L'essaimage : définition et enjeux de cette pratique entrepreneuriale

L’essaimage est une pratique très courante dans le monde des entreprises. C’est une pratique de plus en plus fréquente dans les entreprises françaises et qui rencontre un fort succès. Pour les sceptiques du salariat, c’est une voie royale pour lancer sa carrière. Pour d’autres, c’est le moyen idéal pour contourner les aléas du marché du travail. Quelles que soient les motivations, l’entrepreneuriat a le vent en poupe.

Selon l’Insee, 2017 a vu la création de quelque 591 000 entreprises, contre 554 000 en 2016, et la tendance n’est pas prête de faiblir. En 2022, 1 071 900 créations d’entreprises sont enregistrées, soit 21 400 de plus qu’en 2021. Avec un environnement économique plus intéressant et un contexte politique « clarifié », il y a de la place pour passer au concret.

L'essaimage est le fait pour une entreprise d'accompagner et de faciliter l'accès à la création/reprise d'entreprise par ses salariés, en essayant de maximiser leurs chances de réussite. En France, le nombre d’entreprises créées par essaimage est estimé à 15 000 par an selon une enquête réalisée par l’INSEE en 2002. D’ailleurs une enquête, sous le nom de Sine et réalisée par l’Insee en 2006, a montré que 12 % des créateurs qui ont bénéficié de l’essaimage trouvent que cette formule leurs a facilité la création ou la reprise.

L’essaimage en entreprise est l’ensemble des pratiques mises en place par un employeur pour permettre à ses salariés de lancer et de développer leur propre projet d’entreprise.

Label Entreprise : L'essaimage

1. Définition de l'essaimage

On parle d’essaimage quand une entreprise décide d’apporter son soutien à ses salariés pour la création d’une entreprise ou la reprise d’une entreprise. On parle d’une entreprise créée par essaimage lorsqu’un employeur aide ses employés à entreprendre.

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L’essaimage consiste à aider un ou plusieurs travailleurs à créer leur propre entreprise ou en reprendre une autre. C’est une forme d’entrepreneuriat qui consiste à reprendre une activité ou une entreprise déjà existante. Le créateur ici est une personne physique ou morale appelée repreneur. Il peut s’agir d’une ou de plusieurs personnes reprenant une PME, une start-up ou même une grande entreprise.

A moins que l’exploitant n’exerce en nom propre, une question va se poser très tôt au repreneur : créer une nouvelle société et déposer de nouveaux statuts ou reprendre la société en cours ? Tout dépend de la situation. Concernant les relations avec les clients et les fournisseurs, le message de continuité représente en général un avantage non négligeable.

L’étude met en exergue aussi, que 14 % des dirigeants interrogés ont déclaré que la création et le démarrage de leur entreprise ont été facilités par des relations avec leur ancien employeur.

L’essaimage est le fait pour une entreprise d’accompagner et de faciliter l’accès à la création/reprise d’entreprise par ses salariés, en essayant de maximiser leurs chances de réussite.

L’accompagnement du salarié peut prendre diverses formes dépendantes de la situation de l’entreprise employeuse et du projet de création d’entreprise. L’entreprise employeuse peut décider d’accompagner le salarié dans son projet dans le cadre d’un congé pour création d’entreprise.

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Ainsi, l'employé peut lancer son entreprise en bénéficiant d'une base solide et d'un réseau déjà établi, tandis que l'entreprise mère continue de bénéficier indirectement de cette nouvelle entité. Cette dynamique contribue également à un écosystème économique plus interconnecté.

Cette pratique, qui tend à se développer, se nomme l’essaimage.

L’origine du mot essaimage nous vient directement de la nature. En effet, l’essaimage est la création de nouvelles colonies d’abeilles à partir de colonies déjà existantes. Adapté à l’économie, il s’agit de la création de nouvelles entreprises grâce au soutien d’entreprises déjà existantes sur le marché.

L’essaimage concerne donc les salariés d’une entreprise qui vont pouvoir à leur tour créer leur société avec le soutien de leur employeur.

