L'Entrepreneuriat des Jeunes dans le Grand Est : Définition et Aides Disponibles
De plus en plus de jeunes boudent le salariat pour se lancer dans l'entrepreneuriat. En 2023, 40 % des créateurs d’entreprise ont moins de 30 ans. Selon l’INSEE et Statista, l’âge moyen des créateurs d’entreprise était de 35 ans en 2021. Un léger rajeunissement donc, puisqu’il était de 36 ans en 2020 et 38,2 ans en 2010. Une tendance qui semblerait s'accentuer au vu des chiffres de cette année. Cette baisse de l’âge moyen est fortement liée à l’augmentation du nombre de micro-entreprises entre 2010 et 2021 : 360 000 nouveaux auto-entrepreneurs en 2010 contre 641 500 nouveaux micro-entrepreneurs en 2021. Vous souhaitez rejoindre la prochaine vague de jeunes entrepreneurs ? Voici quelques conseils pour vous lancer en toute sérénité.
Il est difficile de donner une définition simple de l’entrepreneuriat car ce concept englobe une réalité très vaste, riche et variée. Et si l’idée d’entreprendre est souvent associée à la création d’une entreprise et d’une activité économique, il ne s’agit pas de la seule option, loin de là.
Depuis 2009, différentes mesures ont été mises au point, tant au niveau national qu’au niveau régional pour encourager et favoriser l'entrepreneuriat des jeunes. L'action est initiée directement depuis les établissements secondaires et supérieurs avec deux pans principaux.
Sensibiliser, informer, accompagner : l’entrepreneuriat des jeunes
Il s’agit du premier grand volet des dispositifs créés afin de soutenir et de favoriser l'entrepreneuriat des jeunes. Pour cela différentes mesures ont été prises entre 2009 et 2010 et se poursuivent encore à ce jour.
La première action consiste en la création du Plan Etudiants Entrepreneurs. Les établissements d'enseignements supérieurs ont ainsi à leur charge depuis 2009 de sensibiliser leurs étudiants à la "culture d'entreprise" afin de donner envie au plus grand nombre de se lancer dans l'aventure de l'entrepreneuriat tout en accentuant l'insertion en milieu professionnel de ces derniers. Toutes les filières de l'enseignement sont ainsi concernées par l'obligation de former les jeunes à cette nouvelle dimension professionnelle.
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Un "référent entrepreneuriat" est depuis 2010 nommé au sein de chaque établissement d'enseignement supérieur. Son rôle principal est de favoriser l'accès à l'entrepreneuriat des jeunes en les conseillant sur les aides et subventions disponibles et de faire la promotion de la création d'entreprise. Quelques 300 référents sont ainsi en exercice sur l'ensemble du territoire avec comme conséquence positive de faire remonter et fructifier les expériences terrain.
Afin d'encadrer au mieux les jeunes, 23 PEE ont été créés entre 2010 et 2012. Les Pôles Entrepreneuriat Étudiants bénéficient d'une levée de fonds de quelques 3 millions d'euros. Ces derniers ont pour rôle d'apporter aux étudiants un accompagnement complet et innovant. Ces PEE regroupent à la fois des établissements du type écoles de commerce, écoles d'ingénieurs ou universités avec des acteurs divers de l'économie comme des réseaux d'accompagnement, des TPE et PME ou encore des incubateurs publics. Des événements sont ainsi régulièrement organisés pour conseiller les étudiants, les aider à créer des projets et les former aux « best-practices » du secteur.
Créer et concourir : Junior-Entreprises et concours
Après la théorie, place à la pratique ! Deuxième grand volet du plan en faveur de l'entrepreneuriat des jeunes : le déploiement national des Junior-Entreprises et la participation au concours "Innovons ensemble".
Le cas des Junior-Entreprises
Les Junior-Entreprises doivent depuis 2010 être créées et actives dans chaque université, les écoles de commerce ayant déjà bien lancé l'opération par le passé. Véritables PME créées au sein de chaque établissement, elles permettent aux étudiants de concevoir et de lancer un projet à l'échelle, de le faire mûrir, de l'adapter au marché.
Commerce, marketing, gestion, finance... tous les aspects de la conduite d'une activité sont abordés par les étudiants, encadrés par des responsables pédagogiques. L'occasion de mettre en application les connaissances théoriques sur un plan concret tout en développant l'image de marque et la notoriété des établissements.
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Le concours “Innovons Ensemble”
Enfin, pour développer l'état d'esprit de compétition inhérent à l'entreprenariat et favoriser l'innovation des entreprises, le concours national "Innovons Ensemble" a été lancé dès 2009.
L'objectif du concours est de gratifier les projets étudiants dont le but est de créer une entreprise à forte portée innovante.
Toutes ces mesures font l'objet d'un soutien multiple émanant à la fois d'acteurs privés, d'organisations publiques mais aussi de différents ministères comme celui de l'enseignement supérieur et celui de l'économie et des finances.
Le statut d’étudiant-entrepreneur
Ce statut juridique s'adresse notamment aux étudiants et aux jeunes diplômés âgés de moins de 28 ans qui sont porteurs d'un projet de création d’entreprise réaliste.
