Éditions Kiwi : informations sur le redressement judiciaire et conseils pour les auteurs
Le Jugement du Tribunal de Commerce de Rennes, prononcé en date du 28.01.2026, ouvre une procédure de redressement judiciaire sous le numéro 2026J00052 à l'encontre de la société KIWI INSTITUTE - 1 Place du Maréchal Juin 35000 Rennes RCS Rennes 530 051 267, date de cessation des paiements le 15.12.2025, et ouvre une période d'observation expirant le 28.07.2026.
L'administrateur est désigné : SELARL Ajassociés, prise en la personne de Maître Maxime Lebreton 14 Boulevard Sébastopol 35000 Rennes et la SELARL GAUTIER & associés prise en la personne de Me Sophie GAUTIER 111 Bd de LATTRE de TASSIGNY, 35000 RENNES. Mandataire judiciaire : SELARL Praxis prise en la personne de Me Benjamin Brillaud 39 Rue du Capitaine Maignan CS 34433 35044 Rennes et la SELARL LEXMJ, prise en la personne de Me Sarah RODIER, 29 rue de Lorient 35000 RENNES.
Les déclarations des créances sont à déposer au mandataire judiciaire dans les deux mois à compter de la date de publication au Bodacc.
Qu'est-ce qu'une procédure collective et quelles différences entre sauvegarde, redressement et liquidation ?
Ces trois procédures sont ce que l'on nomme des "procédures collectives". "Procédures", car elles sont étroitement encadrées par la loi (le Code de commerce) et surveillées par le tribunal compétent. "Collectives", car elles visent à honorer les dettes de la société de manière collective (chaque créancier recevant au moins une part de sa créance) et non pas individuelle (certains créanciers recevant leur paiement et d'autres ne recevant rien suivant le principe désordonné du "premier arrivé, premier servi").
Portraits à grands traits :
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- La sauvegarde judiciaire est la plus légère et la plus optimiste. La société connaît des difficultés mais son dirigeant conserve ses pouvoirs et une réorganisation devrait lui permettre de reprendre une activité normale... même si c'est à long terme, le plan de sauvegarde pouvant durer jusqu'à dix ans).
- Le redressement judiciaire est plus contraignant : le dirigeant conserve moins de pouvoirs, la surveillance est plus étroite. Toutefois, il vise encore à préserver l'existence de la société, même si c'est à long terme (dix ans maximum) et... même si c'est au prix de la cession d'une partie de ses activités.
- La liquidation judiciaire, elle, met un terme à l'existence de la société. Son but est de vendre ce qui se trouve encore dans le patrimoine de l'entreprise pour payer les créances autant que possible.
Ce que doivent savoir les auteurs concernés par le dossier Kiwi
La première chose à faire est de contacter le service juridique de la Société des gens de Lettres. Si vous êtes membre (l'adhésion se fait ici), vous serez accompagné dans vos démarches.
La deuxième chose à faire est de vérifier l'information : votre éditeur est-il vraiment en procédure collective ? Le redressement judiciaire débute par une première période d’observation qui dure au maximum six mois et qui permet d’établir un diagnostic de la société.
L'administrateur judiciaire établit les capacités financières de l'entreprise et étudie avec le dirigeant les axes possibles de redressement.
La déclaration de la créance peut se faire sur papier libre pourvu qu’y figurent toutes les informations utiles (nom, prénom, nature de la créance, titre de l’ouvrage, date du contrat …) ou via le formulaire Cerfa 10021*01 proposé à titre facultatif.
Attention : un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC du jugement d’ouverture de la procédure collective vous est imparti pour faire cette déclaration.
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Si ce délai est échu, faute pour le mandataire judiciaire de vous avoir contacté (l’éditeur n’ayant pas mentionné votre nom sur la liste des créanciers), vous pouvez obtenir un relevé de forclusion (article L.622-26 du Code de commerce). Pour ce faire, il convient d’introduire une requête auprès du Tribunal de commerce au plus tard six mois après la publication au BODACC du jugement d’ouverture de la procédure collective.
