Comment fonctionne le financement d’un projet professionnel et quels sont les métiers associés
Le financement est une étape importante et vitale pour n’importe quel projet professionnel. Sans financement suffisant, une création ou une reprise d’entreprise ne pourra pas se concrétiser. Avant de rechercher des financements en vue de lancer un projet professionnel, il faut commencer par en estimer le besoin financier total.
Le premier projet de plan de financement comportera surtout les besoins à financer. Ensuite, l’entrepreneur y incorporera les ressources qu’il parvient à mobiliser. Un plan de financement, mettant en évidence l’ensemble des besoins à financer au niveau du projet, ainsi que l’ensemble des ressources mobilisées. Un budget de trésorerie, qui permet à l’entrepreneur de réaliser des projections de trésorerie avec un calcul théorique du solde à chaque fin de mois. Un projet équilibré implique un solde systématiquement positif. Un solde négatif traduit un financement déséquilibré ou une rentabilité insuffisante.
Estimer les besoins et construire le montage financier
Avant de commencer à rechercher des solutions pour financer votre projet professionnel, vous devez donc commencer par estimer votre besoin total de financement. Cela implique de travailler votre budget des dépenses et votre plan d’investissement. Pour obtenir une étude précise et fiable, nous vous conseillons de vous baser sur des devis ou des propositions de prix des fournisseurs que vous avez sélectionné.
Pour financer votre projet professionnel, vous pouvez donc utiliser de nombreuses solutions, et combiner plusieurs dispositifs pour optimiser votre montage financier. L’objectif est simple : trouver les ressources nécessaires pour chaque besoin à financer, et optimiser le plan de financement.
Apports personnels et rôle fondamental
Pour les projets professionnels nécessitant des capitaux importants, les apports personnels de l’entrepreneur et de ses éventuels associés sont indispensables. Un projet de plusieurs centaines de milliers d’euros ne peut pas voir le jour si aucun des participants ne peut investir de l’argent personnellement. À ce niveau, l’objectif est de constituer une quotité suffisante d’apports personnels, nécessaire pour obtenir un prêt bancaire.
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Un apport d’argent dans le capital de l’entreprise. En contrepartie, l’apporteur récupère des titres. Un apport en nature à l’entreprise, qui consiste à transférer la propriété d’un bien, autre que de l’argent, à l’entreprise. Par exemple, il peut s’agir d’apporter un véhicule. En contrepartie, l’apporteur récupère des titres. Une avance d’argent par l’intermédiaire d’un compte courant d’associé. Ce système consiste à avancer de l’argent à l’entreprise, qui devra ensuite rembourser l’apporteur selon des modalités librement déterminées.
Le financement bancaire et les garanties
L'emprunt bancaire constitue le principal levier pour financer un projet de création d'entreprise. Un prêt accordé par le système bancaire peut couvrir jusqu'à 70 % du prix d'acquisition. Généralement, il est exigé que l'emprunteur apporte au moins 30 % du financement. Cette exigence peut varier selon l'activité de l'entreprise et son niveau de risque.
Le remboursement de l'emprunt est étalé sur une durée qui varie entre 5 et 7 ans. Les modalités d'emprunt sont différentes selon les banques. Il est ainsi recommandé de faire vos recherches et de comparer les différents taux d'intérêts, les frais de dossier, les durées de remboursements ou encore les modes de garantie d'emprunt demandés. À noter : les banques cherchent de plus en plus à partager le risque des financements de projets de création/reprise d'entreprise. Ainsi, il est recommandé de diversifier vos sources de financement (ex : création d'un pool bancaire, plusieurs banques financent le même projet).
La banque est libre d'accepter ou de refuser votre demande d'emprunt sur la base du business plan que vous lui aurez fourni. En revanche, en cas de refus, la banque doit motiver et argumenter sa décision. Une réponse motivée vous permet de déterminer les points sensibles de votre dossier pour les ajuster. Vous pourrez ainsi refaire une demande d'emprunt.
Pour s'assurer que l'emprunt sera bien remboursé, la banque peut exiger des garanties : garantie réelle (le nantissement du fonds de commerce ou le nantissement de titres sociaux) ; garantie personnelle (dans ce cas, la banque exige que l'emprunteur se porte personnellement garant du paiement des échéances).
