Justificatifs CFE pour le micro-entrepreneur en e‑commerce : calcul, déclarations, exonérations et paiements

La Cotisation Foncière des Entreprises ou CFE est un impôt local dont sont redevables toutes les entreprises basées en France, y compris les auto-entrepreneurs. Les micro-entrepreneurs (ou auto-entrepreneurs) sont soumis aux mêmes règles que tout créateur d'entreprise et doivent donc s'en acquitter. On vous dit tout sur cette taxe !

Qu'est‑ce que la CFE et qui y est redevable ?

La cotisation foncière des entreprises ou CFE est un impôt local dont sont redevables toutes les entreprises basées en France, y compris les auto-entrepreneurs. On parle d’imposition à la CET (Contribution économique territoriale), elle-même composée de deux impôts : La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) ; La Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), dont les micro-entrepreneurs ne sont pas redevables.

Le micro-entrepreneur est soumis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) dans les mêmes conditions que toute autre entreprise : l’activité doit être exercée en France, à titre professionnel, de manière habituelle et indépendante (non salariée).

Oui, sauf cas d'exonération, tout auto-entrepreneur exerçant une activité professionnelle non salariée au 1er janvier est en principe redevable de la CFE, même sans local professionnel dédié.

Calcul de la CFE pour un auto‑entrepreneur e‑commerce

Le calcul de la CFE repose sur deux éléments : une base minimale, déterminée par tranche de chiffre d’affaires, et un taux fixé par la commune. Montant de la CFE = Taux d’imposition x base d’imposition sur la valeur locative des biens (ou base minimale si pas de local).

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Si vous disposez d’un local dédié à votre activité de micro-entrepreneur, deux critères sont pris en compte pour calculer le montant de votre Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : Le taux d’imposition : il est fixé par la commune ou l’EPCI (Établissement public de coopération intercommunal) où se situe votre auto-entreprise. Ce taux fait l’objet d’un vote chaque année. La base d’imposition suivant la valeur locative des biens utilisés par votre micro-entreprise au cours de l'année N-2.

Si vous travaillez à domicile ou êtes itinérant (livreur, VTC, consultant), les impôts utiliseront une base minimale en plus du taux d’imposition. Montant de la CFE = taux d’imposition x base minimale. Cette base minimale est calculée en fonction du chiffre d’affaires en N-2.

La période de référence à prendre en compte est l’avant-dernière année (soit N-2 ou, à défaut, N-1) précédant celle de l’imposition. Lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant du chiffre d'affaires ou des recettes est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois.

Bases minimales selon tranches de chiffre d’affaires

La base minimum d’imposition varie selon la tranche de chiffre d’affaires en N-2. Par exemple (chiffres indicatifs) :

Tranche de CA (N-2)Base minimale (exemples 2025/2026)
Inférieur ou égal à 10 000 €Entre 243 € et ~250 €
10 001 € - 32 600 €Entre 243 € et ~1 179 €
32 601 € - 100 000 €Entre 243 € et ~2 433 €
100 001 € - 250 000 €Entre 243 € et ~4 056 €
250 001 € - 500 000 €Entre 243 € et ~5 793 €
À partir de 500 001 €Entre 243 € et ~7 533 €

Le montant final de la CFE dépend directement du croisement entre la tranche de chiffre d’affaires et le taux voté par la commune. Par exemple, pour un chiffre d’affaires de 25 000 €, la base minimale retenue peut être de 1 179 €. Avec un taux de 16,52 % (Paris) la CFE due est ≈ 195 €, alors qu'avec un taux de plus de 36 % (Toulouse) la CFE serait beaucoup plus élevée.

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Exonérations et réductions applicables aux micro‑entrepreneurs

Aucune CFE n'est due au titre de l'année de la création. L’auto-entrepreneur est exonéré du paiement de la CFE la première année d'activité, quelle que soit la date de création. Pour bénéficier de cette exonération, il doit néanmoins effectuer une déclaration initiale 1447-C-SD (cerfa n° 14187*16) au plus tard le 31 décembre de l'année de création de l’activité.

Depuis 2019, les micro-entreprises dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes ne dépasse pas 5 000 € bénéficient d’une exonération permanente de CFE pour l’année considérée.

Cas particuliers de réductions : Cette base d’imposition ou minimale pourra être réduite de : 50 % pour toutes les nouvelles entreprises l'année qui suit celle de leur création ; 75 % pour les artisans qui emploient un salarié ; 50 % pour les artisans qui emploient 2 salariés ; 25 % pour les artisans qui emploient 3 salariés ; pour certaines activités saisonnières, en proportion du temps d’inactivité.

Mesures locales et territoires spécifiques : Les micro-entreprises implantées en Corse bénéficient d’un abattement de 25 % sur la part perçue au profit des communes ou des EPCI. Il existe également des exonérations permanentes dans les DROM (en ZFA soit Zones Franches d’Activité) : 80 % pour la plupart des entreprises ; 100 % pour certaines activités prioritaires et pour les entreprises situées en Guyane et Mayotte.

