapter les statuts selon les besoins de l’entreprise, offrant une gestion sur mesure.

Qu'est-ce que l'Auto-Entrepreneur (Micro-Entreprise) ?

Depuis 2016, le statut de l'auto-entrepreneur et celui de la micro-entreprise ont fusionné. Désormais, on parle de régime de la micro-entreprise, même si le terme d'auto-entrepreneur est encore parfois utilisé. Il n'existe donc plus de différences entre auto-entrepreneur et micro-entreprise. Lamicro-entreprise (ou auto-entreprise) est un statut juridique simplifié, idéal pour les entrepreneurs souhaitant lancer leur activité facilement.

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Caractéristiques Principales de la Micro-Entreprise

  • Simplicité de création : Il est facile de se lancer en micro-entreprise car ce statut offre une procédure de création simplifiée. En effet, il suffit de remplir un formulaire de déclaration d'activité en ligne. La création d'une micro-entreprise est extrêmement simple et rapide. Il suffit de s'inscrire en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr, ce qui peut se faire en quelques clics. Les formalités administratives sont légères et se limitent à une simple déclaration de début d'activité, sans procédures compliquées.
  • Régime micro-social simplifié : Le régime micro-social est un dispositif simplifié de calcul et de paiement des cotisations sociales pour les micro-entrepreneurs. Il permet à ces derniers de s'acquitter de leurs charges sociales de manière proportionnelle à leur chiffre d'affaires. Sa couverture sociale inclut les cotisations pour l'assurance-maladie, la maternité, les allocations familiales, la retraite de base et complémentaire, ainsi que la prévoyance (invalidité-décès).
  • Abattement forfaitaire pour frais : Le régime de la micro-entreprise permet de profiter d'un autre avantage stratégique : un abattement forfaitaire pour frais réel, portant sur le montant du chiffre d'affaires.
  • Franchise en base de TVA : Le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA, ce qui signifie qu'il n'est pas tenu de facturer la TVA à ses clients. Ainsi, ils ne sont pas obligés de remplir des déclarations de TVA ni de reverser cette taxe à l'État, ce qui réduit les formalités et les obligations fiscales. De plus, cela peut rendre leurs services ou produits plus attractifs pour les clients, car les prix proposés ne sont pas majorés par la TVA.
  • Régime fiscal : Le micro-entrepreneur peut aussi, sous conditions, opter pour le prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu. Cette option fiscale permet au micro-entrepreneur de s'acquitter de son impôt sur le revenu de manière simplifiée, en payant un pourcentage fixe de son chiffre d'affaires en même temps que ses cotisations sociales. Les entrepreneurs ayant le statut de micro-entreprise sont soumis à l'imposition sur le revenu (IR). Ils ont également la possibilité de choisir le versement libératoire, qui leur permet de régler leur impôt en même temps que leurs cotisations sociales, en fonction de leur chiffre d'affaires.
  • Activités autorisées : Le micro-entrepreneur n'a pas le droit d'exercer l'intégralité des activités. Certaines sont incompatibles avec le régime fiscal de la micro-entreprise. Il s'agit par exemple des activités relevant des bénéfices agricoles ou encore de la TVA immobilière. D'autres activités sont incompatibles avec le régime micro-social. Les activités libérales relevant d'une caisse de retraite différente de la Cipav ou l'Assurance retraite.

Sa création est rapide et les formalités administratives sont réduites. Ce régime se distingue par un fonctionnement fiscal et social allégé : les cotisations sociales sont calculées en fonction du chiffre d’affaires, et il est possible de choisir le prélèvement libératoire pour l’impôt sur le revenu. Toutefois, ce statut impose des plafonds de chiffre d’affaires, fixés à 188 700 € pour les activités commerciales et à 77 700 € pour les prestations de services.

Tableau Comparatif : SASU vs Auto-Entrepreneur

Ce tableau récapitule les principales différences entre la SASU et la micro-entreprise :

Caractéristique SASU Auto-Entrepreneur
Nature juridique Société (personne morale) Entreprise individuelle (personne physique)
Responsabilité Limitée aux apports Illimitée (sauf exceptions)
Création Complexe et coûteuse Simple et rapide
Obligations comptables Complexe (bilan, compte de résultat) Simplifiée (livre des recettes)
Régime fiscal Impôt sur les sociétés (IS) ou option pour l'IR Impôt sur le revenu (IR)
TVA Redevable (sauf exonération) Franchise en base de TVA (généralement)
Régime social Assimilé salarié (régime général) Travailleur non salarié (TNS)
Plafonds de chiffre d'affaires Aucun Oui (188 700 € pour le commerce, 77 700 € pour les services)
Micro-entrepreneur vs SASU : quel statut choisir ?