Effets sur les contrats d'édition et droits des auteurs
En cas de redressement judiciaire et durant la période de redressement, votre contrat d’édition continue de produire ses effets. En cas de liquidation judiciaire, les contrats d’édition sont automatiquement résiliés (« de plein droit » : article L.132-15 du Code de la propriété intellectuelle).
Le mandataire liquidateur a l’obligation de vous proposer le rachat des exemplaires en stock (article L.132-15 du Code de la propriété intellectuelle). En cas de vente en solde des stocks de livres, nous conseillons aux auteurs de demander que leurs ouvrages en soient retirés. Si une telle vente a lieu, le plus probable est que l’auteur ne reçoive rien du produit de la vente.
Renseignez-vous pour être mieux défendus ! Notre Guide Pratique vous présente quels sont vos droits et ce que vous pouvez exiger. C'est votre loi : le Code de la propriété intellectuelle et ses articles sur le contrat d'édition.
Consultez les chiffres des ventes de vos livres sur le portail Filéas (gratuitement accessible aux auteurs et dont les chiffres sont indépendants de ceux des éditeurs).
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Que faire concrètement : étapes et recommandations
- Vérifier la publication au BODACC et noter la date : le délai de deux mois pour déclarer la créance commence à courir à partir de cette publication.
- Déposer votre déclaration de créance au mandataire judiciaire, en indiquant toutes les informations utiles (nom, prénom, nature de la créance, titre de l’ouvrage, date du contrat ...).
- Si vous n'avez pas été contacté et que le délai est échu, introduire une requête auprès du Tribunal de commerce pour obtenir un relevé de forclusion au plus tard six mois après la publication.
- Contacter des instances de défense des auteurs (ex. la Société des gens de Lettres) et se rapprocher d'un collectif d'auteurs pour mutualiser les démarches et les actions.
- Surveiller les propositions du mandataire (rachat de stocks, cession d'activités) et demander que vos ouvrages soient retirés d'éventuelles ventes de solde si cela est possible.
La bonne idée serait de contacter très vite Kiwi pour leur demander de récupérer vos droits, si la maison ne le fait pas d'elle-même. Attention pour ce qui est de récupérer vos droits dus, il se peut que vous soyez tout en bas de l'échelle des créditeurs et que la procédure retarde ou rende impossible certains paiements (en gros, n'y comptez pas).
Historique et éléments contextuels relevés sur les forums et sources
Bonjour à tous, Je suis une autrice des éditions Kiwi. J'ai vu l'article de LivresHebdo ainsi que le podcasts RTL concernant le non versement des droits d'auteur et les difficultés financières rencontrées par la maison d'éditions Kiwi. Je n'ai également plus aucune nouvelle depuis la publication de mon livre en septembre 2022.
Il est noté dans l'article qu'un des auteurs a créé un groupe de discussion afin de trouver une solution collective. Est-ce que quelqu'un aurait les contacts d'autres auteurs afin de rejoindre le groupe.
Pour information, la maison d'édition Kiwi est en redressement judiciaire depuis quelques jours. Malheureusement, c'était à craindre, ils étaient en très grosses difficultés financières depuis un bon moment.
Bonjour j'ai signé un contrat de réédition pour mon livre avec les éditions Kiwi. Or, quand mon livre a été publié en Janvier 2023, il est sorti avec la maison d'éditions Jaques-Marie Laffont. Je n'ai pas été prévenue de ce changement. Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis la signature du contrat, et je ne sais pas où ils diffusent mon livre, ni comment ils le promeuvent, ... Je souhaite rompre mon contrat. Est-ce possible ? Y a t'il d'autres personnes qui ont intenté une action contre les Editions Kiwi ?
