Exemples de PME françaises travaillant avec des firmes transnationales

Une firme transnationale (ou multinationale) est une entreprise possédant au moins une unité de production (pas seulement de commercialisation) à l'étranger. Cette unité de production est alors sa filiale. Les FTN, habituellement, ont plus d'une unité de production à l'étranger. Certaines peuvent établir tout un réseau de relations entre leurs filiales à l'échelle du monde.

Pourquoi des PME françaises collaborent-elles avec des firmes transnationales ?

Les investissements des firmes transnationales à l'étranger ont historiquement, à l'origine, pour objectif l'exploitation et le contrôle des matières premières puis la création de débouchés. Si ces objectifs sont toujours d'actualité lors de la réalisation d'investissements directs à l'étranger (IDE), dès la fin des années 1970, un autre objectif motive les IDE : la réduction des coûts de production. Les firmes multinationales rationalisent leur production afin de réduire leurs coûts de production. Elles produisent ainsi les éléments nécessaires à la production d'un bien dans différents pays pour, d'une part profiter des avantages spécifiques des pays d'accueil (coût du travail, qualification de la main d'œuvre, etc.) et d'autre part réaliser des économies d'échelle. C'est ce que l'on appelle la DIPP (division internationale du processus productif).

Les firmes transnationales choisissent la localisation de leurs filiales en fonction non seulement des caractéristiques économiques des pays (importance du marché intérieur, niveau des salaires, régime fiscal…) mais aussi des politiques commerciales et des politiques de subvention aux entreprises. Elles mettent ainsi en concurrence les Etats entre eux. Afin d'attirer les IDE, les pays doivent mener une politique économique libérale, avec stabilisation monétaire et budgétaire, amélioration du climat d'investissement local. Les firmes transnationales peuvent ainsi influencer les politiques des Etats, même si les Etats conservent une marge de manœuvre pour limiter les coûts sociaux de la convergence libérale des politiques.

Rôle et avantages pour les PME françaises

Comme l’a montré l’Insee dans deux notes, les entreprises multinationales sont de grandes pourvoyeuses d’emplois. La première note révèle que 2,3 millions de personnes travaillent dans des entreprises sous contrôle étranger, soit 13% des salariés. Un chiffre considérable puisque ces entreprises ne sont que 19.000, soit 0,5% des sociétés du pays. Leur part dans les salaires versés en France est encore plus importante - 17,6% - ce qui signifie qu’elles offrent des emplois qualifiés et bien payés.

Les firmes multinationales françaises réalisent la moitié de leur chiffre d’affaires consolidé à l’étranger et y emploient 56% de leurs salariés (7 millions de personnes) dans plus de 55.000 filiales. Les multinationales - c’est-à-dire des entreprises ayant au moins une implantation dans un pays étranger - ne sont pas toutes de grande taille : environ 10.000 sont des PME (petites et moyennes entreprises) qui n’ont qu’une seule filiale à l’étranger où elles emploient moins de 200.000 personnes pour réaliser 35 milliards d’euros (Md€) de chiffre d’affaires (CA).

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Les PME françaises peuvent profiter d'un partenariat avec une FTN en intégrant des chaînes de valeur internationales : fourniture de composants, sous-traitance industrielle, services spécialisés (R&D, logistique, informatique) ou co-innovation. La relation avec une FTN permet souvent d'accéder à des marchés étrangers, de gagner en capacité d'exportation, d'améliorer les compétences techniques et de sécuriser des contrats à long terme.

Exemples et formes concrètes de collaborations

Robert Reich (1993) prend ainsi l'exemple du véhicule « Le Mans » de Pontiac, firme transnationale américaine. La production de ce véhicule fait intervenir neuf pays aux différents stades de la production et de la commercialisation : 30% de la valeur du véhicule revient à la Corée pour le montage, 17% de la valeur du véhicule revient au Japon pour les composants et les technologies avancées, 7.5% de la valeur du véhicule revient à l'Allemagne pour la conception, 4% de la valeur du véhicule revient à Taiwan et Singapour pour les pièces mineures, 2.5% de la valeur du véhicule revient à la Grande Bretagne pour la publicité et la communication, 1.5% de la valeur du véhicule revient à l'Irlande et à la Barbade pour le traitement des données, 37% de la valeur du véhicule revient aux Etats-Unis.

De la même manière, des PME françaises interviennent dans des secteurs variés pour les FTN : fournisseurs de pièces pour l'automobile ou l'aéronautique, PME de biotechnologie ou pharmaceutique travaillant pour des groupes internationaux, cabinets de services informatiques partenaires des géants du numérique, prestataires logistiques ou entreprises agroalimentaires sous-traitantes pour des marques multinationales. Ces collaborations prennent la forme de sous-traitance industrielle, d'alliances technologiques, de co-développement, d'accords de licence ou de fourniture de services externalisés.