Exemple Mme Jean est conseillère clientèle dans l’entreprise de vente de voyages à distance Azur. Elle s’est rendue compte au fil de ses années de travail qu’il est très coûteux en temps et en argent de trouver le voyage idéal pour tous les clients qui appellent les conseillers. Elle décide donc de se pencher sur un logiciel qui ferait un premier tri des possibilités de voyage en amont des appels. Avec un collègue informaticien, elle décide de créer sa propre entreprise pour mettre en place ce logiciel et le vendre à d’autres entreprises de voyage à distance.

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2. Les différentes formes d'essaimage

L’essaimage peut être pratiqué par une entreprise pour diverses raisons. Il faut en effet que l’entreprise à l’origine de l’essaimage ait un intérêt à tirer du soutien qu’elle apporte.

L’essaimage à chaud, ou social

C’est la forme la plus répandue, ce cas de figure est utilisé lorsque la société essaimant cherche à résoudre un problème de sureffectif ou met en œuvre une politique de restructuration. Les entreprises qui pratiquent ce type d’essaimage ont tout intérêt à diminuer leur effectif. Ainsi, l’essaimage à chaud a pour but d’encourager les départs tout en gardant des partenaires anciennement salariés. On le retrouve généralement lorsque l’entreprise entreprend une diminution d’effectif, lorsqu’elle doit licencier pour des raisons économiques ou lorsqu’elle opère un changement stratégique majeur.

L’essaimage à froid ou actif

Ce type, résulte de l’initiative de salariés ayant un projet de création d’entreprise. Il se pratique généralement quand l’entreprise est stable et ne cherche ni restructuration, ni modification d’effectif.

Exemple Dans le cadre de la création de l’entreprise de Mme Jean et de son collègue, l’entreprise Azur va procéder à un essaimage à froid. En effet, elle n’est ni en recherche de changement stratégique ni désireuse de réduire ses effectifs.

L’essaimage stratégique

C’est la mise en pratique d’une approche économique de l’essaimage qui met une démarche gagnant/gagnant pour externaliser une activité. L'essaimage stratégique désigne une approche où une entreprise soutient la création de nouvelles entités par ses employés, souvent complémentaires à son cœur de métier.

Dans ce type d’essaimage, l’entreprise cherche à trouver de nouveaux partenaires de confiance ou à externaliser une partie de son activité. On retrouve également ce type d’essaimage lors d’une restructuration massive bien que cette dernière ne passe pas obligatoirement par la diminution de l’effectif. L’essaimage stratégique peut par exemple permettre de rentabiliser certains biens tels que des brevets ou des procédés d’exploitation en incitant des salariés à les utiliser dans une entreprise qu’ils créeraient de toute pièce.

Il s'agit d'une démarche visant à externaliser une activité dans le cadre d'une coopération commerciale. Cela peut inclure le transfert d'une compétence, d'une technologie, ou l'exploitation d'un brevet.

3. Les avantages et inconvénients de l'essaimage

L'essaimage présente un nombre important d'avantages pour l’employeur, mais aussi pour l’employé. Les principaux avantages de l'essaimage pour l'employeur vont toucher les pôles économiques, organisationnels et image de marque. L’essaimage est également une réelle opportunité pour les employés aspirant à l'entrepreneuriat.

Les inconvénients de l'essaimage, bien que moins fréquents, méritent d'être considérés, notamment dans la gestion des ressources humaines et les stratégies globales des entreprises.

Mettre en place une politique d'essaimage permet à une entreprise de stimuler l'innovation, de valoriser ses actifs inutilisés, et de renforcer sa réputation et son attractivité.

Avantages pour l'employé

Le salarié bénéficie d’un accompagnement d’expert qui le place dans une situation de gagnant / gagnant avec son ancienne entreprise. En effet, l’essaimage permet au salarié de maximiser les chances de réussite de son projet entrepreneurial en bénéficiant des aides diverses apportées par l’entreprise employeuse.

Avantages pour l'employeur

Si l’entreprise incite et encourage ce genre de pratique par ses employés c’est qu’elle a évidemment beaucoup à y gagner.Cela lui permet de former ses futurs collaborateurs qui auront de plus, un fort potentiel entrepreneurial. C’est aussi un outil de motivation en interne.