Les Formalités de Création

Les formalités de création d’une SASU sont plus complexes qu'en micro-entreprise. La création d'une SAS nécessite la rédaction de statuts, qui définissent les règles de fonctionnement de la société. Cette étape demande une réflexion approfondie sur l'organisation de l'entreprise. Les coûts associés à la création d'une SAS sont généralement plus élevés, incluant les frais pour la rédaction des statuts, les honoraires d'un avocat ou d'un expert-comptable, ainsi que les frais d'immatriculation. Les formalités de création sont plus complexes que pour une micro-entreprise, impliquant plusieurs étapes telles que le dépôt de capital, l'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) et éventuellement des publications légales.

Micro-Entreprise : Simplicité et Rapidité

La création d'une micro-entreprise est extrêmement simple et rapide. Il suffit de s'inscrire en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr, ce qui peut se faire en quelques clics. Les formalités administratives sont légères et se limitent à une simple déclaration de début d'activité, sans procédures compliquées. Les formalités de création d'une micro-entreprise sont gratuites, y compris l'immatriculation (hormis pour les agents commerciaux).

SASU : Complexité et Coût

Publication d'une annonce légale, immatriculation, accompagnement d'un professionnel du droit pour la rédaction des statuts... La SASU coûte plus cher à créer. La création d'une SASU nécessite la rédaction de statuts, qui définissent les règles de fonctionnement de la société. Cette étape demande une réflexion approfondie sur l'organisation de l'entreprise.

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Régime Social : Protection et Cotisations

Le président d’une SASU est assimilé salarié. Il est affilié au Régime général de la sécurité sociale s'il est rémunéré. Sa protection sociale n’inclut pas l’assurance-chômage, car il est mandataire social. L’auto-entrepreneur est au régime micro-social simplifié. Il paie ses cotisations sociales chaque mois ou, sur option, trimestriellement en fonction du chiffre d’affaires réalisé.

Micro-Entreprise : Une Couverture Sociale Minimale

L'entrepreneur qui opte pour le statut de micro-entreprise est considéré comme un travailleur non salarié (TNS). Ce régime lui assure une couverture sociale minimale, incluant des protections pour la maladie, la maternité et la retraite. Les cotisations sociales sont calculées en fonction du chiffre d'affaires réalisé, ce qui signifie que les charges varient proportionnellement aux revenus de l'entrepreneur.

SASU : Une Protection Sociale Étendue

Pour un entrepreneur sous le statut de SAS, le président est classé comme assimilé salarié. Ce statut lui permet de bénéficier d'une protection sociale similaire à celle des employés, incluant la maladie, la maternité et la retraite. Toutefois, il convient de préciser que l'assimilé salarié n'a pas accès à l'assurance chômage, sauf s'il choisit de souscrire à un régime de prévoyance spécifique.

Fiscalité : Impôts et Taxes

Les bénéfices de la SAS sont soumis au régime réel de l'impôt sur les sociétés. Et, les salaires perçus par le président sont imposables au titre des revenus et salaires. Les dividendes, quant à elles, font l'objet d'un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) aussi appelé Flat Tax de 30%. Les actionnaires peuvent, cependant, opter pour l'imposition des dividendes au titre de l'impôt sur le revenu avec des prélèvements sociaux de 15,5% et un taux d’abattement de 40%. Dans le cadre de la micro-entreprise, le CA HT encaissé est à déclarer au titre des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) pour une activité libérale et au titre des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) pour l'achat vente ou les prestations de service. Après un abattement forfaitaire, le CA est soumis au barème progressif de l'impôt sur les revenus, sauf si l'auto-entrepreneur a choisi le prélèvement libératoire (sous condition de ressources). Dans ce cas, l'impôt est prélevé tous les mois ou tous les trimestres par l'URSSAF en même temps que les cotisations sociales : 12,8 du CA encaissé pour l'achat-vente et 22% pour les autres activités. Il faut également savoir que la SAS est soumise à la TVA, tandis que le micro-entrepreneur peut travailler en franchise de TVA, lorsqu'il ne dépasse pas un certain CA.

