Quel est le salaire moyen d'un entrepreneur en France ?

Le chef d'entreprise qui gagne très bien sa vie est l'image la plus souvent relayée pour qualifier les entrepreneurs. Il est vrai que les travailleurs qui ne sont pas salariés gagnent en moyenne 4 000 euros par mois selon les données de l'Insee, voire beaucoup plus pour une partie de ces indépendants. De leur côté, les salariés du privé et du public disposent d'une rémunération mensuelle de 2 500 euros en moyenne.

C'est pourquoi il n'est pas juste d'avancer que les entrepreneurs gagnent forcément davantage que les salariés. Quand on parle d'entrepreneur, on ne fait pas référence à une catégorie homogène. Si on en compte près de 4 millions en France aujourd'hui, certains d'entre eux en effet exercent une activité non salariée à titre principal ou secondaire. De la même manière, les revenus des entrepreneurs ne sont pas uniformes, loin de là. En revanche, une partie des entrepreneurs sont très loin de gagner chaque mois ces revenus d'activité élevés.

Par exemple, rien de commun en effet entre un trader indépendant qui gagne en moyenne 6 300 euros tous les mois avec un entrepreneur chauffeur de taxis qui atteint péniblement un revenu mensuel de 1 300 euros ou un microentrepreneur qui touche 630 euros par mois en moyenne selon l'Insee. C'est le cas notamment des chauffeurs de taxis et de VTC indépendants qui perçoivent en moyenne 1 300 euros par mois, soit moins que le salaire minimum (le smic) en vigueur dans le secteur privé qui est actuellement de près de 1 400 euros après impôts et cotisations salariales. Dans son étude, l'Insee indique que dans ce dernier secteur près de 19 % des entrepreneurs ont un revenu qui est nul.

À noter : ces chiffres concernent des salaires pour un équivalent temps plein, c'est-à-dire en considérant un poste de travail à temps complet. Évidemment, ce que gagne un salarié dépend surtout de sa catégorie socioprofessionnelle. Ce que gagne un salarié dépend aussi notamment de son âge. Les salaires progressent en général avec l'âge : dans le privé, le salaire moyen est ainsi de 2 200 euros par mois chez les 50-54 ans alors qu'il n'est que de 1 630 euros chez les 25-39 ans.

Au passage, il faut savoir qu'un entrepreneur dispose d'une moins bonne couverture sociale qu'un salarié notamment en cas d'accident du travail, en matière d'indemnités journalières pour maladie, de chômage, ou encore de retraite.

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Répartition des non-salariés dans le Grand Est

Spécificités du revenu d'un auto-entrepreneur

Vous lancez votre activité d'auto-entrepreneur et vous vous demandez quel salaire vous allez percevoir ? L'avantage d'une micro-entreprise est que vous serez le seul et l'unique à définir votre rémunération en prenant en considération votre secteur de production, votre niveau d'expertise ou encore la qualité de vos produits ou services. Il ne faudra pas oublier de garder en tête les dépenses liées à votre statut d'auto-entrepreneur.

Pas de salaire fixe, mais un revenu variable

En devenant auto-entrepreneur, vous ne recevrez pas de salaire à proprement parler. Pourquoi ? Parce que le salaire constitue ce qui est perçu par un salarié avec un contrat de travail. Or, en ayant le statut d'auto-entrepreneur, vous travaillez de manière indépendante c’est-à-dire à votre propre compte. Vous n’avez donc pas de fiche de paie et c’est vous qui fixez vos propres tarifs. En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes directement tributaire de la demande, de votre volume de travail, de votre réseau, et même de facteurs saisonniers. Certains mois peuvent être très rentables, tandis que d’autres seront plus calmes, voire déficitaires. Cette instabilité rend indispensable une bonne gestion de votre trésorerie : nous vous conseillons de constituer une réserve financière pour anticiper les périodes creuses, lisser vos revenus sur l’année et sécuriser votre activité dans la durée.

Contrairement à un salarié qui perçoit une rémunération en échange de son travail, dans un cadre bien défini par un contrat de travail et une hiérarchie, le micro-entrepreneur exerce son activité de manière totalement indépendante. Il n’est soumis à aucun lien de subordination et fixe lui-même ses tarifs, ses horaires, son organisation, et ses objectifs. Cela signifie aussi qu’il assume seul les risques liés à son activité.

Dans ce contexte, on ne parle pas de salaire, mais de chiffre d’affaires. Et c’est là que la confusion est fréquente : beaucoup assimilent le chiffre d’affaires au revenu final de l’auto-entrepreneur. Or, ce chiffre d’affaires représente uniquement le total des ventes ou prestations réalisées avant toute déduction de charges.