Sans entrer dans l’exhaustivité, les avantages pour l’entreprise employeuse peuvent être classés en trois catégories :

  • Les avantages économiques : la possibilité d’obtenir un nouveau fournisseur, l’accroissement des débouchés ou encore la cession de certains actifs non utilisés par l’entreprise représentent quelques exemples des intérêts de l’essaimage ;
  • Les avantages organisationnels : lorsque l’entreprise présente une situation de sureffectif, l’essaimage peut être une bonne solution lui permettant de ne pas licencier des salariés en permettant à ces derniers de mener leur propre projet.
  • Les avantages en termes d’image : qu’elle soit ou non motivée par un besoin de réorganisation, l’aide conférée par une entreprise à ses salariés offrent toujours une bonne image auprès du public.

L’essaimage, susceptible d’octroyer des avantages tant pour le salarié que pour l’entreprise employeuse, se doit de faire l’objet d’une réflexion approfondie lorsque un ou plusieurs salariés souhaitent créer leur entreprise.

L’essaimage peut constituer une réponse aux enjeux multiples des entreprises en matière notamment de développement économique, de stratégie de valorisation, de gestion des ressources humaines et de développement durable.

Ainsi, l'essaimage constitue un axe de la démarche de responsabilité sociétale et environnementale (RSE) dans laquelle de nombreux groupes sont fermement engagés. Il est aussi intégré parmi les outils de gestion de carrière des salariés et figure parfois au sein des accords de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. C'est une problématique souvent abordée par les services des ressources humaines et les Directions générales des grandes entreprises.

4. Les aides et soutiens à l'essaimage

L’essaimage peut prendre différentes formes selon les besoins de l’entreprise en place et de la future société qui sera créée.

Les aides les plus fréquentes sont du temps (rémunéré) pour étudier puis concrétiser le projet et un accompagnement pour la réalisation de l'étude de marché et du business-plan. Cet appui peut être apporté directement par la cellule d'essaimage de l'entreprise ou confié à des organismes extérieurs. Le futur essaimé bénéficie également parfois de formations à la création d'entreprise ou à la gestion.

Il existe aussi des prêts sans intérêt, voire des subventions ou des possibilités de réintégration en cas d'échec.

L’entreprise peut mettre à la disposition de la nouvelle entreprise créée des locaux, des brevets, des logiciels qu’elle possède déjà mais qu’elle va alors pouvoir rentabiliser. Il s’agit d’une forme d’externalisation puisque l’entreprise qui pratique l’essaimage cherche à trouver un nouveau partenaire à bas prix tout en lui garantissant des échanges dès le début de son activité.

L’essaimage par le conseil peut alors s’avérer être un vrai soutien pour le nouvel entrepreneur.

A partie de l’apport d’argent ou la prise de parts dans la société. Il s’agit d’un point essentiel pour le démarrage de l’activité.

5. Exemples d'entreprises pratiquant l'essaimage

Il est un fait que ce sont principalement de grandes entreprises qui ont instauré un dispositif d'essaimage au bénéfice de leurs salariés. Diese compte par exemple parmi ses membres : Air France, Areva, Eaux Minérales d'Evian, EDF, France Télécom, IFPEN, Saint-Gobain, Sanofi, SFR, Schneider Electric, SNCF et Total.

Mais il ne faut surtout pas croire que cela est réservé aux multinationales… On sait que l'essaimage existe naturellement de façon ponctuelle au sein de PME.

6. Conseils aux salariés souhaitant entreprendre

Il est tout d'abord indispensable qu'il se pose ces questions essentielles : pour quelles raisons ai-je envie d'entreprendre ? Quels sont mes objectifs personnels dans ce projet ?

Je conseillerai ensuite à ce salarié qu'il se renseigne dés que possible sur l'existence d'un dispositif d'essaimage dans son entreprise en consultant par exemple le site intranet, les publications internes, les panneaux d'affichage... Lorsqu'un tel dispositif existe, il ne faut pas hésiter à le solliciter pour bénéficier d'un accompagnement en toute confidentialité.

Enfin, qu'il prenne le temps nécessaire pour préparer son projet dans de bonnes conditions car, après la création, il lui sera beaucoup plus difficile de prendre du recul.

Pour augmenter ses chances de succès, il ne doit pas rester seul dans la préparation de son projet.

Il ne faut pas se dévoiler trop vite... mais en parler tout de même assez tôt pour ne pas mettre son employeur en difficulté. En l'absence de politique d'essaimage, le salarié porteur de projet peut demander, dans certaines conditions, à bénéficier du congé pour création d'entreprise.

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