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Prêts d’honneur, aides publiques et fonds spécifiques
Vous pouvez renforcer votre apport personnel avec un prêt d'honneur Création-Reprise : sans intérêts, sans garantie. Il s'agit d'un prêt à taux zéro ; vous ne remboursez que ce que l'on vous a prêté. Vous vous engagez sur l'honneur à rembourser ce prêt. Le prêt d'honneur peut être accordé à tout type d'entreprise à l'exclusion des associations, fondations, SCI et entreprises en difficulté. Le montant du prêt d'honneur varie entre 1 000 € et 90 000 €. Son remboursement s'étale sur une durée de 1 à 7 ans. L'obtention de ce prêt permet de crédibiliser votre projet de création d'entreprise aux yeux des banques.
Bpifrance peut proposer un plan de financement aux porteurs de projets qui souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat. Ce dernier va du crédit à court terme au capital d'investissement en passant par les garanties et les prêts d'honneur. Il existe de nombreuses aides publiques ou privées et des subventions pour financer son projet de création d'entreprise.
Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance permet de financer les dépenses suivantes : achat d'un fonds de commerce, achat majoritaire de titres sociaux, frais d'acquisition, renforcement du besoin en fonds de roulement, remboursement de comptes courants. Le montant du prêt varie entre 40 000 € et 1 500 000 €. Le remboursement peut s'étaler sur une durée de 7 ans, avec un allègement du remboursement les 2 premières années. Le contrat de développement transmission est accordé sans demande de garantie, ni caution personnelle.
Financements alternatifs : crowdfunding, business angels, capital-risque et microcrédit
Le financement participatif ou crowdfunding consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté d'internautes qui souhaitent soutenir votre projet. Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobiliser des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.
La campagne de crowdfunding se déroule dans un temps imparti et sur une plateforme dédiée (ex : Ulule, Kickstarter, Kisskissbankbank...). Le choix de la plateforme dépend de la nature du projet, certaines plateformes étant généralistes et d'autres spécialisées. Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes : don (reward crowdfunding), prêt (crowdlending), investissement (achat de titres sociaux).
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Le business angel ou « investisseur providentiel » est un cadre d'entreprise en activité ou un ancien entrepreneur qui investit une partie de son patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel. Le business angel peut apporter un apport financier direct, un carnet d'adresses et une expérience professionnelle.
Le capital risque (fonds d'investissement) est une prise de participation par des investisseurs professionnels, généralement minoritaire, au capital de votre société, visant une forte plus-value à la cession après 3 à 7 ans. L'apport peut aller de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d'euros.
Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique. Il s'agit d'un prêt de 17 000 € maximum, le plus souvent assorti d'un taux d'intérêt au moins égal à 5 %. Sa durée de remboursement est de 5 ans maximum. Le principal organisme habilité est l'ADIE; vous pouvez aussi vous adresser à France Active, Initiative France, Réseau Entreprendre ou Creasol.
Aides et dispositifs pour la formation et la reconversion
Changer de métier, évoluer vers de nouvelles responsabilités ou s’adapter aux transformations de son secteur : les projets de reconversion sont aujourd’hui de plus en plus fréquents. Le Compte Personnel de Formation (CPF) permet de financer une formation certifiante de manière autonome. Le PTP (Projet de Transition Professionnelle) permet de financer une formation longue tout en maintenant une rémunération.
Depuis le 1er janvier 2019, le plan de formation est devenu le plan de développement des compétences. Le régime de l’action (temps de travail et rémunération) diffère lorsqu’il s’agit d’une formation « obligatoire » ou d’une formation « non obligatoire » et toujours deux catégorisations : maintien ou évolution dans le poste et développement personnel. Ainsi, est dite obligatoire, toute action de formation qui « conditionne l’exercice d’une activité ou d’une fonction, en application d’une convention internationale ou de dispositions légales et réglementaires ». Cette action de formation obligatoire constitue un temps de travail effectif et donne lieu au maintien de la rémunération.
Le FSE+ (Fonds Social Européen Plus) est un dispositif de financement dédié à la formation professionnelle. Grâce au FSE+, une partie significative des coûts de formation peut être prise en charge. En France, il est possible d’obtenir une prise en charge des frais pour un parcours de reconversion ou de progression professionnelle, en fonction de votre situation.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) permet à toute personne active de mobiliser ses droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. Vous pouvez utiliser directement vos droits CPF accumulés pour financer une formation certifiante ou qualifiante, que vous soyez en emploi ou demandeur d’emploi. Pour savoir combien de droits vous avez disponibles, connectez-vous sur votre compte personnel.