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Revenu net : la réalité économique de l'activité

Le véritable revenu, autrement dit ce que gagne effectivement le micro-entrepreneur, est bien inférieur à son chiffre d’affaires. Il faut en retrancher les cotisations sociales, les impôts, les éventuelles dépenses professionnelles (matériel, déplacements, abonnements, etc.) et les charges indirectes.

Le revenu correspond, d’après le gouvernement, à ce que vous gagnez vraiment en tant que travailleur indépendant, c’est-à-dire à votre chiffre d’affaires moins vos charges (matières premières, outils, loyers éventuels, frais divers et variés). Autrement dit, votre revenu réel est la somme qui vous reste une fois toutes les dépenses liées à l'exercice de votre activité déduites de votre chiffre d'affaires. Cela inclut aussi bien les coûts directs (comme l’achat de matières premières ou les frais de sous-traitance) que les charges indirectes (comme les loyers, l’électricité, l’assurance professionnelle ou les logiciels que vous utilisez). Ce revenu correspond donc à votre "salaire" en tant que travailleur indépendant, c’est-à-dire la rémunération qui vous revient après avoir assumé toutes les obligations financières de votre activité.

Dans le cas particulier de la micro-entreprise, le calcul du revenu se fait de manière simplifiée, mais aussi moins précise. En effet, vous n’avez pas la possibilité de déduire vos charges réelles une par une comme le font les entreprises classiques. À la place, l’État applique un abattement forfaitaire, c’est-à-dire un pourcentage fixe censé représenter l’ensemble de vos frais professionnels, selon la nature de votre activité.

Cet abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires est calculé selon votre secteur d’activité et correspond à :

  • 71 % pour les activités d’achat / vente et de location de logements
  • 50 % pour les prestataires de services commerciales et artisanales
  • 34 % pour les professions libérales réglementées et non réglementées
  • 30 % pour les locations meublés non classés

Cela signifie que si vous déclarez, par exemple, 10 000 € de chiffre d’affaires en tant que prestataire de services, l’administration retiendra automatiquement 5 000 € comme revenu imposable, en supposant un abattement forfaitaire de 50 % censé représenter vos charges, et ce quelles que soient vos dépenses réelles. Ce système présente l’avantage d’être simple et peut se révéler favorable si vos charges réelles sont inférieures à cet abattement. Dans ce cas, vous êtes imposé sur un revenu plus faible que votre revenu réel, ce qui peut alléger la facture fiscale. En revanche, si vos charges sont plus élevées, vous ne pourrez pas les déduire au-delà du forfait prévu. C’est un cadre rigide, qui favorise une gestion simplifiée, mais au prix d’une certaine approximation.

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Exemple : Si vous êtes micro-entrepreneur et que vous déclarez un chiffre d'affaires de 10 000 euros en 1 mois pour de la vente de produits cosmétiques, votre revenu s'élèvera à 2900 euros puisque votre abattement forfaitaire pour cette activité d'achat-vente sera de 71 %.

Comment évaluer les charges associées à votre chiffre d'affaires ?

Pour calculer la rémunération approximative que vous allez pouvoir tirer de votre micro-entreprise, voici un récapitulatif des charges et frais à ne pas oublier. Vous pourrez ainsi fixer vos prix correctement et avoir une idée de la somme finale qui rentrera dans vos caisses !

Les frais liés au développement de votre activité micro-entrepreneur

Les frais liés au développement de votre activité correspondent à l’ensemble des investissements et des dépenses que vous devez engager pour permettre à votre micro-entreprise de fonctionner correctement et de se développer dans de bonnes conditions. Ces frais sont essentiels, car sans eux, il serait difficile, voire impossible, de faire tourner votre activité de manière efficace et professionnelle.

Cela peut, par exemple, concerner la location de locaux si vous avez besoin d’un espace physique pour exercer votre activité, recevoir des clients, stocker du matériel ou travailler dans un environnement adapté. Ce type de dépense représente un engagement mensuel ou annuel à anticiper avec soin.

De la même manière, si vous devez acheter des marchandises pour les revendre ou du matériel indispensable à votre production, à la prestation de vos services ou au bon déroulement de votre travail, ces achats représentent des coûts réels et concrets. Il peut s’agir d’outils, de matières premières, de fournitures ou encore d’équipements spécifiques à votre métier.

