Guide complet : création d’entreprise — franchise vs association et aides disponibles
Créer son entreprise ne se résume pas à une bonne idée : l’accompagnement permet de structurer son projet, d’éviter les erreurs fréquentes et d’accélérer son développement. Quel que soit le type d'activité que vous envisagez de créer, notre premier conseil est de ne pas rester isolé.
Pourquoi se faire accompagner pour créer son entreprise ?
L’accompagnement à la création d’entreprise constitue un véritable levier de réussite. Il permet de sécuriser les étapes clés du projet : validation de l’idée, étude de marché, choix du statut, construction du business plan et recherche de financements. Être accompagné, c’est aussi bénéficier de conseils personnalisés, accéder à des outils concrets (formations, ateliers, mentorat) et intégrer un réseau professionnel.
Des réseaux généralistes ou spécialisés se tiennent à votre disposition pour vous accueillir, vous informer notamment sur les aides nationales et régionales à la création d'entreprise, vous orienter si nécessaire et vous accompagner dans l'étude et la mise en œuvre de votre projet de création. De nombreux réseaux proposent un accompagnement gratuit ou partiellement financé, notamment pour les demandeurs d’emploi, les jeunes ou les entrepreneurs issus de territoires prioritaires.
Les réseaux et structures d’accompagnement
Le réseau BGE conseille et forme les entrepreneurs pour leur transmettre méthode, outils, contacts, savoirs-être et compétences nécessaires à la réussite de leur projet à toutes les étapes de leur parcours, de l’émergence du projet au développement de l’entreprise. Initiative France est un réseau de financement et d’accompagnement des créateurs, repreneurs et développeurs d’entreprise. Le réseau accueille, analyse et finance les projets par un prêt d’honneur, sans intérêts ni garanties. Le Réseau Entreprendre est un réseau de chefs d’entreprises qui accompagne et finance les entrepreneurs à potentiel de création d’emplois.
France Active finance et accompagne tout entrepreneur développant un projet à fort impact social quelle que soit la phase de vie. Les pépinières d'entreprises offrent aux porteurs de projets des prestations d'accueil, d'orientation et d'appui au montage de leur dossier. Les couveuses d'entreprises et les coopératives d'activité et d'emploi accompagnent les porteurs de projet et leur permettent de tester leur activité.
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Des réseaux de cadres retraités, comme Egee, Pivod, Ecti, Ressac Volontariat, OTECI ou encore AGIRabcd, aident bénévolement les créateurs. Les Groupements de Créateurs encouragent les personnes éloignées de l’emploi à oser exprimer leur envie d’entreprendre et les accompagnent à l’émergence de leur projet. Rezoo propose un dispositif de mentorat tout public, promeut le mentorat et le partage de bonnes pratiques entre les cellules du mentorat.
Structures selon l'activité
- Votre activité est commerciale ou industrielle : la Chambre de commerce et d'industrie accompagne les entrepreneurs relevant du RCS.
- Votre activité est artisanale : la Chambre de métiers et de l'artisanat accompagne les artisans et futurs artisans.
- Votre activité est agricole : la Chambre d'agriculture et le site S'installer en agriculture pour identifier un Point accueil installation (PAI).
- Votre activité est libérale : certains ORIFF PL proposent un service d’accompagnement, l'UNAPL a publié un guide S'installer en profession libérale.
- Projet innovant : technopole, incubateur, CEEI, fablab, centres de ressources pour projets innovants et réseau Retis.
- Startup numérique : métropoles French Tech, accélérateurs (Bpifrance, Day One, EuraTechnologies, Village by CA, The Family).
- Économie sociale et solidaire (ESS) : l'Avise, les unions régionales des Scop, France Active.
Les aides nationales et dispositifs clés
Quand on parle d’aide à la création d'entreprise, l’ACRE est souvent la première aide à connaître. L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales pendant un an. Concrètement, cela réduit les charges sociales et améliore votre trésorerie de départ.
L’ACRE ne verse pas d’argent directement. Elle permet de réduire une partie des cotisations sociales pendant le début de l’activité, généralement durant la première année. L’ACRE n’est pas un prêt : vous n’avez donc aucun remboursement à effectuer si vous respectez les conditions du dispositif.
Qui peut en bénéficier ?
- Les demandeurs d’emploi ;
- Les bénéficiaires du RSA ;
- Les jeunes de moins de 26 ans ;
- Les personnes de moins de 30 ans en situation de handicap ;
- Les bénéficiaires du Contrat d’Engagement Jeune ou du CSP ;
- Les entrepreneurs implantés dans un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville.
L’ACRE peut être combinée avec d’autres dispositifs comme l’ARCE ou les aides régionales. Les démarches pour obtenir l’ACRE dépendent de votre statut et de votre situation au moment de la création. Dans certains cas, notamment en micro-entreprise, l’ACRE peut être accordée automatiquement si les conditions d’éligibilité sont remplies.