Localisation et concentration des relations internationales

En 2021, les FMN françaises (hors services non marchands et filiales bancaires) contrôlaient 51 000 filiales à l’étranger. Les FMN réalisent la moitié de leur chiffre d’affaires à l’étranger et emploient 6,9 millions de personnes via ces filiales à l’étranger. Les grandes firmes multinationales, celles comptant plus de 5 000 employés ou générant plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, occupent une position prépondérante. Elles regroupent 43 % des filiales et représentent 83 % du chiffre d’affaires consolidé réalisé à l’étranger. L’INSEE ajoute que la moitié d’entre elles sont implantées dans au moins 12 pays étrangers.

Un quart des filiales se situe aux Etats-Unis (5 200 filiales), en Allemagne (4 100 filiales) ou au Royaume-Uni (3 700 filiales). Ces trois pays génèrent à eux seuls 36 % du chiffre d’affaires réalisé par les FMN françaises à l’étranger. En ce qui concerne les effectifs employés à l'étranger, les trois principales nations sont les États-Unis (754 000 salariés), l'Inde (520 000) et le Brésil (518 000). Ensemble, ils concentrent 26 % du total des emplois à l'étranger des entreprises françaises multinationales, représentant également 39 % des emplois en dehors de l'Union européenne.

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Indicateurs et portée économique

Le commerce international est largement déterminé par les firmes transnationales puisque, selon l'Organisation des Nations Unies (ONU), 2/3 des échanges internationaux sont le fait des firmes transnationales. Le commerce intra-firme (entre la maison mère et ses filiales) représente un tiers des échanges internationaux. Seul un tiers du commerce international échappe aux firmes transnationales.

Les firmes transnationales contrôlent directement 60% de la production industrielle du Canada et la moitié de celles du Brésil ou de la Colombie. L'ensemble des firmes transnationales réalise environ la moitié du PNB mondial.

Indicateur Valeur / Observation
Filiales contrôlées par FMN françaises (2021) 51 000
Emplois via filiales étrangères 6,9 millions
Part du commerce international lié aux FTN (ONU) 2/3 des échanges
Part du commerce intra-firme 1/3 des échanges internationaux
Part des grandes FMN dans CA consolidé à l'étranger 83%

Risques et enjeux pour les PME et le territoire

Les entreprises transnationales participent à l'accroissement des échanges internationaux et au phénomène de mondialisation des économies. Par le biais de leurs IDE, elles exercent une influence sur la politique des Etats et sur les spécialisations internationales. La stratégie d'investissement des FTN, qui est guidée par les avantages productifs, contribue en retour à modifier les spécialisations internationales.

Les relocalisations entraînent la destruction d'emplois dans un territoire et la création d'emplois dans un autre. Toutes les relocalisations ne sont pas dirigées des « Nords » vers les « Suds ». Les entreprises transnationales contribuent aussi à la richesse nationale des pays où elles sont installées par le biais des impôts, même si elles privilégient la fiscalité la plus avantageuse pour elles, ce qui peut inciter les territoires à réduire les taxes pour les attirer (comme dans le cas des zones franches, par exemple les ZES).

Dans le domaine environnemental, les grandes entreprises jouent un rôle majeur dans le prélèvement des ressources, la production de gaz à effet de serre (GES), et la production de déchets. Selon Mickaël Correia (2022), plus de la moitié des émissions de GES d'origine industrielle dans le monde sont imputables à seulement 25 entreprises. La fuite en avant extractiviste est l'un des points sur lesquels elles peuvent entrer en conflit avec les ONG environnementalistes qui exigent que les entreprises assument les coûts environnementaux associés à leurs bénéfices économiques.

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Bonnes pratiques pour une collaboration durable PME-FTN

  • Intégrer la PME aux chaînes de valeur par la qualité, la spécialisation et l'innovation afin d'offrir des avantages compétitifs durables.
  • Conclure des accords contractuels clairs (protection de la propriété intellectuelle, conditions de paiement, engagements RSE).
  • Renforcer les compétences locales via la formation continue, la co-innovation et les transferts de technologie.
  • Veiller à la résilience des approvisionnements pour limiter l'impact des relocalisations ou des ruptures de chaîne.
  • Adopter des pratiques environnementales et sociales conformes aux attentes internationales pour répondre aux exigences des FTN et des consommateurs.

Pierre Pelouzet (médiateur) : Les PME françaises affectées par les retards de paiement

Illustration chiffrée : profils de FMN françaises et PME intégrées

Au sein des quelque 6 600 firmes multinationales françaises, les grandes firmes sont les plus présentes à l’international. La moitié d’entre elles sont implantées dans au moins douze pays. La moitié des filiales françaises à l’étranger sont implantées dans neuf pays. L’Union européenne demeure la principale zone d'implantation des entreprises multinationales françaises, comptant pour 33 % des effectifs à l'étranger, soit 2,3 millions de salariés. Le coût salarial par employé y est notablement plus élevé que dans le reste du monde, atteignant une moyenne de 46 800 euros par an contre 35 100 euros.

Ces données montrent que si les grandes FMN concentrent une part importante des filiales et du chiffre d’affaires, il existe néanmoins un nombre significatif de PME qui s'internationalisent et travaillent pour ou avec des firmes transnationales, souvent dans des niches à forte valeur ajoutée.

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