Économie circulaire et création de valeur : la stratégie et les exemples concrets de Veolia

Les ressources naturelles se raréfient pendant que nos besoins augmentent. D’où le souci constant de Veolia d’organiser une gestion optimisée des ressources, en mettant l’accent sur la conception et le déploiement de solutions concrètes et innovantes. Objectif permanent : préserver les ressources en les renouvelant.

Philosophie et positionnement stratégique

Sa philosophie générale : « transformer un inconvénient - les pollutions municipales et industrielles - en atout ». Pour mener à bien ce leitmotiv mobilisateur pour le développement durable de nos villes et de la planète, Veolia travaille sur des actions concrètes qui touchent la vie de tous les jours : usage des déchets, consommation d’électricité, alimentation, etc. Veolia sait, en France comme dans le monde, se montrer de plus en plus innovant dans ses pratiques et ses expertises, en élargissant sa gamme de compétences et en élargissant ses perspectives d’alliances.

Un chiffre illustre, à lui seul, les besoins de la planète en énergies propres et en services à l’environnement pour dépolluer, décarboner et régénérer les ressources (eau, déchets…) : 2 500 milliards d’euros par an, soit l’estimation de ce marché potentiel par Veolia. Estelle Brachlianoff, directrice générale du groupe mondial, l’a brandi, jeudi 29 février, lors de la présentation de son « programme stratégique » 2024-2027, Green Up, destiné à accélérer la transformation écologique. Renforcer cette transformation est au cœur de la nouvelle stratégie de Veolia.

Axes prioritaires d’action pour décarboner et régénérer

Veolia s’engage à contribuer à relever le défi climatique en agissant pour décarboner nos sociétés et les aider à s’adapter aux changements déjà installés. Le nouveau plan repose notamment sur trois activités jugées stratégiques, où Veolia peut proposer des « solutions à fort impact » : l’énergie locale « décarbonante » (bioénergies, efficacité énergétique de l’industrie et du bâtiment, flexibilité électrique), les technologies de l’eau permettant de préserver une ressource de plus en plus imprévisible et de traiter les nouveaux polluants, et le traitement des déchets dangereux.

QUELLES PRIORITÉS D’ACTION DU GROUPE ? 1. Réduire de 50% ses émissions en 10 ans et augmenter de 50% ses émissions “effacées” sur le scope 4 notamment en : Augmentant la production et le recours aux énergies bas carbone (renouvelables en particulier) et remplacer des combustibles fortement émetteurs par des combustibles alternatifs. Développant le captage et la valorisation du biogaz issu des déchets. Optimisant l’efficacité énergétique des installations dans les différents secteurs d’activité du Groupe. Augmentant le recyclage matière, en substitution de la matière vierge. Innovant pour décarboner les réseaux de chaleur et capter, recycler et valoriser le CO2 biogénique.

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2. Remplacer le charbon par la valorisation des déchets. En France, à Lille et Roubaix, Veolia opère une « autoroute de la chaleur ». Le réseau de chaleur a été prolongé de 20 km, jusqu’à l’unité de valorisation énergétique. Les déchets sont désormais valorisés en chaleur et en électricité.

Réutiliser les eaux usées traitées pour protéger la ressource en eau. Les eaux recyclées peuvent être utilisées pour l’irrigation agricole, l’irrigation paysagère, l’industrie ou encore la recharge des nappes phréatiques.

Solutions opérationnelles et innovations circulaires

L'économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant au maximum la consommation des matières vierges et la génération de déchets et des pollutions. Pour la mettre en œuvre, Veolia propose des solutions concrètes : Diminuer sensiblement la consommation de ressources fossiles, en améliorant la performance énergétique de ses clients ou de ses propres installations. Réutiliser les biens et les matières pour produire moins de rejets, par la réutilisation de l’eau ou par des services d'éco-conception d’emballages. Produire de l’électricité et de la chaleur à partir de ressources renouvelables, à partir de déchets non recyclables ou de biomasse. Produire des sources d’énergie renouvelable comme le biogaz, capté dans les centres de recyclage et de valorisation des déchets ou produit par méthanisation de déchets organiques et de boues de traitement des eaux. Trier et recycler les déchets pour remplacer des fertilisants chimiques et des matières premières fossiles.

Production de combustibles solides de récupération à haut rendement énergétique. Nous valorisons les déchets pour en faire des CSR : combustibles solides de récupération. Ces derniers sont issus de déchets secs, non dangereux, qui sont compactés pour devenir une source d’énergie à haut rendement. Ils peuvent être valorisés in situ sous forme de chaleur ou d’énergie, ou bien revendus pour valorisation énergétique. Ils sont une alternative probante aux problématiques d’enfouissement des déchets, et contribuent à réduire la part des combustibles fossiles dans le mix énergétique.