Il a la particularité de rendre compatible la poursuite d’études supérieures pour les jeunes et les projets d'activités. Il offre notamment aux moins de 28 ans des crédits ECTS additionnels, des aménagements d'emploi du temps, ou encore la possibilité de substituer le travail sur son projet à une période de stage obligatoire.
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Le statut étudiant-entrepreneur permet également aux jeunes :
- D’accéder à un espace de coworking d’un pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (appelé PÉPITE) ;
- De continuer à bénéficier d’un statut étudiant durant la 1re année de création de sa société ;
- Et enfin de pouvoir signer un contrat d’appui au projet d’entreprise (le CAPE).
À noter : la seule condition requise pour prétendre à ce statut est l’obtention du diplôme du baccalauréat ou d’une équivalence en niveau.
Les accompagnements et les aides financières
En tant que jeune entrepreneur, plusieurs types d’aides sont à votre disposition, qu’elles viennent de fonds publics ou privés.
Votre école ou université peut vous soutenir, notamment pour valoriser des travaux de recherche au sein d’un établissement d’enseignement supérieur. Les régions et collectivités proposent souvent des aides indépendantes et cumulables avec les aides de l’État. Par exemple : le Prêt d’Initiative Hauts-de-France ou l’Aide de la Région Grand Est pour l’entrepreneuriat des jeunes.
Les banques : votre statut d'étudiant ou de jeune actif vous permet d’obtenir des prêts bancaires à un taux préférentiel.
Voici quelques exemples d'aides et de dispositifs disponibles :
- ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) : Exonération partielle de charges sociales pendant les 12 premiers mois d'activité, même en micro-entreprise.
- Jeune Entreprise Universitaire (JEU) : Soutien à la création d'entreprises issues de l'enseignement supérieur.
- Prime Jeune de 1 000 € : Certains réseaux d'accompagnement peuvent distribuer cette prime aux jeunes entrepreneurs en situation d'inclusion sociale, via l'Adie ou France Active.
- Grand Est - Entreprenariat des Jeunes : Aide régionale allant jusqu’à 50 % du montant TTC du projet (dans la limite de 5 000 €) pour les jeunes de 18 à 29 ans accompagnés par une structure spécialisée.
- Autres régions : De nombreuses régions proposent également des aides à la création d’entreprise, même si elles ne ciblent pas spécifiquement les jeunes entrepreneurs.
Focus sur la région Grand Est :
La région Grand Est a mis en place depuis quelques années un dispositif d’accompagnement et de valorisation des jeunes entrepreneurs, notamment avec une aide financière possible de 5 000 € maximum.
La région soutient ainsi l’innovation et la créativité sur son territoire, tout en permettant aux jeunes de pouvoir concrétiser leurs projets entrepreneuriaux.
Par ailleurs, le Grand Est a également mis en place des chèques créa dans le but de soutenir les jeunes entrepreneurs. Ces derniers sont destinés aux jeunes de moins de 30 ans désirant monter leur entreprise dans le Grand Est, ainsi qu’aux demandeurs d’emploi. Ils peuvent être utilisés durant l’ensemble des étapes de votre projet de création d’entreprise.
Afin de pouvoir bénéficier du soutien de la région Grand Est, il est nécessaire que vous présentiez votre projet devant un jury, où il vous sera demandé de prouver la faisabilité de votre projet, et ce «dans une perspective de création d ' emplois à moyen terme ». Notons également que cette aide reste possible dans le cas où votre entreprise aura déjà été créée et serait âgée de moins de 6 mois au moment de la candidature.
Voici un tableau récapitulatif des aides disponibles dans différentes régions :
| Région | Type d'aide | Description |
|---|---|---|
| Grand Est | Subvention | Aide régionale jusqu'à 50 % du montant TTC du projet (max. 5 000 €) |
| Hauts-de-France | Accompagnement | Soutien aux projets des jeunes via les projets CLAP |
| Île-de-France | Accompagnement | Programme Entrepreneur #Leader, gratuit pour les moins de 26 ans |
| Nouvelle Aquitaine | Accompagnement renforcé | Plan d'actions de proximité pour les porteurs de projets |
| Guadeloupe / Martinique / Guyane / Réunion / Mayotte / Saint Barthélémy / Saint Martin / Saint Pierre et Miquelon | Subvention | Projet initiative jeune (PIJ) : aide financière jusqu'à 9 378 € |
Les étapes clés pour se lancer
Vous souhaitez rejoindre la prochaine vague de jeunes entrepreneurs ? Pour concrétiser votre projet de création d’entreprise, une bonne préparation est capitale.
Étape 1 : Définir son projet
Avant de vous lancer, vous devez être au clair avec votre projet et vous-même. Au-delà de votre idée, plusieurs éléments doivent être étudiés : l’étendue de la concurrence, la zone géographique que vous souhaitez couvrir, la qualité de vos produits et services, votre offre, ainsi que vos pratiques commerciales.
