Techniques et matériel pour l'enregistrement des microphones
Vous trouvez que vos enregistrements de voix ne sonnent pas aussi bien que dans les mix professionnels ? Qu’ils manquent de clarté ? Il est vrai qu’enregistrer du chant peut s’avérer assez vite difficile. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, et avoir un bon son est plus complexe qu’on pourrait le croire. Et du coup, il y a beaucoup de petites techniques à connaître pour avoir les meilleurs enregistrements possibles. Même si vous enregistrez dans votre chambre, vous pouvez optimiser vos prises de son dès le début et ainsi simplifier votre travail de mixage des voix !
Préparation et état d'esprit
Les ingénieurs du son sont généralement d’accord sur une chose dans le studio d’enregistrement : la préparation est vitale. Le résultat final en souffrira si votre chanteur n’a pas le bon état d'esprit, l’émotion ou l’excitation. Le plus important, c’est la distance. Le résultat final en souffrira si votre chanteur n’a pas le bon état d'esprit, l’émotion ou l’excitation. La voix humaine est un instrument très dynamique et les enregistrements de voix nécessitent généralement beaucoup de compression pour gérer la large plage dynamique.
Distance et angle du microphone
Heureusement, si l’on sait où se positionner, tout s’améliore ! En moyenne, une distance allant de 20 à 25 centimètres du microphone est un bon point de départ. Pour des musiques un peu plus intimes ou par exemple pour le rap, il est par contre intéressant de se rapprocher du micro (10-15 cm) pour profiter de l’effet de proximité. C’est-à-dire, un phénomène qui fait que plus l’on se rapproche d’un microphone, plus la quantité de basses augmente. Vous pourrez ainsi utiliser cet effet à votre avantage pour ajouter de la chaleur à une voix. Attention toutefois à ne pas perdre en intelligibilité !
On a souvent tendance à placer le microphone juste en face du chanteur, pile dans l’axe de sa bouche. Il est pourtant utile d’expérimenter un peu avec l’angle du microphone. Par exemple, au lieu de chanter pile en direction de la capsule, visez un peu sur le côté. Ce genre d’approche vous aidera notamment à vous débarrasser de la sibilance (les sons sifflants comme le “s” du mot “serpent”). Bref, n’hésitez pas à faire quelques tests de ce type avant de lancer l’enregistrement jusqu’à ce que vous trouviez le son qu’il vous faut.
Filtre anti-pop et protection de la capsule
Le filtre anti-pop, accessoire indispensable. Le filtre anti-pop, c’est tout simplement un filtre en nylon ou en métal que l’on place devant le microphone. Sa première fonctionnalité (celle que tout le monde connaît), c’est de limiter les plosives. La plupart des microphones ont tendance à être très sensibles à ces sons. Avec un filtre anti-pop devant le micro, le problème est résolu - et la qualité de votre enregistrement instantanément améliorée.
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Cependant, ce filtre a une deuxième utilité, parfois sous-estimée : celle de protéger la capsule du microphone. En effet, lorsque vous chantez, il y a toujours un peu de salive qui est projetée vers le microphone - même si vous ne vous en rendez pas compte. Grâce aux filtres anti-pop, vous prolongerez nettement la vie de votre matériel en minimisant la quantité d’humidité atteignant la capsule.
Réduire les bruits de bouche et hydrater
Les cliquetis et autres bruits de bouche s’entendent le plus souvent sur les passages parlés ou chantés à voix basse. Les retirer au mixage, donc une fois l’enregistrement terminé, peut vite être épuisant. Heureusement, il existe quelques astuces pour limiter ces bruits. Tout d’abord, évitez de boire quoi que ce soit qui ait tendance à assécher la bouche. En ce qui me concerne, je trouve que le café en particulier est à proscrire, mais les boissons sucrées sont également une très mauvaise idée. Au contraire, essayez de vous hydrater avec des boissons simples comme de l’eau, du thé, ou du jus de pomme. D’ailleurs, aussi bête que ça puisse paraître, manger des pommes vertes aide souvent à minimiser les cliquetis de bouche.
Acoustique de la pièce et positionnement
La première chose à considérer est l’acoustique de la pièce. Traiter la pièce avec des panneaux absorbants (ou en utilisant un micscreen) est une pratique très basique et efficace. Idéalement, vous devriez positionner des traitements acoustiques pour limiter la réverbération du son dans les murs. Cela vous permettrait de faire des prises de voix plus neutres. Si ce n’est pas possible, une solution très pratique et relativement peu onéreuse est de vous procurer un écran acoustique.
Si ce n’est pas possible, une solution très pratique et relativement peu onéreuse est de vous procurer un écran acoustique. Ça ne sera pas parfait, mais ça limitera les réflexions sur le mur qui vous fait face, et donc le son capté par votre microphone en sera amélioré. Astuce : contrairement à ce qu’on entend parfois, ce n’est pas une bonne idée d’enregistrer dans un placard ou bien sous une couverture. En effet, si l'espace est vraiment “mort”, sans aucune réflexion, alors vos enregistrements n’auront pas un son naturel.