En outre, des exonérations peuvent être décidées par les collectivités territoriales pour les trois premières années d'activité (entreprises créées à partir du 1er janvier 2021) ainsi que des exonérations liées à l’activité (chauffeur VTC propriétaire de son véhicule, professeurs, locations meublées, etc.) ou liées au lieu (ZUS, zones rurales, etc.).

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Déclarations et justificatifs à produire

Un auto-entrepreneur doit obtenir un justificatif d’immatriculation (extrait K ou attestation RNE) dès sa création. L’entreprise redevable de la CFE reçoit un avis d'imposition dématérialisé (et non par courrier) sur son compte fiscal en ligne.

Une déclaration n°1447 C doit être déposée au SIE dont vous dépendez au plus tard le 31 décembre de l’année de création d’un nouvel établissement. La déclaration initiale de CFE est une démarche obligatoire, pour tous les micro-entrepreneurs et même si vous travaillez depuis chez vous. En cas de manquement de votre part, vous ne pourrez pas bénéficier de l’exonération de CFE au titre de votre 1ère année d’activité et vous risquez une mise en demeure.

Pour compléter correctement votre déclaration initiale de CFE, vous devez renseigner les cadres suivants : Cadre A1 - Identification de votre micro-entreprise ; Cadre A2 - Activité professionnelle exercée de votre domicile ou exercée en clientèle ; Cadre A3 - Origine de l’établissement ; Cadre A4 - Identification de l’ancien exploitant ; Cadre B1 - Renseignements pour l’ensemble de l’entreprise ; Cadre B2 - Renseignements pour l’établissement ; Cadre C - si vous possédez un local professionnel ou si vous faites de la domiciliation d’entreprise ; Cadre D - Exonérations et abattement.

Justificatifs de revenus et documents utiles

Documents justifiant de vos revenus : une déclaration mensuelle URSSAF (3 derniers mois) ; une déclaration trimestrielle URSSAF (dernier trimestre disponible) ; une attestation fiscale URSSAF de moins de 3 mois ; votre récapitulatif de déclaration (du dernier trimestre ou les 3 derniers mois) ; votre dernier avis d’imposition complet (toutes les pages).

Bien que les bilans comptables soient acceptés comme justificatifs de ressources pour les autoentrepreneurs, ils ne sont pas à privilégier. Leur longueur et leur complexité nuisent à la lisibilité du dossier et compliquent sa vérification. Nous vous recommandons plutôt de fournir des documents plus synthétiques, comme une attestation des ressources pour l’exercice en cours (délivrée par un comptable) ou un avis d'imposition.

Paiement de la CFE : modalités et échéances

Votre avis de CFE n'est pas envoyé par courrier. Les avis CFE sont consultables uniquement en ligne sur votre espace professionnel. Pour en prendre connaissance, il vous suffit de vous identifier puis de vous rendre la rubrique « Mes services » > « Consulter » > « Avis CFE ».

Les modalités de paiement varient selon le montant de CFE réglé l'année précédente par l'entreprise. CFE inférieure ou égale à 3 000 € : le montant de la CFE doit être réglé au plus tard le 15 décembre (inclus). L'entreprise a le choix entre les modes de paiement suivants : Paiement sur internet (compte fiscal ou Portailpro) ; Prélèvement mensuel : prélevé tous les 15 du mois de janvier à octobre (option possible jusqu'au 30 juin) ; Prélèvement à l'échéance : prélèvement automatique à l'échéance (option possible jusqu'au 30 novembre).

CFE supérieure à 3 000 € : l'entreprise doit verser un acompte égal à 50 % de la CFE versée l'année précédente. L'acompte doit être réglé en général entre le 26 mai et le 16 juin (inclus). Le solde restant doit être réglé au plus tard le 15 décembre (inclus).

Vous devez régler votre CFE au plus tard le 15 décembre (inclus), en cliquant sur le bouton « Payer » en haut de votre avis d’imposition. Vous devez régler par un moyen de paiement dématérialisé. Soit via un paiement en ligne, soit par prélèvement automatique.

Vous avez peur d’oublier ? Dans ce cas, vous pouvez opter pour le prélèvement automatique de votre CFE : À échéance : vous êtes prélevé du montant total de votre CFE sur le compte bancaire choisi, sans intervention de votre part, après la date limite de paiement. Pour ce faire, vous devez adhérer à ce service avant le 30 novembre. Sous forme de mensualités : votre CFE est prélevée en 10 mensualités le 15 de chaque mois de janvier à octobre. La date limite d’adhésion à ce service est fixée au 30 juin pour une application dès le mois de janvier de l’année suivante.

Cas fréquents et réponses aux questions pratiques

Je n'ai pas reçu ma déclaration initiale de CFE par courrier. Si vous avez créé votre activité cette année, vous avez dû recevoir un formulaire de déclaration initiale de Cotisation Foncière des Entreprises (N° 1447-C-SD). Si ce n'est pas le cas, vous pouvez directement le télécharger sur le site des impôts. N'oubliez pas, vous avez jusqu'au 31 décembre pour renvoyer ce document à votre SIE et vous pouvez l’envoyer à partir de novembre.