Optimisation de la gestion des déchets industriels. Nous optimisons le traitement des déchets de nos clients. Notre expertise sur ces questions, alliée à des solutions technologiques innovantes, nous permet de traiter avec efficacité et rentabilité tous les flux de déchets issus des sites industriels. À travers un plan de gestion des déchets propre à chacun de nos clients, nous en garantissons l’élimination sécurisée et la valorisation, tout en réduisant les coûts et l’empreinte écologique.

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Exemples concrets de partenariats et d’unités de valorisation

Entre production d’énergies renouvelables et récupération, Veolia a été sélectionné par le SDEDA (Syndicat départemental d’élimination des déchets de l’Aube) pour construire puis exploiter une unité de valorisation énergétique (UVE) située dans l’agglomération de Troyes. Cette UVE est dotée d’un procédé de traitement ultra performant (technologies de double filtration, plateforme de maturation). D’une capacité de 60 000 tonnes par an, le projet baptisé « Valaubia » utilisera le potentiel énergétique des déchets pour produire 41 GWh d’électricité par an. Soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 50 000 habitants ! 60 000 des 120 000 tonnes d’ordures ménagères déposées chaque année dans les deux centres de Saint-Aubin et Montreuil-sur-Barse seront alors détournées de l’enfouissement.

Développer une boucle d’économie circulaire à l’échelle d’un secteur d’activité, tel est l’objectif de la démarche réalisée pour Tarkett (leader mondial des solutions de revêtements de sol et surfaces sportives) et Marionnaud (numéro un en Europe dans les cosmétiques et parfums) qui ont choisi Veolia pour atteindre cet objectif ambitieux.

Depuis 2016, Marionnaud et Veolia associent leur force pour donner une nouvelle vie aux produits de beauté par la collecte et la valorisation de produits de beauté usagés (les flacons de parfum et de vernis à ongles, les tubes de crème…). Comme le client est aussi citoyen, des incitations ont été développées dans chaque magasin pour rapporter les produits usagés, qu’ils soient d’ailleurs achetés ou non chez Marionnaud. Par exemple, les objets en verre usagers ainsi récupérés (déposés en magasin par les clients), après un passage par l’usine verrière, se métamorphoseront en nouveaux flacons ou bouteilles. Les contenants en plastique seront quant à eux transformés en énergie thermique. Coté chiffres, Veolia va recycler et valoriser 160 tonnes de flacons et emballages usagés dès la première année. 150 000 flacons de parfum et 6 tonnes d’autres emballages ont été rapportés par 120 000 clients, entre avril et décembre 2016.

La même approche de collecte/valorisation est menée dans le partenariat avec Tarkett, en ce qui concerne les revêtements de sol. La collecte et le tri des chutes de pose des revêtements de sols souples est assurée par Veolia auprès des clients de Tarkett, avant d’être recyclés dans l’un des sites de production Tarkett.

Valorisation des coproduits de la mer : l’opération Recyfish

En valorisant les coproduits de la mer, Veolia et STEF (spécialiste européen de la logistique du froid) se retrouvent partenaires dans l’opération « Recyfish ». Le but de cette nouvelle solution, dont l’intérêt demeure tout autant environnemental qu’économique, est d’augmenter le taux de valorisation des sous-produits de poissons (parties non comestibles, déchets…) dans la région Méditerranée, tout en réduisant les trajets. Des caisses palettes vides sont mises à disposition par Veolia pour les équipes de STEF. Lorsque celles-ci livrent les poissons frais à leurs destinataires, elles repartent avec les caisses remplies de ces sous-produits de la mer. Ensuite, Veolia se charge de traiter ces sous-produits et de les transformer en engrais. Lancé pour la première fois en France en février 2017, ce sont 500 tonnes de coproduits qui seront traitées en 2017, avec l’objectif de multiplier ce chiffre par 5 en 2019.

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Économie circulaire locale et création de valeur territoriale

Nous favorisons le développement de l’économie circulaire au sein des territoires. Ainsi, nous répondons à de nombreuses problématiques locales et créons de la valeur : l’économie circulaire permet non seulement de préserver et de renouveler les ressources environnementales, mais aussi de sécuriser les approvisionnements. Elle contribue également à la création de nombreux emplois, et se fait collaborative pour prévenir par exemple les conflits d’usages entre habitants et industries.

Réutilisation des eaux usées et réduction du stress hydrique. Nous contribuons à préserver la ressource en eau en la réutilisant (pour l’irrigation, l’industrie, etc.). L’enjeu n’est pas mince, quand on sait qu’en 2025 plus de 1,8 milliard d’habitants vivront en situation de stress hydrique absolu.