Ambiance, confort et échauffement
Améliorer ses enregistrements de voix, ça ne veut pas seulement dire appliquer des techniques prouvées mathématiquement. En effet, la performance du chanteur est aussi à prendre en compte. Pour que vous donniez le meilleur de vous-même, il est important que vous vous sentiez à l’aise. L’ambiance de la pièce est donc très importante. Assurez-vous qu’il fasse suffisamment chaud et que la décoration soit agréable. Si vous avez besoin de lire les paroles, faites en sorte de pouvoir le faire tout en chantant, sans devoir adopter une posture inconfortable.
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Vous n’oubliez pas l’échauffement, j’espère ? Combien de chanteurs et chanteuses ne prennent pas le temps de s’échauffer avant d’enregistrer leur chanson chez eux ? Pourtant, échauffer sa voix est essentiel. Tout d’abord, pour éviter d’abîmer ses cordes vocales - mais également pour la qualité de la performance. Aussi, prenez le temps de vous échauffer, et vous verrez qu’en général vos enregistrements s’en verront énormément améliorés.
Multiples prises, comping et organisation
Multipliez les prises. N’allez surtout pas croire que vos chanteurs favoris enregistrent leurs chansons en une seule fois. En effet, pour la voix, il est monnaie courante de pratiquer le “comping”, c’est-à-dire la compilation de plusieurs enregistrements pour produire une version finale optimale. Si vous souhaitez améliorer vos enregistrements de chant, n’hésitez donc pas à faire autant de prises que nécessaire ! Au moins deux ou trois - pour vous donner plusieurs options durant le mixage.
Essayez d'enregistrer par sections (couplet, refrain, pont) : l'enregistrement section par section peut vous aider à vous concentrer sur l'émotion et l'interprétation de chaque section de la chanson et à éviter la fatigue. Dans la mesure du possible, essayez d'éviter de faire plus de 4 à 5 prises d'une section, car vous fatiguez votre voix et commencez souvent à perdre de l'émotion au fur et à mesure que vous faites des prises. Notez les prises de voix qui vous ont semblé vraiment bonnes et pourquoi pendant que vous les enregistrez. Il est facile de perdre la perspective après plusieurs écoutes, alors assurez-vous de noter vos premiers ressentis.
Casque et monitoring
Optez pour un casque fermé. Si vous utilisez un casque ouvert pour écouter votre morceau pendant que vous chantez, le son de la piste va fuiter et risque d’être repiqué par votre microphone. Avec un casque fermé par contre, le problème est solutionné ! Il est essentiel d'obtenir un bon mix casque pour permettre une bonne interprétation. Assurez-vous que votre voix est bien équilibrée par rapport à la musique de fond, afin de pouvoir enregistrer confortablement sans trop ou trop peu chanter pour compenser le niveau que vous entendez dans votre casque.
Choix du microphone : dynamique, condensateur, ruban
Le microphone : certes, la distance, l’angle de votre microphone sont absolument essentiels à un bon enregistrement. Cependant, si vous avez un mauvais micro, non adapté au chant, vous ne commencez pas dans les meilleures conditions. Les options les plus courantes sont le microphone dynamique et le microphone à condensateur, à tous les niveaux. Dynamique : il est utilisé pour enregistrer des percussions ou des guitares électriques. Condensateur : ils sont plus indiqués pour les voix que pour les instruments bruyants, l'argument étant leur faible SPL. Et le microphone à ruban ? Composé d'un ruban et de 2 aimants, beaucoup l'utilisent pour les hautes fréquences et pour capter le son ambiant bidirectionnel.
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Dans le microphone à condensateur, nous trouvons un diaphragme ou une capsule grand et petit. Le modèle le plus courant de tous est le cardioïde car il est le plus polyvalent, bien que nous puissions trouver des hypercardioïdes ou bidirectionnels dans de nombreux modèles. Dans le studio, ce qui vous intéressera le plus est l'unidirectionnel, le cardioïde ou l'omnidirectionnel. C'est pourquoi on utilise des microphones à condensateur pour les voix, les guitares acoustiques ou espagnoles, ainsi que pour les instruments à cordes.
Un microphone à condensateur à large membrane est le meilleur choix pour la plupart des gens. De plus, la directivité est généralement cardioïde, ce qui signifie qu’ils captent le son de l’avant et rejettent le son des côtés et de l’arrière. Un microphone dynamique peut être utilisé si vous enregistrez des voix rock agressives et fortes.
Matériel annexe : interface, câbles, préampli
Aussi connues sous le nom de cartes son externes, il s'agit d'un dispositif qui se connecte au PC via USB, mais qui a une série de ports ou connexions spéciales. Nous aurons des connexions de sortie (haut-parleurs) et d'entrée (microphones, instruments, etc.). Qu'est-ce que le XLR ? Il s'agit d'une interface audio équilibrée qui se caractérise par l'absence de bruit ou d'interférences externes. Pour brancher le micro : au moins une carte son sur votre ordi, on fera avec. Au moins un câble également.