France Travail (anciennement Pôle Emploi) propose plusieurs dispositifs pour accompagner les demandeurs d’emploi dans le financement de leurs formations professionnelles. L’aide individuelle à la formation (AIF) peut prendre en charge tout ou partie des frais de formation si vos droits CPF sont insuffisants. Pour savoir si vous êtes éligible, contactez directement votre conseiller France Travail.
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) est l’un des principaux dispositifs d’aide à la reconversion professionnelle pour les salariés du privé. Il donne l’opportunité à chacun de choisir son avenir professionnel et de changer de métier en toute sécurité, quels que soient ses moyens financiers. Il vous permet de suivre une formation certifiante en vue de vous reconvertir (réalisée pendant ou en dehors de votre temps de travail).
Pour bénéficier du financement de votre formation dans le cadre du PTP, il est obligatoire de choisir une formation certifiante délivrant un diplôme d’État. Transitions Pro prend en charge votre salaire pendant votre formation. Si votre salaire moyen de référence est inférieur ou égal à 2 fois le SMIC : vous serez rémunéré sur la base de 100 % du salaire moyen de référence. Si supérieur à 2 fois le SMIC : vous serez rémunéré sur la base de 90 % du salaire moyen de référence. Les congés payés, les cotisations de sécurité sociale et les charges légales et conventionnelles sont également prises en compte.
Suivant votre situation, certains frais de mobilité peuvent être pris en charge par Transitions Pro. Une fois assuré que vous êtes éligible au PTP, vous pouvez créer et compléter votre dossier de demande de financement depuis votre espace personnel, rubrique « dispositif PTP ».
Financement d’une formation salarié : acteurs et modalités
Le financement des formations professionnelles pour les salariés peut être pris en charge par plusieurs acteurs. L’employeur peut financer directement les formations via le plan de développement des compétences de l’entreprise, ce qui permet de former les salariés sans mobiliser leurs droits CPF personnels. Les OPCO (Opérateurs de Compétences) financent également des actions collectives et peuvent prendre en charge une partie des coûts de formation selon les accords de branche.
Les salariés peuvent aussi utiliser directement leurs droits CPF pour des formations qu’ils choisissent, avec ou sans l’accord de l’employeur selon le cas. Pour mobiliser vos droits, vous pouvez directement vous inscrire à une formation éligible via la plateforme CPF ou contacter votre employeur pour une prise en charge dans le cadre du plan de développement des compétences.
Métiers associés au financement de projet professionnel
Rejoindre les métiers du financement et de l’investissement, notamment en banque ou dans des structures spécialisées, permet d’interagir avec de nombreux métiers et expertises, et ainsi de vous constituer un réseau solide. Ces métiers offrent la possibilité de collaborer avec des équipes présentes dans plus de 60 pays et les perspectives d’évolution que cela représente.
Les métiers concernés incluent : conseiller financier, chargé d’affaires, analyste crédit, banquier d’affaires, chargé de mission financement, gestionnaire de prêts, conseiller en financement de la création/reprise, courtier en financement, chargé de relation investisseurs, analyste en capital-risque, et gestionnaire OPCO. Ils exigent des compétences précieuses : réactivité, capacité d’analyse, rigueur, mais aussi gestion du risque et d’autres compétences techniques.
Le conseiller en évolution professionnelle (CEP) est un métier clé pour accompagner les candidats à la reconversion. Il s’agit d’un service gratuit et personnalisé proposé par différents acteurs. Le CEP vous aide à trouver votre voie, à choisir le métier dans lequel vous reconvertir si vous n’avez pas d’idée sur le sujet, et il cherche avec vous la formation dont vous avez besoin pour exercer ce nouveau métier.
Les équipes et métiers engagés dans la formation en entreprise (responsable formation, chargé RH, responsable développement des compétences) sont également essentiels pour monter les dossiers, mobiliser les financements (OPCO, employeur, CPF) et piloter les parcours de transition professionnelle.
Solutions de financement selon le stade du projet
- Idée / pré-validation : crowdfunding (don, prêt, investissement) permet de tester l’intérêt du marché.
- Démarrage / petits besoins : microcrédit professionnel (ADIE) et prêts d'honneur (Réseau Entreprendre, Initiative France).
- Développement / investissements matériels : prêt bancaire, crédit-bail, location, pool bancaire.
- Croissance forte / innovation : business angels, fonds de capital-risque.
- Reprise d’entreprise : contrat de développement transmission, crédit vendeur, prêt bancaire renforcé par apports personnels.