ARE et ARCE : chômage et création
Quand vous créez une entreprise en étant au chômage, deux aides de France Travail reviennent presque toujours : le maintien des ARE et l’ARCE. Le maintien des ARE permet de continuer à percevoir une partie des allocations chômage au début de l’activité.
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L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet d’obtenir rapidement une trésorerie de départ pour financer les premiers besoins liés à la création d’entreprise. Cette aide est intéressante quand il faut financer un local, des travaux, du matériel, un stock ou un véhicule professionnel. L’ARCE nécessite également d’être éligible à l’ACRE. Le versement est généralement effectué en deux fois.
Le principe est simple : soit vous continuez à percevoir une partie de vos allocations chaque mois, soit vous transformez une partie de vos droits au chômage en capital pour financer le lancement du projet. Petit conseil : mieux vaut comparer les deux dispositifs avant de faire un choix, car l’impact sur les revenus peut être important.
Financements sans garantie bancaire
Au-delà des aides sociales, plusieurs dispositifs permettent d’obtenir un financement sans passer immédiatement par une banque classique. Le prêt d’honneur est un prêt à taux zéro généralement accordé sans garantie ni caution personnelle directe. Ce financement permet de renforcer les fonds propres du créateur et de rassurer d’éventuels financeurs.
Le microcrédit professionnel s’adresse aux entrepreneurs qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique. Des organismes comme l’Adie proposent ce type de financement avec un accompagnement au projet et une aide au business plan. Bpifrance accompagne les créateurs d’entreprise avec plusieurs dispositifs de financement et d’accompagnement, notamment pour les business innovants ou à fort potentiel de développement.
Exemples de soutiens et avantages
- Prêts d’honneur : sans intérêts, souvent conditionnés à un accompagnement par un réseau spécialisé (Initiative France, Réseau Entreprendre).
- Microcrédits (Adie) : pour les personnes exclues du système bancaire, avec accompagnement.
- Bpifrance : garanties bancaires, prêts de démarrage, aides à l’innovation, statuts et appels à projets.
Aides locales, exonérations fiscales et spécificités
Chaque région en France propose ses propres subventions pour soutenir la création et la reprise d’entreprise. Ces aides sont généralement accessibles via les conseils régionaux ou des plateformes dédiées. Les régions, départements, métropoles ou communes peuvent proposer des subventions, des primes d’installation, des exonérations fiscales, des aides sectorielles ou du coaching.
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Les exonérations fiscales locales ciblent certaines zones géographiques : Zones Franches Urbaines (ZFU), Zones de Revitalisation Rurale (ZRR) ou nouveaux dispositifs FRR. Selon votre situation et votre activité, ces dispositifs peuvent permettre des exonérations de Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), des allégements d’impôt sur les bénéfices ou des exonérations fiscales temporaires pendant les premières années d’activité.
Franchise vs association : quelle voie choisir ?
Devenir franchisé, c’est créer son entreprise. Entreprendre avec la franchise comporte un caractère rassurant et permet de disposer de certaines aides financières dédiées, qui pourront inciter les banques à vous accompagner dans un deuxième temps. La franchise est une aventure individuelle de créateur d’entreprise, mais ne peut pas aboutir sans le concours de nombreux intervenants.
Il n’existe pas d’aides spécifiques pour les franchisés. Toutefois, certaines banques, mais aussi certains organismes de financement privés sont à même de vous aider pour les besoins précis de la franchise. Le simple fait de se lancer en franchise n’est pas toujours suffisant pour obtenir certains coups de pouce financiers très intéressants.
Le dispositif Nacre (nouvel accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise) est un accompagnement de 3 ans qui cible les personnes sans emploi qui souhaitent créer leur entreprise. Cette aide accompagne le montage du dossier, mais aussi la structuration financière de votre future entreprise en franchise. La Datar offre, selon la zone d’implantation de votre franchise, une « prime d’aménagement du territoire ».
Créer une association implique des logiques différentes : l’association n’est pas une entreprise commerciale par nature, son modèle économique repose souvent sur des subventions, cotisations, dons et éventuellement des ventes de services. Les aides adaptées à une association peuvent être d’ordre subventionnel, partenarial ou lié à des dispositifs spécifiques à l’économie sociale et solidaire (ESS).
Points clefs à considérer
- Franchise : effet de levier commercial, concept éprouvé, besoin d’un apport pour droits d’entrée et aménagement, pas d’aides spécifiques mais accès facilité au financement via crédibilité du réseau.
- Association : statut non lucratif possible, accès aux subventions publiques et privées, modèle souvent dépendant des financements externes, logique de gouvernance différente.
- Statut juridique et fiscal : le choix du statut juridique reste important, car il influence l’éligibilité à des aides comme l’ACRE et le régime social applicable.
Aides ciblées selon le profil
Votre situation personnelle (demandeur d’emploi, salarié, jeune, entrepreneur en reconversion, etc.) peut vous donner accès à des dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise spécifiques et à des aides adaptées à votre profil.