Les microphones principalement utilisés en studio nécessitent une « alimentation fantôme » (elle sera assurée par votre interface audio-numérique ou un préamplificateur). Le préampli : il est tout de même une des pièces maîtresses de la chaîne. En effet, c’est grâce à lui que les ondes sonores (déplacement de l’air) vont se transformer en signal électrique. Le premier rôle est de renforcer le signal qui sort du micro. Pratiquement, le préampli va renforcer la clarté, la puissance et la présence du micro.
Le choix d’un préampli est, sans aucun doute, le plus délicat de toute la chaîne acoustique. Il est lié au micro. Mais il l’est aussi au style de musique et d’instrument. Outre la combinaison lampe/électronique ou électronique/lampe, qui me semble la meilleure, je conseille d’aller à la pêche aux infos dans tous les sens. Cher lecteur, non fortuné, écoute bien le conseil suivant : à qualité égale, l’électronique est moins chère que la lampe. Il vaut donc mieux un bon préampli électronique qu’un mauvais préampli à lampe.
Réglages d'enregistrement et gestion du gain
La dernière étape consiste à vous assurer que vous enregistrez à des niveaux appropriés sur votre interface audio et tout équipement externe. Une bonne règle de base est d’avoir une moyenne sonore autour de -18dBFS, tout en culminant à -10dBFS. De plus, un enregistrement avec trop de gain peut entraîner une distorsion ou un écrêtage immédiat à un stade ultérieur de la chaîne du signal audio.
Compression pendant l'enregistrement
L'utilisation d'un peu de compression pendant l'enregistrement peut vraiment aider à dompter les pics les plus élevés et à adoucir votre interprétation. J'utilise généralement un compresseur de type optique, car il n'a qu'un seul bouton pour la compression, et il sonne de manière très naturelle et transparente lorsque qu'il est utilisé avec parcimonie. Je vise une réduction de gain de 2 à 3 dB au maximum. L'objectif est juste atténuer les pics les plus forts. Si vous ne voulez pas vous engager dans la compression pendant l'enregistrement, vous pouvez simplement monitorer avec la compression sur votre mix casque et obtenir les mêmes avantages.
Doublages, chœurs et coloration
N'oubliez pas les doublages de voix ! Ils sont parfaits pour ajouter de la texture et de la largeur aux refrains ou pour mettre l'accent sur certains mots et certaines phrases. Si vous réalisez votre propre chœurs, utilisez un autre micro pour créer plus de profondeur et de séparation par rapport à votre voix principale. Les légères variations de tonalité permettent aux chœurs de se situer dans leur propre espace au niveau du mixage.
Expérimentation et apprentissage du matériel
L'une des meilleures choses que vous puissiez faire pour améliorer vos résultats est d'expérimenter et d'apprendre à connaître votre matériel. Réservez du temps à l'expérimentation et essayez tous vos microphones sur des voix et notez ce que vous aimez ou n'aimez pas pour chacun d'entre eux. Bien sûr, la plupart des gens utilisent des condensateurs à grand diaphragme pour les voix, mais cela ne veut pas dire que c'est la seule option, ni même la meilleure. Gardez l'esprit ouvert et essayez d'utiliser des micros dynamiques et des condensateurs, selon ce que vous avez sous la main.
Un Nouveau Micro | Quoi savoir avant l'achat ? Dynamique ou Condensateur? XLR ou USB ?
Conseils pratiques finaux
La première étape consiste à trouver l’espace optimal pour enregistrer. Vous voulez que la pièce soit aussi « morte » que possible, sans échos ni réverbérations. Cependant, vos enregistrements auront un son anormalement étouffé si la pièce est trop « morte ». La position optimale est légèrement plus proche de deux des murs. Si possible, dirigez l’arrière du microphone vers l’un des coins. Évitez d'être trop près des coins où les basses fréquences s'accumulent ou d'être trop près d'un mur ou d'une fenêtre où le son se réfléchit.
Il y a beaucoup à penser avant d’appuyer sur le bouton d’enregistrement. Peu importe si vous enregistrez Whitney Houston. Une performance vocale mal enregistrée est difficile à réparer par la suite. C’est la raison pour laquelle de nombreux chanteurs doivent réenregistrer des voix encore et encore. Pour vous faire gagner un peu de temps, j’ai regroupé ces techniques dans l’article que vous êtes en train de lire. Bien entendu, comme d’habitude dans un contexte studio, il est important d’expérimenter. Toutefois, si vous appliquez ces conseils correctement, vous sentirez sans aucun doute une nette amélioration de vos enregistrements.
| Élément | Conseil pratique |
|---|---|
| Distance | 10-25 cm selon style (10-15 cm pour proximité, 20-25 cm point de départ) |
| Angle | Tester légère déviation hors axe pour réduire sibilance |
| Filtre anti-pop | Utiliser systématiquement pour plosives et protéger la capsule |
| Casque | Casque fermé pour éviter fuites |
| Préampli / Interface | Bon préampli renforce clarté et présence; alimentation phantom pour condensateurs |
| Niveaux | Moyenne ≈ -18 dBFS, pics ≈ -10 dBFS |
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