Conseils pratiques pour sécuriser son financement
- Commencez par estimer votre capacité de financement et listez l’ensemble des dépenses et investissements nécessaires.
- Faites le point sur vos propres moyens financiers, et ceux de vos éventuels associés.
- Recherchez tous les dispositifs financiers mobilisables (prêts bancaires, prêts d’honneur, aides financières et subventions, locations et crédits-baux…).
- Contactez votre conseil régional, votre CCI et votre mairie pour vous informer sur les subventions existantes.
- Faites-vous accompagner par des professionnels : conseillers bancaires, expert-comptable, courtier en financement.
- Diversifiez vos sources de financement pour partager les risques et renforcer la crédibilité du projet.
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Cas particulier : financement d’un parcours de formation
Vous souhaitez suivre une formation pour acquérir les compétences nécessaires à la réalisation de votre projet professionnel. Combien coûte-t-elle? Comment la financer ? Il existe une multitude de possibilités pour financer votre projet en fonction de son coût. Le CPF regroupe vos droits à la formation et permet d’obtenir une certification, vous lancer dans une formation professionnelle, créer une entreprise ou une franchise.
Si vous suivez une formation d’un programme régional de formation, de France Travail (ex Pôle Emploi) ou de l’État, le coût de la formation est pris en charge. Si vous entreprenez une formation à titre personnel, son coût est à votre charge. La recherche de financement fait partie intégrante des étapes pour construire un projet professionnel cohérent et réaliste. Cela vous permet d’identifier les difficultés et de vous projeter.
Accompagnement et démarches
Même si vous êtes éligible et que votre formation est certifiante, cela ne veut pas dire que votre demande sera automatiquement acceptée. Pour vous y aider, vous n’êtes pas seul ! Le Conseiller en Évolution Professionnelle vous accompagne tout au long de votre parcours de reconversion. Il pourra vous aider à soumettre votre demande de financement d’un PTP pour maximiser vos chances de succès.
Transitions Pro vous informe et vous accompagne sur la marche à suivre pour compléter votre demande de PTP. Pensez à réaliser votre demande de financement le plus tôt possible, bien avant le démarrage de votre formation. Vos démarches auprès de votre organisme de formation incluent la réalisation d’un bilan de positionnement gratuit, qui permet d’établir un parcours de formation personnalisé.
Autres sources privées et humaines
Vous pouvez faire appel à vos proches (famille et amis) pour financer votre projet de création. Par rapport à un prêt bancaire, cette solution offre l’avantage de la souplesse et de la facilité. Vos proches peuvent vous aider par un don d'argent ou un prêt d'argent. Lorsqu'il dépasse 1 500 €, le prêt doit faire l'objet d'un écrit. Lorsque le prêt dépasse 5 000 €, vous devez le déclarer au service des impôts.
Points à retenir pour monter un dossier solide
- Présentez un business plan clair : quel est le produit, la clientèle, la concurrence ? Comment toucher la clientèle ?
- Estimez précisément les besoins et basez-vous sur des devis réels.
- Constituez des apports personnels suffisants pour rassurer les banques.
- Prévoyez des garanties ou compléments (prêt d’honneur, associé investisseur, crédit vendeur) pour sécuriser le financement.
- Anticipez les demandes de financement et impliquez les interlocuteurs (banque, OPCO, Transitions Pro, France Travail) tôt dans le process.
| Solution | Montant indicatif | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Apports personnels | Variable | Renforce la crédibilité, indispensable | Ressources limitées |
| Prêt bancaire | Jusqu’à 70% du projet | Montant important | Garantie/ apport exigés |
| Prêt d'honneur | 1 000 € - 90 000 € | Taux zéro, crédibilise le projet | Montant limité |
| Crowdfunding | Variable | Test marché, visibilité | Incertain, dépend de la campagne |
| Business angels / capital risque | Décalé (10k à plusieurs M€) | Apport financier + réseau | Dilution du capital |
| Microcrédit (ADIE) | Jusqu’à 17 000 € | Accessible sans banque | Montant limité, taux souvent >0 |
Enfin, si le financement global de votre projet a un montant élevé par rapport à vos moyens, ou à ce que vous aviez prévu, la location et le crédit-bail sont des solutions intéressantes pour vos investissements matériels. Elles vous permettront de réduire votre financement de départ. Un crédit-bail comporte toutefois une option d'achat à l'issue du bail.
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