Mais normalement, ils sont tenus, soit contractuellement, soit par simple courtoisie, de t'en informer. Jacques-Marie Laffont ne semble pas avoir de site internet propre où récupérer des infos, mais il a visiblement racheté plusieurs autres ME. Si c'est une réédition, il est assez probable qu'il ne soit pas prévu un gros travail de promotion dessus, par contre, oui, normalement, un contrat d'édition stipule que le livre doit être rendu disponible "selon les règles de l'art".
Ton éditeur te doit aussi des comptes. Cependant, il est possible que ton contrat précise que la reddition de comptes se fait annuellement. Auquel cas, 7 mois plus tard, il n'est pas forcément hors des clous. Pour rompre ton contrat : soit tu peux le faire à l'amiable, simplement en demandant à récupérer tes droits, et si l'éditeur juge que ton livre ne vend pas assez, il peut accepter de le retirer de son catalogue. Soit il faut que les conditions du contrat ne soient pas remplies, auquel cas, tu peux le mettre en demeure de les remplir, et si elles ne le sont toujours pas après un certain délais (précisé au contrat, souvent), alors oui, tu peux rompre le contrat.
La bonne idée serait de contacter très vite Kiwi pour leur demander de récupérer vos droits, si la maison ne le fait pas d'elle-même. Attention pour ce qui est de récupérer vos droits dus, il se peut que vous soyez tout en bas de l'échelle des créditeurs et que la procédure retarde ou rende impossible certains paiements (en gros, n'y comptez pas).
Informations complémentaires sur des entités appelées "Kiwi"
KIWI EDITION est une SARL, Société à responsabilité limitée (sans autre indication) créée le 05/07/2019 à GRENOBLE (38). Son siège social est situé au 40 RUE ALEXANDRE DUMAS, 38100 GRENOBLE. La société est immatriculée sous le SIREN 852 220 797. Elle exerce dans le secteur la planification et la conception de sites internet et de systèmes informatiques intégrant les technologies du matériel, des logiciels et des communications. les services peuvent comprendre la formation des utilisateurs concernés. (code NAF 6202A). Son capital social est de 1 000 euros.
infosociétés est un service gratuit édité par Contract-Factory, plateforme française spécialisée dans les formalités juridiques des sociétés : création (SAS, SASU, SARL, EURL, SCI), modification (transfert de siège, changement de dirigeant, cession de parts) et cessation d'activité.
Échanges et mobilisation des auteurs : extraits de forums
Bonjour Karine. Mais normalement, ils sont tenus, soit contractuellement, soit par simple courtoisie, de t'en informer. Jacques-Marie Laffont ne semble pas avoir de site internet propre où récupérer des infos, mais il a visiblement racheté plusieurs autres ME.
Je sais que l'autrice Pauline Bilisari était en procédure pour récupérer ses droits sur un (voire 2, je ne sais plus) livre chez Kiwi. Vois si tu peux la contacter sur Instagram, Lilou06 !
La bonne idée serait de contacter très vite Kiwi pour leur demander de récupérer vos droits, si la maison ne le fait pas d'elle-même. Attention pour ce qui est de récupérer vos droits dus, il se peut que vous soyez tout en bas de l'échelle des créditeurs et que la procédure retarde ou rende impossible certains paiements (en gros, n'y comptez pas).
Redressement judiciaire : 5 points clés pour comprendre
Tableau récapitulatif : délais et actions essentielles
| Événement | Délai | Action recommandée |
|---|---|---|
| Publication du jugement au BODACC | Début du délai | Vérifier la date et conserver la preuve de publication |
| Déclaration de créance au mandataire | 2 mois après publication | Déposer la déclaration (papier libre ou Cerfa 10021*01) |
| Requête pour relevé de forclusion | 6 mois après publication | Introduire la requête au Tribunal de commerce si non contacté par le mandataire |
| Période d'observation (redressement) | Jusqu'à 6 mois, prorogeable | Suivre les propositions de l'administrateur et du mandataire |
Renseignez-vous pour être mieux défendus ! Notre Guide Pratique vous présente quels sont vos droits et ce que vous pouvez exiger.
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