Par ailleurs, si le développement de votre activité vous conduit à embaucher un salarié pour vous assister ou si vous avez besoin de faire appel à un prestataire extérieur, par exemple pour de la sous-traitance ou du graphisme, ces dépenses devront elles aussi être intégrées dans vos calculs. Elles représentent des charges de fonctionnement importantes, parfois régulières, parfois ponctuelles, mais toujours à prendre en compte.

Le versement des cotisations sociales pour un auto-entrepreneur

En tant qu’auto-entrepreneur, vous devez régler des cotisations sociales. Elles sont prélevées directement sur votre chiffre d’affaires et calculées en fonction de votre type d’activité. Leur utilité ? Vous permettre de bénéficier d’une couverture sociale de base pour vos frais de santé, vos arrêts maladie, votre retraite, les prestations familiales, le décès et même l’invalidité.

Ces cotisations dépendent de votre activité et s’élèvent à :

  • 12,3 % pour la vente de marchandises
  • 21,2 % pour la prestation de services artisanales et commerciales (BIC)
  • 24,6 % pour les professions libérales classiques (BNC)
  • 23,2 % pour les professions libérales réglementées qui dépendent de la CIPAV

Leur utilité est fondamentale : elles vous permettent de bénéficier d’une protection sociale de base, comparable à celle d’un salarié, bien que souvent moins étendue. Grâce à elles, vous êtes couvert pour vos frais de santé, c’est-à-dire que vous pouvez être remboursé en partie pour vos consultations médicales, vos médicaments ou encore vos soins. Elles vous donnent également droit à des indemnités en cas d’arrêt maladie, à une validation de trimestres pour votre retraite, à des prestations familiales si vous avez des enfants, et même à une protection en cas de décès ou d’invalidité.

Ces paiements sont obligatoires et ont lieu tous les mois ou tous les trois mois, en fonction de l'option que vous aurez choisie.

La Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)

En tant qu’auto-entrepreneur, vous devez également payer la contribution à la formation professionnelle (CFP) qui s’élève à :

  • 0,1 % du chiffre d’affaires pour les commerçants
  • 0,2 % du chiffre d’affaires pour les professionnels libéraux et prestations de services
  • 0,3 % du chiffre d’affaires pour les artisans

La Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) n’est pas simplement une charge supplémentaire pour les auto-entrepreneurs : elle joue un rôle essentiel dans le développement de vos compétences et la pérennité de votre activité. En la réglant, vous ouvrez des droits à la formation professionnelle continue, ce qui signifie que vous pouvez bénéficier d’un financement pour suivre des formations qualifiantes ou d’actualisation, en lien direct avec votre secteur d’activité. Cela peut concerner, par exemple, des formations techniques pour améliorer votre savoir-faire, des formations en gestion pour mieux piloter votre micro-entreprise, ou encore des formations liées à la communication ou au numérique.

Les impôts

Lorsqu’on parle d’impôts en micro-entreprise, on pense spontanément à l’impôt sur le revenu. C’est en effet le plus connu et celui auquel les auto-entrepreneurs pensent en premier. Pourtant, il ne s’agit pas du seul impôt auquel vous pouvez être soumis dans ce régime.

L’impôt sur le revenu s’applique sur la base de votre chiffre d’affaires, après application d’un abattement forfaitaire ou sous forme de versement libératoire si vous avez choisi cette option. Vous devez aussi tenir compte de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), même si vous en êtes exonéré tant que vous restez en dessous des seuils de franchise. Une fois ces seuils dépassés, vous devenez redevable de la TVA, ce qui implique des obligations déclaratives supplémentaires et un suivi plus rigoureux de votre facturation. Il ne faut pas oublier la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), qui est également considérée comme un impôt local. Elle est due chaque année, même si vous n’avez pas de local professionnel, dès lors que vous exercez une activité indépendante.

L’impôt sur le revenu

Les micro-entrepreneurs sont tous soumis par défaut à l’impôt sur le revenu, qui fonctionne par tranches comme pour les salariés. Vous payez donc chaque mois votre impôt à travers le prélèvement à la source... en fonction d’une estimation de votre chiffre d’affaires (et donc de votre revenu).

Grâce au régime micro-social simplifié dont l’auto-entrepreneur bénéficie, vous pouvez opter sous conditions de revenus pour ce qu’on appelle le versement forfaitaire libératoire.