Quelques profils et dispositifs
- Demandeur d'emploi : France Travail propose plusieurs services pour explorer la piste de création ou la reprise d'entreprise ; maintien des ARE ou ARCE.
- Salarié porteur de projet : la cellule d'essaimage de l'entreprise employeur, s'il en existe une.
- Femme : réseaux dédiés (Action'elles, Femmes des territoires, Force Femmes, Les Premières) et dispositifs comme la Garantie ÉGALITÉ Femmes.
- Jeune : réseaux Pépite, Pepite France, MoovJee, Enactus, Les Entrep', programmes de mentorat et incubateurs étudiants.
- Handicap : Agefiph, association h'up entrepreneurs et aides spécifiques pour l’adaptation du poste de travail.
- Habitant de QPV : CitésLab, Positiv, Les Déterminés, Entrepreneurs dans la ville, My Creo Academy.
- Personne exclue du système bancaire : Adie, France Active et garanties pour faciliter l’accès au crédit.
Le parcours du créateur : 5 - Les aides
Conseils pratiques pour optimiser l’accès aux aides
Identifier les subventions pour les créateurs d’entreprise est une première étape. Mais pour en bénéficier réellement, il est essentiel d’adopter une démarche structurée. Chaque aide repose sur des critères précis. Les délais sont variables selon les aides. Le business plan est souvent requis pour bénéficier d’une subvention, d’un prêt d’honneur ou d’un accompagnement. Être épaulé augmente significativement vos chances de réussite et d’acceptation de dossier.
Avant de faire des demandes, je vous conseille d’identifier ce qu’il vous manque réellement pour lancer votre aventure entrepreneuriale : de la trésorerie immédiate, un revenu de sécurité pendant les premiers mois, une réduction des charges sociales ou un accompagnement pour construire un business plan. Comprendre la logique de cumul des aides permet déjà d’éviter des dispositifs inutiles et de cibler directement les aides les plus adaptées à votre structure.
Où chercher les aides ?
- Les-aides.fr et aides-entreprises.fr pour centraliser les aides nationales, régionales et sectorielles.
- Bpifrance Création, sites des conseils régionaux, chambres consulaires (CCI, CMA).
- Réseaux locaux : BGE, Réseau Entreprendre, Initiative France, France Active, Adie.
Exemples concrets
Après plusieurs mois sans emploi, Julie souhaite retrouver une activité qui a du sens. Karim souhaite ouvrir un commerce, mais il ne dispose pas d’un apport suffisant pour convaincre une banque. Ce montage lui donne la possibilité de lancer son activité dans de bonnes conditions. Étudiant, Lucas développe une idée de startup dans le digital.
Un consultant freelance cherchera souvent à conserver ses ARE, alors qu’un futur institut de beauté aura davantage besoin d’un prêt d’honneur ou de l’ARCE pour financer l’installation. Ces exemples montrent que les subventions pour les créateurs d’entreprise ne sont donc pas seulement un soutien financier : elles peuvent aussi structurer une trajectoire.
Ressources et acteurs à contacter
- Bpifrance, Bpifrance Création : garanties, prêts, aides à l’innovation.
- France Travail (ex-Pôle emploi) : ARE, ARCE, information et accompagnement pour les demandeurs d’emploi.
- Adie : microcrédit et accompagnement pour publics exclus du système bancaire.
- Initiative France, Réseau Entreprendre, France Active, BGE : accompagnement et prêts d’honneur.
- Chambres consulaires (CCI, CMA), pépinières, incubateurs et fablabs locaux.
| Dispositif | Objectif | Public cible |
|---|---|---|
| ACRE | Exonération partielle de cotisations sociales | Demandeurs d’emploi, jeunes, RSA, QPV, etc. |
| ARCE | Versement d’un capital issu des droits au chômage | Demandeurs d’emploi ayant droits ouverts |
| Prêt d’honneur | Renforcer fonds propres sans garantie | Créateurs accompagnés par réseaux |
| Microcrédit (Adie) | Financer petits projets sans accès bancaire | Personnes exclues du crédit classique |
| Aides régionales/locales | Subventions, primes, exonérations | Selon région, secteur et profil |
En général, les créateurs recherchent : de la trésorerie immédiate pour financer du matériel, un local ou des travaux ; un revenu de sécurité pendant les premiers mois ; une réduction des charges sociales pour limiter les dépenses ; ou un accompagnement pour construire un business plan et éviter les erreurs.
N'hésitez donc pas à vous rapprocher de ces professionnels de l’accompagnement et à aborder avec eux la question du coût de leurs prestations et des modalités de prise en charge éventuelle : par un dispositif public : régional ou européen par exemple, ou par le CPA (Compte personnel d'activité), qui peut être mobilisé dans le cadre d'un parcours d'accompagnement à la création reprise d'entreprise.
En parallèle de votre création de business plan et de vos études préalables, renseignez-vous sur toutes les aides disponibles dans le territoire que vous ciblez.
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