Pour réussir, vous devez définir l’identité de votre entreprise, votre cible et la façon dont vous voulez mener à bien votre projet.
Se lancer dans l’entrepreneuriat peut prendre diverses formes et suivre des objectifs très différents, parmi lesquels :
- la création de toutes pièces d’une nouvelle entreprise, appelée aussi entrepreneuriat ex nihilo ;
- la création d’une entreprise par essaimage ou « extrapreneuriat », lorsqu’un groupe de salariés d’une entreprise partent et créent leur propre activité ;
- la création d’une entreprise par franchise, sous une entreprise mère ;
- l’intrapreneuriat au sein d’une même entreprise ;
- la reprise d'entreprise, où une société déjà existante est reprise ;
- l’entrepreneuriat social et solidaire, c’est-à-dire la création d’entreprises aux activités économiques conçues pour créer de la valeur sociale ;
- l’auto-entrepreneuriat, travail indépendant comme premier ou second cadre d’activité économique.
Étape 2 : Rédiger un business plan
Le business plan est un élément essentiel pour élaborer un plan financier et anticiper vos dépenses. Vous devez d’abord déterminer votre budget avant de rechercher vos financements, quelle que soit leur nature. Un business plan bien ficelé vous servira également à convaincre des partenaires ou des banques d’investir dans votre projet, car ils auront ainsi une vision d’ensemble de votre stratégie.
Il doit contenir :
- Un pitch de présentation du projet
- Une présentation du service ou du produit
- Une présentation du business model (également appelée stratégie commerciale)
- Le résumé de l’étude de marché
- La synthèse du prévisionnel financier du projet
Comment créer un business plan étape par étape ? #LaChecklist | Crédit Agricole
Étape 3 : Se faire accompagner par des réseaux d’aide à la création d’entreprise
Vous souhaitez vous lancer dans l’entrepreneuriat, mais vous n’avez pas d’idée concrète ? Aucun problème, le réseau PÉPITE (Pôle Étudiant Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) est fait pour vous. « Notre but est de révéler l’entrepreneur qui sommeille en vous », affirme Jean-Charles Herviaux, responsable de PÉPITE Bretagne. Ce réseau d’accompagnement destiné aux jeunes permet de s'essayer à la création d’activité. « La seconde mission de notre réseau est de mettre en relation des étudiants, qui portent un projet, avec des chefs d’entreprise », explique le responsable de PÉPITE Bretagne. Ce programme a pour but de faire mûrir, pendant au moins un an, les ambitions que vous portez et ainsi d’être accompagné par des dirigeants d’entreprise et de bénéficier de leur expérience.
Il vous donnera accès au statut national d’étudiant entrepreneur (SNEE) vous laissant ensuite aménager votre planning pour vous aider à concilier votre projet et vos études.
Si le statut d’étudiant entrepreneur vous permet d'élaborer un projet entrepreneurial en prenant un minimum de risques, il est néanmoins important de bien vous entourer. Il existe de nombreux réseaux d’accompagnement de jeunes entrepreneurs pour vous entraîner, vous encadrer et vous conseiller, comme Entrep’, Enactus, Moovjee, BGE, Adie, La Ruche ou Groupement des créateurs.
Étape 4 : Réaliser un test d'activité avant de se lancer
Intégrer une couveuse d'entreprise peut être un bon moyen de débuter son aventure, car cela n'implique pas un changement de statut et limite ainsi la prise de risque. « La couveuse d'entreprise, c'est une solution pour toute personne qui veut se lancer dans l'entrepreneuriat et qui a déjà un projet bien avancé », partage Juliette Herpin, responsable de l’École Supérieure de l’entrepreneuriat par l’Union des Couveuses (UCE). Selon lui, intégrer ce type de structure permet d'obtenir un prêt de numéro SIRET (Système d'Identification du Répertoire des Établissements). Cette première démarche administrative correspond à une phase comptable non négligeable de la création d'entreprise. « La couveuse d'entreprise permet de vous concentrer, dans un premier temps essentiellement à votre activité et on vous apprend au fur et à mesure à gérer tous les aspects de votre entreprise ». C'est une vraie opportunité pour se tester sur le marché, et de réajuster sa proposition de valeur si les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Avec la couveuse d'entreprise, il n'y a pas d'échec », ajoute Juliette Herpin.
Étape 5 : Financer sa création d'entreprise quand on est jeune
Étape redoutée par bien des entrepreneurs, le financement d'un projet peut se révéler être une étape encore plus stressante pour les jeunes créateurs qui n'ont pas encore eu le temps de se constituer un capital de départ solide. Cependant, plusieurs solutions existent pour les aider à mener à bien leur projet.
Contracter un prêt d’honneur « Le réseau Initiative France, vous permet d'effectuer un prêt d'honneur », détaille Alain Le Bouffant, coprésident du réseau initiative France. « C'est un prêt à la personne, à taux zéro, et il est considéré comme un apport personnel », ajoute-t-il. Ce type de prêt vous permet de vous lancer avec un accompagnement bienveillant, tout en développant votre réseau.
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