Le taux appliqué dépend à nouveau de la nature de votre activité :

  • 1 % pour les activités de vente ou de prestations d’hébergement
  • 1,7 % pour les activités de prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
  • 2,2 % pour les activités de prestations de services ou les activités libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC)
Infographie sur les revenus des entrepreneurs

La rémunération en tant que dirigeant de société

Si vous êtes gérant de votre société, ou micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur), la question de se verser un salaire doit être posée dès la création d'entreprise. Il convient de noter que la rémunération pour tout indépendant est souvent ajustée au fur et à mesure, étant étroitement liée à vos priorités en tant qu'entrepreneur, à la croissance de votre chiffre d'affaires, aux bénéfices réalisés et à la charge fiscale que vous supportez. Il est essentiel de prendre en compte ces éléments à l'avance afin de fixer votre rémunération en tant que chef d'entreprise aussi équitable que possible.

Quel type de rémunération selon quel statut juridique ?

  • La rémunération en entreprise individuelle (dont la micro-entreprise): En entreprise individuelle au régime classique ou au régime de la micro-entreprise (ex auto-entreprise), vous et votre société ne faites qu'un. Cela signifie que vous êtes libre de vous verser un salaire du montant que vous souhaitez à partir de vos revenus générés.
  • La rémunération en société (EURL, SARL, SAS et SASU): En tant que gérant majoritaire de société, vous pouvez percevoir une rémunération au titre de votre mandat social. Une spécificité du statut de dirigeant de SAS ou SASU, ou de gérant égalitaire ou minoritaire en SARL, est que vous avez un statut d'assimilé salarié avec lequel vous devez générer un bulletin de paie tous les mois lorsque vous vous versez un salaire.

L'imposition de la rémunération d'un dirigeant de société

Si vous êtes dirigeant d'une entreprise qui relève de l'impôt sur les sociétés (IS), vous devez déclarer votre rémunération en tant qu'entrepreneur dans la catégorie des traitements et salaires (ou rémunérations des dirigeants en cas de participation majoritaire). Le montant de votre salaire est ensuite assujetti au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR). Une déduction forfaitaire de 10 % est appliquée à cette rémunération, mais vous avez la possibilité d'opter pour la déduction de vos frais professionnels réels et justifiés.

Pour les déclarations à l'IR, la catégorie fiscale appropriée qui détermine l'impôt dépend de l'activité exercée, qu'il s'agisse de BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou de BNC (Bénéfices Non Commerciaux).

Rémunération classique ou dividende ?

En réalisant un apport au sein de votre entreprise, et si cette dernière est soumise à l'IS, vous pouvez choisir de vous rémunérer en dividende. Contrairement à une rémunération classique, autrement dit un salaire, il n'y a pas de cotisations sociales avec les dividendes. D'un point de vue purement fiscal, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % et doivent être déclarés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Quels éléments prendre en compte avant de se rémunérer ?

  • La situation financière de l'entreprise: Avant de fixer votre rémunération en tant que dirigeant, vous devez vous assurer d'évaluer soigneusement la situation financière de l'entreprise. Par ailleurs, si vous vous accordez une rémunération démesurée par rapport à la situation financière de la société en tant qu'entrepreneur, cela constitue un abus de bien social. Cette infraction est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et une amende pouvant atteindre 375 000 €.
  • Les perspectives du marché sur du long terme: En plus de la situation actuelle, vous devez tenir compte des perspectives du marché sur le long terme avant de décider du montant du salaire que vous souhaitez vous verser en tant que dirigeant. De même, le versement de votre salaire doit se faire en concordance avec vos objectifs de long terme, et son montant doit refléter votre valeur sur le marché (prix de vos produits, taux journalier moyen…).
  • Les impôts et cotisations sociales qui s'appliquent: Enfin, les aspects fiscaux sont essentiels dans la prise de décision concernant votre rémunération en tant que dirigeant. Vous devez vous informer des différentes obligations fiscales et cotisations sociales qui s'appliquent à votre salaire en tant que dirigeant, selon si vous optez pour une rémunération classique ou en dividende par exemple.

Perception et réalité des salaires des entrepreneurs dans le Grand Est

Dans le Grand Est, les habitants estiment que les créateurs d’entreprise gagnent en moyenne 3 706 € nets par mois. Un chiffre bien éloigné de la réalité, selon une étude IFOP. Les habitants du Grand Est surestiment largement les salaires des chefs d’entreprise. À leur échelle, alors que le salaire moyen dans la région est de 2 360 € nets par mois (dans le privé), le seuil de revenu mensuel à partir duquel il leur semblerait intéressant de lancer leur propre activité s’élève en moyenne à 2 909 €, soit 797 € de moins que leur estimation du revenu des chefs d’entreprises en France.

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