Dois-je obligatoirement remplir la déclaration initiale de CFE ? Oui ! Ce document contient toutes les informations nécessaires au calcul de votre future CFE. De plus, si vous ne le remplissez pas, vous risquez une mise en demeure et des pénalités pour votre micro-entreprise.

Je suis micro-entrepreneur mais je n'ai pas de local professionnel. Vais-je devoir payer la CFE ? Que vous vous déplaciez chez vos clients ou que vous exerciez depuis chez vous, la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est toujours rattachée à votre domiciliation d'entreprise (qui peut être votre foyer personnel). Dans votre cas, cette taxe locale sera calculée sur une base minimale.

Mon justificatif a été refusé. Pourquoi ? Votre document peut être refusé s’il : n’est pas au bon nom ; date de plus de 3 mois ; n’est pas un justificatif professionnel reconnu ; est incomplet, illisible ou ne prouve pas l’activité ; contient plusieurs types de documents non pertinents dans la même rubrique.

Immatriculation et justificatifs d’existence

Un auto-entrepreneur doit obtenir un justificatif d’immatriculation (extrait K ou attestation RNE) dès sa création et devient redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) à partir de sa deuxième année d’activité. En pratique, un auto-entrepreneur n’a pas de Kbis au sens strict (réservé aux sociétés commerciales), mais un extrait K s’il est commerçant inscrit au RCS ou un justificatif d’immatriculation au RNE.

Option 1 : MonIdenum.fr pour l’extrait K. Option 2 : annuaire-entreprises.data.gouv.fr pour le justificatif RNE. Option 3 : Insee.fr pour l’avis de situation Sirene. L’ensemble des justificatifs d’immatriculation utiles aux micro-entreprises sont disponibles en ligne, de manière dématérialisée.

[TUTO] Créer un espace professionnel impots.gouv.fr en micro-entreprise

Organisation pratique : calendrier et obligations

Trois échéances structurent ces obligations : la déclaration initiale CFE avant le 31 décembre de l’année de création, l’obtention du justificatif d’immatriculation dans les semaines suivant l’immatriculation, et le paiement annuel de la CFE avant le 15 décembre à partir de la deuxième année. Mois 0 : création de la micro-entreprise. Semaines suivantes : obtention du justificatif d’immatriculation. Fin de l’année N (année de création) : déclaration initiale CFE. Année N+1 : premier avis de CFE (réception fin novembre).

La gestion de la CFE passe par l’espace professionnel sur impots.gouv.fr. La procédure de réclamation contentieuse passe par l’espace professionnel ou par courrier au service des impôts des entreprises, en général dans les deux mois suivant la réception de l’avis.

Impact de la domiciliation sur la CFE et solutions

Le lieu de domiciliation ne correspond pas automatiquement au logement principal du micro-entrepreneur. Il s’agit du lieu d'habitation ou d’un autre lieu en application d'un contrat de domiciliation commerciale, ou bien d’un local commercial (dont vous êtes locataire ou propriétaire). Le choix de l'adresse professionnelle intervient à trois niveaux : crédibilité du justificatif, taux de CFE applicable et fiabilité de réception des courriers administratifs.

La domiciliation commerciale permet de séparer clairement vie personnelle et vie professionnelle. Avec une domiciliation, l’avis de CFE est réceptionné à l’adresse de domiciliation. Certaines sociétés proposent des services de domiciliation et numérisation rapide des avis d’imposition, ce qui facilite la gestion (ex : réception et mise à disposition en 24 à 72 h).

Exemple chiffré

Exemple : auto-entrepreneur avec 25 000 € de chiffre d’affaires à Paris. Base minimale retenue : 1 179 € (tranche 10 001 € - 32 600 €). CFE due : 1 179 € × 16,52 % ≈ 195 €. Un même chiffre d’affaires à Toulouse (taux ≈ 36,58 %) conduirait à une CFE bien plus élevée.

Ressources et conseils pratiques

  • Créez votre espace professionnel sur impots.gouv.fr dès la première année d’activité pour consulter vos avis et payer en ligne.
  • Si vous n’avez pas reçu le formulaire 1447-C-SD, téléchargez‑le et renvoyez‑le avant le 31 décembre pour bénéficier de l’exonération la 1ère année.
  • Conservez et téléchargez vos justificatifs URSSAF récents (attestations, récapitulatifs) pour prouver vos ressources si nécessaire.
  • Pensez à la domiciliation commerciale si vous souhaitez détacher votre adresse personnelle et optimiser la réception de l’avis CFE.
  • Vérifiez les exonérations locales possibles et la décision des collectivités concernant l’exonération sur les trois premières années.

Vous êtes désormais mieux informé sur la CFE, sa déclaration, ses exonérations et les justificatifs à fournir en tant que micro-entrepreneur en e‑commerce. La CFE suit une logique annuelle calée sur l’année civile et dépend directement de votre domiciliation et de votre chiffre d’affaires de référence.

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