Micro-Entreprise : Simplicité Fiscale

Les entrepreneurs ayant le statut de micro-entreprise sont soumis à l'imposition sur le revenu (IR). Ils ont également la possibilité de choisir le versement libératoire, qui leur permet de régler leur impôt en même temps que leurs cotisations sociales, en fonction de leur chiffre d'affaires. Les obligations comptables d'une micro-entreprise sont relativement simples. L'entrepreneur doit tenir un livre de recettes pour enregistrer tous les revenus et, si nécessaire, un registre des achats pour suivre les dépenses. Ce régime allégé facilite la gestion administrative, ce qui est idéal pour les petites activités.

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SASU : Flexibilité et Déduction des Charges

À l'inverse, la SAS est généralement imposée à l'impôt sur les sociétés (IS). Cependant, l'entrepreneur a la possibilité d'opter pour l'impôt sur le revenu (IR) sous certaines conditions, ce qui peut s'avérer avantageux selon la situation financière de l'entreprise. Un des principaux avantages de la SAS est que les charges professionnelles peuvent être déduites, ce qui permet de diminuer le bénéfice imposable et d'optimiser la fiscalité. En revanche, les obligations comptables d'une SAS sont plus exigeantes et nécessitent une comptabilité complète. L'entreprise doit établir un bilan et un compte de résultat afin de rendre compte de sa situation financière. Cette rigueur comptable est essentielle pour garantir la transparence et se conformer aux exigences légales.

Responsabilité : Protection du Patrimoine

Concernant la responsabilité, le président de la SAS bénéficie d'une responsabilité limitée à ses apports, ce qui signifie que son patrimoine personnel est protégé en cas de difficultés financières de la société. De son côté, l'auto-entrepreneur voit sa responsabilité engagée sur la totalité de ses biens personnels et professionnels. La responsabilité est limitée dans une SASU. L'associé unique est responsable à la hauteur de ses apports au capital de la société.

Quand Choisir la Micro-Entreprise ?

  • Phase de test pour une nouvelle activité : Si vous souhaitez explorer une nouvelle idée ou un produit, le statut de micro-entreprise permet de démarrer rapidement, sans engagement financier lourd.
  • Coûts de création réduits : Pour les entrepreneurs qui cherchent à minimiser les frais de démarrage, la micro-entreprise représente une solution idéale.
  • Gestion simplifiée : La micro-entreprise offre une comptabilité allégée, ce qui est un avantage pour ceux qui souhaitent éviter des formalités administratives complexes.
  • Services ou activités artisanales de faible volume : Pour les entrepreneurs proposant des services à faible volume, comme les prestations de conseils ou les travaux manuels, le statut de micro-entreprise est souvent suffisant.
  • Absence de nécessité de protection du patrimoine personnel : Si l'entrepreneur ne possède pas d'actifs significatifs à protéger ou si son activité comporte peu de risques financiers, le statut de micro-entreprise peut être une option judicieuse.
  • Activités saisonnières ou temporaires : Pour ceux qui envisagent de lancer une activité saisonnière ou ponctuelle, le statut de micro-entreprise permet d'opérer de manière flexible sans engagement à long terme.
  • Entrepreneuriat parallèle : Si vous souhaitez développer une activité complémentaire tout en conservant un emploi salarié, la micro-entreprise est une excellente option pour générer des revenus additionnels.

Quand Choisir la SASU ?

  • Protection du patrimoine personnel : Si vous dirigez une activité comportant des risques financiers significatifs ou si vous prévoyez d’investir des sommes importantes, la SAS est une option avantageuse.
  • Possibilité de déduire des charges : Pour les entrepreneurs qui souhaitent maximiser leur efficacité fiscale, la SAS permet de déduire les charges professionnelles.
  • Gestion à long terme avec un potentiel de croissance : Si votre projet entrepreneurial est orienté vers une gestion durable et une expansion future, la SAS offre une structure juridique robuste et adaptable.
  • Facilité de levée de fonds : Pour les entrepreneurs désireux d'attirer des investisseurs ou de lever des fonds, la SAS constitue une structure propice.
  • Possibilité de se verser un salaire : La SAS offre à l'associé unique la possibilité de se rémunérer tout en bénéficiant d'une protection sociale similaire à celle des salariés.
  • Flexibilité dans l'organisation et la gestion : Ce statut permet une grande liberté dans la rédaction des statuts, ce qui donne à l'entrepreneur la possibilité d’adapter le fonctionnement de la société à ses besoins spécifiques et à sa vision.
  • Capacité d'adaptation aux évolutions de l'activité : Si vous prévoyez d'évoluer ou de diversifier vos activités à l'avenir, la SAS est une structure qui s'ajuste facilement aux changements.

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