Biodiversité et solutions fondées sur la nature

L’érosion mondiale des milieux et de leur biodiversité est sans précédent (rapport IPBES 2019) et concerne toutes les régions du monde, à l’échelle la plus locale. Cette dégradation met en risque notre capacité à répondre à nos besoins essentiels : de la nourriture saine, de l’eau potable, des matières premières… Parce qu’elles dépolluent, décarbonent et régénèrent les activités de Veolia, contribuent à préserver les milieux naturels (eau, air et sol) et réduisent 3 des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité résultant de l'activité de ses clients municipaux et industriels (surexploitation des ressources naturelles dont l’eau, changement climatique, pollution).

Réaliser des empreintes biodiversité sur les sites pour une meilleure préservation et restauration de la biodiversité. Veolia a conçu, en collaboration avec le comité français de l’UICN et le bureau d’études Ecosphère, un outil de mesure de l’empreinte « biodiversité » d’un site, qui permet d’évaluer à une échelle locale les impacts négatifs et positifs, directs ou indirects, exercés par les activités.

Préserver et restaurer la biodiversité locale. En Colombie, le parc technologique environnemental d’Antanas de 98 ha maintient depuis 2021 3 zones de conservation totalisant 73 ha. L’association de protection de l’environnement Viva el Planeta y accompagne Veolia dans la gestion écologique d’espèces d’arbres rares tels que le chêne, le palmier, le pin colombien, et d’oiseaux rares comme le pic glandivore.

Innover et Mettre en oeuvre des Solutions Fondées sur la Nature. En Espagne, dans la zone humide du delta de l’Ebre, la plus étendue de Catalogne, une zone à haute valeur environnementale, le projet de gestion écologique du bassin versant vise à améliorer grâce à des solutions fondées sur la nature la qualité de l’eau provenant des rizières avant qu’elle ne soit drainée vers les lagunes et baies du delta de l’Èbre et à préserver la biodiversité. Cette zone humide de 140 ha accueille aujourd’hui 48 espèces différentes d’oiseaux d’eau, dont 33 classées parmi les espèces en danger.

Impact économique et modèle de croissance durable

Le numéro un mondial des services à l’environnement a dégagé un bénéfice net de 1,3 milliard d’euros en 2023. Veolia a en effet publié, jeudi 29 février, des résultats 2023 sans précédent, en hausse pour la septième année consécutive. Après le rachat de la majeure partie de son concurrent historique Suez en 2022, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 45,4 milliards d’euros (+ 9 %) et un résultat net de 1,3 milliard (+ 14,9 %). Il vise au moins 1,5 milliard de profits en 2024, une hausse de 10 % par an d’ici à fin 2027 et un Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciations) d’au moins 8 milliards d’euros en 2027 (contre 6,5 milliards d’euros en 2023).

« Ces résultats historiques sont le fruit d’un positionnement précurseur sur le marché porteur de la transformation écologique, comme de nos efforts continus de pilotage opérationnel strict », a commenté Mme Brachlianoff. « La prise de conscience écologique doit dorénavant être canalisée vers une action efficace, qui protège plutôt que de punir, qui réconcilie l'économie avec l'écologie, et la santé humaine avec l'environnement. »

Engagement social et gouvernance

Veolia Cares : un socle commun pour tous. Déployé en 2023, Veolia Cares vise à instaurer un socle commun de protection sociale pour les 213 000 collaborateurs du Groupe, partout dans le monde, même dans les régions où rien n’est prévu par la loi locale.

Questions et défis pour amplifier l’économie circulaire

Depuis la société de consommation, la production de déchets n’a fait que croître. Cette croissance devrait se poursuivre avec l’urbanisation des pays en développement. Les impacts environnementaux et sociaux sont de plus en plus visibles.

Accompagner la transition de nos modèles vers l’économie circulaire implique de mobiliser les acteurs privés qui participent à la production des biens et services, les acteurs publics qui régulent la vie économique et sociale, ainsi que les consommateurs qui influencent, à travers leurs comportements d’achats, les stratégies actuelles et futures des entreprises.

L’économie circulaire suscite aujourd’hui une multiplicité de projets d’innovation dont il est souvent difficile d’évaluer le potentiel et le caractère pérenne. Quelles formes prennent les innovations dites circulaires ? Au-delà d’expérimentations locales, quel est leur potentiel de création de valeur économique, écologique et en matière de création d’emploi ? Quels sont les acteurs et les partenariats qui émergent à ce sujet ?

Dans son rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C adopté en 2018, le Giec rappelle que, « du point de vue des lois de la physique et de la chimie, la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C est possible, mais il faudrait, pour la réaliser, des transitions sans précédent à tous les niveaux de la société. »

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